Introduction
La lutte contre le cancer pédiatrique est un combat permanent qui nécessite une mobilisation collective et un soutien sans faille. Récemment, l'Assemblée Nationale a été le théâtre d'événements significatifs et de discussions cruciales visant à améliorer le soutien aux enfants atteints de cancer, de maladies graves ou de handicaps, ainsi qu'à leurs familles. Cet article se penche sur les tenants et aboutissants de ces travaux parlementaires, en mettant en lumière les avancées obtenues, les défis persistants et les perspectives d'avenir.
Mobilisation et Colloque à l'Assemblée Nationale
Dans un effort concerté, de nombreux parlementaires, professionnels de la santé (médecins, chercheurs, assistantes sociales), associations et familles se sont unis pour aborder la question cruciale de la lutte contre les cancers, maladies graves et handicaps de l’enfant. Vincent Thiébaut, Député du Bas-Rhin, en collaboration avec la Fédération Grandir sans cancer et Eva pour la vie, a organisé un colloque essentiel le mercredi 4 juin à l’Assemblée nationale.
Objectifs Clés du Colloque
Ce colloque avait plusieurs objectifs principaux :
- Pérenniser un fonds stable de 25M€/an à la recherche : L'objectif était de garantir un financement constant pour la recherche fondamentale, épidémiologique et clinique sur les cancers pédiatriques. Les parlementaires étaient unis sur ce point, et le ministère de la recherche s'est montré favorable.
- Mettre en place un fonds d’investissement de 70M€/an : Ce fonds visait à favoriser le développement de start-ups spécialisées dans les médicaments pédiatriques, en particulier contre les cancers et les maladies graves, grâce au soutien et au vote de la proposition de loi de la députée Marie Récalde.
- Mettre en application les derniers progrès sociaux : Il s'agissait de concrétiser les avancées issues de la proposition de loi n°277 de Vincent Thiébaut, visant à améliorer la protection et l’accompagnement des parents d’enfants atteints d’un cancer, d’une maladie grave ou d’un handicap.
Proposition de Loi de Vincent Thiébaut : Optimisation de la Protection et de l'Accompagnement
La proposition du député Vincent Thiébaut, co-construite avec la Fédération Grandir Sans Cancer, visait à optimiser la protection et l’accompagnement des parents d’enfants atteints de cancers, de maladies graves et de handicaps. Elle a été votée à l’unanimité au sein de l’Assemblée nationale, le 3 décembre 2024. Bien que l’essentiel des mesures initiales aient été votées, elle a subi la suppression d’un article concernant les jeunes propriétaires, mais a bénéficié d’avancées supplémentaires par le biais d’amendements.
Articles Clés de la Proposition de Loi
- Article 2 : Suspension du remboursement d’un crédit pour les bénéficiaires de l’allocation journalière de présence parentale. Cet article prévoit la possibilité de suspendre le paiement des mensualités en cas d’obtention de droit à l’allocation journalière de présence parentale. Bien que la portée de l’article voté au sein de l’hémicycle ait été réduite, il clarifie la situation en indiquant plus clairement cette possibilité, mais les parents demeurent contraints de saisir le juge.
- Article 2bis : Protection du salarié dont l’enfant est atteint d’une pathologie grave. Cet article introduit des notions supplémentaires de protection du salarié dont l’enfant est atteint d’une pathologie grave. Il stipule que l’employeur ne doit pas prendre en considération l’état de santé de l’enfant pour rompre le contrat de travail ou prononcer une mutation d’emploi.
- Article 2 ter : Allongement du congé d’annonce. Cet article vise à allonger de 5 à 15 jours ouvrés le congé d’annonce suite à la survenue d’une pathologie grave, telle qu’un cancer, pour un enfant.
- Article 3 : Hébergement des parents à proximité de l’établissement de soins. Cet article vise à permettre à l’établissement de santé de pouvoir proposer une solution d’hébergement aux parents ou représentants légaux, à proximité de l’établissement de soins de l’enfant lorsque l’éloignement important et la durée de l’hospitalisation le justifient.
