L'histoire de France est souvent racontée à travers les figures de ses rois, mais qu'en est-il des autres, ceux dont on ne se souvient qu'en temps de crise ? Cette article explore l'évolution de la perception de l'enfance royale et de l'éducation, tout en mettant en lumière le rôle souvent oublié du peuple et les dynamiques sociales qui ont façonné le pays.

L'Enfance Royale : Entre Devoir et Privilège

L'enfance des rois de France est un sujet fascinant, oscillant entre le poids des responsabilités et les privilèges de leur naissance. On ne pense aux premiers qu’en cas de disette ou de famine, pour déplorer la cruauté de leur sort. Le reste du temps, ils doivent travailler comme leurs parents. Seuls, les petits rois monopolisent l’intérêt des contemporains et des historiens. Le petit roi peut être fiancé bien avant ses 10 ans et le mariage (souvent avec une princesse étrangère) n’est pas une question d’amour - la raison d’État s’impose. Majeur à 13 ans, il apprend ce métier depuis la prime enfance. À 5 ans, le Parlement s’adresse à lui comme à un adulte. À 8 ans, terrifié à l’idée de subir le même sort, le petit Louis XIII doit se conduire en roi devant le corps de son père Henri IV assassiné par Ravaillac. La régence s’impose, elle va se passer très mal sous le règne de sa mère Marie de Médicis. Seul Louis XIV s’en tire bien : roi à 4 ans, déjà impatient de régner, initié par Mazarin et seul roi de l’Histoire vraiment fait pour « ça ».

L'Éducation Royale : Un Enjeu Politique

Le problème de l’éducation des enfants commence à se poser au XVIIe siècle et l’éducation des filles vaut débat de société. Au siècle des Lumières, un seul philosophe s’en préoccupe : Rousseau. Même s’il abandonne ses cinq enfants naturels aux Enfants-trouvés, son traité sur l’éducation fait école auprès des parents.

Au XVIIIe siècle, l'éducation des princes évolue, passant de l'éloquence à l'importance de l'écrit. La formation du prince bascule, de l'âge de l'éloquence à l'âge de l'écrit. Dans un monde essentiellement symbolique, la ritualisation du prince est fondamentale. Le comportement privé de l'enfant s'efface devant la majesté. L'apprentissage de l'autorité, des getes royaux et curiaux, de ceux du cérémonial liturgique, l'apprentissage des arts communs avec l'aristocratie, la majesté à cheval, l'apprentissage des armes, l'initiation aux combats etc… occupent une part considérable du temps éducatif du prince. Son corps est aussi façonné que l'est son esprit. C'est entre les mains des maîtres qui interviennent vers l'âge de treize ans que les princes acquièrent les arts qui matérialisent réellement leur majesté aux yeux du public et leur donne le pouvoir de commander. Être prince, c'est avoir "incorporé" les attitudes qui le distingue des autres hommes.

Figures Royales Marquantes et Leur Héritage

Henri IV et Louis XIV se distinguent comme figures marquantes. Henri IV, connu pour son non-formalisme et sa vie privée animée, contraste avec la rigueur qu'on imagine de Louis XIV. On imagine mal Henri III dans cette situation, non plus que Louis XIII ou Louis XIV ! La présence des enfants à la cour est tout aussi remarquable. Louis XIV, quant à lui, a laissé une marque indélébile sur le luxe et le rayonnement de la France. "La France que tout le monde connaît à travers le monde vient certainement de cette époque (du temps du règne des Bourbons) durant laquelle elle était grande et où elle rayonnait sur le monde", a estimé l'aristocrate bourbonnais. "La France est reconnue dans le monde à travers le luxe français et celui-ci a été inventé précisément par Louis XIV", a souligné Charles-Henri de Lobkowicz, qui rénove actuellement quatre châteaux sur le secteur pour les ouvrir au public.

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L'Importance de la Succession

Un autre souci qui tourne à l’obsession en monarchie héréditaire : la succession. Il faut avoir un fils et ce n’est pas toujours facile. La très longue stérilité du mariage de Louis XIII et d’Anne d’Autriche faisait craindre pour la succession.

