MOPRAL, dont le principe actif est l'oméprazole, est un médicament de la classe des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Il est utilisé pour réduire la production d'acide gastrique dans l'estomac. Cet article explore en détail la posologie de MOPRAL chez les nourrissons, ses indications, les précautions à prendre, ainsi que les alternatives possibles.
Composition et Action de MOPRAL
MOPRAL contient de l'oméprazole, un mélange racémique de deux énantiomères qui réduisent la sécrétion acide gastrique. L'oméprazole est une base faible qui se concentre et se convertit en forme active dans l'environnement acide des canalicules intracellulaires des cellules pariétales, où il inhibe l'enzyme H+K+-ATPase, également connue sous le nom de pompe à protons.
Indications Cliniques de MOPRAL
MOPRAL est indiqué dans plusieurs situations cliniques chez l'adulte, notamment :
- Traitement de l'ulcère duodénal évolutif.
- Prévention des récidives de l'ulcère duodénal chez les patients non infectés par H. pylori ou lorsque l'éradication de H. pylori n'est pas possible.
- Traitement de l'ulcère gastrique évolutif.
- Traitement des ulcères gastriques et duodénaux induits par les AINS.
- Traitement de l'œsophagite érosive.
- Traitement d'entretien après cicatrisation des œsophagites par reflux.
- Traitement symptomatique du pyrosis et des régurgitations acides en cas de reflux gastro-œsophagien.
- Traitement du syndrome de Zollinger-Ellison.
- Éradication de Helicobacter pylori (en association avec des antibiotiques).
Bien que son autorisation de mise sur le marché (AMM) débute à 12 mois, dans le cas des nourrissons, il sera prescrit hors AMM et donc après étude précise par le médecin des bénéfices / effets secondaires.
Posologie de MOPRAL chez le Nourrisson
Chez les enfants âgés de plus d'un mois, la dose habituelle est de 1 mg/kg une fois par jour. Si besoin, la dose peut être augmentée jusqu'à 20 mg par jour. Pour les enfants de plus de 4 ans, la dose recommandée est de 20 mg par jour en une prise. Votre médecin vous dira quelle dose de médicament vous devez prendre et pendant combien de temps vous devez les prendre. Pour des doses inférieures ou égales à 15 mg, le dosage à 2 mg/mL est recommandé. Pour des doses de 20 mg ou 40 mg, le dosage à 4 mg/mL convient.
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Il est recommandé de prendre les gélules de MOPRAL le matin et de les avaler en entier avec un demi-verre d’eau. Les patients peuvent ouvrir les gélules et avaler le contenu avec un demi-verre d’eau ou après mélange avec un aliment légèrement acide comme par exemple : jus de fruit, compote de pomme ou eau non gazeuse. Les patients peuvent également sucer la gélule et avaler les granulés avec un demi-verre d’eau.
Les doses de 2 mg/mL et de 4 mg/mL sont équivalentes en ce qui concerne la capacité tampon (même quantité de tampon sur une base en mL).
Administration et Conseils d'Utilisation
Il est recommandé de prendre les gélules de MOPRAL le matin et de les avaler en entier avec un demi-verre d'eau. Pour les nourrissons et les jeunes enfants, les gélules peuvent être ouvertes, et le contenu mélangé avec un aliment légèrement acide comme du jus de fruit, de la compote de pomme ou de l'eau non gazeuse. Il est également possible de sucer la gélule et d'avaler les granulés avec un demi-verre d'eau. Il est crucial de ne pas écraser l'IPP s'il est prescrit sous forme de granules contenues dans un sachet ou une gélule.
Effets Indésirables Possibles
Comme tout médicament, MOPRAL peut entraîner des effets indésirables. Les effets indésirables suivants ont été rapportés ou suspectés au cours des essais cliniques de l’oméprazole et depuis sa mise sur le marché. Aucun des effets n’a été dose-dépendant. Les effets indésirables sont classés par fréquence et par classe de système d’organes. La fréquence est définie par la convention suivante : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100 à < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100), rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000), très rare (< 1/10 000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles). Hypomagnésémie ; une hypomagnésémie sévère peut conduire à une hypocalcémie.
