L'imagerie par résonance magnétique (IRM) pelvienne est un outil diagnostique précieux dans le domaine de la gynécologie et de la procréation médicalement assistée (PMA). Cet article détaille les indications de l'IRM pelvienne, son rôle dans le diagnostic de pathologies telles que l'endométriose et l'adénomyose, ainsi que son importance dans l'évaluation de l'infertilité.

Introduction

L'IRM pelvienne est un examen d'imagerie médicale qui permet d'observer les organes situés au niveau du bassin avec une grande précision. Contrairement à l'échographie, qui est souvent l'examen de première intention, l'IRM offre une meilleure résolution et permet de visualiser les tissus mous avec plus de détails. Elle est particulièrement utile pour le diagnostic et le suivi de diverses pathologies gynécologiques et pour évaluer l'anatomie pelvienne dans le cadre de la PMA.

L'Endométriose : Diagnostic et Rôle de l'IRM

L'endométriose est une pathologie gynécologique chronique caractérisée par le développement de tissu similaire à celui de l'endomètre en dehors de la cavité utérine. On estime qu'environ 10 % des femmes en âge de procréer en sont atteintes en France, bien que ce chiffre soit probablement sous-estimé. Le diagnostic de l'endométriose peut être long et complexe, avec un délai moyen de diagnostic estimé à 10 ans.

Techniques de diagnostic de l'endométriose

Plusieurs techniques médicales permettent de poser un diagnostic sur l’origine des douleurs menstruelles, parmi lesquelles l’IRM pelvienne.

  • Échographie intravaginale : Une sonde d'échographie est introduite par voie vaginale pour visualiser l'appareil génital et la cavité abdominale.

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  • Scanner abdomino-pelvien : Bien que moins fréquemment prescrit que l'IRM ou l'échographie, le scanner peut être utilisé pour rechercher des lésions digestives de l'endométriose.

  • Cœlioscopie : En théorie, le diagnostic n’est confirmé de manière absolue qu’après une cœlioscopie et une analyse histologique des prélèvements de biopsie. La cœlioscopie, pratiquée sous anesthésie générale ou loco-régionale, consiste à explorer la cavité abdomino-pelvienne pour rechercher des lésions d’endométriose.

  • IRM pelvienne : L'IRM pelvienne est un examen d'imagerie performant pour diagnostiquer l'endométriose, bien qu'un résultat négatif n'exclue pas la présence de la maladie.

Quand a-t-on recours à l’IRM ?

Les symptômes évocateurs de l’endométriose conduisent généralement le ou la médecin ou le ou la gynécologue à prescrire des examens complémentaires d’imagerie, au premier rang desquels l’échographie et l’IRM pelvienne. L'imagerie médicale occupe une place importante dans le diagnostic de l'endométriose, mais aussi dans son suivi. Ces examens sont complémentaires entre eux, avec, également, la cœlioscopie.

L’IRM pelvienne est en général un examen de deuxième intention, réalisé après une échographie pelvienne en complément si nécessaire. Lorsque que quelque chose d’anormal est détecté sur l’échographie, ou alors si rien n’est vu mais que les douleurs persistent et qu’on ne trouve pas de solution, on compte sur l’IRM pour être plus contributif.

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Importance de l'expertise du radiologue

Il est primordial de choisir un radiologue spécialisé en endométriose, ou au minimum de faire revoir les images par un radiologue spécialisé. Selon le centre de radiologie où les femmes prennent rendez-vous, il est possible de choisir un ou une radiologue spécialiste des IRM de l’endométriose (radiologue référent).

IRM pelvienne et règles

En théorie, il n’est pas impossible de réaliser une IRM pelvienne pendant les règles. Il y a quelques années, il était même conseillé de la réaliser pendant les règles, lorsque les lésions sont les plus actives. Mais en pratique, ce n’est pas la période idéale du cycle pour effectuer une IRM.

L'Adénomyose : Diagnostic et Lien avec l'Endométriose

L’adénomyose utérine est une maladie qui est souvent considérée comme une pathologie proche de l’endométriose. En effet, l’adénomyose est généralement définie comme une forme utérine d’endométriose. Dans l’adénomyose, des cellules de l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus) s’infiltrent dans le muscle utérin (myomètre). Une femme peut souffrir d’adénomyose sans être atteinte d’endométriose, et inversement. L'IRM permet de diagnostiquer l’adénomyose de façon non invasive.

IRM Pelvienne et Infertilité

La présence d’une endométriose est un facteur d’infertilité. L'ensemble de ces examens a pour but de rechercher des anomalies du couple afin d'adapter au mieux la prise en charge thérapeutique.

Étude prospective en IRM pelvienne de patientes infertiles

Une étude prospective en IRM pelvienne de patientes infertiles, adressées par le centre de Fécondation In Vitro (FIV), avant FIV (sans ICSI) ou transfert d’embryon congelé, a été menée. IRM pelvienne (1,5T), avec séquences T2 et T1 avec FATSAT. Critères étudiés : présence d’adénomyose (certaine, probable, possible, absente), mesures des épaisseurs de la zone jonctionnelle permettant de déterminer une épaisseur moyenne (AJZ) et épaisseur maximale (MJZ) de la zone jonctionnelle pour chaque patiente. Corrélation avec les résultats des FIV.

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Quatre vingt dix sept patientes ont été incluses (100 IRM), pour un total de 167 transferts d’embryon. Une adénomyose IRM a été retrouvée chez 35 % des patientes. Différences statistiquement significatives concernant : - le taux de grossesse (37 % versus 60 %, p = 0,002), - le taux de transfert par patiente (1,5 versus 1,8, p = 0,004). AJZ et MJZ sont des facteurs indépendants de l’âge.

