Les douleurs pelviennes représentent un motif de consultation fréquent, en particulier chez les femmes, mais elles peuvent également affecter les hommes. Il est important de comprendre que la région pelvienne est un carrefour anatomique complexe, impliquant non seulement l'utérus, les ovaires et les trompes de Fallope chez la femme, mais aussi la vessie, le rectum, une riche innervation et un réseau musculaire et ligamentaire dense.
Qu'est-ce qu'une Douleur Pelvienne ?
Une douleur pelvienne est une gêne localisée dans la partie inférieure de l’abdomen, entre l’ombilic et le périnée. Ce syndrome douloureux se caractérise par des spasmes ou des crampes dans le bas-ventre. On distingue deux types principaux de douleurs pelviennes :
- La douleur pelvienne aiguë : Elle survient brutalement et est souvent intense. Les symptômes peuvent toucher la vessie, les voies urinaires, l’utérus ou le système digestif, rendant le diagnostic difficile. Ils peuvent être le signe d'une urgence médicale nécessitant une intervention chirurgicale.
- La douleur pelvienne chronique : Lorsqu’elle persiste au-delà de 6 mois, cette douleur devient chronique et peut altérer la santé et la qualité de vie, notamment chez les femmes. Elle peut être continue.
Causes de la Contraction Pelvienne sans Grossesse
De nombreuses pathologies, bénignes ou graves, peuvent être sources de douleurs dans cette région du pelvis, d’où un diagnostic souvent difficile pour le médecin. En dehors de la grossesse, certaines douleurs peuvent être liées aux cycles menstruels ou à une maladie plus spécifique, comme l’endométriose, par exemple. Les douleurs pelviennes peuvent aussi avoir lieu pendant les rapports sexuels.
Causes Gynécologiques
- Endométriose : C’est une maladie caractérisée par la présence de tissu similaire à l’endomètre en dehors de l'utérus. C’est l’une des premières causes de douleurs pelviennes chroniques chez les femmes en âge de procréer. Ces lésions réagissent aux hormones du cycle menstruel, provoquant une inflammation et des crampes menstruelles (dysménorrhée) souvent très intenses. Cette pathologie gynécologique affecte environ 10 % des femmes en activité génitale.
- Kystes ovariens : Ils peuvent provoquer des douleurs, surtout s'ils se rompent ou se tordent (torsion annexielle), ou les fibromes utérins.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Il provoque des troubles de l’ovulation et peut s’accompagner de douleurs pelviennes.
- Maladies inflammatoires pelviennes (MIP) : Elles sont caractérisées par une infection des organes reproducteurs (utérus, trompes de Fallope, ovaires), souvent suite à une infection sexuellement transmissible (IST).
- Fibromes utérins, polypes utérins : En dehors des règles, ils peuvent être le signe de plusieurs diagnostics possibles.
- Douleurs au moment des règles (dysménorrhées) : Les douleurs du bas ventre en début de grossesse normale sont fréquentes. Ces douleurs peuvent êtres en rapport avec des contractions utérines, des douleurs musculaire ou ligamentaires.
Causes Digestives
- Syndrome du côlon irritable (SCI) : C'est un trouble fonctionnel qui se manifeste par des douleurs abdominales, des ballonnements et des modifications du transit (diarrhée/constipation).
- Maladies inflammatoires de l'intestin (MII) : Maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique.
- Constipation chronique : L’appendicite.
Causes Musculo-Squelettiques et Neurologiques
- Tensions ou dysfonctionnements des muscles du plancher pelvien : La contracture des muscles du plancher pelvien comprime les veines, les artères et les nerfs, provoquant ainsi une souffrance et fragilité des tissus pelviens.
- Syndrome du canal d’Alcock ou névralgie pudendale : Une compression du nerf pudendal dans la fossette ischiorectale ou au niveau du ligament sacroépineux causant des douleurs au niveau du périnée et des organes génitaux.
- Contracture du plancher pelvien : La plupart des personnes ignorent l’existence et le fonctionnement de ce réseau musculaire dont la commande est physiologiquement involontaire.
Autres Causes
- Syndrome de congestion pelvienne : Un trouble rare et encore incompris touchant la femme pré-ménopausée. Très mal diagnostiqué et souvent confondu avec l’endométriose, ce syndrome entraîne des douleurs pelviennes chroniques aggravées, entre autres, lors des rapports sexuels, des menstruations, de la grossesse et par la position assise prolongée. Il cause un désordre de la circulation veineuse pelvienne (du bassin) responsable de douleurs chroniques et de l’apparition de varices au niveau des jambes et du périnée. Il se caractérise par une douleur intermittente ou constante d’au moins 3 mois dans l’abdomen ou dans le bassin qui n’est pas limitée au cycle menstruel et peut être accentué lors des rapports sexuels.
