L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes en France, encadré par la loi et accessible selon des conditions précises. Cet article détaille le déroulement de l'IVG médicamenteuse, son cadre légal, et les lieux où elle peut être pratiquée.
L'IVG Médicamenteuse : Une Option Précoce
L'IVG médicamenteuse est une méthode d'interruption de grossesse qui peut être réalisée jusqu'à 7 semaines d'aménorrhée (absence de règles), soit 5 semaines de grossesse. Pour vérifier l’âge de la grossesse, une datation est effectuée avant l’IVG, le plus souvent au moyen d’une échographie. Cette méthode ne nécessite pas d'intervention chirurgicale et se déroule en plusieurs étapes, impliquant la prise de médicaments spécifiques.
Lieux de Pratique et Accompagnement
Plusieurs structures de santé proposent l'IVG médicamenteuse. Par exemple, à l'hôpital de La Mure, le Centre périnatal (04.76.81.47.04) propose des IVG médicamenteuses jusqu'à 7 semaines depuis les dernières règles. De plus, les Centres de Planification et d'Éducation Familiale (CPEF) offrent un accompagnement essentiel. Au CPEF de La Mure, les conseillères conjugales accueillent les femmes lors d'entretiens pré-IVG, les informant sur la procédure et leur offrant un espace d'écoute avant ou après l'IVG.
Les Étapes Clés de l'IVG Médicamenteuse
Le processus d'IVG médicamenteuse comprend plusieurs étapes médicales et psychologiques importantes :
- Première Consultation Médicale : Une première consultation médicale de demande d’IVG doit être faite auprès d’un médecin au choix de la femme. Lors de cette consultation, le médecin doit proposer également un entretien psychosocial avec une personne qualifiée en conseil conjugal (temps de parole autour de cette demande). Un dossier guide doit être remis à chaque patiente. Cette consultation est l'occasion d'informer la femme sur les différentes méthodes d'IVG et de répondre à ses questions.
- Entretien Psychosocial (facultatif mais recommandé) : Un entretien avec une Conseillère Conjugale et Familiale (CCF) ou une psychologue est proposé. Il permet d'aborder les aspects émotionnels et psychologiques liés à la décision d'IVG.
- Prise de la Mifépristone : Elle peut être réalisée jusqu’à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d’absence de règles) : elle consiste à prendre un premier médicament (mifepristone) suivi 24 à 48 heures plus tard d’un second médicament (misoprostol). La prise de MIFEPRISTONE favorise les contractions utérines et l’ouverture du col. Après la prise de MIFEPRISTONE, il n’y a habituellement pas de réactions importantes. Vous pouvez mener vos activités normalement. Vous pouvez saigner un peu.
- Prise du Misoprostol : La deuxième étape est la prise du misoprostol (Mifégyne) 36 à 48h après la prise de la mifépristone. La prise du MISOPROSTOL, 24 à 48 heures plus tard, va entrainer des contractions utérines et permettre l’avortement. Le MISOPROSTOL provoquent des douleurs ressemblant aux douleurs de règles, parfois plus intenses. Il est conseillé de prendre à l’avance le traitement prescrit contre la douleur. Des nausées, des vomissements, de la diarrhée ou un peu de fièvre sont possibles. Ces symptômes sont de courte durée. Les saignements vont survenir rapidement (le plus souvent entre 30 minutes et trois heures) mais parfois plus tardivement. Ils sont souvent plus abondants que les règles avec des caillots. Cela peut être impressionnant mais c’est normal. A votre sortie de l’Hôpital, prévoyez de rester chez vous avec la possibilité de téléphoner, et quelqu’un avec vous. Vous pouvez manger et boire. Il est normal de saigner pendant une quinzaine de jours, la première semaine comme des règles ensuite comme des fins de règles. Vous pourrez boire et manger légèrement.