L'Évolution de la Société et de l'Éducation

À partir de la Révolution… tout change, ou presque. Le problème de la succession se posera une fois encore sous l’Empire héréditaire : Napoléon divorce de Joséphine pour devenir enfin père. Le problème de l’éducation est réglé de manière dictatoriale et quasi militaire par l’Empereur. La Troisième République s’y intéressera passionnément, les lois Ferry créant l’éducation nationale, gratuite et obligatoire à la fin du XIXe siècle.

La Natalité, un Enjeu National

La natalité devient pour la première fois un problème majeur - la dénatalité étant l’une des causes de la guerre perdue en 1939. Pétain s’empare du problème à sa manière, de Gaulle fait de même et le « règle » étonnamment vite et bien en 1946.

Symbolisme de l'Enfant et de l'Enfance

Seul point commun à toutes les époques, la métaphore de l’enfant et de l’enfance fait symbole et multiplie les allégories poétiques et populaires - surtout en temps de crise, de guerres ou de révolutions. La France est notre mère malade et nous sommes ses enfants depuis la Renaissance. Le mythe de Saturne dévorant ses enfants ressuscite sous la Révolution et reparaît pour fustiger le travail au nom du socialisme utopique né au XIXe siècle.

Fragments d'Histoire : Citations et Anecdotes

L'histoire est parsemée de citations et d'anecdotes qui illustrent les enjeux et les mentalités de chaque époque.

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  • Blanche de Castille (1188-1252): « J’ai de beaux enfants, par la Sainte Mère de Dieu ! »
  • Philippe II Auguste (1165-1223): Cédant à sa belle-fille, Blanche de Castille, il permet à Louis, dauphin de France, de renoncer au trône d’Angleterre contre une forte indemnité.
  • Chronique du temps: « On vit des pères tuer leurs enfants, des enfants tuer leur père ; on vit des malheureux détacher les corps suspendus aux gibets, pour se procurer une exécrable nourriture. » (Après la peste de 1348, voici la famine de 1349).
  • Philippe II de Bourgogne, dit le Hardi (1342-1404): À Jean II le Bon, bataille de Poitiers, 19 septembre 1356.
  • Cardinal d’Amboise (1460-1510): États généraux, 16 mai 1506.
  • Louis XII (1462-1515): Ainsi parle-t-il de son cousin et successeur, le futur François Ier à qui il a fiancé sa fille Claude.
  • François Ier (1494-1547): À ses conseillers, avant de signer le traité de Madrid du 14 janvier 1526.
  • Jean Calvin (1509-1564).
  • Catherine de Médicis (1519-1589): Lettre à sa fille Élisabeth, janvier 1561.
  • Henri IV (1553-1610): Lettre à Henriette d’Entragues, marquise de Verneuil, 1601.
  • Henri IV (1553-1610): Lettre à Marie de Médicis, 27 janvier 1601.
  • Henri IV (1553-1610): Lettre à Sully.
  • Henri IV (1553-1610): Répondant à Marie DE MÉDICIS (1575-1642).
  • Henri IV (1553-1610):
  • Louis XIII (1601-1643): Le soir du 14 mai 1610.
  • Nicolas Brulart de Sillery (1544-1624): 14 mai 1610.
  • Louis XIII (1601-1643): Après la mort de Concini et le départ de Marie de Médicis, avril 1617.
  • Marie de Médicis (1575-1642): À Louis XIII, rappelée d’exil, 5 septembre 1619.
  • Saint-Amant (1594-1661): La Naissance de Louis XIV (1638), chanson.
  • Louis XIII (1601-1643): Au futur roi qui n’a pas 5 ans, 21 avril 1643.
  • Omer Talon (1595-1652): À Louis XIV, 15 janvier 1648.
  • Qui n’admire l’enfance (1650), chanson.

Renaissance du XIIème Siècle et Droit Romain

Au début du XIIème siècle se dessine de manière précise une rupture profonde dans l’histoire du monde occidental. Après des siècles de morosité, de repli sur soi et d’apathie, on assiste à une reprise dans tous les secteurs de l’activité humaine. Ce mouvement dynamique et conquérant se traduit par un phénomène de dilatation de la Chrétienté (vers l’Est, vers le Sud). Plusieurs éléments expliquent cette renaissance de l’Occident. Le début du XIIème siècle est une période de réchauffement, donc de défrichement important, avec une alimentation plus importante et plus riche. Démarre ainsi une phase d’extension démographique, puissante et continue jusqu’en 1347 (l’année de la Grande peste en Europe). On parle de cette période comme d’un « monde plein », tellement les campagnes sont peuplées.

