La méningite, une inflammation des méninges (les membranes qui protègent le cerveau et la moelle épinière), représente une source d'inquiétude majeure pour les parents, en particulier lorsqu'elle touche les nourrissons. Bien que redoutée, elle peut être prise en charge efficacement si elle est diagnostiquée et traitée rapidement. Cet article a pour but d'informer les parents sur les causes, les symptômes, les traitements et les mesures de prévention de la méningite chez les nourrissons de 2 mois.
Qu'est-ce que la méningite ?
La méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui protègent et entourent le cerveau et la moelle épinière. Cette inflammation est souvent due à une infection, le plus souvent virale ou bactérienne. La méningite peut être causée par différents types d'agents infectieux : bactéries, virus ou champignons.
Les différentes formes de méningite
La méningite se présente sous diverses formes qui dépendent essentiellement de l'agent pathogène à l'origine de l'infection. On distingue principalement :
- Méningite bactérienne : C'est la forme la plus dangereuse de méningite, car elle peut entraîner des complications graves et potentiellement mortelles. Les principales bactéries responsables sont le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae), le méningocoque (Neisseria meningitidis) et l'Haemophilus influenzae de type b (Hib). Les méningites purulentes (bactériennes), quant à elles, sont causées par une bactérie (méningocoques, pneumocoque et Hæmophilus influenzæ…).
- Méningite virale : Cette forme de méningite est généralement moins sévère que la méningite bactérienne et se résout souvent sans traitement spécifique. Les virus responsables incluent le virus des oreillons, les virus coxsackie, ECHO et les entérovirus.
- Méningite fongique : Ce type de méningite est très rare chez les bébés. Les infections fongiques nécessitent généralement un traitement par antifongiques, administrés par voie orale ou IV. Il est crucial de suivre les directives du médecin et de terminer le traitement prescrit. Il existe également des méningites fongiques et parasitaires, mais elles sont beaucoup plus rares et surviennent principalement chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli.
Comment un bébé peut-il attraper la méningite ?
Le mode de contamination se fait par contact direct avec la salive, des expectorations, du mucus nasal ou des excréments. Les nourrissons et les jeunes enfants qui portent tout à leur bouche peuvent s’infecter mutuellement. Il est donc recommandé de se laver les mains régulièrement, d'éviter de boire dans les mêmes verres, de vous servir des mêmes couverts et de maintenir une très bonne hygiène générale. Les baisers peuvent faire proliférer le virus et les bactéries.
Les formes bactériennes sont très contagieuses et se transmettent facilement entre enfants à la crèche ou à l’école. La méningite virale, plus fréquente et généralement bénigne, se propage principalement par les sécrétions respiratoires (toux, éternuements, postillons) émises par une personne infectée. Ces gouttelettes peuvent être inhalées par une autre personne ou contaminer des surfaces et objets du quotidien, favorisant ainsi la propagation du virus. Certains virus, notamment les entérovirus, responsables d’une grande partie des méningites virales, peuvent également se transmettre par voie fécale-orale, c’est-à-dire par contact avec des mains souillées après un passage aux toilettes ou en consommant des aliments contaminés. La méningite bactérienne, plus rare et potentiellement grave, se transmet principalement par les gouttelettes de salive lors d’un contact rapproché avec une personne infectée ou plus fréquemment avec un porteur sain, c’est-à-dire un individu hébergeant la bactérie dans sa gorge sans présenter de symptômes. La contamination peut survenir dans des lieux où la promiscuité est importante, comme les écoles, internats, bars/discothèques, casernes ou campus universitaires, où les interactions sociales et les échanges de sécrétions (partage de couverts, de contenants (verres, tasses, gobelets), brosses à dents, boissons) sont fréquents. La contagiosité de la méningite varie en fonction de son origine. La méningite virale, bien que transmissible, est généralement peu contagieuse et survient principalement lors de périodes épidémiques. En revanche, la méningite bactérienne, en particulier celle causée par le méningocoque, est hautement contagieuse dans le cas de contacts étroits et rapprochés et peut se propager rapidement au sein de communautés fermées (crèches, internats, casernes, etc.
