L'interruption volontaire de grossesse (IVG), un droit fondamental pour les femmes, continue de susciter débats et controverses à travers le monde. Cet article explore l'actualité de l'IVG, en mettant en lumière les avancées législatives, les obstacles persistants et les enjeux éthiques et sociétaux qui entourent cette pratique.

Simone Veil et la Loi Fondamentale de 1975

Le 17 janvier 1975, la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), dite loi Veil, est promulguée, marquant une étape cruciale dans l'histoire des droits des femmes en France. Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l'Assemblée nationale pour faire voter une loi dépénalisant l'avortement. "Il suffit d’écouter les femmes. C'est toujours un drame, cela restera toujours un drame", déclare-t-elle lors d'un discours salué par l'opposition de gauche de l'époque. Après cette loi, les attaques et les insultes à l'encontre de la ministre de la Santé se multiplient. Certains députés comparent même l'avortement aux crimes nazis. Face à cette situation, Simone Veil n'abdique pas. Après plus de 25 heures de débat dans la nuit du 28 au 29 novembre, le projet de loi est adopté en première lecture. Contre toute attente, les sénateurs votent à une large majorité la légalisation de l'IVG.

Simone Veil était inconnue du public quand elle entra au gouvernement après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing. A l’époque, on avait encore peu prêté attention à son passé à Auschwitz. Elle était simplement la ministre de la Santé, sans encore d’expérience politique.

L'IVG dans le Monde : Entre Avancées et Reculs

L’organisation Amnesty International estime que 60% des femmes à travers le monde n’ont pas encore accès librement à l’avortement et que toutes les 9 secondes, une femme pratique un avortement clandestin. L’avènement de gouvernements ultra-conservateurs et populistes fait craindre aux féministes un recul des droits. Le droit à l’avortement est menacé dans plusieurs états américains, notamment dans le Kentucky où la dernière clinique de l’État qui pratique des interruptions volontaires de grossesse risque de fermer. Une décision est attendue dans les prochains jours.

En Irlande, un référendum historique a eu lieu sur l'avortement. Les Irlandais se sont prononcés sur la suppression ou non du huitième amendement de la Constitution qui interdit l'avortement, sauf si la vie de la mère est en danger. Il y a une semaine, ce pays autorisait enfin l'avortement.

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En Pologne, la loi sur l'avortement est très restrictive, obligeant les femmes à faire preuve de courage et de débrouillardise pour interrompre leur grossesse. Les militants pro-avortement descendent dans les rues en Irlande, en ce dernier week-end avant le référendum proposant de légaliser l'avortement.

Les Défis Persistants en France

Malgré la constitutionnalisation de l'IVG, de nombreux freins persistent et entravent l’accès à l’IVG. 82 % des femmes ayant eu recours à un avortement déploraient en 2024 des « freins à l’accès à l’avortement en France », dans le premier baromètre Ifop sur l’IVG.

Plus de quarante ans après la loi Veil, le droit à l’avortement subit une offensive concertée en Europe, menée par une nouvelle génération de militants rompus aux réseaux sociaux. Une enquête d'Arte révèle leurs méthodes et leurs financements.

Le Piège des Sites Anti-IVG

Le délit d’entrave à l’interruption volontaire de grossesse sur Internet est entré en vigueur le 20 mars. Retour sur ivg.net, le principal site à l’origine de cette loi. C’est un numéro vert, que l’on retrouve sur les sites Web des villes de Colomiers ou de Lorient, du centre des œuvres universitaires (Crous) de la capitale, du centre hospitalier de Bordeaux ou encore des portails d’informations jeunesse des départements de Moselle ou de Charente-Maritime. Supposé assurer un service d’écoute et d’aide pour les femmes s’interrogeant sur une interruption de grossesse, ce numéro est en réalité celui d’une association hostile à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

De nombreux témoignages de femmes qui ont composé le numéro attestent que les répondants font tout pour dissuader les appelantes d’avorter. Les institutions qui relaient ce numéro le font en toute bonne foi, pensant sincèrement renvoyer vers un service officiel. Comme nombre de femmes, elles sont victimes de la dissimulation active pratiquée par des opposants à l’avortement, qui, profitant de la longue absence de sites officiels sur la question, déguisent des sites orientés en portails neutres d’information. Contacté, l’hôpital de Bordeaux tombe ainsi des nues en apprenant qu’il dirige les visiteurs de son site vers une plate-forme anti-IVG.

