Le cancer du testicule, qui touche principalement les jeunes hommes, et la qualité du sperme, un indicateur clé de la fertilité masculine, sont deux préoccupations de santé masculine qui suscitent un intérêt croissant. Cet article explore la relation entre le cancer du testicule et la qualité du sperme, en abordant l'incidence du cancer du testicule, les facteurs affectant la qualité du sperme, l'impact des traitements du cancer sur la fertilité et les options de préservation de la fertilité.
Incidence du cancer du testicule et qualité du sperme
Un certain nombre d’études font état d’une augmentation des cancers du testicule durant ces trente dernières années, en particulier dans les pays industrialisés. Parallèlement, on observe depuis le milieu du XX° siècle une diminution de la qualité du sperme dans les pays industrialisés. Selon une étude publiée en 2000, la concentration de spermatozoïdes diminuerait de 3 % par an en Europe et de 1.5% par an aux Etats-Unis.
Variations géographiques de la qualité du sperme
Il existe une grande disparité géographique dans les caractéristiques du sperme. Une étude, menée en 2002 en Europe sur plus de 900 partenaires de femmes enceintes, montre des différences de densité spermatique selon les villes. Les Danois (Copenhague) présentent ainsi les concentrations en spermatozoïdes les plus faibles, suivis par les Ecossais (Edinburgh) et les Français (Paris), loin derrière les finlandais (Turku). De même, une étude menée en 1997 sur 4700 candidats au don de sperme montre des différences significatives entre certaines villes de France. Par exemple, les Lillois présentent une concentration spermatique plus élevée qu'à Paris.
Facteurs affectant la qualité du sperme
Même si les facteurs génétiques sont les plus souvent incriminés, les causes de l’augmentation de ces anomalies sont de plus en plus recherchées parmi les facteurs environnementaux. Sont notamment suspectés, la chaleur, les champs magnétiques, les rayonnements ionisants… mais surtout les facteurs chimiques. Au banc des principaux accusés : les pesticides, les solvants ou le tabac.
Cancer du testicule : diagnostic et traitement
Le cancer du testicule prend naissance dans les cellules d’un testicule qui dans la majorité des cas est suspecté par la présence d’une masse palpable sur le testicule. On estime à 2300 le nombre de nouveaux cas de cancer de testicule par an en France avec 85% des hommes diagnostiqués âgés de 15 à 49 ans.
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Types de cancer du testicule
Les cancers du testicule proviennent généralement des cellules responsables de la production des spermatozoïdes, appelées alors tumeurs germinales. Il en existe deux types : séminomateuses et non séminomateuses.
Symptômes du cancer du testicule
Le cancer testiculaire est le plus souvent suspecté en raison de la présence d'une masse palpable sur le testicule. Cette masse, qui ne disparaît pas avec le temps, est généralement dure et indolore. Parfois, la découverte d'un cancer est fortuite, lors d'une échographie effectuée pour des problèmes de fertilité ou un traumatisme testiculaire. D'autres symptômes peuvent inclure une sensation de lourdeur dans les testicules, une gêne ou une douleur persistante. Le testicule peut également gonfler et augmenter de volume, parfois de manière soudaine.
Diagnostic du cancer du testicule
Le diagnostic du cancer du testicule repose principalement sur l’examen clinique. Il débute par une échographie testiculaire. Cet examen d’imagerie permet de détecter un syndrome intra-testiculaire, d’en confirmer la présence et d’en mesurer la taille. Dans un second temps, un bilan biologique est réalisé avec le dosage de marqueurs tumoraux spécifiques : alpha-foetoprotéine (αFP), bêta-hCG (hormone chorionique gonadotrope) et lactate déshydrogénase (LDH).
Traitements du cancer du testicule et leurs impacts sur la fertilité
La prise en charge du cancer du testicule débute généralement par une consultation avec l’urologue, sur orientation du médecin traitant. En cas de confirmation du diagnostic, une orchidectomie (ablation chirurgicale du testicule) est réalisée par voie inguinale. Avant de débuter un traitement médical, une conservation des spermatozoïdes est proposée de manière préventive au patient. Certains traitements, comme la chimiothérapie ou la radiothérapie, peuvent en effet altérer la qualité du sperme et affecter la fertilité masculine.
Chirurgie
L'intervention chirurgicale vise à retirer le testicule sur lequel la tumeur s’est développée. Cette opération est appelée orchidectomie. Si nécessaire, le chirurgien réalise au cours de l’intervention un curage ganglionnaire et retire les tissus environnants susceptibles d'être touchés par la tumeur.