Les effets secondaires courants de l'oméprazole chez le nourrisson peuvent inclure des maux d'estomac, des nausées, des vomissements, de la diarrhée, de la constipation et des changements dans les habitudes alimentaires. Cependant, il est essentiel de surveiller attentivement votre nourrisson lors de la prise d'oméprazole, car certains effets secondaires, bien que courants, peuvent parfois nécessiter une attention médicale.
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En de rares occasions, l'oméprazole peut causer des effets secondaires graves chez le nourrisson. Ces effets secondaires peuvent inclure des réactions allergiques sévères, des problèmes respiratoires, des douleurs abdominales intenses, des vomissements persistants, du sang dans les selles ou un teint jaunâtre de la peau ou des yeux.
Il est crucial de respecter les doses prescrites par le médecin et de ne pas interrompre brusquement le traitement sans avis médical, car cela pourrait entraîner des complications.
Voici une liste non exhaustive des effets secondaires possibles :
- Maux de tête
- Douleur abdominale
- Diarrhées et nausées
- Vertiges
- Picotements, sensation de fourmillements, somnolence
- Eruption cutanée, boursouflure de la peau (urticaire) et démangeaisons cutanées
Des études ont suggéré que l'utilisation à long terme de l'oméprazole chez les nourrissons peut augmenter le risque de certaines infections, telles que les infections respiratoires, les infections gastro-intestinales et les infections à Clostridium difficile.
Il est important de signaler tout effet indésirable suspecté à un professionnel de santé.
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Interactions Médicamenteuses
L’oméprazole peut affecter le fonctionnement dautres médicaments et certains médicaments peuvent avoir un effet sur loméprazole. Ne prenez pas de loméprazole si vous prenez un médicament contenant du nelfinavir (utilisé pour traiter linfection par le VIH).
Il est important de signaler à votre médecin si vous prenez :
- phénytoïne (utilisé pour lépilepsie).
- médicaments utilisés pour fluidifier le sang tel que la warfarine ou autres anti-vitaminiques K.
L'oméprazole est métabolisé par les enzymes CYP2C19 et CYP3A4. Les substances actives connues pour inhiber CYP2C19 ou CYP3A4 (telles que la clarithromycine et le voriconazole) peuvent augmenter les taux sériques d'oméprazole. Inversement, les substances actives inductrices du CYP2C19 ou du CYP3A4 (comme la rifampicine et le millepertuis) peuvent diminuer les concentrations plasmatiques d'oméprazole.
L'oméprazole peut également interagir avec d'autres médicaments tels que l'atazanavir, le clopidogrel, la digoxine, le posaconazole, l'erlotinib, le kétoconazole, l'itraconazole, le tacrolimus et le méthotrexate. Il est donc essentiel d'informer votre médecin de tous les médicaments que vous prenez.
Précautions d'Emploi
En présence de tout symptôme alarmant (tel que perte de poids importante et involontaire, vomissements répétés, dysphagie, hématémèse ou méléna) et en cas de suspicion ou de présence d'un ulcère gastrique, l'éventualité d'une lésion maligne doit être écartée car le traitement peut atténuer les symptômes et retarder le diagnostic.
L'association concomitante d'atazanavir avec des inhibiteurs de la pompe à protons n'est pas recommandée. Si l'association de l'atazanavir avec un inhibiteur de la pompe à protons est jugée indispensable, une surveillance clinique étroite (ex : surveillance de la charge virale) est recommandée associée à une augmentation de la dose de l'atazanavir à 400 mg avec 100 mg de ritonavir ; une dose maximale de 20 mg d'oméprazole ne doit pas être dépassée.
