La presse en Haute-Saône a une longue histoire, marquée par une multitude de titres, dont beaucoup n'ont connu qu'une existence éphémère. Parmi cette diversité, "La Presse de Vesoul" se distingue par sa longévité et son ancrage local. Cet article explore l'histoire de la presse vésulienne, en s'appuyant sur les publications qui ont marqué le département de la Haute-Saône, et en mettant en lumière le parcours de "La Presse de Vesoul".
Les Premiers Pas de la Presse en Haute-Saône
Le premier journal à paraître dans le département fut le "Journal de la Haute-Saône". Il est donc pertinent de naviguer à travers un siècle de cette publication, dont le titre a évolué au fil des ans.
Parmi les premières publications, on trouve :
Petites affiches du département de la Haute-Saône (1808-1810): Un hebdomadaire axé sur les annonces judiciaires et les extraits des nouvelles politiques les plus importantes. Des lacunes existent dans les collections, notamment les exemplaires du 5 février 1810 et du 19 novembre 1810.
Journal de la Haute-Saône (1811 - avril 1828, septembre 1831 - mai 1886): D'abord hebdomadaire, puis bi-hebdomadaire à partir de juin 1848, ce journal se voulait politique, littéraire et agricole. Il contenait des avis et des annonces judiciaires jusqu'en décembre 1811, puis s'est concentré sur le contenu politique et littéraire. Des lacunes existent également pour cette publication, notamment en 1814 (de janvier au 14 avril), 1815, 1816 et 1817 (de janvier jusqu'au 2 septembre). Il prend le nom de « L’Indépendant, journal constitutionnel de la Haute-Saône » entre mai et août 1831.
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Le Réveil de la Haute-Saône (Juin 1886 à 1918)
Courrier de la Haute-Saône (1876 à 1883)
Il est important de noter que seuls les titres libres de droits sont mis en ligne sur certains sites d'archives.
"La Presse de Vesoul" : Une Aventure Éditoriale et Entrepreneuriale
"La Presse de Vesoul" est née en 1981. Eric Lejeune, directeur de publication, souligne l'importance de commémorer cette aventure éditoriale et entrepreneuriale. Le journal a été lancé en 1842 sous le nom de "La Presse de Gray".
Les Ambitions Initiales
Dans son éditorial du 13 mars 1981, Alain Joyandet, le jeune fondateur âgé de seulement 27 ans, exprimait l'ambition d'offrir aux Vésuliens une information "fouillée, pratique, vivante" et d'éclairer le jugement du citoyen en expliquant les tenants et les aboutissants de son environnement local jusque dans ses racines.
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Développement et Diversification
Les débuts furent enthousiastes. Le journal s'installe dans un bureau loué aux Ets Ferry-Mougin, boulevard des Alliés, en face de la Sécurité Sociale. La libéralisation des ondes, voulue par le Président François Mitterrand, a permis à Alain Joyandet de créer Radio Val de Saône (RVS), qui deviendra successivement "Vitamines", "NRJ" et enfin "Radio 2000". Une étape importante a été franchie avec l'acquisition d'une rotative de presse au début des années 2000, située à Auxonne (21), assurant ainsi une indépendance que seuls quelques groupes de presse hebdomadaire régionale (PHR) peuvent revendiquer en France.
Expansion Récente
Récemment, le groupe de presse franc-comtois a saisi des opportunités en reprenant quatre hebdomadaires d'informations locales : "L'Abeille" et "Le Nouvelliste" à Saint-Junien en Haute-Vienne, "L'Avenir-Le Confolentais" en Charente, "La Concorde" dans les Deux-Sèvres, et un journal économique "Info Eco" dans la Vienne.
L'Équipe
Aujourd'hui, au sein de l'équipe de "La Presse de Vesoul", les nouveaux côtoient les anciens. Philippe Combrousse, entré comme correspondant local à 17 ans, est le rédacteur en chef, suppléé par le journaliste chevronné Etienne Colin.
L'Attachement des Haut-Saônois à la Presse Locale
"La Presse de Vesoul", comme d'autres journaux de proximité, bénéficie de l'attachement des habitants de la Haute-Saône à ce type de presse. Une poignée de journalistes et d'autres salariés, pour la plupart nés et vivant en Haute-Saône, travaillent au plus près des habitants.
Vesoul : Une Ville Riche en Histoire
Pour comprendre l'importance de la presse locale comme "La Presse de Vesoul", il est utile de connaître l'histoire de la ville qu'elle dessert. Vesoul, au-delà de son rôle administratif, possède un riche patrimoine qui façonne l'identité de ses habitants.
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Vesoul, Ville Fortifiée
Au Moyen-Âge, Vesoul était entourée de murs d’enceinte, de fossés et de portes. La rue du Breuil s’est d’ailleurs construite sur un ancien fossé. Au XIIe siècle, un château bâti en haut de la Motte offrait une vue imprenable sur les alentours. Au XIIIe siècle, la ville s’étend sur 9 hectares intra-muros. La rue Georges-Genoux s’appelle alors « La rue des Murs ». Tous les soirs, les portes sont fermées et on relève le pont-levis.
De la Vigne en Abondance
De nombreuses maisons du vieux centre possèdent des caves. Jusqu’au phylloxéra au XIXe siècle et au développement du rail qui facilite les importations de vins italiens notamment, des vignes poussent sur les collines de la Motte. Le nom de la rue Vendémiaire, qui monte à la chapelle, fait référence aux vendanges. La Haute-Saône a compté plus de 20 000 hectares de vignes, soit plus que le département du Jura aujourd’hui. Au XVe siècle, se crée à Vesoul une congrégation de Saint-Vincent.
Des Justiciables Jetés dans l’Étang
À l’intersection des rues Saint-Georges et Baron-Bouvier s’élevait une porte derrière laquelle se trouvait « l’étang de la Question », en référence aux tortures perpétrées au Moyen-Âge pour faire avouer les justiciables. « Les accusés étaient jetés dans l’étang : s’ils se noyaient, ils étaient coupables. S’ils survivaient, c’est qu’il y avait une chance qu’ils soient innocents », rapporte la guide conférencière, Charlotte Monnot. De temps à autre, la porte était ouverte et l’eau de l’étang relâchée pour nettoyer la rue.
L’Actuel Puits n’a Pas Donné Son Nom à la Place du Grand-Puits
Contrairement à ce qu’on pourrait croire : ce n’est pas le puits qui orne aujourd’hui la place du Grand-Puits qui lui a donné son nom. L’original a été rasé. « Il y avait autrefois cinq points d’accès publics à l’eau à Vesoul, alimentés par l’eau du gouffre du Frais Puits grâce à des canalisations en bois. Il s’agissait d’endroits très importants, lieux sociaux au même titre que les lavoirs », indique Charlotte Monnot.
Que Signifie le Blason de Vesoul ?
« Sur la partie supérieure, les lions font référence aux contes de Bourgogne. En dessous, le croissant blanc sur fond rouge représente la Vierge, symbole de lumière et de pureté mais il est aussi associé à l’eau, ce qui ramène à la situation géographique de Vesoul. La couronne représente les fortifications de la ville. »
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