L'ondansétron, commercialisé sous le nom de Zophren® et ses génériques, est un médicament antiémétique utilisé pour prévenir les nausées et vomissements induits par certaines chimiothérapies, radiothérapies et en post-opératoire. Bien qu'il ne soit pas officiellement indiqué en France pour traiter les nausées et vomissements liés à la grossesse, il est parfois utilisé dans les cas très sévères d'hyperémèse gravidique. Cependant, son utilisation pendant le premier trimestre de la grossesse suscite des préoccupations en raison d'un risque accru, bien que rare, de malformations faciales chez le bébé.
Indications et utilisation de l'ondansétron
L'ondansétron est un antagoniste des récepteurs 5HT3 de la sérotonine, appartenant à la classe des "sétrons". Ces médicaments ont des propriétés antiémétiques et sont parfois utilisés hors autorisation de mise sur le marché (AMM) pour soulager les vomissements liés à la grossesse. En dehors de la grossesse, l'ondansétron est administré par voie intraveineuse avant la chimiothérapie à une dose unique de 5 mg/m², sans dépasser 8 mg, ou à une dose de 0,15 mg/kg. Il n'existe pas d'études sur l'administration orale de Zophren pour la prévention des nausées et vomissements post-opératoires.
Risques liés à l'utilisation de l'ondansétron pendant la grossesse
Malformations faciales
L'Agence européenne des médicaments (EMA) a mis en évidence un risque rare, mais significatif, de fentes orales (becs-de-lièvre et fente palatine) chez les enfants exposés à l'ondansétron pendant le premier trimestre de la grossesse. Ce risque est estimé à 3 cas supplémentaires pour 10 000 femmes traitées. Par conséquent, l'ondansétron ne doit pas être prescrit pendant le premier trimestre de la grossesse pour prévenir et traiter les nausées et vomissements, sauf en cas d'évaluation individuelle rigoureuse par un professionnel de santé, qui met en balance les bénéfices et les risques pour chaque patiente.
Allongement de l'intervalle QT et torsades de pointes
L'ondansétron prolonge l'intervalle QT de manière dose-dépendante, ce qui peut potentiellement entraîner des torsades de pointes, un trouble du rythme cardiaque grave. Son utilisation n'est donc pas recommandée chez les patients présentant un syndrome du QT long congénital. Il est également important d'éviter l'association de l'ondansétron avec d'autres médicaments prolongeant l'intervalle QT.
Syndrome sérotoninergique
Des cas de syndrome sérotoninergique, caractérisé par des troubles de la conscience, une dysautonomie et des troubles neuromusculaires, ont été rapportés suite à l'utilisation concomitante d'ondansétron et de médicaments sérotoninergiques, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNa) et les agonistes-antagonistes morphiniques comme la buprénorphine.
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Ischémie myocardique
Des cas d'ischémie myocardique ont été rapportés chez des patients traités par ondansétron, principalement lors de l'administration intraveineuse, avec des symptômes apparaissant immédiatement après l'administration.
Alternatives thérapeutiques
Compte tenu des risques potentiels, d'autres alternatives thérapeutiques doivent être privilégiées au cours du premier trimestre de la grossesse pour traiter les nausées et vomissements. Il est recommandé d'avoir recours à d'autres antiémétiques à la posologie efficace la plus faible, pendant la durée la plus courte, avec une réévaluation régulière.
Recommandations pour les femmes en âge de procréer
Les femmes en âge de procréer traitées par ondansétron doivent utiliser une contraception efficace pendant toute la durée du traitement.
Pharmacocinétique de l'ondansétron
La biodisponibilité absolue de l'ondansétron est d'environ 60 %. Sa demi-vie d'élimination terminale est d'environ 3 heures et son volume de distribution à l'état d'équilibre est d'environ 140 litres. La liaison aux protéines plasmatiques est de 70 à 76 %. L'ondansétron est principalement métabolisé par le foie et ses métabolites sont excrétés dans les urines.
Effets indésirables potentiels
Les effets indésirables les plus fréquemment observés lors de l'utilisation d'ondansétron sont :
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- Très fréquent (≥ 1/10): Céphalées.
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10): Bouffées de chaleur, constipation.
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100): Troubles du rythme cardiaque, douleur thoracique, hypotension, hoquet, augmentation des enzymes hépatiques.
- Rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000): Réactions d'hypersensibilité immédiate, sensations vertigineuses, troubles visuels transitoires.
- Très rare (< 1/10 000): Cécité transitoire.
- Fréquence indéterminée: Ischémie myocardique, allongement de l'intervalle QT, torsades de pointes.
Surdosage
Peu d'informations sont disponibles concernant le surdosage d'ondansétron. Un surdosage peut entraîner les effets indésirables mentionnés ci-dessus. Il n'existe pas d'antidote spécifique.
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