Les crèches jouent un rôle crucial dans le développement social et éducatif des jeunes enfants. Cependant, en raison de la promiscuité et de la vulnérabilité des tout-petits, les crèches doivent appliquer des règles strictes concernant l'admission des enfants malades. Cet article explore les motifs de refus d'un enfant en crèche, les maladies concernées, et les mesures mises en place pour protéger la santé de tous.

Pourquoi un Refus en Crèche ?

Un enfant peut être refusé à l'entrée de la crèche du jour au lendemain si une pathologie contagieuse est détectée. Cette mesure, loin d'être une punition, est une nécessité pour limiter la propagation des maladies au sein de la structure d'accueil. La crèche, bien qu'indispensable au développement de l'enfant, présente un fort potentiel de propagation des infections.

En tant que collectivités, les crèches ont le droit de refuser un enfant s'il souffre d'une pathologie contagieuse afin d’enrayer le risque d’épidémie. L’éviction est une mesure préventive qui vise à limiter la propagation des pathologies au sein des structures d’accueil, notamment celles de la petite enfance.

Les 11 Maladies Justifiant l'Éviction Obligatoire

L'Assurance maladie liste 11 maladies pouvant motiver l'exclusion d'un enfant de crèche. L'administration note onze maladies motivant l’exclusion d’un enfant d’une crèche. Au total, onze maladies occasionnent une exclusion de la crèche tandis que d’autres font seulement l’objet d’une surveillance accrue. L'Assurance maladie a déterminé 11 infections dont l’éviction est obligatoire.

Voici la liste des 11 pathologies nécessitant une éviction obligatoire de la crèche :

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  1. L’angine à streptocoque : Contrairement à l’angine classique qui est virale, l’angine à streptocoque est bactérienne. L’enfant reste contagieux jusqu’à 2 jours après le début des antibiotiques. Cette maladie est relativement rare avant 3 ans (25 à 40% des angines).
  2. La coqueluche : La coqueluche est une infection bactérienne respiratoire. Elle peut être très dangereuse chez les nourrissons de moins de 6 ans, qui ne sont pas encore totalement protégés par le vaccin obligatoire.
  3. L’hépatite A : Cette maladie aiguë du foie est causée par un virus qui entraîne la destruction des cellules hépatiques (cellules du foie). L’hépatite A provoque l’apparition d’un ictère (teint jaune) chez l’enfant qui en est atteint. Elle se transmet par contact direct avec des eaux et des aliments souillés et par contact féco-oral. Cette infection virale est relativement rare et son évolution est favorable.
  4. L’impétigo (lorsque les lésions sont étendues) : L’impétigo est une infection bactérienne moyennement contagieuse. Il s’agit d’une infection de la peau et des muqueuses qui se traduit par la formation de petites ampoules et de croûtes entraînant des lésions cutanées. L’impétigo se transmet par contact direct avec les lésions, avec du matériel contaminé ou avec les mains souillées. Durée de l’éviction : 72 heures après le début de l’antibiothérapie.
  5. Les infections invasives à méningocoque : Parmi ces infections invasives à méningocoque (IIM), on distingue les méningites et les septicémies à méningocoques. La vaccination contre les infections à méningocoques C est obligatoire. Le diagnostic de ces infections est difficile.
  6. Les oreillons : Les oreillons sont une infection virale qui se traduit par le gonflement d’une ou des glandes parotides (glandes salivaires), de la fièvre, des oreilles douloureuses, une grande fatigue et des maux de tête. Ils se transmettent par la salive. Parfois, les oreillons passent inaperçus.
  7. La rougeole : La rougeole est une infection virale contagieuse. Elle se traduit par l’apparition de petites taches rouges surmontées d’un point blanc. Elle s’accompagne de fièvre, d’une rhinopharyngite, d’une conjonctivite et de fatigue.
  8. La scarlatine (une des formes d’angine à streptocoque) : La scarlatine est une maladie infectieuse cutanée due à une bactérie (streptocoque A). Les signes évocateurs sont l’apparition d’un érythème cutané rouge, accompagné d’une fièvre élevée et d’éventuels vomissements et douleurs abdominales.
  9. La tuberculose : Cette infection bactérienne qui touche les poumons entraîne une toux et une fièvre persistantes, des sueurs nocturnes, une grande fatigue et une perte de poids. On peut également retrouver des émissions de sang lors de la toux. Elle se transmet par les sécrétions respiratoires. Elle est très contagieuse lorsque l’examen microscopique décèle la présence d’un bacille tuberculeux dans la salive. L’enfant n’est que très rarement porteur de ce bacille. La vaccination est obligatoire pour l’entrée en collectivité.
  10. La gastro-entérite à Escherichia coli entéro-hémorragique : La gastro-entérite à Escherichia Coli est une gastro-entérite bactérienne. Elle se traduit par une diarrhée aiguë, voire des atteintes rénales.
  11. La gastro-entérite à Shigella sonnei : Cette gastro-entérite est due à une bactérie digestive appelée Shigella donnei. Elle se traduit par une diarrhée liquide accompagnée de fièvre, de douleurs abdominales et de vomissements. La transmission de la bactérie se fait par voie féco-orale et par contact direct avec des surfaces ou des objets souillés.

Durée de l'Éviction

La période d’exclusion varie sensiblement selon chaque maladie. Le temps de convalescence et donc d’éviction dépend de la pathologie, et de l’évolution de la maladie selon le traitement.