Estimation de la réserve ovarienne

L'estimation de la réserve ovarienne est essentielle. Elle permet l'évaluation du potentiel de réponse à la stimulation ovarienne. Ce n'est pas un marqueur de fertilité contrairement à l'âge. Elle est évaluée par le dosage de l’Hormone Anti-Müllérienne (AMH) et une échographie endovaginale. Celle-ci est réalisée en début de cycle (J2-J3) pour le comptage des follicules antraux (CFA)(cf. Echographies). Ces follicules sont ceux qui sont susceptibles d'être stimulés par un traitement inducteur de l'ovulation.

Déroulement de l'IRM Pelvienne

L’IRM pelvienne se déroule dans un centre de radiologie pratiquant les examens d’IRM. Il faut impérativement prendre rendez-vous au préalable, parfois plusieurs semaines à l’avance pour effectuer l’examen.

Préparation à l'examen

Lors du rendez-vous, il est important de venir avec l’ordonnance de prescription de l’imagerie, qui contient l’indication et donc les choses à rechercher qui aideront le radiologue, les examens précédemment réalisés mais aussi les ordonnances des traitements en cours afin d’être sûre de ne pas présenter de contre-indications. Un court rendez-vous avec la/le manipulateur radio est réalisé, lors duquel on vérifie l’absence de contre-indication, ou de matériel non compatible. A ce moment-là, s’il y a besoin de produit de contraste, un cathéter sera posé. En fonction de l’indication, il pourra être demandé de réaliser un lavement ou de ne pas vider sa vessie avant l’examen.

Toutes ces étapes de préparation ne sont pas systématiques, elles sont précisées par le ou la médecin lors de la prescription, puis par le ou la radiologue au moment de l’examen.

Procédure

L’IRM pelvienne se déroule comme toutes les IRM, à la différence près qu’elle implique la mise en place d’une seringue de gel contenant un produit de contraste au niveau du rectum et/ou du vagin. Cette technique, que les spécialistes appellent le balisage, n’est pas toujours nécessaire. L’examen se déroule ensuite dans le tunnel de l’IRM, dans lequel la patiente est allongée. Au total, l’examen dure une vingtaine de minutes, dans une atmosphère assez bruyante, en raison des sons émis par l’appareil d’IRM. « Cette particularité dans le déroulement de l’IRM pour l’endométriose doit être expliquée aux femmes, car l’examen peut être très perturbant.

Après l'examen

Après l’IRM, il faudra patienter le temps que le médecin radiologue réalise son compte-rendu et analyse les résultats pour répondre à la question posée par le médecin prescripteur. L’IRM ne requiert pas de suivi particulier. Le résultat de l’IRM est donné juste après l’examen, ou transmis dans les heures qui suivent, selon les pratiques du centre de radiologie.

Contre-indications et Précautions

Dans toutes ces situations, un objet métallique est présent dans l’organisme de la patiente et peut entraîner un vrai danger à passer une IRM. La patiente doit bien informer le ou la médecin et le ou la radiologue si elle se trouve dans l’une de ces situations. Bien qu’il soit sans danger, l’IRM peut être contre indiqué dans certains cas. En outre, le port d’un stimulateur cardiaque (pacemaker) empêche la réalisation d’un IRM. D’un point de vue psychologique, l’IRM est déconseillé aux personnes souffrant de claustrophobie. Il n’y pas d’effets indésirables propres à l’IRM, mais il peut en exister certains suite à l’injection de gadolinium.

Indications de l'IRM Pelvienne

Une indication fréquente de l’IRM pelvienne est l’endométriose, maladie consistant en l’implantation de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine. L’IRM pelvienne est un examen performant pour diagnostiquer la cause de douleurs ou de méno/métrorragies (saignements pendant ou hors menstruations) par exemple.

Autres Examens d'Imagerie en Gynécologie

  • L’échographie pelvienne : L’échographie pelvienne est l’examen de première intention en imagerie des organes génitaux féminins.

  • L'examen tomodensitométrique (scanner) : L'examen tomodensitométrique (scanner) est essentiellement réservé au bilan d’extension des pathologies invasives.

  • L’hystérosalpingographie (ou hystérographie) : L’hystérosalpingographie (ou hystérographie) reste l’examen de référence pour l’évaluation de la perméabilité des trompes utérines. Elle est réalisée devant toute infertilité de plus de 12 ou 18 mois.

Procréation Médicalement Assistée (PMA)

Dans le cadre des procédures de PMA (procréation médicalement assistée) qui augmentent en France en raison notamment de la montée des infertilités masculines, l’échographie a toute sa place.

Techniques de PMA

  • Insémination Artificielle (IA) : Une Insémination Artificielle (IA) consiste à déposer une fraction de spermatozoïdes préalablement préparée dans l’utérus à condition que l’une des deux trompes, au moins, soit perméable.

  • Fécondation In Vitro (FIV) : La Fécondation In Vitro (FIV) consiste à reproduire au laboratoire la rencontre de l’ovocyte et du spermatozoïde en dehors de l’organisme (donc in vitro). A l’issue de la tentative, un ou deux embryons seront transférés dans la cavité utérine.

    • FIV « classique » : Chaque ovocyte est mis en présence d’un nombre suffisant de spermatozoïdes mobiles avant d’être placés dans un incubateur à 37°C. Le spermatozoïde doit lui-même franchir la membrane ovocytaire pour que la fécondation se produise.

    • FIV - ICSI : Les ovocytes sont d’abord débarrassés des cellules qui les entourent (corona radiata). Un seul spermatozoïde est injecté directement dans chaque ovocyte.

    • FIV - IMSI : La FIV - IMSI correspond à une évolution de la technique d’ICSI permettant l’injection d’un spermatozoïde préalablement choisi à très fort grossissement (x6000).

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