Mycoplasma pneumoniae est une bactérie qui provoque principalement des infections des voies respiratoires supérieures ou inférieures. Après le pneumocoque, c'est l'une des bactéries les plus impliquées dans les pneumonies aiguës en collectivité. Bien que Mycoplasma pneumoniae soit à l'origine de 30 à 50 % de ces infections chez les enfants, il est essentiel de se rappeler que, dans la grande majorité des cas, les symptômes sont bénins.
Prévalence et Transmission
Les infections à Mycoplasma pneumoniae touchent principalement les enfants âgés de 5 à 15 ans, ainsi que les jeunes adultes. Les infections surviennent principalement chez le jeune adulte (moins de 40 ans) sans prédisposition particulière, provoquant des épidémies familiales ou dans des collectivités. La pneumopathie à Mycoplasma pneumoniae se propage principalement par des gouttelettes respiratoires.
Mycoplasma pneumoniae est transmissible par des gouttelettes respiratoires lors d'un contact étroit avec les personnes infectées, le plus souvent symptomatiques. C'est ce qui explique que lorsque les mesures COVID étaient appliquées, il y a eu un effondrement des pathologies à Mycoplasma pneumoniae. La transmission est interhumaine, via les gouttelettes respiratoires. En période épidémique, le port du masque chirurgical par les malades et les professionnels de santé est nécessaire, notamment en présence de symptômes respiratoires.
Pourquoi les Bébés sont-ils Épargnés ?
Les pneumonies sont les maladies les plus graves causées par ce type d'infection, qui se traduit bien souvent par un rhume bénin. Un bébé enrhumé, le nez qui coule ou une légère fièvre peuvent être les symptômes d'une infection à Mycoplasma pneumoniae, souvent bénigne et ne nécessitant aucune prise en charge. En effet, les bébés sont très largement épargnés : seules 5 à 10 % des infections respiratoires bactériennes à l'origine d'une détresse respiratoire chez les tout-petits sont dues à cette bactérie. Les tout-petits bénéficient de la protection des anticorps maternels (transmis pendant la grossesse et à l'accouchement) pendant leurs premiers 9 à 12 mois, ce qui expliquerait qu'ils soient épargnés par ces infections comme par les autres grandes maladies infantiles. Les scientifiques ne s'expliquent cependant pas pourquoi les infections à Mycoplasma pneumoniae ne touchent pas plus les enfants de 1 à 5 ans.
Symptômes et Diagnostic
L'enfant ne tombe pas immédiatement malade après avoir été contaminé par la bactérie. La période d'incubation peut durer entre 1 et 4 semaines avant l'apparition des symptômes. Les infections à Mycoplasma pneumoniae peuvent survenir à tout âge, mais elles sont plus fréquentes chez les enfants et adultes de moins de 40 ans et rares avant 4 ans et après 60 ans.
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Mycoplasma pneumoniae est responsable d'infections des voies respiratoires supérieures et inférieures, incluant la rhino-pharyngite, la trachéo-bronchite et bronchite aiguë, et la pneumonie. Les symptômes sont variables et comprennent la toux, le malaise, la fièvre et occasionnellement des maux de tête. La bronchite aiguë et les infections des voies respiratoires supérieures à Mycoplasma pneumoniae sont généralement bénignes et guérissent spontanément. Environ 25 % des enfants d'âge scolaire (plus de 5 ans) infectés développeront une pneumonie avec toux et râles à l'examen physique dans les jours suivant le début des symptômes constitutionnels. La toux, initialement non productive, peut devenir productive, persister pendant 3 à 4 semaines et être accompagnée de sifflements. L'infection a été associée à des exacerbations de l'asthme. Une pneumonie sévère avec épanchement pleural peut survenir, en particulier chez les patients atteints de drépanocytose, de trisomie 21, d'immunodéficiences et de maladies cardiorespiratoires chroniques.
Diagnostic de la Pneumonie à Mycoplasma pneumoniae
Le diagnostic de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae est à suspecter d'emblée en cas de tableau clinique évocateur :
- Signes cliniques non spécifiques et respiratoires (fièvre peu élevée, toux, céphalées, arthro-myalgies, malaise). Les signes respiratoires peuvent être discrets à l'examen et se développent dans les jours suivant le début des symptômes avec un éventuel intervalle libre. L'auscultation pulmonaire n'est pas spécifique : crépitants uni ou bilatéraux, ronchis, sibilants, voire un syndrome de condensation.
- Présence de signes extra-respiratoires (dermatologiques, neurologiques, hématologiques, cardiologiques, rhumatologiques) dans un quart des cas.
- Installation souvent progressive avec un état général conservé.
- À 48-72h : en cas de pneumonie aiguë communautaire ne s'améliorant pas sous traitement de première intention d'une pneumonie franche lobaire aiguë.
La présence de cas groupés est évocatrice du diagnostic.
Examens Complémentaires
- Radiographie thoracique de face en inspiration : Elle est indiquée devant une suspicion de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae pour confirmer le diagnostic de pneumonie aiguë communautaire, dépister une complication (épanchement pleural, abcès pulmonaire), et rechercher un diagnostic différentiel. Elle ne doit pas retarder le début de l'antibiothérapie. Un retard radiologique d'environ 72 heures est possible par rapport au début des symptômes. Les anomalies radiographiques sont variables et non spécifiques : opacités infiltratives mal ou non systématisées, unies ou bilatérales, plus rarement : opacité systématisée, segmentaire ou lobaire de densité homogène, bien limitée.