  • Angine à streptocoque et scarlatine : Un enfant pourra réintégrer la crèche 2 jours après le début du traitement. Atteint d’une angine à streptocoque ou de la scarlatine, votre enfant pourra revenir à la crèche deux jours après la prise du médicament.
  • Coqueluche : La coqueluche, très contagieuse, impose un éloignement de 5 jours après le début du traitement. Le délai est de cinq jours pour la coqueluche.
  • Oreillons : De leur côté, les oreillons imposent une exclusion de 9 jours après le début de l’inflammation. Pour les oreillons, un délai de neuf jours après l'inflammation des glandes salivaires est requis.
  • Hépatite A : En cas d’hépatite A, l’enfant devra rester à domicile 10 jours après le début de l’ictère (symptôme de jaunisse). Souffrant d’une hépatite A, votre enfant pourra retrouver le chemin de la crèche dix jours après le début de l’ictère, cette coloration jaune de la peau, des cheveux et des ongles.
  • Rougeole : C’est moins long pour la rougeole : cinq jours après le début de l’éruption, votre enfant peut retourner en collectivité.
  • Impétigo : Le délai est de trois jours pour un impétigo dont les lésions sont étendues.

Maladies Ne Nécessitant Pas d'Éviction Systématique

Il existe plusieurs maladies qui n’entraînent pas une éviction systématique de la crèche.

  • Varicelle : Concernée par une exclusion à l’école, la varicelle ne fait pas partie des maladies qui isolent les tout-petits. Dans le secteur de la petite enfance, les enfants atteints de la varicelle sont acceptés.
  • COVID-19 : Depuis le 1ᵉʳ février 2023, les enfants présentant des symptômes évocateurs ou positifs à la Covid ne sont plus refusés dans les collectivités. Dans les structures, notamment les crèches, il n’y a plus de protocoles spécifiques pour les jeunes individus.

Cependant, l'Assurance maladie précise que la fréquentation des crèches reste déconseillée durant la phase aiguë des pathologies ne nécessitant pas l'éviction de l'enfant. La fréquentation de la crèche, qui s’effectue au cas par cas, est déconseillée pendant la phase aiguë de toutes ces maladies et en cas de symptômes sévères. Cette décision, prise au cas par cas, est du ressort du responsable de structure et doit être conditionnée par le confort de l’enfant, notamment si les symptômes sont sévères.

Rôle de l'Avis Médical

La décision d'éviction et de retour dans la collectivité se fait sur avis médical. L’éviction ainsi que le retour à la crèche se font sur avis médical. L’Assurance maladie explique que la décision d’éviction ainsi que le retour en crèche s’effectuent sur avis médical et non sur simple présentation d’une ordonnance d’antibiotiques.

Les parents pensent souvent que l’ordonnance d’antibiotiques est le « sésame » qui va permettre la réadmission de l’enfant. Pour contrer cette idée reçue, il peut être utile de préciser dans les règlements intérieurs et les protocoles d’accueil qu’une ordonnance d’antibiotiques n’est ni une pièce justificative, ni un argument facilitant la réadmission de l’enfant en collectivité. En effet, même sous traitement antibiotique, l’enfant peut encore être contagieux. Les antibiotiques mettent quelques jours pour agir, dans le cas d’une infection bactérienne.

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Prévention et Vigilance

La prévention des maladies à éviction en crèche commence par des gestes d'hygiène simples mais efficaces. Face aux nombreuses maladies et évictions en crèche, la vigilance parentale reste votre meilleur allié. La prévention demeure sans doute la meilleure stratégie pour limiter la propagation des maladies à éviction en crèche.

  • Hygiène des mains : Le lavage des mains représente la première barrière contre la propagation des germes. Les gestes d'hygiène quotidiens, comme le lavage régulier des mains et le nettoyage des jouets, constituent des barrières efficaces contre les germes.
  • Nettoyage des jouets : Pour les plus petits, nettoyez régulièrement leurs jouets, surtout ceux qu'ils portent à la bouche.
  • Changement des vêtements : Concernant les vêtements, changez quotidiennement les tenues de votre enfant et lavez-les à température adéquate.
  • Vaccination : Par ailleurs, le respect du calendrier vaccinal constitue une protection collective fondamentale.
  • Communication : Enfin, maintenez un dialogue ouvert avec les professionnels de la crèche. La communication transparente avec l'équipe de la crèche s'avère primordiale. Informez rapidement les professionnels en cas de maladie diagnostiquée chez votre enfant. Cette démarche responsable permet à la structure d'accueil de mettre en place les mesures nécessaires pour protéger tous les enfants.

Signes d'Alerte

Reconnaître les signes d'alerte avant d'emmener votre enfant à la crèche est essentiel pour sa santé et celle des autres.

  • Fièvre : La fièvre constitue le premier indicateur à surveiller. Si votre enfant présente une température supérieure à 38°C, il est généralement préférable de le garder à la maison.
  • Altération de l'état général : Soyez particulièrement vigilant si votre enfant montre des signes d'altération de l'état général : fatigue excessive, irritabilité inhabituelle, pleurs inconsolables, pâleur, ou difficulté à se réveiller.
  • Problèmes digestifs : Les problèmes digestifs méritent également attention. Les vomissements répétés ou la diarrhée aiguë sont des motifs d'éviction temporaire, notamment en raison du risque de déshydratation et de forte contagiosité.
  • Symptômes respiratoires : En outre, les symptômes respiratoires sévères comme une toux importante, une respiration sifflante ou des difficultés respiratoires doivent vous alerter.

Le Projet d'Accueil Individualisé (PAI)

Le PAI, projet d’accueil individualisé, concerne les enfants atteints d’une maladie longue ou d’un trouble de santé particulier. Afin qu’ils puissent évoluer en collectivité au sein d’une crèche, ce projet doit être établi par des professionnels. Il s’agit d’un document détaillé, organisant la vie quotidienne de l’enfant dans un établissement, incluant ses besoins thérapeutiques prescrits par le médecin.

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