Introduction

Roberto Benigni, figure emblématique du cinéma italien, est reconnu mondialement pour son talent d'acteur, de réalisateur et de scénariste. Son œuvre la plus célèbre, La Vie est belle, a marqué les esprits par son approche unique et émouvante d'un sujet sensible. Cet article explore son parcours, de son enfance en Italie rurale à sa consécration internationale, en passant par ses engagements humanitaires.

Une jeunesse toscane

Roberto Benigni a passé son enfance dans la campagne italienne, entouré de ses parents et de ses trois sœurs. Dès son plus jeune âge, il se passionne pour le spectacle et aime divertir son entourage. Lors de sa scolarité à Florence, il travaille même comme apprenti magicien, une expérience qui forge son sens de la scène.

Débuts et ascension

À l'âge de vingt ans, sa carrière prend un tournant décisif lorsqu'un réalisateur romain le remarque et l'intègre à sa troupe de théâtre. Après plusieurs années sur les planches, Benigni devient la vedette d'une émission de télévision très populaire en Italie, The Other Sunday. Son humour et sa liberté d'expression lui valent une grande popularité, mais aussi quelques déboires. En 1980, une plaisanterie sur le Pape Jean-Paul II lui vaut une suspension d'un an du petit écran.

Carrière cinématographique

Premiers pas

La carrière cinématographique de Roberto Benigni débute en 1976 avec Berlinguer ti voglio bene, un film de Bernardo Bertolucci dont il signe le scénario. Il se distingue ensuite dans Clair de femme de Costa-Gavras, Pipicacadodo de Marco Ferreri et La Luna. En 1983, il réalise son premier long métrage, la comédie Tu mi Turbi, qui marque sa rencontre avec Nicoletta Braschi, qui deviendra sa compagne et sa plus fidèle collaboratrice.

Collaboration avec Jim Jarmusch

En 1986, Benigni s'introduit dans le cinéma américain en collaborant avec Jim Jarmusch. Ils travaillent d'abord ensemble sur la première saynète de Coffee and Cigarettes, dont Benigni écrit le scénario et dans laquelle il joue. Son talent d'acteur lui permet de rejouer dans deux autres films de Jarmusch : Down by Law et Night on Earth.

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Succès public

Avec Le Petit Diable et Le Monstre, deux comédies qu'il met en scène et dans lesquelles il tient le premier rôle, il remporte un joli succès public et impose son physique lunaire et son humour poético-burlesque, qui lui donnent des airs de Charlie Chaplin transalpin. En 1990, il joue sous la direction de Federico Fellini dans La Voce della luna, puis retourne aux États-Unis en 1993 en incarnant Jacques Clouseau Jr. dans Le Fils de la panthère rose de Blake Edwards.

La consécration avec La Vie est belle

Roberto Benigni accède à la gloire internationale en 1997 grâce à La Vie est belle, dont il est réalisateur, scénariste et acteur. Cette fable tendre et émouvante lui vaut le Grand Prix du Jury à Cannes ainsi que l'Oscar du Meilleur film étranger et du Meilleur acteur. Le film, bien qu'étant une fiction, s'inspire de la réalité historique de la Shoah et met en avant les conditions des Juifs dans les camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce qui fait sa force est son angle original plutôt humoristique et l'envie de s'en sortir de ce père emprisonné avec son fils. Certains ont perçu le film comme une "comédie sur les camps de concentration", mais il s'agit en réalité de l'histoire d'un père qui se dévoue corps et âme pour faire croire à son fils que tout cela n'est qu'un jeu. Benigni s'est inspiré de Si c’est un homme de Primo Levi, où l’auteur, nu comme tous les détenus réunis dans la cour pour l’appel du matin, se dit : « Et si ce n’était qu’une blague, tout ça ne peut pas être vrai… ».

Giorgio Cantarini, qui incarnait le petit Giosuè Orefice, le fils du personnage principal, interprété par Roberto Benigni et de sa femme, Dora, alias Nicoletta Braschi, avait 5 ans au moment du tournage. Il se rappelle surtout les choses drôles, comme les gens de l'équipe qui le faisaient rire et jouaient avec lui lors des pauses. Il n'avait pas conscience de la gravité du film. Bénigni lui avait raconté le sujet comme une histoire pour enfants, avec des bons hommes et des mauvais hommes.

Projets ultérieurs

Après avoir participé à l'aventure d'Astérix et Obélix contre César en 1999, l'artiste italien se lance en 2002 dans la réalisation de Pinocchio, adaptation du conte de Collodi, dans laquelle il s'attribue le rôle du célèbre garçon de bois. Trois ans plus tard, il part à la recherche de l'amour en Irak en réalisant Le Tigre et la neige. À l'instar de ses autres réalisations, Begnini joue dans ce film aux côtés de son épouse Nicoletta Braschi. L'auteur participe ensuite à des projets italiens comme les documentaires Towards the Moon with Fellini (2006) et Il quinto dell'Inferno (2007) ou le film La commedia di Amos Poe (2010). Il reçoit en 2012 une proposition inopinée : jouer dans un film de Woody Allen, From Rome with Love.

Engagement humanitaire

L'acteur et réalisateur italien, lauréat d'un Oscar en 1999, a lancé un puissant appel en direct contre les conflits dans le monde, en s'attardant sur la guerre en cours dans la bande de Gaza. C'est une scène en direct qui a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Roberto Benigni s'est indigné à la télévision italienne de la mort de milliers d'enfants dans le monde à cause des conflits et plus particulièrement dans la bande de Gaza et en Ukraine. "Ceux qui tuent des enfants ne sont pas des hommes !", a fustigé l'acteur italien. "Mais pourquoi continuent-ils à tuer des enfants ? S'ils n'entendent pas les cris de douleur, c'est qu'ils ne sont pas humains", a également estimé le réalisateur Roberto Benigni. Il a également critiqué l'Union européenne pour son manque d'implication dans le conflit en cours dans la bande de Gaza : "Il n'existe pas d'Union véritable et véritablement unie. S'il y en avait eu une, certaines guerres auraient peut-être pu être évitées". Il a regretté l'action menée par le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou, citant des propos de l'ancien président américain Joe Biden, à la suite des massacres du 7 octobre par le Hamas, qui avait exhorté Israël de ne pas répondre à "l'horreur par plus d’horreur", comme les États-Unis après les attentats du 11 septembre.

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Succès télévisuels et reconnaissance

De 2006 à 2009, il revisite la culture italienne avec le spectacle Tutto Dante, dans lequel il raconte la Divine Comédie en truffant son récit de références à l’actualité. En décembre 2014, Roberto Benigni remet cela avec une exégèse actuelle autour des Dix Commandements, diffusée deux soirs de suite en prime time.

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