- PCR sur prélèvement respiratoire, pharyngé ou nasopharyngé : Elle permet le diagnostic précoce des pneumonies à Mycoplasma pneumoniae. Le principal écueil est que de nombreux enfants sans symptôme ou avec des symptômes mineurs ont une PCR positive. Le risque est d'attribuer les symptômes observés à tort à Mycoplasma pneumoniae. Les PCR multiplex retrouvent souvent des virus associés.
- Tests sérologiques : Ils permettent un diagnostic uniquement rétrospectif sur un virage sérologique à 15 jours d'intervalle. Ils sont peu utiles à la prise en charge initiale et ne sont pas indiqués en ambulatoire. En général, les anticorps IgM ne sont pas détectables au cours des 7 premiers jours suivant l'apparition des symptômes. Bien que la présence d'anticorps IgM puisse indiquer une infection récente, des faux positifs peuvent se produire, et les anticorps IgM peuvent persister dans le sérum pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, et ne pas indiquer une infection aiguë.
Traitement
La majorité des cas d'infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae guérissent spontanément et ne justifient pas de prescription d'antibiotiques. Devant une suspicion de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae, une antibiothérapie probabiliste par voie orale est indiquée en ambulatoire. L'évolution sous antibiothérapie, notamment de la fièvre, doit être favorable dans les 48h-72h. Dans le cas contraire, le patient doit être réévalué. A noter que la toux peut durer 3 à 4 semaines.
Antibiothérapie
Les macrolides sont le traitement de référence, avec en 2023 peu de souches résistantes décrites en France :
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- 1ère intention : clarithromycine ou azithromycine. Du fait de sa longue demi-vie, l'azithromycine expose à un plus grand risque de résistance bactérienne que les autres macrolides.
- 2e intention : voir les alternatives en cas de problèmes d'approvisionnement, d'allergie ou de contre-indication aux macrolides.
Tableau des macrolides de première intention en cas de pneumonie à Mycoplasma pneumoniae :
| Médicament | Enfant ≤ 60 kg | Adulte |
|---|---|---|
| Clarithromycine | 15 mg/kg/j en 2 prises pendant 5 jours | 500 mg matin et soir pendant 5 jours |
| Azithromycine | Enfant < 25 kg : 20 mg/kg/j en 1 prise pendant 3 jours Enfant ≥ 25 kg : 500 mg/j en 1 prise pendant 3 jours | J1 : 500 mg/j en 1 prise J2 à J5 : 250 mg/j en 1 prise |
Hospitalisation
Les critères d'hospitalisation sont les mêmes que pour toute pneumonie aiguë communautaire. Les pneumopathies hospitalisées et ambulatoires s'accompagnent de symptômes marqués. La circonstance la plus fréquente est une pneumopathie avec fièvre élevée, traitée par amoxicilline et dont la température élevée persiste au-delà de 48 heures.
Résistance aux Antibiotiques
Mycoplasma pneumoniae est une bactérie pathogène dépourvue de paroi cellulaire, ce qui la rend résistante à de nombreux antibiotiques. L'antibiorésistance est cependant à surveiller, surtout qu'elle peut augmenter avec l'épisode actuel. Avant le Covid, en Asie, où la prescription d'antibiotiques était peu raisonnée, 80 % des souches de Mycoplasma pneumoniae étaient résistantes en Chine, plus de 50 % au Japon.
Traitements Alternatifs et Recherches Récentes
Des études récentes se penchent sur l'efficacité de l'azithromycine combinée à l'immunoglobuline intraveineuse (IVIG) pour traiter la pneumonie réfractaire à Mycoplasma pneumoniae (PRMP) chez les enfants. Une méta-analyse a montré que ce traitement combiné offre une efficacité accrue pour traiter la PRMP chez les enfants par rapport aux traitements standards. Il réduit de manière notable les symptômes et raccourcit la durée d'hospitalisation de 5,72 jours en moyenne.
Prévention
La transmission est interhumaine, via les gouttelettes respiratoires. En période épidémique, le port du masque chirurgical par les malades et les professionnels de santé est nécessaire, notamment en présence de symptômes respiratoires.
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Épidémiologie et Contexte Actuel
Depuis la fin de l'été, le nombre d'infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae augmente en France, avec une émergence de pneumonies liées à cette bactérie. L'augmentation inhabituelle des infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae observée depuis plusieurs semaines pourrait relever de la conjonction entre un cycle épidémique et la levée des mesures de contrôle après la pandémie de Covid-19.
Avant la pandémie de Covid, cette bactérie engendrait des pics épidémiques cycliques, tous les 3 à 7 ans environ. Mycoplasma pneumoniae a fait son retour cet été, avec une accélération marquée depuis le début de l'automne. La première alerte est venue de Chine, où un rebond important d'infections respiratoires, dont Mycoplasma pneumoniae, a été signalé ces dernières semaines. Outre la France, des pays scandinaves, les Pays-Bas et l'Irlande ont rapporté récemment une hausse de ces infections.
Comme pour d'autres germes, certains scientifiques y voient une répercussion de l'arrêt des confinements et gestes barrières contre la pandémie de Covid. On attendait ce retour. Cela fait au moins quatre ans qu'il n'y avait pas eu d'infections à Mycoplasma pneumoniae. Outre une éventuelle baisse d'immunité collective depuis les derniers épisodes d'infections, ils pointent la singularité de Mycoplasma pneumoniae.
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