- Infection génitale aiguë (ou salpingite) : Il s'agit d'une infection, le plus souvent bactérienne, d'une ou des trompes et/ou de l'utérus. Ces infections sont le plus souvent sexuellement transmissibles et nécessitent une prise en charge spécialisée urgente. Votre gynécologue doit vérifier l'absence de complication (abcès au niveau de l'une des trompes, extension de l'infection au reste de l'organisme) puis vous proposer un traitement par antibiotiques voire une cœlioscopie si les symptômes ne disparaissent pas rapidement sous traitement.
- Bartholinite : Il existe au niveau des petites lèvres, des glandes qui sécrètent du liquide lubrifiant et qui peuvent se boucher. Lorsque l'une d'elles se bouche, apparaît alors une tuméfaction (sorte de « boule » ou kyste) qui peut être très douloureuse (il s'agit dans ces cas le plus souvent d'une bartholinite). Cette inflammation nécessite, dans la plus part des cas, un traitement médical par antibiotique et anti-inflammatoires voire en cas de persistance d’une incision de la glande, pour évacuer le liquide (sous anesthésie générale).
- Vulvite : Il peut s’agir d’une irritation liée à une mycose ou à une infection bactérienne, mais il peut s’agir également de petits bouton (ou ulcérations) d’origine herpétique (Herpes génital).
- Mycose vulvo-vaginale : Une infection liée à la présence de champignons (Candida albicans étant le plus fréquent) au niveau de la vulve et/ou du vagin. Cette infection est facilement traitée, à condition de la reconnaitre mais peut être source de récidives.
Symptômes Associés
Les symptômes peuvent varier considérablement en fonction de la cause sous-jacente. Voici quelques symptômes couramment associés aux douleurs pelviennes :
- Douleurs dans le bas-ventre, dans la région lombaire ou fessière.
- Douleurs intermittentes ou permanentes pouvant toucher un seul ou les deux cotés.
- Douleurs augmentées lors de positions statiques prolongées (assis ou debout).
- Douleurs pouvant être accentuées en période pré-menstruelle et lors des règles (mais pas nécessairement) et lors/ou suite à des rapports sexuels.
- Douleurs associées à des sensations de lourdeurs et des pesanteurs surtout en fin de journée.
- Varices sur la face interne et postérieure du haut des cuisses et des fesses.
- Envies fréquentes et pressantes d’uriner.
- Ballonnements abdominaux.
- Hémorroïdes.
- Jambes lourdes comme fatiguées et gonflées souvent le soir.
- Douleurs chroniques constantes.
- Douleur lancinante, lourdeur, aggravée par la station debout.
Syndrome de Congestion Pelvienne : Facteurs de Risque et Symptômes
Le syndrome congestif pelvien est associé à plusieurs facteurs de risque comme :
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- Les grossesses multiples.
- La présence de troubles veineux familiaux.
- Les dérèglements hormonaux.
- Le syndrome des ovaires polykystiques, etc.
Ce syndrome peut entraîner des symptômes divers et d’intensité variable présent depuis plus de 6 mois.
Diagnostic
Le diagnostic du syndrome de congestion pelvienne se fait généralement suite à la visualisation d’un reflux veineux et de varices pelviennes lors d’examens complémentaires utilisant l’imagerie médicale (échographie, IRM ou angioscanner…) et en l’associant à la présence des symptômes évocateurs.
Traitements et Solutions
Le traitement de la douleur pelvienne dépend de la cause sous-jacente. Les experts recommandent d'améliorer la prise en charge en adoptant des modèles de soins multidisciplinaires (combinant physiothérapie et psychologie avec les spécialités médicales) et en orientant les soins vers un objectif de meilleure qualité de vie malgré la chronicité de la douleur, plutôt que la guérison totale.
Conseils Généraux
Pour limiter les symptômes et gênes liées au syndrome de congestion pelvienne, il existe des conseils simples faciles à mettre en place :
- Parlez-en à votre gynécologue : Il est en première ligne pour vous aider à lutter contre ce syndrome.
- Adaptez votre alimentation : Bien qu’il n’y ait pour le moment pas d’études démontrant son impact, de nombreuses femmes sont soulagées lors qu’elles limitent (voire éliminent) les aliments pouvant favoriser les inflammations comme le gluten, le lactose ou l’excès de sucres rapides. A contrario, il est conseillé de privilégier les aliments ayant un rôle anti-inflammatoire comme le curcuma et certains poissons.
