Les maladies pulmonaires infantiles représentent un ensemble de conditions qui affectent les poumons des nourrissons et des jeunes enfants. Ces affections peuvent être causées par divers facteurs, allant des infections virales et bactériennes à l'inhalation de substances irritantes. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète des maladies pulmonaires infantiles, en abordant leurs causes, leurs symptômes, leurs traitements et les mesures préventives.

Pneumonie chez l'enfant

La pneumonie est une inflammation des poumons qui peut être causée par des infections ou par l'inhalation de substances irritantes. Elle se caractérise par le remplissage des poches d'air des poumons (alvéoles) avec du liquide ou du pus, ce qui entrave le transfert d'oxygène. Bien que la pneumonie puisse toucher des personnes de tous âges, elle est particulièrement préoccupante chez les nourrissons et les jeunes enfants.

Types de pneumonie

Il existe plusieurs types de pneumonie, classés en fonction de leur origine :

  • Pneumonie extra-hospitalière (PEH) : C'est la forme la plus courante de pneumonie, acquise en dehors d'un établissement de soins de santé.
  • Pneumonie hospitalière (PH) ou nosocomiale (PN) : Elle se développe au moins 48 heures après l'admission dans un hôpital. Elle peut être causée par des bactéries ou d'autres organismes différents de ceux qui causent la PEH.
  • Pneumonie d'aspiration : Elle est provoquée par l'inhalation de liquides ou d'autres agents irritants dans les poumons. La cause la plus fréquente est l'inhalation du contenu de l'estomac après des vomissements.
  • Pneumonie opportuniste : Elle touche les personnes dont le système immunitaire est affaibli, par exemple, par le sida, un cancer ou une greffe d'organe.

Causes de la pneumonie

La pneumonie peut être causée par divers agents infectieux, notamment :

  • Virus : La plupart des pneumonies chez les nourrissons et les jeunes enfants sont causées par le virus respiratoire syncytial (VRS). Les mêmes virus qui causent le rhume et la grippe peuvent également causer la pneumonie.
  • Bactéries : Certaines bactéries présentes dans la gorge peuvent causer des formes graves de pneumonie si le système immunitaire est affaibli.
  • Champignons : Un champignon parasite appelé Pneumocystis jirovecii peut causer la pneumonie chez les personnes atteintes du sida.

Outre les causes infectieuses, la pneumonie peut également être causée par des substances chimiques qui pénètrent dans les poumons et y provoquent une inflammation, ou par l'aspiration accidentelle d'aliments, de vomissements ou d'acide gastrique dans les poumons.

Lire aussi: Traitement de la diverticulite

Transmission de la pneumonie

La plupart des formes de pneumonie se transmettent de la même manière que la grippe ou le rhume banal, c'est-à-dire par le contact des mains et par de fines gouttelettes projetées par la bouche et le nez.

Symptômes de la pneumonie

Les symptômes de la pneumonie peuvent varier en fonction de l'âge de l'enfant et de la cause de l'infection. Les symptômes courants comprennent :

  • Toux (souvent productive, mais peut être sèche chez les enfants et les personnes âgées)
  • Fièvre
  • Sueurs, des frissons ou la peau rouge
  • Pâleur
  • Respiration rapide ou difficile
  • Creusement de la poitrine autour des côtes et du sternum en respirant
  • Respiration sifflante
  • Dilatation des narines
  • Pleurs plus fréquents que d’habitude
  • Perte d’appétit
  • Baisse d’énergie ou une mollesse
  • Douleur à la poitrine, particulièrement lors d’une toux ou d’une respiration profonde
  • Lèvres ou les ongles bleus (signes d’une baisse du taux d’oxygène dans le sang)

Des expectorations d'un brun rougeâtre, vertes ou jaunes peuvent être un signe d'infection bactérienne.