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Durée de contagiosité de la méningite virale
En règle générale, une personne atteinte de méningite virale est contagieuse de quelques jours avant l'apparition des symptômes jusqu'à une à deux semaines après, selon le virus en cause. Même si les symptômes disparaissent, le virus peut toujours être présent dans l'organisme et être transmis à d'autres personnes.
Comment éviter la contagion dans l'entourage ?
Il est essentiel de respecter les mesures d'hygiène pour réduire le risque de transmission, notamment :
- Se laver régulièrement les mains.
- Ne pas partager des objets personnels comme les brosses à dents, les verres, les couverts.
- Éviter les contacts étroits avec une personne infectée.
Comment reconnaître les premiers signes chez l'enfant ?
Les symptômes de la méningite peuvent varier selon l'âge du bébé et la cause de l'infection. Certains signes sont communs à plusieurs types de méningite, tandis que d'autres sont spécifiques à un agent infectieux particulier. Notez que certains symptômes peuvent être absents chez les bébés, comme la raideur de la nuque ou des convulsions.
L’infection peut commencer par les voies respiratoires (rhume, grippe), mais d'autres symptômes peuvent apparaître de façon plus ou moins intense.
Signes spécifiques chez le nourrisson
Chez le nourrisson, les signes sont souvent plus difficiles à reconnaître, ce qui rend la vigilance encore plus importante. Un bébé atteint de méningite peut présenter des pleurs aigus et incessants, un refus de s’alimenter, une léthargie ou, au contraire, une agitation excessive. Un signe particulièrement évocateur est le bombement de la fontanelle, cette zone molle située au sommet du crâne, qui peut devenir anormalement tendue. Ils s’accompagnent d’un comportement inhabituel :
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- Somnolence anormale.
- Abattement.
- Pleurs, gémissements.
- Refus de s’alimenter.
- Nuque molle.
- Fontanelle bombée.
- Fièvre et convulsions.
Fièvre et éruption cutanée : des symptômes à surveiller
Chez les enfants (et également les adultes) :
- Fièvre élevée.
- Maux de tête importants.
- Raideur de la nuque.
- Nausées et vomissements.
- Éruption cutanée, petites taches violettes.
- Ne supporte ni la lumière, ni le bruit.
- Confusion.
- Se recroqueville en chien de fusil.
Une vigilance particulière s’impose chez les nourrissons car ces signes sont peu caractéristiques des méningites mais tout aussi inquiétants. Principal symptôme, le bébé adopte un comportement inhabituel (irritabilité, pleurs incessants, gémissements, somnolence…) ou paraît « mou » et peu réactif aux stimulations. Le premier réflexe à avoir en présence de certains des symptômes précédemment décrits consiste à déshabiller votre enfant afin de vérifier s’il présente un purpura. Ce signe, généralement accompagné de forte fièvre, se présente sous forme de taches hémorragiques rouge vif ou « bleues » sous la peau et qui ne disparaissent pas à la pression de votre doigt.
Que faire en cas de symptômes ?
Si votre enfant présente ces signes anormaux la première chose à faire est bien sûr d’appeler votre médecin en lui décrivant exactement ce qui vous inquiète dans l’attitude de votre enfant. Ne vous alarmez pas s’il vous propose une hospitalisation, c’est le moyen le plus sûr pour faire un diagnostic rapide et précis du type de méningite. Si l’enfant a brutalement une forte fièvre, qu’il perd connaissance et présente de petites taches rouges sur sa peau, il s’agit d’une urgence !
Diagnostic
Le diagnostic et le traitement précoces sont essentiels pour éviter des complications potentiellement graves. Pour confirmer le diagnostic, on devra conduire l’enfant à l’hôpital afin de réaliser un examen clinique ainsi qu’une ponction lombaire. Le médecin procédera d'abord à un examen physique et posera des questions sur les antécédents médicaux de l'enfant ainsi que sur les signes observés.
- Ponction lombaire : Cet examen consiste à prélever un échantillon de liquide céphalo-rachidien (LCR) à l'aide d'une aiguille insérée dans l'espace entre les vertèbres du bas du dos. Pour cela on fera à votre enfant une ponction lombaire. Cet examen est plus impressionnant que douloureux. On prélève un peu de liquide céphalorachidien ce qui permettra de déterminer le germe responsable de la méningite et de la traiter immédiatement. Plus vite le traitement sera administré, plus vite les chances de guérison seront certaines.
Première étape après l’examen clinique : réaliser une ponction lombaire afin de prélever du liquide céphalorachidien entre deux vertèbres, avec une fine aiguille. Observer le liquide prélevé à l’œil nu peut déjà orienter le médecin : si le liquide est clair, la méningite est probablement d’origine virale. Le liquide prélevé est ensuite analysé plus en détail pour affiner le diagnostic. En cas de méningite bactérienne, un antibiogramme est pratiqué afin de prescrire le traitement le plus adapté au germe en cause. Si aucun germe n’est repéré, des analyses sanguines complémentaires sont effectuées pour identifier le virus ou la bactérie impliquée. D’autres examens peuvent aussi s’avérer utiles dans un second temps, tout en mettant en place le traitement : électroencéphalogramme, scanner cérébral ou IRM. Un liquide clair traduit une origine virale : bébé peut rentrer chez lui pour être soigné. Si le liquide est trouble, purulent, cela indique une origine bactérienne. L’enfant devra rester à l’hôpital pour être soigné.
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Souvent source d’inquiétude autant chez le jeune patient que chez ses parents, la ponction lombaire est un geste pourtant courant en pédiatrie. « Il ressemble un peu à une péridurale », rassure le Dr Thomas Dailland. « Un patch antidouleur est appliqué sur la peau, dans le bas du dos, avant la réalisation du geste pour anesthésier la zone. Parfois, l’inhalation au masque d’un gaz de type MEOPA peut également être proposée afin d’apaiser l’enfant et de le détendre. On insère une fine aiguille entre deux vertèbres. La ponction permet de récupérer un liquide incolore appelé liquide céphalorachidien.
Comment soigner une méningite chez l'enfant ?
Le traitement de la méningite dépend de la cause sous-jacente.
- Méningite bactérienne : Un traitement par antibiotiques est indispensable pour lutter contre l'infection et prévenir ses complications. Le traitement de la méningite bactérienne chez l'enfant doit être administré de manière urgente pour éviter les complications graves. Il repose principalement sur l'utilisation d'antibiotiques, dont le choix dépend de l'âge de l'enfant et du type de bactérie en cause. Les antibiotiques sont généralement administrés par voie intraveineuse (IV) à l'hôpital. Plus le traitement est instauré rapidement, plus le pronostic est favorable et les risques de complications neurologiques ou de séquelles auditives sont réduits. L’injection se fait par voie intramusculaire en médecine libérale, intraveineuse en milieu hospitalier, selon la gravité (purpura) même avant toute exploration (bilans sanguin, ponction lombaire ou autre). Dans certains cas, des corticoïdes peuvent être administrés en complément pour limiter l’inflammation cérébrale.
- Méningite virale : Dans la majorité des cas, aucun traitement spécifique n'est nécessaire et l'infection se résout d'elle-même. La méningite virale chez l'enfant, bien que moins sévère que sa forme bactérienne, nécessite une prise en charge adaptée. Il n’existe pas de traitement spécifique pour éradiquer directement le virus (sauf dans de rares cas, comme pour les méningites à virus herpétique, où un antiviral peut être prescrit). Le médecin peut prescrire des antalgiques et des antipyrétiques (pour réduire la fièvre) afin de soulager les symptômes.
- Méningite fongique : Les infections fongiques nécessitent généralement un traitement par antifongiques, administrés par voie orale ou IV. Il est crucial de suivre les directives du médecin et de terminer le traitement prescrit.
Suivi médical
Un suivi médical sur une durée de 12 mois est alors recommandé pour détecter d'éventuelles complications tardives. Celui-ci peut comprendre des tests de suivi et des consultations médicales régulières.
Un suivi médical est mis en place, en fonction de l’évolution des symptômes. Le plus souvent, le traitement antibiotique est rapidement efficace : les symptômes disparaissent et laissent place à la guérison. Le risque de séquelles après une méningite (neurologiques, auditives ou visuelles) est rare mais il existe.
Prévention de la méningite chez le nourrisson
La meilleure façon de protéger votre enfant contre certaines formes de méningite est la vaccination. Certaines méningites pourront effectivement être évitées grâce à la vaccination, mais pas toutes. D'autres mesures préventives incluent le lavage régulier des mains et le respect des règles d'hygiène pour éviter la propagation des microbes. Enfin, soyez attentif aux signes et symptômes de méningite chez votre enfant.
Vaccination contre la méningite : une mesure préventive efficace
La vaccination protège contre différentes formes de la méningite. Ainsi, plusieurs vaccins contre la méningite sont disponibles, notamment contre les méningocoques, les pneumocoques et le Haemophilus influenzae de type b (Hib), responsables de nombreuses méningites bactériennes. En France, le calendrier vaccinal indique notamment :
- La vaccination contre le méningocoque C, obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018. La première injection a lieu à 5 mois, puis une dose de rappel est injectée à 12 mois. Un intervalle minimum de 6 mois doit être respecté entre les deux doses.
- La vaccination contre le méningocoque B, recommandée pour tous les nourrissons depuis le calendrier vaccinal 2022. Une première dose est généralement administrée à 3 mois (et possible dès 2 mois), puis une 2e à 5 mois et enfin un rappel à 12 mois. La vaccination doit avoir lieu avant l’âge de 2 ans. Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre le méningocoque B, déjà recommandée depuis 2022, est obligatoire pour tous les nourrissons nés à compter du 1er janvier 2023.
- La vaccination contre le pneumocoque, obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018 avec 2 injections à 2 mois d’intervalle : 2 et 4 mois. Puis, un rappel à 11 mois. Trois injections et un rappel sont recommandés chez les bébés prématurés et les nourrissons à risque élevé d’infection.
- La vaccination est également obligatoire depuis le 1er janvier 2018 contre l’hæmophilus influenzae de type B : une injection à 2 et 4 mois, puis un rappel à 11 mois.
Les vaccins sont généralement administrés en plusieurs doses, dès le plus jeune âge, pour assurer une protection optimale. Au-delà de la prévention par vaccination, des mesures d'hygiène et de précaution doivent être respectées pour éviter la transmission de l'infection. Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY est obligatoire, pour tous les nourrissons (jusqu’à 24 mois) nés à compter du 1er janvier 2023, y compris ceux déjà vaccinés contre le méningocoque C. La vaccination contre les méningocoques ACWY est obligatoire pour les nourrissons depuis le 1er janvier 2025, pour tous les nourrissons (jusqu’à 24 mois, y compris ceux déjà vaccinés contre le méningocoque C. Depuis mars 2024, la Haute autorité de santé (HAS) recommande que le vaccin contre le méningocoque B des nourrissons de moins d'un an soit obligatoire.
Recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS):
La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une campagne de rattrapage pour vacciner :
- les jeunes enfants non protégés contre le sérogroupe B jusqu’à 5 ans,
- les sérogroupes ACWY jusqu’à l’âge de 3 ans.
La vaccination des adolescents et jeunes adultes contre les méningocoques ACWY est recommandée à 11-14 ans avec un rattrapage jusqu’à 24 ans. Il n’y a pas de recommandation actuelle pour la vaccination contre le méningocoque B chez l’adolescent, néanmoins ce vaccin est remboursé.
Antibioprophylaxie
Dans tous les cas d’infections méningococciques, un traitement préventif par antibiotiques (ou antibioprophylaxie) est préconisé pour l’entourage proche, ce qui empêche la contagion entre les individus : la rifampicine doit être administrée pendant deux jours. Toutefois, il existe des contre-indications (hypersensibilité, grossesse, maladie hépatique grave, alcoolisme, …), et des résistances à la rifampicine pour de rares souches de méningocoques.
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