- Limitez les positions statiques prolongées ainsi que le port de vêtements trop serrés qui ont tendance à accentuer les douleurs et symptômes.
- Portez des bas de contentions si les varices touchent les membres inférieurs afin de limiter leur évolution.
- Pratiquez une activité sportive : Le sport a un rôle protecteur pour le corps et permet, entre autres, de mieux réguler son système endocrinien. Préférez le yoga, la natation ou la marche mais n’importe quel sport fera l’affaire s’il est pratiqué avec plaisir!
- Chouchoutez votre couple : Faites vous accompagner par un psychologue ou un sexologue si le syndrome congestif pelvien influe trop sur votre vie de couple.
- Consultez un ostéopathe, acupuncteur, sophrologue… en complément du parcours médical. Ces spécialistes peuvent être formés à la prise en charge de cette maladie et vous aider à soulager ou mieux vivre ses conséquences. L’ostéopathe, par exemple, vous aidera à lutter contre la douleur en assouplissant les muscles du dos et du bassin, en libérant les organes du petit bassin de leurs adhérences pour faciliter un meilleur retour veineux et en vous aidant à retrouver une « bonne posture » afin d’éviter les douleurs liées aux compensations du corps.
Exercices Adaptés au Syndrome de Congestion Pelvienne
La prise en charge du syndrome de congestion pelvienne est basée sur plusieurs outils thérapeutiques définis par le médecin. Les médicaments (antalgiques, traitements des douleurs neuropathiques et des hémorroïdes…) pour soulager les douleurs peut être associée à la kinésithérapie et l’ostéopathie. Enfin, l’opération chirurgicale (stent veineux et embolisation) peut être proposée si les autres méthodes sont inefficaces et que les symptômes perdurent.
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Ce programme d’exercice est basé sur 3 principes :
- Des positions pour faciliter le retour veineux et lutter contrer le reflux sanguin responsable du syndrome congestif pelvien.
- Des étirements pour « assouplir » les muscles et redonner de la mobilité au bassin et aux membres inférieurs ainsi qu’à leur réseau veineux.
- Des manoeuvres de respirations qui, en stimulant la pompe diaphragmatique, favorisent indirectement le drainage lymphatique en cas de jambes lourdes.
Avant de débuter…
Pratiquez-les quotidiennement sur une durée de 1 à 3 mois selon votre douleur. Pour adapter le protocole ou pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter votre praticien de santé. Ecoutez-vous, ne forcez pas et en cas de douleurs, stoppez les exercices pour demander conseil à votre ostéopathe.
Les exercices ci-dessous sont réalisables par tous, à l’exception des personnes ayant des douleurs pouvant s’aggraver ou de contre-indications médicales.
Exercices
- On dénoue son ventre : Debout, pieds écartés à largeur d’épaule, genoux légèrement fléchis. Placer une main sur l’autre, paumes vers le haut, sous l’abdomen au niveau du pubis. Elles sont légèrement enfoncées comme pour soutenir le ventre. Inspirer profondément en gonflant le ventre. Expirer et remonter les mains vers le nombril pour soulever les viscères et dénouer les tensions présentes dans les tissus qui font la liaison entre ces organes. Maintenir la position pendant l’inspiration. Remonter de nouveau les viscères, encore plus haut, à l’expiration suivante. Recommencer une dernière fois puis relâcher en douceur. Répétitions : Durée : 3 respirations. Relâchement : 30 secondes. Répétitions : 2. Cet exercice, contre-indiqué lors d’une grossesse ou en présence d’un stérilet, doit être réalisé doucement et sans douleurs. Bienfaits : Libère les adhérences mécaniques des organes digestifs et du petit bassin (ovaires, utérus, etc.) pour faciliter le retour veineux.
- On étire ses psoas : Se mettre en position de fente en posant un genou à terre. Les mains posées sur le genou, incliner le corps vers l’avant jusqu’à sentir un étirement dans le pli de l’aine. Une fois la position maximale obtenue, tourner lentement les épaules et le bassin du côté de la jambe avant. Maintenir la position pendant 45 secondes. Veiller à garder le dos bien droit pendant l’exercice. Répétitions : Durée : 45 secondes, relâchement : 20 sec, répétitions : 3. Bienfaits : Étire le muscle psoas, situé au bas du dos et qui peut participer aux douleurs lombaires secondaires au syndrome de congestion pelvienne.