Diagnostic de la pneumonie

Pour diagnostiquer la pneumonie, le médecin procédera à un examen physique, vérifiera la présence de fièvre ou de ganglions enflés et écoutera les bruits dans les poumons à l'aide d'un stéthoscope. Des analyses d'expectorations ou de sang peuvent être effectuées pour détecter les infections bactériennes et certaines infections virales. Dans certains cas, une radiographie pulmonaire peut être nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Traitement de la pneumonie

Le traitement de la pneumonie dépend de la cause de l'infection :

Lire aussi: Risques du parvovirus B19 pendant la grossesse

  • Pneumonie bactérienne : Elle est traitée avec des antibiotiques.
  • Pneumonie virale : Elle se guérit généralement toute seule en quelques jours, sans besoin de traitement particulier. Le médecin peut conseiller des moyens de soulager les symptômes, tels que le repos, l'hydratation et des médicaments pour la fièvre.

Dans la plupart des cas, la pneumonie peut être soignée à la maison, mais une hospitalisation peut être nécessaire dans les cas plus graves.

Il est important de suivre les recommandations du médecin concernant l'administration de médicaments à l'enfant et de ne pas interrompre le traitement en avance, même si l'enfant semble aller mieux. Les médicaments contre la toux, tels que ceux qui contiennent de la codéine ou du dextrométhorphane, sont à éviter, car la toux aide à expulser les liquides produits à cause de l'infection.

Prévention de la pneumonie

Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir la pneumonie, notamment :

  • Bien prendre soin de sa santé générale en adoptant un régime alimentaire riche en fruits et en légumes, en restant en bonne forme physique et en dormant suffisamment.
  • Se faire vacciner contre la grippe chaque année.
  • Se faire vacciner contre le pneumocoque. Un nouveau vaccin a été mis au point pour protéger les enfants contre les infections à Streptococcus pneumoniae et il est maintenant recommandé en tant qu'élément de la vaccination primaire chez les nourrissons. Les vaccins contre les pneumocoques sont également recommandés pour les personnes de plus de 65 ans et les personnes atteintes de certaines affections médicales qui augmentent le risque de contracter une pneumonie.
  • Le bon lavage des mains est une façon importante d'empêcher la propagation des virus et des bactéries pouvant causer la pneumonie. consiste à se laver les mains de la bonne façon et fréquemment ou à employer.
  • Vaccinez votre enfant contre les pneumocoques. Votre enfant peut être vacciné contre les bactéries appelées pneumocoques, qui sont la cause la plus fréquente des pneumonies. Le vaccin doit en général être administré avant l’âge de 1 an.
  • Vérifiez que votre enfant soit vacciné contre les maladies infantiles à risques. De nombreuses maladies peuvent entraîner une pneumonie virale. Heureusement, il existe des vaccins pour la plupart d’entre elles : les différentes formes de grippe, la rougeole, la coqueluche et la varicelle. C’est pour cette raison qu’il est important d’être à jour dans ses vaccins. Les nouveau-nés et les tout-petits n’auront évidemment pas encore été vaccinés contre toutes ces maladies, c’est pourquoi il vous faut faire attention à ce qu’ils ne soient pas en contact avec des personnes touchées entre autres par l’une de ces maladies.
  • Protégez votre bébé des personnes malades. Tenez votre enfant éloigné de tout adulte ou bébé présentant des signes d’infection des voies respiratoires supérieures. Cela peut se traduire par un nez bouché ou qui coule, une toux ou un mal de gorge.
  • Assurez-vous que les membres de votre famille et les personnes s’occupant du bébé se lavent souvent les mains. L’un des meilleurs moyens de diminuer le risque de pneumonie pour votre enfant est simplement de maintenir une bonne hygiène. Cela passe avant tout par un lavage fréquent des mains pour vous et toute la famille, car les gens ont tendance à se toucher très souvent les yeux, la bouche ou le nez sans même le remarquer.

Il est important de consulter un médecin si une toux continue de s'aggraver après 3 ou 4 jours, ou si les expectorations contiennent du sang ou ont une couleur inhabituelle ou une odeur nauséabonde.