L'oméprazole, comme tous les médicaments anti-sécrétoires gastriques acides, peut réduire l'absorption de la vitamine B12 (cyanocobalamine), en raison de l'hypo- ou achlorhydrie. Ceci devra être pris en compte lors d'un traitement au long cours chez les patients disposant de réserves réduites ou présentant des facteurs de risque de diminution de l'absorption de la vitamine B12.
Des cas d'hypomagnésémies sévères ont été rapportés chez des patients traités par des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) tels que l'oméprazole pendant au moins trois mois, et dans la plupart des cas pendant un an. Chez les patients nécessitant un traitement prolongé ou en cas d'association des IPP avec de la digoxine ou avec des médicaments pouvant induire une hypomagnésémie (par exemple des diurétiques), un dosage du taux de magnésium sanguin doit être envisagé.
Les inhibiteurs de la pompe à protons, en particulier s'ils sont utilisés à fortes doses et sur une durée prolongée (> 1 an), peuvent augmenter modérément le risque de fracture de la hanche, du poignet et des vertèbres, principalement chez les patients âgés ou en présence d'autres facteurs de risque identifiés.
Une néphrite tubulo-interstitielle (NTI) aiguë a été observée chez des patients prenant de l'oméprazole et peut survenir à tout moment durant le traitement par l'oméprazole. L'oméprazole doit être interrompu en cas de suspicion de NTI, et un traitement approprié doit être rapidement instauré.
Les inhibiteurs de la pompe à protons sont associés à de très rares cas de LECS (lupus érythémateux cutané subaigu). Si des lésions surviennent, en particulier sur les zones de la peau exposées au soleil, et si elles sont accompagnées d'arthralgies, le patient doit consulter un médecin rapidement et le professionnel de la santé devrait envisager l'arrêt de MOPRAL.
L'augmentation du taux de Chromogranine A (CgA) peut interférer avec les tests réalisés pour l'exploration des tumeurs neuroendocrines. Pour éviter cette interférence, le traitement par l'oméprazole doit être interrompu au moins 5 jours avant de mesurer le taux de CgA.
Certains enfants atteints d'affections chroniques peuvent nécessiter un traitement à long terme bien que cela ne soit pas recommandé.
Alternatives à l'Oméprazole
Pour certains nourrissons, des alternatives à l'oméprazole peuvent être envisagées. Celles-ci peuvent inclure des ajustements du régime alimentaire, des changements de position pendant l'alimentation, des médicaments antireflux moins puissants ou d'autres approches thérapeutiques.
- Mesures diététiques et de puériculture : La prise en charge des régurgitations simples se limite souvent à des mesures de diététique et de puériculture. Cela peut inclure des repas plus petits et plus fréquents, une position verticale après les repas, et l'épaississement du lait infantile.
- Laits AR (Anti-Régurgitations) : Ces laits sont épaissis avec de l'amidon, de la caroube, ou un mélange des deux. Ils aident à réduire la fréquence et le volume des régurgitations.
- Alginate de sodium (Gaviscon®) : Ce médicament forme un gel visqueux qui flotte au-dessus du contenu de l'estomac, réduisant ainsi le reflux. Il est généralement donné avant les repas.
- Autres médicaments : Dans certains cas, d'autres médicaments tels que le dompéridone (Motilium® Péridys®), le métoclopramide (Primpéran®), ou la métopimazine (Vogalène®) peuvent être utilisés, mais leur efficacité est discutée et ils ne sont pas dénués d'effets secondaires.
Si les reflux persistent malgré les conseils précédents, n’hésitez pas à en parler à votre médecin lors d’une consultation de suivi. Le pharmacien peut vous conseiller sur le choix du lait artificiel et de la tétine adaptée.
MOPRAL et Grossesse
Les résultats de trois études épidémiologiques prospectives (plus de 1000 résultats d'expositions) indiquent qu'il n'y a aucun effet indésirable de l'oméprazole lors de la grossesse ou sur la santé du fœtus/nouveau-né.
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