Conséquences Économiques et Sociales

Les conséquences de ce réveil sont importantes. Ce sont d’abord des conséquences économiques : on assiste à la réouverture des circuits d’échange dans la Méditerranée (ils avaient été interrompus par l’extension musulmane au VIIème-VIIIème siècle), on assiste aussi à la multiplication des foires et des marchés (à l’image du développement de la Champagne). Tous ces circuits d’échange sont assurés par cette nouvelle classe sociale des marchands, qui développe une nouvelle mentalité, fondée sur le profit. La réorganisation des circuits commerciaux permet ainsi le développement de la circulation monétaire et du système bancaire, malgré la condamnation que fait l’Eglise romaine du prêt à intérêt.

Renaissance des Villes et Transformations Politiques

Ce développement de l’économie va de pair avec un autre phénomène : la renaissance des villes. Dans la seconde moitié du XIème siècle, les villes connaissent une brusque croissance après plusieurs siècles de stagnation (bénéficiant de l’exode rural, les campagnes trop peuplées « débordant » vers les villes). Elles deviennent ainsi des centres d’activités et des moteurs de la vie économique locale, ce qui permet d’imposer des lieux fixes d’échange et de production (les villes permettent ainsi l’essor de l’artisanat). Avec ces deux éléments conjoints que sont le phénomène urbain et l’essor économique, les structures politiques se transforment profondément : la puissance seigneuriale des petits seigneurs s’affaiblit, car elle est peu adaptée à cette nouvelle économie. Le système féodo-seigneurial ne trouve pas sa place dans le début du capitalisme marchand. Avec l’apparition de franchises et de libertés nouvelles, l’étau seigneurial sur les individus se desserre. A partir du XIIIème siècle, cette transformation des cadres politiques se traduit par le renouveau de la puissance royale, contre la féodalité.

Réanimation du Droit Romain

Le droit ne reste pas à l’écart de ce mouvement dynamique. Réveillés, scientifiquement étudiés, droit romain et droit canonique donne naissance à une véritable science du droit. Dans la seconde moitié du XIème siècle, un événement considérable se produit en Occident : le droit romain y est réanimé, avec la redécouverte des textes essentiels que sont les Compilations de Justinien. Cette survie du droit romain en Occident pendant le Haut Moyen Age est restée confidentielle. La connaissance du droit romain est jusqu’au XIème siècle parcellaire et abâtardie. Le changement majeur du XIème siècle est que la redécouverte des textes justiniens va donner lieu à une diffusion considérable. La connaissance de l’intégralité des compilations se répand progressivement, d’abord dans le Nord de l’Italie, puis rayonne dans toute l’Europe.

Réforme Grégorienne et Influence sur le Droit

A partir du milieu du XIème siècle, et pour environ un siècle, l’Eglise connaît un grand mouvement de réforme, qui prend le nom de l’un de ses acteurs majeurs, le pape Grégoire VII (1073-1085). Ce mouvement de réforme est une réponse à la désagrégation des structures ecclésiales que provoque, dans l’Eglise, la féodalité. Les papes du XIème siècle s’efforcent de réformer les vieilles structures ecclésiastiques. La réforme de l’Eglise au XIème est le fruit de l’alliance entre le pape et le monachisme (en particulier l’ordre de Cluny).

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La réforme grégorienne a eu une importance considérable dans l’histoire de la culture intellectuelle, et plus particulièrement de la pensée juridique. Elle est inséparable de tout un mouvement de recherche, de groupement, d’interprétation des textes, d’élaboration de collections canoniques. La réforme grégorienne a permis de construire un modèle de séparation du religieux et du politique. Elle n’a pas pensé la laïcité, mais elle l’a rendue possible. Elle a pensé un domaine du religieux géré par les religieux, et donc les affaires de la cité gérée par les hommes de la cité. Les textes de droit romain ont ainsi directement bénéficié de la réforme grégorienne.

Diffusion des Concepts Romains et Méfiance Initiale

Dès le XIIème siècle, la diffusion des concepts romains est perceptible, particulièrement dans les actes de la pratique notariée, qui rendent visible l’évolution du vocabulaire juridique. Les empereurs germaniques trouvent très rapidement dans le droit romain des justifications théoriques à leurs revendications politiques. Les rois de France du XIIème et XIIIème siècle répugnent en conséquence à appliquer un droit romain qu’ils voient comme subordonné au Saint Empire. Leur attitude méfiante change progressivement, et le droit romain devient alors dans leur main un instrument d’émancipation à l’encontre de l’Empereur et du pape.