- Article 4 : Expérimentation pour les familles d’enfants handicapés demandant l’AEEH. Pour une durée d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, une expérimentation sera mise en place dans vingt départements pour permettre que le silence gardé par la commission pendant plus de deux mois à compter du dépôt de la demande d’allocation d’éducation de l’enfant handicapé vaille décision d’acceptation de celle-ci.
- Article 4 bis : Avancée complémentaire concernant l’AEEH. Cet article offre une avancée plus large et complémentaire à l’article 4 en ce qui concerne l’AEEH. À titre expérimental, pour une durée d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et son complément de quatrième catégorie bénéficiant à des assurés mineurs atteints d’une ou de plusieurs maladies invalidantes et la carte mobilité inclusion portant la mention « stationnement pour personnes handicapées » sont octroyées aux responsables légaux desdits assurés.
- Article 5 : Adaptation de la durée de l’AJPP. Cet article vient corriger l’adéquation entre la durée prévisible maximale d’un an et l’indemnisation maximale de 310 jours ouvrés soit 14 mois, afin de ne pas contraindre les familles en allocation journalière de présence parentale (AJPP) à temps complet à faire une nouvelle demande pour seulement 2 mois.
- Article 6 : Adaptation de l’allocation journalière de présence parentale aux cas des enfants en résidences alternées.
- Article 7 : Exonération de la taxe foncière pour les parents ayant à charge un enfant atteint d’une affection grave. Cet article a été supprimé par LFI et la gauche.
- Article 9 : Prise en charge intégrale des séances d’accompagnement psychologiques et du recours à un auxiliaire médical. Cet article permet d’appliquer un reste à charge zéro pour les enfants atteints de maladies graves, dès lors qu’il s’agit d’une prescription établie par un médecin dans le cadre du parcours de soin de l’enfant.
- Article 9 bis : Évaluation détaillée du champ d’application de la loi. Cet article invite le Gouvernement à procéder à une évaluation détaillée du champ d’application de la présente loi.
- Article 9 ter : Rapport sur les incidences du cumul de l’AEEH et de l’AJPP. Cet article précise que dans un délai d’un an à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les incidences du cumul de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé et de ses compléments avec l’allocation journalière de présence parentale.
- Article 1er : Étendre l’aide de la collectivité pour accéder à un logement décent aux personnes ayant la charge d’un enfant atteint d’une affection grave.
- Article 1er bis : Interdiction du non-renouvellement du bail d’un locataire ayant à charge un enfant atteint d’une affection grave.
- Article 8 : Gratuité du stationnement dans les établissements de santé pour les parents ayant à charge un enfant atteint d’une affection grave.
Les Défis et les Controverses
Malgré les avancées significatives, des points de désaccord et des défis subsistent. La suppression de l'article 7, qui visait à exonérer de taxe foncière les parents d'enfants malades se situant en dessous du plafond de ressources déjà prévu pour les personnes âgées, a suscité des critiques. Cette décision a été perçue comme allant à l'encontre des familles en plus grande difficulté.
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De même, l'article 2, concernant la suspension du remboursement d'un crédit, a vu sa portée réduite, obligeant les parents à saisir le juge, une démarche chronophage et inadaptée à leur situation.
Témoignages et Réalités Vécues
Les témoignages poignants des parents et des associations engagées ont mis en lumière les difficultés rencontrées par les familles touchées par le cancer pédiatrique. Des situations telles que l'expulsion d'une famille incapable de payer son crédit immobilier, les délais excessifs pour obtenir une carte de stationnement handicapé, ou encore l'isolement des enfants orphelins ou en foyer lors des traitements, ont souligné l'urgence d'agir.
Selon André CICOLELLA, 5 % des cancers de l’enfant sont d’origines génétiques, quid du reste ? Chaque année en France, 2500 enfants sont diagnostiqués d’un cancer. Malheureusement, 500 en décèdent faute de traitements adaptés. Parmi les enfants qui en survivent, les deux tiers développement des séquelles.
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