L'infection à Mycoplasma genitalium (M. genitalium) est une infection sexuellement transmissible (IST) dont la prévalence et l'impact sur la santé reproductive sont de plus en plus reconnus. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète de M. genitalium, incluant sa transmission, ses symptômes, son diagnostic, son traitement et les recommandations actuelles en matière de dépistage.
Mycoplasma genitalium : Un Aperçu
Mycoplasma genitalium, avec Mycoplasma hominis et Ureaplasma spp., fait partie des espèces de mycoplasmes humains génitaux potentiellement pathogènes. C'est un agent d'infections sexuellement transmissibles. La responsabilité de M. genitalium dans les urétrites et les cervicites n’est plus à démontrer. Cependant sa recherche n’est pas assez souvent incluse dans le bilan d’IST, malgré l’avis favorable en 2018 de la HAS.
Prévalence et Transmission
La prévalence de M. genitalium dans la population générale en France est estimée entre 1 et 3%, ce qui place cette infection au 2ème ou 3ème rang des IST, selon la région. Mais sa prévalence peut monter jusqu’à 38% dans les populations à risque d’IST. Ureaplasma urealyticum se transmet par rapports sexuels lorsque la femme présente un déséquilibre de la flore vaginale. Selon l’OMS, chaque année, 374 millions de personnes dans le monde sont atteintes de l’une des quatre maladies sexuellement transmissibles (MST) les plus courantes.
Manifestations Cliniques
L'infection à M. genitalium peut se manifester différemment chez les hommes et les femmes.
Chez l’homme :
- UNG : 15-20 %
Chez les hommes, il est responsable de 10 à 35% des urétrites non gonococciques (UNG), aigües ou chroniques et arrive en deuxième position après Chlamydiae trachomatis. En outre, il est responsable, chez les hommes d’épididymite.
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Chez la femme :
- Cervicite : 10-30 %
- Endométrite et salpingite : 2-20%
Chez les femmes, M. genitalium est le seul mycoplasme responsable de cervicites. Il est aussi responsable d’endométrites, de salpingites, d’avortements spontanés, de naissances prématurées et pourrait être associé à l’infertilité féminine.
Infections Asymptomatiques
Cependant l’infection est très souvent asymptomatique. Près de la moitié des personnes infectées par la chlamydia ne développe pas de signes distinctifs. La chlamydia est effectivement une infection qui provoque rarement des symptômes. Cependant, même sans symptôme, la transmission de la chlamydia est possible. Dans 50% des cas, les hommes atteints de chlamydia sont asymptomatiques.
Populations à Risque
Les populations à risque d’infection à M. genitalium incluent :
- Symptômes chez le partenaire sexuel régulier.
- Personnes à haut risque d’IST (<40 ans, >3 nouveaux contacts sexuels /an).
- Contact sexuel avec des personnes ayant une IST ou infectées par M. genitalium.
- Avant une IVG ou autres interventions touchant la barrière cervicale.
- Dépistage régulier des HSH avec écouvillonnage anal.
Diagnostic
Le diagnostic de M. genitalium repose sur des techniques de laboratoire sensibles et spécifiques.
Technique utilisée
Technique par amplification des acides nucléiques (TAAN), qui présente un taux de détection performant (sensibilité entre 96 et 100%).
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Simplicité du prélèvement
Il se réalise sur le même échantillon utilisé pour la recherche de C. trachomatis / Neisseria gonorrhoeae.
- femmes : prélèvement vaginal ou endocervical.
- hommes et femmes : premier jet d’urine.
Pour recherche sur 1er jet urinekit Urine Sample Cobas PCR Pour recherche sur prélèvement vaginal, urétral, anal : kit Swab Sample Pocket, Cobas PCR
Traitement
Le traitement de l'infection à M. genitalium est basé sur l'antibiothérapie. Cependant, l'émergence de souches résistantes aux antibiotiques est une préoccupation croissante.