Bronchiolite

La bronchiolite est une infection virale des petites bronches (bronchioles) qui touche principalement les nourrissons de moins de 2 ans. Elle est majoritairement provoquée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Chaque année un nourrisson sur 3 fait une bronchiolite. Pour la majorité, soit 89% la maladie est le plus souvent bénigne. Cependant, chez 2 à 3% des nourrissons de moins de 1 an, elle peut conduire votre bébé à l’hospitalisation, voire en réanimation.

Lire aussi: Grossesse et Cinquième Maladie : Ce qu'il faut savoir

Causes et transmission

La bronchiolite est une infection virale très contagieuse, épidémique, due à une inflammation aiguë des petites bronches (les bronchioles) qui atteint les nourrissons et bébés de moins de 2 ans. Avant deux ans, 70% des cas sont dus au VRS, plus particulièrement avant 6 mois. Le VRS circule toute l’année, mais il présente un pic épidémique en général entre octobre et mars, époque ou surviennent aussi les épidémies de grippe et de gastro-entérite. Les nourrissons sont ainsi fragilisés et peuvent passer d’une maladie à une autre. Les bébés très jeunes (moins de trois mois, les prématurés surtout ceux de moins de 33 semaines), ou particulièrement fragiles (maladie préexistante telle qu’une cardiopathie, une maladie respiratoire, un déficit immunitaire etc.) sont particulièrement sujets aux formes graves.

Symptômes

La bronchiolite débute souvent par un rhume (sécrétions abondantes) puis une toux. Des difficultés respiratoires apparaissent ensuite avec une respiration plus rapide, souvent un peu sifflante à l’expiration. Lorsque le bébé commence à être gêné pour respirer, à chaque respiration le ventre se soulève, les espaces entre les côtes se creusent (ce que l’on appelle le tirage intercostal). Cette difficulté à respirer peut fatiguer le bébé, surtout quand il a moins de 3 mois, et peut gêner son alimentation et l’empêcher de finir ses tétées ou biberons. N’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un professionnel de santé s’il vous semble gêné pour respirer ou s’il boit de moins en moins bien. Augmentation de la fréquence respiratoire : la respiration étant bruyante, vous pouvez compter plus facilement le nombre de respirations par minute. Baisse de l’appétit : votre enfant épuisé boit de moins en moins (tétées ou biberons).

Traitement et prévention

La bronchiolite est très souvent bénigne et l’enfant guérit généralement spontanément en quelques jours. En cas de comportement normal de votre enfant, il n’est pas nécessaire de consulter immédiatement un médecin.

Soit un vaccin maternel (Abrysvo®) qui peut être fait à la maman entre 32 et 36 semaines de grossesse si son accouchement est prévu en période épidémique. Ils sont tous les deux recommandés par la Haute Autorité de Santé (HAS). Vous pourrez choisir celui que vous préférez avec votre pédiatre, généraliste, gynécologue ou sage-femme. Si vous êtes en cours de grossesse il est important de discuter de vos vaccins Coqueluche, Grippe et éventuellement Covid. Dans les deux cas, le bébé n’est pas vacciné mais il est protégé de façon « passive » pendant au moins 6 mois. Cette protection est assurée par les anticorps, que ceux-ci soient transmis par la mère vaccinée en fin de grossesse ou par l’injection faite directement au bébé après la naissance. Le début de l’épidémie VRS peut être aussi variable. Si bébé naît un mois avant il perdra cette période de protection. Depuis 2024, cet anticorps est proposé à la maternité, avant la sortie de l’enfant, si la maman n’a pas été vaccinée entre 32 et 36 semaines. Il est également disponible sur ordonnance en pharmacie de ville pour tous les bébés, même en bonne santé, nés après le 31 janvier 2025. Il est particulièrement recommandé de protéger votre bébé s’il aura moins de 6 mois pendant la période de l’épidémie. Cet anticorps agit en quelques jours et protège plus de 6 mois. Renseignez-vous auprès du médecin qui suit votre enfant. Chez les bébés à haut risque de faire une bronchiolite grave (grands prématurés, porteur de certains cardiopathies, etc.) le Nirsevimab (Beyfortus®) maintenant remboursé pour la deuxième saison hivernale. Depuis 2024, les femmes enceintes, éligibles à la vaccination, qui sont dans leur 8e mois de grossesse (entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée) et qui vont accoucher pendant la période « VRS » (de septembre à février) peuvent se faire vacciner. Ce vaccin se fait en une injection et peut être couplé avec les vaccins contre la grippe et la Covid. Il doit être décalé de 14 jours avec le vaccin contre la coqueluche (dTcaP). La mère vaccinée va transmettre les anticorps au bout de 14 jours. Le bébé naitra habituellement 2 mois après (40-41 SA), hors prématurité. Les anticorps transmis par le placenta grâce à la vaccination de la mère, permettent de protéger le nourrisson plus de 6 mois après sa naissance. Il faut cependant 14 jours au système immunitaire de maman pour produire ces anticorps. Cela peut poser problème en cas d’accouchement prématuré. Ceci explique qu’il doit être fait plus de 14 jours avant la date estimée d’accouchement pour être efficace.

