L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est une procédure encadrée par la loi visant à interrompre une grossesse non désirée. Bien que l'IVG soit généralement sûre, il est essentiel de comprendre les risques et complications obstétricales potentiels associés à cette intervention.
Cadre légal de l'IVG en France
En France, la loi encadre strictement l'accès à l'IVG. Une femme majeure peut demander à un médecin d’interrompre sa grossesse jusqu’à la fin de la quatorzième semaine de grossesse. La loi n° 2022-295 du 2 mars 2022 a allongé le délai légal pour avoir recours à l'IVG, qui a été porté de 12 à 14 semaines de grossesse.
Dès la première consultation, le médecin (ou la sage-femme) doit informer la femme des méthodes médicales et chirurgicales d’IVG, des risques et effets secondaires potentiels, lui remettre un dossier-guide et la liste des centres de conseils et planification familiale et établissements où sont pratiquées les interventions.
Pour la femme mineure, des consultations spécifiques sont prévues, avec la possibilité de garder le secret vis-à-vis des titulaires de l'autorité parentale, sous certaines conditions.
Les différentes méthodes d'IVG
Il existe deux principales méthodes d'IVG :
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IVG médicamenteuse : Elle peut être réalisée hors établissement de santé, le cas échéant à distance (téléconsultation), jusqu’à la fin de la septième semaine de grossesse (neuf semaines d’aménorrhée). Elle implique la prise de deux médicaments : la mifépristone, qui bloque l'action de la progestérone et interrompt la grossesse, et le misoprostol, qui provoque des contractions utérines et l'expulsion de l'embryon.
IVG chirurgicale : Elle est pratiquée en établissement de santé, sous anesthésie locale ou générale, avant la fin de la quatorzième semaine de grossesse. Elle consiste en une aspiration de l'œuf.
Risques et complications potentiels
Bien que l'IVG soit une procédure relativement sûre, certaines complications peuvent survenir. Il est crucial d'être informé de ces risques afin de pouvoir les identifier et les prendre en charge rapidement.
Complications immédiates
- Hémorragie : La survenue d'une hémorragie lors d'une IVG est un événement très rare (1 % des cas). En cas de saignements très abondants pendant plus de 2 heures, qui ne diminuent pas et s’intensifient, il faut consulter en urgence.
- Infection : Une infection peut survenir après une IVG, nécessitant un traitement antibiotique.
- Douleur : La douleur est très variable d’une femme à une autre. Les contractions utérines ressemblent à celles des douleurs de règles, plus ou moins fortes selon les femmes. Selon une étude, 27 % des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont ressenti des douleurs très intenses après la prise du second comprimé.
- Échec de l'IVG : Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d’environ 95 %. Dans 3 à 4 % des cas, il y a échec de la méthode. Et dans à peu près 1 % des cas, la grossesse se poursuit.
- Rétention de produits de conception : Dans certains cas, des fragments de l'œuf peuvent rester dans l'utérus, nécessitant une aspiration complémentaire.
Complications tardives
- Risque de prématurité et d'hypotrophie fœtale lors de grossesses ultérieures : Une étude finlandaise a montré que le risque d’hypotrophie et de prématurité est majoré pour les bébés nés de mères ayant pratiqué 3 ou plus interruptions volontaires de grossesse (IVG). Si le risque de prématurité augmente après chaque IVG, il devient significatif après la 2e intervention.
- Complications psychologiques : L’avortement peut être vécu de manières très différentes selon les femmes, et toutes sont légitimes. Certaines femmes peuvent ressentir de la tristesse, de la culpabilité ou de l'anxiété après une IVG. Il est important de rechercher un soutien psychologique si nécessaire.
Prise en charge des complications
En cas de complications après une IVG, il est essentiel de consulter rapidement un médecin ou de se rendre aux urgences gynécologiques.
Une étude menée au CHU de Bordeaux a montré que le principal motif de consultation aux urgences après une IVG était les métrorragies. La majorité des patientes ne s’attendaient pas à présenter autant de métrorragies et à ressentir autant de douleurs pelviennes suite à leur IVG. Elles jugeaient les explications données concernant les complications après une IVG insuffisantes.
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Il est donc crucial que les patientes reçoivent des explications compréhensibles et complètes sur les complications potentielles et les modalités de prise en charge.
IVG pour motif médical (IMG)
La grossesse peut être interrompue à tout moment lorsqu’il est attesté après consultation d’une équipe pluridisciplinaire que la poursuite de la grossesse met en péril grave la santé de la mère ou qu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.
L’IMG ne peut être pratiquée que par un médecin dans un établissement de santé.
Rôle du médecin et de la sage-femme
Un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une IVG. Mais il doit informer sans délai l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom des praticiens susceptibles de réaliser l’intervention.
De même, un médecin qui refuse de pratiquer une IMG doit informer, sans délai, l'intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention.
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