- On facilite son retour veineux : Allongé sur le dos, les fesses collées contre un mur. Tendre les jambes sur le mur. Chercher à monter les pieds le plus haut possible sans décoller le bassin. Une fois en position, mettre une main sur son ventre et, à chaque inspiration, gonfler le ventre comme pour pousser la main vers le plafond. A l’expiration, dégonfler le ventre. La respiration doit être ample et profonde. Continuer pendant 5 minutes. Consignes : 5 minutes de respiration abdominale. Bienfaits : Cet exercice permet d’améliorer le retour sanguin et d’étirer les muscles à l’arrière des cuisses pour soulager les tensions s’exerçant sur le bassin et le réseau veineux. En plus, il aide à diminuer son stress…
- On soulage son bassin : Allongé sur le dos, les fesses proches d’un mur. Fléchir une jambe et poser le pied sur le mur en gardant le genou à 90° (si nécessaire, écarter les fesses du mur) Plier l’autre jambe et poser la cheville sur le haut de la cuisse. Vos deux jambes doivent être le plus perpendiculaires possibles. Augmenter la mise en tension en poussant le genou de la jambe étirée avec la main comme pour l’approcher du mur jusqu’à sentir une tension dans la fesse. Maintenir la position Consignes : 3 séries de 45 secondes d’étirement. Profiter de cet exercice pour continuer la respiration abdominale en gonflant le ventre à l’inspiration et en le dégonflant à l’expiration. Bienfaits : Cet exercice étire les muscles fessiers et redonne ainsi de la mobilité au bassin et à son réseau veineux pour soulager le syndrome de congestion pelvienne.
- On détend ses cuisses : Allongé sur le dos, les fesses contre un mur. Fléchir les genoux et poser les pieds contre le mur, l’un face à l’autre. Ecarter progressivement les genoux comme pour les éloigner, sans décoller les pieds. Une fois la position maximale atteinte, pousser doucement avec les mains pour majorer légèrement le mouvement. Maintenir la position pendant 45 secondes. Consignes : 3 séries de 45 secondes d’étirement. Profiter de cet exercice pour continuer la respiration abdominale en gonflant le ventre à l’inspiration et en le dégonflant à l’expiration. Bienfaits : Etire les muscles adducteurs situés à l’intérieur des cuisses et redonne ainsi de la mobilité au bassin et à son réseau veineux pour soulager le syndrome de congestion pelvienne.
- On tourne les hanches : Allongé sur le dos, fléchir les genoux en les pointant vers le plafond. Placer les mains sur chaque genou et réaliser des mouvements de rotation de chaque jambe en augmentant progressivement leur amplitude. Contrôler les mouvements à l’aide des mains et laisser complètement tomber les cuisses lors de l’exercice. Consignes : C’est parti pour 3 minutes de mobilisation des hanches. Le but de l’exercice est d’imaginer ses jambes inertes pour relâcher au maximum la tension dans les membres inférieurs et faciliter le mouvement. Bienfaits : Cet exercice vise à améliorer la mobilité des hanches et à détendre les muscles du bassin pour soulager les douleurs consécutives au syndrome de congestion pelvienne et faciliter le retour veineux.
- On relâche ses tensions : Allongé sur le dos, bras écartés avec les mains à plat sur le sol, paumes vers le plafond. Les genoux légèrement fléchis, pieds à plat, inspirer en gonflant le ventre. Lors de l’expiration, abaisser progressivement les jambes d’un côté du corps à la vitesse d’une feuille qui tombe de l’arbre et tourner lentement la tête du côté opposé. Revenir à la position de départ à l’inspiration. Recommencer de l’autre coté Répétitions : Durée : 5 cycles respiratoires (inspirations + expirations). La mise en position ne doit pas être douloureuse. Bienfaits : L’expiration entraîne une détente musculaire qui relâche les contractures des muscles du dos créées par la douleur et permet de soulager les tensions et douleurs musculaires réflexes souvent présentes lors du syndrome de congestion pelvienne. Cet exercice redonne aussi de la mobilité à la région lombaire et à son réseau veineux.
Vaginisme et Dyspareunie
Deux sous-problématiques fréquentes de la contracture pelvienne : vaginisme et dyspareunie. Le vaginisme et la dyspareunie sont caractérisées par une forte contracture de la musculature péri-vaginale rendant la pénétration difficile voire impossible.
Quand Consulter ?
Si des symptômes tels que des vertiges, de la fièvre, des vomissements ou nausées, ou encore d’importants saignements vaginaux sont associés aux douleurs pelviennes, une visite aux urgences gynécologiques s’impose.
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