ATB (1ère intention)
| Durée du traitement en jour | Prise | |
|---|---|---|
| En première intention | ||
| Azithromycine per os* | 5 jours | 500 mg le premier jour, puis 250 mg les quatre jours suivants |
| Josamycine iv | 10 jours | 500 mg 3 fois / jour |
| En cas d’échec thérapeutique | ||
| Moxifloxacine per os | 7 à 10 jours | 400 mg / jour |
| En troisième ligne | ||
| Doxycycline per os | 14 jours | 100 mg 2 fois / jour |
| Pristinamycine* per os | 10 jours | 1 g 4 fois / jour (8 comprimés de 500 mg / jour) |
*Il existe un traitement par azithromycine à dose unique de 1g mais avec un risque d’échec thérapeutique plus important et un risque plus élevé de sélection de résistance.
Résistance aux Antibiotiques et Tests de Sensibilité
Le risque de voir apparaître des souches de M. genitalium multi-résistantes, pour lesquelles aucun traitement antibiotique ne sera plus efficace existe bel et bien. La culture du M. genitalium n’étant pas réalisable, il n’est pas possible de rendre un antibiogramme. Cependant il existe des kits PCR qui détectent les mutations associées à la résistance aux macrolides (azithromycine).
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De son côté le GRIDIST-SFD préconise :
- d’associer à la recherche de M. genitalium, dans la mesure du possible, sa sensibilité aux macrolides (azithromycine) afin de guider le traitement en cas de positivité,
- de privilégier la doxycycline (200 mg/j - 7 jours) à l’azithromycine dans le traitement présomptif des symptômes d’urétrite, de cervicite, d’infection génitale haute et d’anorectite,
- de faire systématiquement un contrôle de guérison 4 à 5 semaines après le début du traitement.
Recommandations en Matière de Dépistage
Les recommandations en matière de dépistage de M. genitalium varient selon les organisations et les populations cibles.
Recommandations HAS
Dépistage opportuniste systématique : en octobre 2018, la HAS reconnait, dans le cadre du dépistage systématique de C. trachomatis chez la femme de 15 à 25 ans active sexuellement et toutes les femmes enceintes, tout l’intérêt de la détection par la technique simultanée TAAN de N. gonorrhoeae et M. genitalium. Dépistage ciblé : pour les populations à risque (cf recto).
Recommandations BASHH
De nombreuses questions persistent sur l’infection génitale à M. genitalium. En particulier, celle de la possibilité de porteurs sains. La majorité des patients infectés par ce mycoplasme ne développant pas de symptômes, se pose la question de la persistance chronique du micro organisme chez ces patients, à une concentration insuffisante pour déclencher des symptômes mais suffisante pour contaminer un partenaire sain. Cependant, les experts de la BASHH (British Association of Sexuel Health and HIV) ne recommandent pas son dépistage systématique.
Recommandations GRIDIST-SFD
Afin de freiner la sélection de nouvelles souches bactériennes résistantes, le Centre national de référence des IST bactériennes et le Groupe infectiologie dermatologique et IST (GRIDIST) de la Société française de dermatologie et vénérologie (SFD) préconisent les mesures urgentes suivantes :
- ne pas rechercher systématiquement M. genitalium parallèlement aux autres agents responsables d’IST dans le cadre du dépistage de patients asymptomatiques
- si un patient asymptomatique est néanmoins dépisté positif à M. genitalium, s’assurer d’abord que la personne dépistée et son partenaire sont bien exempts de tout symptôme et si cette condition est réalisée, ne pas traiter et ne pas tester le partenaire,
- Réserver la recherche aux situations symptomatiques : urétrite, cervicite, infection génitale haute, anorectite.
Infections Sexuellement Transmissibles (IST) : Contexte Général
Les infections sexuellement transmissibles (IST), également connues sous le terme plus ancien de maladies sexuellement transmissibles (MST), sont des infections causées par des virus, bactéries ou parasites. Ces infections se propagent souvent lors de rapports sexuels non protégés. Toutefois, certaines IST peuvent se transmettre autrement que par un rapport sexuel direct, bien que cela soit rare.
Transmission des IST
- Transmission par voie sexuelle : Les rapports vaginaux, oraux ou anaux non protégés constituent les vecteurs principaux.
- Transmission sanguine : Certaines IST, comme le VIH et l’hépatite B, peuvent se transmettre par contact avec du sang infecté.
- Autres modes de transmission : Certaines IST peuvent se transmettre par contact cutané sans rapport sexuel complet.
Symptômes des IST
Les symptômes peuvent apparaître, disparaître ou fluctuer, et certaines infections, comme la chlamydia ou le papillomavirus, restent silencieuses.
Prévention des IST
- Utilisation de préservatifs : Le préservatif externe (masculin) ou interne (féminin) est la méthode la plus efficace pour prévenir les IST lors des rapports sexuels.
- Vaccination : La vaccination contre le papillomavirus (HPV) est recommandée pour les jeunes, et celle contre l’hépatite B est obligatoire pour certaines populations.
- Dépistage régulier : Le dépistage régulier permet de diagnostiquer et traiter les IST à un stade précoce.
- Prévention de l’exposition au VIH (PrEP) : Les personnes à haut risque peuvent bénéficier d’une prophylaxie préexposition (PrEP), un traitement préventif qui réduit les risques d’infection par le VIH.
Autres IST Courantes
Outre M. genitalium, plusieurs autres IST sont courantes et nécessitent une attention particulière :
- Chlamydia : C'est l'IST bactérienne la plus fréquente. Plus de la moitié des personnes infectées ne présentent pas de symptômes. Lorsque des symptômes apparaissent, généralement plusieurs semaines après l'infection, ils se présentent sous forme de brûlures à la miction ou d'écoulements vaginaux ou urétraux anormaux. La chlamydiose peut être traitée par des antibiotiques ou guérir spontanément.
- Gonorrhée : Une personne peut être infectée plus d'une fois dans sa vie par la gonorrhée. Généralement, les femmes sont asymptomatiques, tandis que les hommes présentent des symptômes tels que des écoulements anormaux, des douleurs aux testicules ou à l'anus, ou encore des maux de gorge.
- Syphilis : D'une personne à l'autre, les symptômes de la syphilis sont très variables et ressemblent à de nombreuses maladies (rougeurs, boutons, états grippaux…), ce qui peut souvent retarder son dépistage.
- Hépatite B : Cette maladie du foie est causée par un virus qui se transmet essentiellement par relations sexuelles ou par contact avec du sang infecté. Il existe un vaccin pour s'en prémunir.
- Herpès génital : Cette maladie virale est extrêmement contagieuse. Après une première infection, le virus s'installe dans l'organisme et se manifeste ensuite lors de poussées localisées dans la zone des organes sexuelles.
- VIH : Le virus de l’immunodéficience humaine est le virus responsable du sida, son stade ultime en absence de traitement pour contrer le virus. Ce virus s'attaque aux cellules du système immunitaire et les détruit petit à petit.
- HPV : C'est l'infection de l'appareil reproducteur la plus courante. Il existe plus d'une centaine de souches différentes. Il se transmet principalement par contact sexuel. Il existe un vaccin, désormais recommandé chez les petites filles comme les petits garçons.
Importance du Dépistage Régulier
Si vous avez plusieurs partenaires sexuels dans l’année, il est recommandé d’effectuer des tests de dépistage d’infection sexuellement transmissible tous les 3 mois, même si vous utilisez systématiquement des préservatifs. Depuis le 1er septembre 2024, les moins de 26 ans peuvent se faire dépister sans ordonnance en laboratoire pour la chlamydia ainsi que la syphilis, la gonorrhée et l’hépatite B, avec une prise en charge totale et sans avance de frais. Si vous avez plus de 26 ans, pour vous faire dépister rapidement et simplement pour des IST comme la chlamydia, vous pouvez téléconsulter un médecin.
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