La pneumonie, une infection respiratoire aiguë touchant les tissus pulmonaires, est une préoccupation majeure en pédiatrie. Bien qu'elle soit souvent associée aux personnes âgées, elle demeure la maladie infectieuse la plus meurtrière pour les enfants à l'échelle mondiale. Cet article vise à informer les parents et les soignants sur les causes, les symptômes et les traitements de la pneumonie chez les nourrissons et les jeunes enfants.
Qu'est-ce que la pneumonie ?
La pneumonie, ou pneumopathie, est une infection des poumons causée par un microbe, qu'il s'agisse d'un virus ou d'une bactérie. Le terme "pneumopathie" est plus large et désigne toute infection des poumons, tandis que la pneumonie est une forme spécifique causée par un agent pathogène identifiable.
Causes de la pneumonie chez les nourrissons
Chez les enfants, la pneumonie est le plus souvent virale, mais elle peut aussi être bactérienne. En France, les pneumonies bactériennes, principalement causées par le pneumocoque, sont plus fréquentes chez les enfants. Ces infections se déclenchent souvent après un simple rhume. Les pneumonies virales sont principalement dues au virus syncytial respiratoire (VRS) ou au virus de la grippe (influenza), ce dernier étant considéré comme l'un des plus dangereux en raison du risque de surinfection bactérienne. D'autres agents pathogènes, tels que l'hæmophilus influenzae (moins fréquent grâce à la vaccination obligatoire) et le streptocoque, peuvent également être en cause. Dans de rares cas, un champignon microscopique appelé Pneumocystis jirovec peut être impliqué.
Il existe également une forme de pneumopathie liée à la varicelle, mais elle ne se développe que chez les adultes : la pneumopathie varicelleuse.
Une centaine d’enfants souffrent de pneumopathie interstitielle en France. L’origine de la pneumopathie interstitielle est souvent génétique, parfois environnementale. En cas de pneumopathie interstitielle, c’est la fine couche liquide recouvrant les alvéoles des poumons qui est atteinte. En temps normal, cette dernière agit comme un bouclier en protégeant les poumons contre les bactéries et les virus. Quant au tissu très mince qui entoure et soutient les alvéoles, l’interstitium, il s’épaissit et complique le passage de l’oxygène des alvéoles au sang.
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Il est important de noter que ce ne sont pas les pneumonies elles-mêmes qui sont contagieuses, mais les virus ou les bactéries qui les provoquent. Les formes virales sont particulièrement contagieuses, car elles se propagent facilement par les gouttelettes de salive et les mucosités émises lors de la toux et des éternuements.
Facteurs de risque
Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'infections respiratoires chez les enfants, notamment :
- Le tabagisme passif (dès la grossesse) : il est responsable d'une augmentation des cas d'asthme et d'une aggravation de l'asthme chez l'enfant exposé.
- La pollution de l'air.
Symptômes de la pneumonie chez les nourrissons
Les symptômes de la pneumonie peuvent varier en fonction de la cause (virale ou bactérienne) et de l'âge de l'enfant. Il est important de consulter un pédiatre ou un médecin traitant dès l'apparition des premiers signes. Les symptômes courants incluent :
- Toux (qui peut persister pendant plus d'un mois)
- Fièvre
- Respiration rapide ou difficile
- Tirage (creusement du thorax lors de la respiration)
- Comportement inhabituel (fatigue accrue, gémissements)
- Diminution de l'appétit (refus de boire ou de manger)
Les formes virales peuvent provoquer des symptômes supplémentaires variés, selon le virus en cause.
Diagnostic de la pneumonie
Le diagnostic de la pneumonie chez le jeune enfant repose sur un examen clinique approfondi. Le médecin prendra en compte les symptômes, écoutera attentivement la respiration de l'enfant et pourra prescrire une radiographie thoracique. En cas d'infection virale ou parasitaire, les deux poumons présenteront des opacités sur la radio, tandis que dans le cas d'une forme bactérienne, un seul lobe sera opaque. Une radiographie pulmonaire sera prescrite afin de vérifier qu’il n’y a plus de foyer pulmonaire et si c’est le cas, un contrôle sera de nouveau demandé 3 semaines plus tard.
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Traitement de la pneumonie
Le traitement de la pneumonie dépend de sa cause et de la gravité de l'infection. Il est essentiel de suivre les recommandations du médecin et de surveiller attentivement l'évolution des symptômes.
- Pneumonie bactérienne : Le traitement repose sur l'administration d'antibiotiques.
- Pneumonie virale : Le traitement vise à soulager les symptômes et à soutenir les fonctions vitales. Des antiviraux spécifiques peuvent être utilisés dans certains cas.
- Traitement symptomatique : Il comprend le repos, l'hydratation, la lutte contre la fièvre (avec du paracétamol) et, si nécessaire, l'administration d'oxygène.
Dans certains cas, une hospitalisation peut être nécessaire, notamment pour les nourrissons de moins de 3 mois, les bébés à risque (immunodéprimés ou présentant un problème cardiaque) ou en cas de complications. Dans tous les cas, il est important de lutter contre la fièvre de bébé à l’aide de paracétamol par exemple qui vous sera prescrit par votre médecin traitant ou votre pédiatre.
La pneumonie disparaît normalement en 10-12 jours en moyenne. Une radiographie thoracique de contrôle est normalement effectuée pour s’assurer que bébé est bien guéri.
Si la fièvre perdure sur plusieurs jours, si les difficultés respiratoires empirent, ou si apparaissent d’autres signes d’infection (nuque raide, articulations rouges et gonflées, vomissements…), il est impératif de consulter à nouveau.
Prévention de la pneumonie
Bien que les traitements soient de nos jours très efficaces, il est préférable de prévenir la pneumonie chez les nourrissons. Voici quelques mesures préventives :
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- Vaccination : Le vaccin antipneumococcique est recommandé pour les nourrissons avant l'âge d'un an.
- Hygiène : Se laver fréquemment les mains, limiter les contacts avec les personnes malades et éviter de partager les couverts et les verres.
- Éviter le tabagisme passif : Ne pas fumer en présence d'enfants et éviter de les exposer à la fumée de cigarette.
- Allaitement maternel : Il renforce le système immunitaire du nourrisson.
Bronchiolite : une infection respiratoire fréquente chez les nourrissons
Chaque hiver en France, la bronchiolite touche environ un tiers des nourrissons de moins de deux ans. Il s'agit d'une infection virale très contagieuse des bronchioles, les petites bronches qui amènent l'air au fond des poumons. La bronchiolite commence comme une simple rhinopharyngite, avec une légère fièvre, un nez qui coule et une toux sèche. Le nourrisson présente ensuite une respiration rapide entrecoupée de pauses, notamment pendant les repas. Il est agité, boit de moins en moins et repousse ses biberons. Ses bronches sont encombrées par des sécrétions qu’il n’arrive pas à évacuer. Parfois, on peut entendre des sifflements respiratoires.
Le traitement de la bronchiolite du nourrisson consiste essentiellement à traiter les symptômes :
- Laver le nez avec du sérum physiologique ou un mouche-bébé afin de les désencombrer.
- Veiller à faire baisser la fièvre si elle est mal tolérée.
Infections respiratoires chez l'enfant : signes d'alerte
L'enfant et le nourrisson peuvent présenter des infections respiratoires, plus fréquemment que les adultes car leur système immunitaire n’est pas encore mature. De plus, le développement de leur appareil respiratoire est incomplet et ne sera achevé qu’à partir de l’âge de 7 ans. Les infections, qui favorisent l'inflammation et la sécrétion de mucus, se manifestent par des difficultés respiratoires parfois spectaculaires.
Il existe plusieurs signes d’alerte d’une infection respiratoire chez l’enfant. Consultez un médecin si vous observez que :
- Le bébé a un comportement inhabituel, il est plus fatigué que d’habitude, geint de façon intermittente lorsque sa respiration est plus rapide.
- Sa fréquence respiratoire est augmentée : cela creuse son thorax (le tirage).
- Il boit moins bien : 3 repas consécutifs avec moins de 50 % des apports habituels (le bébé a du mal à manger car respirer lui demande trop d’effort).
Lorsque l’enfant présente une fièvre plus ou moins bien tolérée, une tachypnée (respiration très rapide) et des signes de lutte respiratoire, un examen de l’enfant par le médecin est primordial.
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