À ce jour, il n’y a pas de traitement ni de médicaments spécifiques contre la bronchiolite. La kinésithérapie respiratoire, longtemps préconisée en France, est rarement pertinente selon les recommandations internationales. Ceci est confirmé par les dernières recommandations francaises (source). Ces séances de kinésithérapie avaient pour objectif de désencombrer les voies respiratoires lorsque les sécrétions sont abondantes. Il est fortement déconseillé de procéder à l’automédication en cas de bronchiolite chez le nourrisson. Les bronchiolites (d’origine virale) ne nécessitent pas de prise d’antibiotiques.

En raison de la très grande contagiosité de ce virus, soyez très attentifs à l’hygiène (lavage fréquent et soigneux des mains à l’eau et au savon), en évitant les contacts trop proches, en nettoyant régulièrement les biberons, sucettes, doudous, jouets… et enfin en aérant plusieurs fois par jour la chambre de votre bébé et les pièces à vivre de votre logement. Evitez de mettre votre bébé en crèche tant qu’il est malade.

Autres infections respiratoires aiguës

Outre la pneumonie et la bronchiolite, d'autres infections respiratoires aiguës peuvent affecter les enfants, notamment :

  • Rhinopharyngite (rhume) : Infection virale bénigne du nez et du pharynx.
  • Angine : Inflammation des amygdales, d'origine virale ou bactérienne.
  • Otite moyenne aiguë : Infection de l'oreille moyenne, fréquente chez les enfants.
  • Sinusite : Inflammation des sinus de la face, souvent consécutive à une rhinopharyngite.
  • Laryngite : Inflammation du larynx, généralement d'origine virale.
  • Bronchite : Infection des bronches, d'origine essentiellement virale.

Prévention des infections respiratoires aiguës

Certaines infections respiratoires peuvent être prévenues par la vaccination. Il convient donc de se renseigner auprès de son médecin. Les structures collectives telles que les crèches et les écoles sont les fiefs de contagion des maladies infectieuses infantiles. D’origine virale la plupart du temps, ces maladies courantes sont contagieuses et donnent très souvent de la fièvre. Les maladies infectieuses se subdivisent en 5 grandes familles : Les infections ORL et respiratoires ; Les maladies éruptives ; Les infections gastro-intestinales ; Les méningites ; Les hépatites.

Maladies éruptives courantes

Outre les infections respiratoires, les enfants sont également susceptibles de contracter des maladies éruptives courantes, telles que :

  • Varicelle : Infection virale très contagieuse caractérisée par une éruption cutanée prurigineuse.
  • Rougeole : Maladie virale très contagieuse, grave surtout chez les jeunes enfants.
  • Oreillons : Infection virale qui affecte principalement les glandes salivaires.
  • Rubéole : Infection virale généralement bénigne, mais très dangereuse pour les femmes enceintes.
  • Coqueluche : Infection bactérienne des voies respiratoires qui provoque de violentes quintes de toux.
  • Gastro-entérite : Inflammation de l’estomac et des intestins généralement causée par une infection virale ou bactérienne.

tags: #maladies #pulmonaires #infantiles #causes #symptômes #traitement

Articles populaires: