L'infection urinaire est une pathologie fréquente, particulièrement chez les femmes, et sa survenue est accrue après l'accouchement. Comprendre les causes, les symptômes et les traitements de cette infection est essentiel pour une prise en charge rapide et efficace.
Vulnérabilité accrue après l'accouchement
L'après-accouchement est une période de vulnérabilité accrue pour les femmes. En effet, les bouleversements hormonaux et physiques liés à la grossesse et à l'accouchement rendent le corps plus susceptible aux infections, notamment urinaires. Il est donc important de comprendre les causes spécifiques de ces infections après la naissance de bébé.
Causes des infections urinaires après l'accouchement
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la fréquence des infections urinaires après l'accouchement :
Modifications hormonales : Durant la grossesse, l’augmentation du taux de progestérone provoque le relâchement des muscles, y compris celui de la vessie, ce qui peut entraver une vidange complète de la vessie. Une vessie distendue a du mal à se vider complètement, ce qui favorise l'accumulation de bactéries dans l'urine stagnante.
Pression sur la vessie : En cas de grossesse, l’utérus qui se développe exerce une pression sur la vessie, ce qui provoque des envies d’uriner plus fréquentes.
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Traumatisme de l'accouchement : Le passage du bébé peut comprimer l'urètre (le canal qui conduit l'urine vers la sortie) ou l'irriter. L'utilisation d'une sonde urinaire pendant l'accouchement peut également être une source d'irritation et augmenter le risque d'infection.
Faiblesse du plancher pelvien : Un accouchement peut parfois avoir des conséquences sur le périnée. Le plancher pelvien englobe différents muscles et tissus, qui se situent à la base du bassin. Au cours de la grossesse, le bébé grandit et grossit au fil des mois. Le plancher pelvien peut alors être affaibli par cette pression. Des troubles urinaires peuvent alors survenir, en particulier durant les premiers jours après l’accouchement.
Présence de bactéries : Dans 95% des cas, l’infection urinaire est due à une contamination bactérienne des voies urinaires. Son origine provient dans 90% des cas de la bactérie Escherichia coli (E. coli). En cas d’infection urinaire, la bactérie franchit la région anale et s’introduit par l’urètre.
Symptômes des infections urinaires après l'accouchement
Les symptômes d'une infection urinaire après l'accouchement peuvent varier d'une femme à l'autre, mais les plus courants sont les suivants :
- Sensation de brûlure à la miction.
- Besoin pressant et fréquent d’uriner.
- Douleurs dans le bas-ventre.
- Difficultés à uriner et l’impression de ne pas vider entièrement sa vessie.
- Envie permanente d’uriner.
- Élimination de quelques gouttes d’urine seulement.
- Urines malodorantes et troubles (avec parfois des traces de sang).
- Sensation de pesanteur ou de poids dans le bas du ventre, des douleurs dans le bas du dos ou le bas du ventre.
- Fièvre, des frissons et des nausées (dans les cas plus sévères).
Il est important de noter que certaines femmes peuvent ne présenter aucun symptôme, même en cas d'infection urinaire. C'est pourquoi des tests d'urine sont souvent réalisés de façon régulière après l'accouchement, notamment en cas de facteurs de risque.
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Diagnostic des infections urinaires après l'accouchement
Le diagnostic d'une infection urinaire repose sur l'analyse d'urine. Le médecin peut réaliser une analyse d’urines à l’aide d’une bandelette urinaire réactive. Cet examen rapide permet de mettre en évidence la présence de leucocytes (globules blancs) et de nitrites dans les urines. Dans certains cas, le médecin peut prescrire une analyse d’urines plus complète pour identifier la bactérie (ou l’autre micro-organisme) responsable de l’infection. L’ECBU (Examen cytobactériologique urinaire) est réalisé en laboratoire.
Traitement des infections urinaires après l'accouchement
Le traitement des infections urinaires après l'accouchement repose principalement sur l'antibiothérapie. Le médecin prescrira un antibiotique adapté à la situation de la patiente, en tenant compte de ses antécédents médicaux, de ses allergies éventuelles et de son statut d'allaitement. Sur consultation du soignant qui nous suit en post-partum, médecin généraliste, gynécologue ou sage-femme, on peut aussi recourir à un antibiotique, qui n’est pas incompatible avec l’allaitement.
Dès les premiers signes de cystite, il est recommandé à la femme enceinte de boire beaucoup d’eau. Cela permet d’uriner et de vider sa vessie régulièrement, pour éliminer progressivement les bactéries responsables de son inflammation (et pour éviter qu’elles ne remontent dans les reins).
Il est essentiel de suivre scrupuleusement les instructions du médecin et de prendre l'antibiotique pendant toute la durée prescrite, même si les symptômes disparaissent rapidement. L'arrêt prématuré du traitement peut entraîner une rechute de l'infection et favoriser l'apparition de résistances aux antibiotiques.
Prévention des infections urinaires après l'accouchement
Plusieurs mesures simples peuvent aider à prévenir les infections urinaires après l'accouchement :
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Boire beaucoup d'eau : Il est recommandé de s’hydrater tout au long de la journée et de boire au moins un litre et demi d’eau par jour.
Ne pas se retenir d'uriner : Allez aux toilettes quand vous en avez envie ! La vessie doit être vidée régulièrement (et complètement), pour éviter la prolifération des bactéries et autres agents pathogènes.
Adopter une bonne hygiène intime : Après être allée à la selle, s’essuyer de l’avant vers l’arrière afin d’éviter de propager les bactéries de la région anale vers l’urètre.
Éviter les douches vaginales et les produits d'hygiène intime irritants.
Si l’infection urinaire survient juste après les rapports, c’est un phénomène assez fréquent car des germes peuvent se déposer sur l’urètre et remonter jusqu’à la vessie. Penser à uriner après les rapports sexuels pour éliminer les bactéries.
Complications possibles
Si elle n’est pas traitée, l’infection de la vessie (cystite) peut remonter le long de l’uretère (de la vessie jusqu’au rein), et être à l’origine d’une atteinte infectieuse rénale plus grave (pyélonéphrite). La pyélonéphrite aiguë est le plus souvent liée à la progression d’une infection urinaire « basse » (vessie et urètre) vers les reins. Une infection urinaire peut aussi être responsable d’un travail et d'un accouchement prématuré, ou engendrer un retard de croissance chez le fœtus (avec des bébés de petit poids à la naissance). Il arrive parfois que le bébé soit infecté : en cas d’infection urinaire chez la mère, des analyses sont systématiquement effectuées à la naissance, et un traitement adapté mis en place.
Rééducation périnéale
Des troubles urinaires peuvent survenir après une grossesse. Un accouchement peut parfois avoir des conséquences sur le périnée. En post-partum, il est donc possible de souffrir de troubles urinaires. Le plancher pelvien agit notamment comme un rempart contre les problèmes d’incontinence. Différents facteurs peuvent donc parfois mettre le périnée en difficulté. Au retour de la maternité, la maman peut également présenter une vessie hyperactive, qui se caractérise par une envie soudaine et incontrôlable d’uriner. Le but de la rééducation périnéale est d’apprendre à connaître son périnée tout en sollicitant les muscles, afin qu’ils retrouvent leur tonicité et leur élasticité. Le nombre de séances va dépendre de la maman, de la connaissance de son corps et de ses antécédents. Les approches du Pilate et du yoga sont également très intéressantes pour comprendre le fonctionnement du périnée.
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