La bronchiolite est une infection respiratoire aiguë qui touche principalement les nourrissons et les jeunes enfants, causée le plus souvent par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). Chaque année, des millions de cas sont recensés, suscitant l'inquiétude des professionnels de santé et des parents. Cet article vise à explorer le rôle protecteur du lait maternel contre la bronchiolite, en s'appuyant sur des études et des recommandations récentes.

La Bronchiolite : Une Épidémie Récurrente

La bronchiolite est de retour chaque année, affectant particulièrement les nourrissons âgés de 0 à 12 mois. On dénombre environ 64 millions de cas par an, et les médias s’alarment de l'augmentation du nombre de cas de 9% par an depuis 1996. En France, elle touche 30% des nourrissons. Cette infection virale des petites bronches peut entraîner une détresse respiratoire, perturbant l'alimentation et conduisant souvent à l'hospitalisation.

Causes Possibles des Épidémies Récurrentes

Plusieurs facteurs pourraient expliquer ces épidémies récurrentes. Les voies aériennes supérieures des humains rétrécissent de génération en génération, et la durée de l'allaitement est souvent écourtée avant l'âge de 3 ans. Depuis près d’un siècle, l’être humain vit une involution accélérée du visage. Les mâchoires rétrécissent de manière brutale de génération en génération. Les palais ont rétréci de 5 à 20 %. La taille des voies respiratoires supérieures dépend de la taille du palais, qui est le plancher nasal. Ces dysmorphoses faciales entraînent des dysfonctions oro-maxillo-faciales, sources de difficultés d’allaitement, de reflux, de coliques, et de pleurs dits inexpliqués. Ces bébés ont plus de difficulté à respirer en temps normal. Ils respirent par le nez avec la bouche grande ouverte. Ces bébés prennent très tôt la mauvaise habitude de respirer certes par le nez mais avec la bouche ouverte. Après les 6 premiers mois de vie, dès que la respiration buccale pourra se développer, elle prendra assurément le relais.

Un frein lingual restrictif, présent chez environ 19% des bébés, peut également perturber la respiration nasale en empêchant la langue de se positionner correctement sur le palais. Il est donc essentiel de dépister et de traiter ces freins restrictifs, si nécessaire, avec un parcours de soin multidisciplinaire et au long terme. Leur santé future en dépend.

L'Allaitement Maternel : Un Rempart Naturel

L’allaitement a un effet protecteur sur tous les germes en générale. C’est le cas également pour les bébés allaités atteints du virus respiratoire syncytial (RSV). Si le bébé tombe malade, l’allaitement réduira la gravité de la maladie, la durée du séjour à l’hôpital et les besoins en oxygène. Il est donc primordial de continuer à l’allaiter. Le lait maternel renferme des anticorps provenant de la mère, susceptibles de protéger le nourrisson contre certaines infections, y compris la bronchiolite.

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Anticorps et Immunité

Le lait maternel contient différents types de globules blancs et des substances impliquées dans le développement et la maturation du système immunitaire. Ces substances seraient ainsi capables de moduler le statut immunitaire des bébés. Les nourrissons nourris au sein seraient ainsi avantagés par rapport à ceux alimentés avec des préparations infantiles. Cet avantage serait notamment illustré par une meilleure capacité de résistance face à la bronchiolite.

Plusieurs études ont mis en évidence les bienfaits de l'allaitement maternel exclusif pendant au moins six mois, protégeant les nourrissons contre les pneumonies, les otites et offrant une protection à long terme contre diverses infections. Des études ont montré que les enfants allaités ont un risque nettement plus bas de bronchiolite.

Gestion de l'Allaitement en Cas de Bronchiolite

La congestion nasale et l’essoufflement du bébé peuvent rendre cet allaitement temporairement plus difficile. Cependant, il est crucial de maintenir l'allaitement autant que possible. Les médecins recommandent souvent d'augmenter le nombre de prises alimentaires quotidiennes et de pratiquer une aspiration nasale avant chaque prise pour faciliter la respiration du bébé. La sévérité de la bronchiolite n’était pas la cause la plus souvent donnée par les mères pour l’impact négatif sur l’allaitement. Ces dernières citaient en premier le manque de soutien de l’équipe soignante. Or, ce paramètre est modifiable, et les soignants peuvent jouer un rôle important dans le soutien aux mères.

Prise en Charge et Prévention

La prise en charge de la bronchiolite nécessite une approche globale, allant de la prévention à la gestion des symptômes.