Pénétration du Droit Romain et Modifications Profondes

Parti du Nord de l’Italie, le droit romain se répand ainsi d’abord dans le Midi et la vallée du Rhône, puis dans le Sud-Ouest et le Centre à partir de 1150. L’intrusion du droit romain provoque de profondes modifications dans le fond du droit. Le droit des contrats est particulièrement touché : le droit romain y supplante rapidement par sa supériorité technique les coutumes archaïques, mal adaptées au renouveau économique et commercial des XIIème-XIIIème siècles. De la même manière, le droit pénal coutumier s’efface pour donner naissance à une procédure profondément renouvelée, la procédure « romano-canonique ».

Emergence du Droit Canonique

Très tôt, dès ses premiers siècles d’existence, l’Eglise entreprend de légiférer sur tous les aspects de la vie courante sur lesquels la morale et la religion ont leur mot à dire. Elle élabore ainsi progressivement un droit propre, qu’elle diffuse au moyen de compilations canoniques. Pendant plusieurs siècles, deux types d’organes normatifs ont cohabité : les règles de droit canonique sont principalement le fruit soit d’assemblées d’évêques (appelées conciles), soit de l’activité normative d’un seul homme, le pape.

La Maison de Bourbon : Un Millénaire d'Histoire

La famille princière, qui a donné naissance à nombre de rois et princes de France et d'Europe, dont certains règnent encore aujourd'hui (en Espagne et au Luxembourg), est l'une des plus anciennes au monde. La première trace officielle de cette auguste lignée remonte en effet en l'an 915, lorsque le chevalier Aymar, premier aïeul connu de la famille, lègue à l'abbaye de Cluny une exploitation agricole et une église situées à Souvigny, près de Moulins.

Festivités et Héritage

En un samedi récent, les héritiers de la Maison de Bourbon étaient exceptionnellement réunis dans leur berceau natal du Bourbonnais, pour célébrer leur onzième centenaire, dans une atmosphère toute royale. Les festivités ont débuté vendredi soir avec un dîner en petit comité dans un hôtel de Moulins, rassemblant des représentants de chaque branche de cette famille aux innombrables ramifications (Bourbon-Orléans, Bourbon-Siciles, Bourbon-Parme, Bourbon Busset ou encore Bourbon Chalus…). Samedi, quelque 450 personnes étaient ensuite invitées à assister à une messe d'action de grâce en latin, suivie d'un Te Deum, en l'église Saint-Pierre et Saint-Paul de Souvigny, qui fut la nécropole ducale des Bourbons, avant que la cathédrale de Saint-Denis n'abrite les tombeaux des rois de France.

L'Éducation Royale : Une Affaire d'État

Louis XVI va ordonner la réédition de tous les ouvrages ayant un rapport avec les éducations royales et princières depuis l'existence des livres sur ce sujet. Il fera également publier les Mémoires de Louis XIV. Désormais, encore plus que pour lui et ses frères, l'éducation royale entre dans le domaine public. Tout enfant français (et même d'ailleurs puisque le français était la langue générale) peut suivre la même éducation théorique que l'héritier du trône, travailler sur les mêmes manuels. Difficile de faire plus démocratique !!

Laon : Berceau Carolingien

Laon a été choisie comme capitale par les Carolingiens, du fait de sa situation géographique escarpée qui en faisait une sorte de forteresse. Les reines carolingiennes habitent l'abbaye et les rois leur confient la ville quand ils partent à la guerre. C'est le berceau des Carolingiens depuis que le palais de Samoussy abrita les amours du roi Pépin-le-Bref, venu à la chasse dans le domaine du comte Herbert de Laon, avec Berthe-aux-grands-pieds, la fille du comte. Capitale non, mais les Carolingiens ont eu une prédilection pour Laon, ce castrum romain, clos de remparts imposants en font une place imprenable. Les rois bâtirent dans l'enceinte, un palais appuyé au monastère Saint-Jean (préfecture actuelle), derrière la porte du castrum, cette porte appelée royale (actuelle porte d'Arden).

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