L'avortement spontané, ou fausse couche, est une interruption involontaire de la grossesse qui survient généralement au cours des cinq premiers mois. Bien que souvent imprévisibles, les fausses couches peuvent être prises en charge médicalement, notamment grâce à des médicaments. Cet article explore les causes potentielles d'un avortement spontané, les options de traitement médicamenteux disponibles et les aspects importants à considérer pour la santé et le bien-être de la femme.
Causes de l'avortement spontané
Les causes d'une fausse couche sont souvent multifactorielles et peuvent être difficiles à déterminer avec précision. Cependant, la raison la plus fréquente est une anomalie chromosomique de l’embryon qui empêche son bon développement. Le corps « élimine » alors un embryon non viable.
Parmi les autres facteurs de risque associés à la survenue d'une fausse couche précoce, on retrouve :
- Facteurs liés à l'âge : Les femmes de plus de 35 ans ont un risque plus élevé de fausse couche.
- Antécédents médicaux : Certaines conditions médicales, comme le diabète non contrôlé, les troubles de la coagulation ou les problèmes thyroïdiens, peuvent augmenter le risque.
- Habitudes de vie : Le tabagisme, la consommation excessive d'alcool et l'obésité sont également associés à un risque accru.
- Infections : Certaines infections pendant la grossesse peuvent entraîner une fausse couche.
- Médicaments : Certains antibiotiques, pris en début de grossesse, ont été pointés du doigt comme pouvant augmenter le risque de fausse couche. La nitrofurantoïne serait à privilégier pour traiter les infections urinaires en début de grossesse.
Diagnostic de l'avortement spontané
Une fausse couche se manifeste généralement par des saignements et des douleurs pelviennes. D’autres signes peuvent donner l’alerte, comme des seins qui dégonflent d’un coup, ou des nausées qui s’apaisent. Attention, une perte de sang ne signifie pas forcément que l’on va faire une fausse couche. Dans tous les cas, si vous ressentez tous ces symptômes, mieux vaut se rendre aux urgences de gynécologie les plus proches de chez vous, le médecin pourra évaluer la situation rapidement.
Prise en charge médicamenteuse de l'avortement spontané
Lorsque l'avortement spontané est diagnostiqué, plusieurs options de prise en charge sont possibles. Si le corps n'expulse pas naturellement le sac embryonnaire, une intervention médicale peut être nécessaire. Deux options thérapeutiques sont généralement proposées : l’aspiration chirurgicale ou le misoprostol.
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Misoprostol (GYMISO)
Le misoprostol est un médicament administré par voie vaginale afin de déclencher des contractions utérines qui faciliteront l’expulsion de l’embryon. L’application de misoprostol peut être renouvelée.
- Mode d'action : En gynécologie, aux doses recommandées, le misoprostol entraîne des contractions des fibres musculaires lisses du myomètre et un relâchement du col utérin. Les propriétés utérotoniques du misoprostol devraient faciliter l'ouverture du col utérin et l'expulsion de débris intra-utérins.
- Effets secondaires : La prise de misoprostol peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h.
Mifépristone (MYFEGINE)
La mifépristone est un antagoniste de la progestérone, une hormone essentielle au maintien de la grossesse. Elle est souvent utilisée en association avec le misoprostol pour induire un avortement médicamenteux.
- Mode d'action : La mifépristone bloque l'action de la progestérone, ce qui entraîne l'arrêt du développement de la grossesse. Elle sensibilise également le myomètre (la couche musculaire de l'utérus) aux contractions induites par les prostaglandines.
- Effets secondaires : La patiente doit être informée de la survenue de métrorragies prolongées, parfois abondantes, jusqu’à 12 jours après la prise de mifépristone. Dans de rares cas, l’expulsion peut survenir avant l’administration de l’analogue de prostaglandine (environ 3 %). Elle recevra des informations précises concernant qui elle devra contacter et où se rendre en cas de problèmes, notamment en cas de métrorragies très abondantes. Durant les essais cliniques, de nouvelles grossesses ont débuté entre l’expulsion de l’embryon et la reprise des règles. Un effet indésirable inhérent à la méthode, de type étourdissements peut survenir.
Suivi médical après un avortement spontané médicamenteux
Après la prise de médicaments pour un avortement spontané, un suivi médical est essentiel pour s'assurer que l'expulsion est complète et qu'il n'y a pas de complications.
- Consultation de contrôle : Une visite de contrôle doit avoir lieu durant la période de 14 à 21 jours faisant suite à la prise de la mifépristone, pour vérifier par un moyen adéquat (examen clinique avec dosage de β-hCG ou échographie) qu'une expulsion complète a eu lieu et que les métrorragies ont cessé. Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications.
- Surveillance des saignements : Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol.
- Signes d'alerte : Dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication : de la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ; des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite) ; un malaise ; de très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
Impact psychologique et accompagnement
La survenue d’une fausse couche est un événement difficile à vivre pour la plupart des couples. Constat d’échec, sentiment de vide, déprime… autant de sentiments qui s’entremêlent, et toujours cette même peur de ne plus réussir à être enceinte ou de perdre à nouveau un bébé. Il est important de rechercher un soutien émotionnel auprès de professionnels de la santé, de groupes de soutien ou de proches. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
Contraception d'urgence
La contraception d’urgence est réalisée le plus tôt possible après le rapport sexuel, habituellement dans les 72 heures qui suivent. Son but est d’éviter une éventuelle fécondation, qui pourrait survenir si la femme se trouvait dans sa période de fécondité, voire d’empêcher l’implantation d’un ovule fécondé.
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- Molécules utilisées : Les contraceptions d’urgence actuelles utilisent des composés hormonaux : ces molécules, délivrées en général par l’ingestion de pilules, interfèrent avec les processus hormonaux, et conduisent ainsi à un blocage de l’ovulation, à son retard, ou à une inhibition de l’implantation. La « pilule du lendemain » la plus courante en France ne comprend que ce seul progestatif (le lévonorgestrel). Une autre molécule, le RU-486 (ou mifépristone), a aussi fait la preuve de son efficacité comme contraceptif d’urgence.
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