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Ce numéro, qui a dupé autant d’administrations, est celui d’un site Web, ivg.net, très bien référencé : c’est celui qui est proposé en premier lorsqu’on cherche « avortement » ou « IVG » sur Internet. Ce portail, jumeau ou presque d’un autre, avortement.net, se présente comme neutre. Nulle part n’est précisé qui s’occupe du service. Tous deux publient pourtant de manière régulière des témoignages, le plus souvent anonymes et négatifs, de femmes ayant vécu une IVG et invitent celles qui hésitent à contacter le numéro vert de l’association.

Ces sites ne représentent ni une institution ni une autorité médicale, mais une discrète association, SOS-Détresse, déposée à la sous-préfecture de Palaiseau (Essonne) en 2008. Elle se targue d’un agrément « organisme d’intérêt général », un label délivré par l’administration fiscale permettant aux donateurs de déduire 66 % des dons de leurs impôts. La directrice de publication se nomme officiellement Marie Philippe. Quelques recherches montrent qu’il s’agit de son nom de jeune fille. Avec son mari, René Sentis, elle fut longtemps une spécialiste de la « méthode Billings », une technique de régulation des naissances basée sur l’abstinence périodique promue par l’Église catholique.

Ivg.net a été ouvert dès 2008, bien avant le lancement du portail officiel ivg.gouv.fr en septembre 2013, et René Sentis a fortement aidé à améliorer son référencement.

L'IVG en Chiffres : Tendances et Évolutions

Une étude de la Drees révèle que 251 270 avortements ont eu lieu en France, en 2024, dont 80 % d’IVG médicamenteuses. Plus de 250 000 avortements ont eu lieu en France en 2024. « La hausse du nombre d’IVG depuis 2022 se poursuit, après la nette baisse en 2020 et 2021 en lien avec la pandémie de Covid-19 », explique l’étude. En tout, 7 000 avortements supplémentaires ont eu lieu en 2024 par rapport à 2023.

Le principal enseignement de l’étude est qu’une grande majorité des IVG a désormais lieu de façon médicamenteuse. La Drees évoque même un « essor considérable » de cette méthode, qui représente 80 % de l’ensemble des avortements.

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Accompagnement et Soutien : Un Enjeu Crucial

Dans chaque établissement, le suivi est assuré par une équipe pluridisciplinaire : secrétaires, infirmières, médecins, conseillères conjugales et familiales et psychologues à l’écoute des patientes. La prise en charge au sein du centre IVG de l‘hôpital Edouard Herriot est possible jusqu’à 10 semaines de grossesse, soit 12 semaines d’aménorrhée (SA). Un suivi psychologique par des conseillères conjugales est également systématiquement proposé avant et après l’opération pour les femmes qui le souhaitent.

Laurie témoigne : "Si c’était à refaire, je demanderais de l’aide, je les ferais garder, ou je me ferais accompagner. C’est important de ne pas traverser ça seul·e. Je n’ai aucun regret. Mais je n’étais pas préparé·e à ce que le corps traverse : le sang, les contractions, la douleur. Ce sont de très grosses règles, avec des crampes similaires à des contractions d’accouchement. Si je peux donner un conseil : ne restez pas seul·e, et n’ayez pas honte. À l’époque, je voulais que personne ne le sache. Et puis, des années plus tard, en parlant avec des ami·es, je me suis rendu·e compte que je n’étais pas seul·e. C’est une étape, même quand c’est un choix. Et on devrait pouvoir en parler librement, que ce soit avec des ami·es ou dans un lieu comme le Planning."

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