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Chimiothérapie
La chimiothérapie est un traitement basé sur l'utilisation de médicaments, également connu sous le nom de traitement médicamenteux. Ces médicaments de chimiothérapie ciblent les mécanismes de la division cellulaire. Il s'agit d'un traitement général, qualifié de traitement systémique, agissant dans l'ensemble du corps. Ceci permet de cibler les cellules cancéreuses où qu'elles se trouvent dans le corps, même si elles sont isolées et échappent aux diagnostics conventionnels. Les médicaments de chimiothérapie sont le plus souvent administrés par perfusion, bien qu'il puisse arriver qu'ils soient administrés par voie orale sous forme de comprimés.
La chimiothérapie peut détruire les cellules qui se multiplient rapidement comme les cellules souches à l’origine des spermatozoïdes.
Radiothérapie
La radiothérapie est une méthode qui fait usage de rayonnements ionisants pour éradiquer les cellules cancéreuses en les empêchant de se multiplier. La radiothérapie détruit aussi les cellules souches qui évoluent en spermatozoïdes.
Préservation de la fertilité
Le patient est pris en charge par une équipe spécialisée qui lui fournit toutes les informations sur la cryoconservation du sperme et son éventuelle utilisation ultérieure. Un consentement éclairé est signé, puis le prélèvement effectué par auto-masturbation est recueilli dans un flacon stérile. Afin d’augmenter les chances d’obtenir une quantité suffisante de sperme, il est recommandé de respecter une abstinence sexuelle d’environ trois à cinq jours avant le recueil. La présence d’une tumeur dans l’un des testicules peut diminuer en effet la production de spermatozoïdes, lesquels peuvent être de moins bonne qualité. Si la quantité de sperme recueilli n’est pas suffisante, il est nécessaire de prendre un nouveau rendez-vous pour un nouveau recueil de sperme. Il est classique d’effectuer plusieurs prélèvements en cas de recueil insuffisant.
Parallèlement, un dépistage obligatoire de certaines maladies infectieuses (VIH, virus des hépatites B et C et syphilis) est réalisé à partir d’une prise de sang. Le sperme est mélangé à un produit cryoprotecteur puis congelé dans l’azote liquide à -196 °C sous forme de paillettes (des tubes très fins) étiquetées avec le numéro d’identification du patient. Les paillettes peuvent être conservées aussi longtemps que le patient le souhaite. En cas de besoin, le sperme qu’elles contiennent pourra être utilisé dans le cadre d’une aide médicale à la procréation (AMP).
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Conséquences sur la fertilité et la vie sexuelle
Si le fait de n'avoir qu'un seul testicule n'a aucune incidence sur les capacités sexuelles, l'image du corps est cependant modifiée. Des difficultés peuvent surgir, comme la peur d'être dévalorisé aux yeux de l'autre, un sentiment d'atteinte de la virilité, une perte d'estime de soi et des doutes sur ses capacités de séduction.
Avant le début des traitements (sauf exception, comme les situations nécessitant un traitement contre le cancer en urgence), votre équipe médicale vous propose systématiquement d'effectuer un recueil de sperme. Ce geste est une précaution afin de prévenir d'éventuelles conséquences des traitements sur votre fertilité.
Infertilité masculine : causes et traitements
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) décrit l’infertilité comme « une maladie du système reproducteur définie par l’impossibilité d’obtenir une grossesse clinique après 12 mois ou plus de rapports sexuels réguliers non protégés ». Par conséquent, l’infertilité masculine se réfère à l’infertilité qui a son origine chez l’homme (20 % comme facteur unique et jusqu’à 50 % comme facteur mixte : homme et femme).
Causes de l'infertilité masculine
- Causes endocriniennes ou causes d’origine prétesticulaire : Diabète, problèmes de tyroïdes, hyperprolactinémie, hypogonadisme.
- Causes médicales d’origine testiculaire : Génétiques (syndrome de Klinefelter, microdélétions du chromosome Y, fibrose kystique), infections (épididymite, orchite, ITS), cancer. Autres : cryptorchidie, hydrocèle, varicocèle.
- Causes médicales d’origine post-testiculaire : Infertilité immunologique, éjaculation rétrograde, dysfonctionnement érectile, obstruction du canal spermatique, hypospadias.
- Causes environnementales : Produits chimiques industriels, exposition aux métaux lourds, radiations ou rayons X, chaleur excessive sur les testicules.
- Altérations d’origine spermatique : Azoospermie, oligozoospermie, cryptozoospermie, asthénozoospermie, tératozoospermie, nécrozoospermie.
- Styles de vie : Consommation de boissons alcoolisées, de tabac, de drogues, stress émotionnel, dépression, surpoids / obésité.
Traitements de l'infertilité masculine
Le traitement de l’infertilité masculine est le traitement étiologique (hypogonadisme hypogonadotrope, infection,) ; c’est-à-dire de la cause qui en est à l’origine.
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