- Consultation de Contrôle : Une visite de contrôle est essentielle pour s'assurer que l'IVG est complète et qu'il n'y a pas de complications.
Efficacité et Effets Secondaires Possibles
Cette méthode est efficace à 99,7 %. Les complications sont rares, mais peuvent exister (fièvre, pertes de sang trop abondantes, douleurs abdominales intenses….).
Lire aussi: Interruption Volontaire de Grossesse par médicaments
Informations Administratives et Pratiques
Il est impératif de vous munir d’une pièce d’identité, de votre carte vitale (si vous en avez une) et de votre carte de groupe sanguin (une prise de sang sera prescrite si vous n’en avez pas).
Le Cadre Légal de l'IVG en France : Une Histoire de Droit
L'accès à l'IVG en France est le résultat d'une longue lutte pour les droits des femmes. La loi Veil de 1975 a marqué une étape décisive en dépénalisant l'avortement.
Chronologie des Évolutions Légales
- 1810 : Le Code civil (Napoléon) instaure le crime d’avortement. Les femmes ayant volontairement mis fin à leur grossesse risquent la prison, ainsi que ceux les ayant aidées dans la démarche. Les médecins et les pharmaciens qui auraient participé à un avortement sont passibles de travaux forcés.
- Décembre 1967 : La loi Neuwirth, qui autorise la contraception, est adoptée à l’Assemblée.
- Avril 1971 : Le Nouvel Observateur publie dans ses pages ce qui sera surnommé «le manifeste des 343 salopes», rédigé par Simone de Beauvoir, dans lequel 343 femmes demandent la dépénalisation de l’avortement. Il est notamment signé par Gisèle Halimi, Catherine Deneuve et Jeanne Moreau.
- Octobre-novembre 1972 : Le procès de Bobigny défraie la chronique. Marie-Claire, qui a avorté à 16 ans après un viol, est poursuivie, ainsi que sa mère et trois femmes qui l’avaient aidée. Défendue par l’avocate Gisèle Halimi, la jeune fille est acquittée.
- 17 janvier 1975 : L’Assemblée nationale adopte la loi dite Veil, après des débats houleux. La loi permet de légaliser et d’encadrer l’avortement. L’IVG peut être pratiquée par un médecin à la demande de la femme enceinte, avant la fin de la 10e semaine de grossesse.
- Décembre 1982 : La loi Roudy prévoit le remboursement de l’IVG par la Sécurité sociale.
- 1990 : L’IVG médicamenteuse est autorisée en milieu hospitalier.
- Janvier 1993 : Le délit d’entrave à l’IVG est créé par la loi Neiertz. Le fait de tenter d’empêcher une IVG, en perturbant l’accès aux établissements de santé ou en menaçant les femmes souhaitant avorter ou le personnel médical, est passible de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende.
- Avril 1999 : La pilule dite «du lendemain» est en vente libre dans les pharmacies. Elle sera délivrée gratuitement aux mineures à partir de 2002.
- Juillet 2001 : Le délai légal pour avorter est allongé de 10 à 12 semaines de grossesse. Les mineures acquièrent le droit d’avorter sans autorisation parentale - elles doivent toutefois être accompagnées par un adulte référent.
- 2004 : L’IVG médicamenteuse est autorisée en médecine de ville.
- Mars 2013 : L’IVG est remboursée à 100% pour toutes les femmes. La contraception devient gratuite pour les filles de 15 à 18 ans.
- Janvier 2014 : L’Assemblée nationale vote en première lecture un article supprimant la notion de «détresse» pour une femme voulant avorter.
Délai Légal Actuel
En France, la loi autorise les Interruption volontaires de grossesse (IVG) jusqu’à 14 semaines de grossesse soit 16 semaines d’aménorrhée (SA).
Lire aussi: Effets Secondaires de l'IMG
Lire aussi: Déroulement IVG Médicamenteuse
tags: #ivg #medicamenteuse #isere #deroulement