Dépistage Précoce et Interventions

Idéalement, la prise en charge doit commencer bien avant la conception du bébé. Ensuite, il est nécessaire de dépister, diagnostiquer, et intervenir rapidement dès la naissance si le bébé présente des dysfonctions et restrictions oro-myo-faciales. Une prise en charge en équipe multidisciplinaire est recommandée jusqu’à l’âge de 15 ans, c’est à dire jusqu’à ce que l’ossification de la mâchoire soit terminée. La croissance cranio-maxillo-faciale explose entre 0 et 3 ans. C’est donc à cette période qu’il faut soutenir l’allaitement maternelle. En effet, c’est la succion au sein et la respiration par le nez, langue au palais qui permet un développement normal. Après 3 ans, la croissance ralentit un peu, c’est à ce moment qu’il faut traiter les enfants par de l’orthodontie préventive, surtout s’ils ont des dents de lait serrées ou tordues. A l’âge de 5 ans, 85% de la face est formée. Chez les tout-petits, le Tummy Time, le Guppy, l’exercice de l’élévation postérieure de langue quand bébé dort sont de très bons exercices de prévention. Le chantier est immense. Chaque professionnel de la santé, de la périnatalité, a un rôle majeur à jouer dans cette prévention, ce dépistage et ces interventions précoces. C’est en tout cas l’engagement de l’Institut Au Sein en Douceur et de SleepClinic.be. Dans le cadre de sa prise en charge MÈRE -ENFANT, en préconception chez les futurs parents, durant la grossesse ou en postpartum, elle s’assure de leur bonne santé. C’est une source énorme d’information en matière de prévention, de dépistage, de diagnostic, de conseil et d’accompagnement. La présence de la sage-femme au sein de la famille permet de s’assurer que le nourrisson a une respiration nasale bouche fermée. Un élément incontournable pour lui éviter, par exemple, la bronchiolite ! La Sage-femme a une formation médicale (art de guérir) et paramédicale (art de soigner). Il est grand temps de proposer un dépistage précoce et une prise en charge des dysfonctions et restrictions oro-myo-faciales et ce jusqu’à l’âge de 15 ans.

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Traitements Préventifs et Vaccinations

Depuis 2023, un traitement préventif, efficace et remboursé par la sécurité sociale et les mutuelles est proposé pour les nouveau-nés et les nourrissons. La bronchiolite est une infection respiratoire du nourrisson très contagieuse. La plupart du temps sans conséquence, elle peut parfois prendre des formes graves même chez les petits bébés en bonne santé.

« Le vaccin Abrysvo permet aux mères de protéger leurs bébés dès la grossesse et le traitement préventif par anticorps Nirsevimab ou Synagis, permet de protéger le bébé après sa naissance. En offrant une immunité précoce contre le VRS aux nourrissons, nous pouvons réduire considérablement les risques de formes graves et d’hospitalisations. Ce n’est pas un vaccin. Il s’agit d’une injection d’un anticorps monoclonal, le Nirsevimab (ou Beyfortus®) ou Palivizumab (ou SYNAGIS), capable de neutraliser le VRS, le principal virus de la bronchiolite. L’injection est proposée dès la maternité dès les premiers jours de vie pour les nouveau-nés qui vont naitre à partir du 1er septembre 2025, sinon elle peut être pratiquée par le médecin traitant (pédiatre ou généraliste) ou la sage-femme ou encore en PMI, pour les nourrissons nés entre février et août 2025.. L’efficacité du traitement a été démontrée dans le cadre d’études de grande ampleur mais également en vie réelle sur la saison 2023-2024 : le Nirsevimab diminue de 80 % les hospitalisations et les formes graves : il ne fera pas disparaitre ni le virus VRS, ni la bronchiolite mais limitera fortement ses conséquences les plus graves. L’hiver dernier aux HCL, la campagne d’immunisation a été un succès avec 80% des nouveau-nés en maternité qui ont pu recevoir le médicament. Le Nirsevimab et le palivizumab sont pris en charge par la sécurité sociale et les mutuelles. Seul le nirsevimab est disponible en ville. Cette année encore, la prévention des infections à VRS peut s’anticiper dès la grossesse : un vaccin (Abrysvo) est disponible pour immuniser la maman, ce qui permet de transmettre les anticorps à son bébé via le placenta puis le lait maternel. Ce vaccin est disponible en ville et à l’hôpital et est pris en charge par la sécurité sociale. Il doit être administré entre la 32e et la 36e semaine d’aménorrhée à compter du 1er septembre 2025. La Haute Autorité de Santé ainsi que les médecins pédiatres, obstétriciens et les sages-femmes recommandent le vaccin au dernier trimestre de grossesse. Lorsque la femme enceinte a pu bénéficier du vaccin anti VRS, on considère que son bébé est protégé et il n’y a pas besoin de lui administrer le Nirsevimab.

L'Importance du Soutien à l'Allaitement

L’allaitement exclusif n’avait pas d’impact protecteur vis-à-vis des bronchiolites. Il est crucial que les professionnels de santé soutiennent les mères qui souhaitent continuer à allaiter leur enfant pendant une hospitalisation pour bronchiolite. Cela inclut la mise à disposition de tire-lait, des conseils sur la gestion de l'allaitement et un environnement favorable à la proximité mère-enfant.

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