L'infection placentaire après l'accouchement, également connue sous le nom de chorioamniotite post-partum, est une complication grave qui peut survenir après un accouchement par voie vaginale ou par césarienne. Cette infection affecte le placenta et/ou le liquide amniotique et nécessite une attention médicale rapide.
Comprendre la chorioamniotite
Pour comprendre ce qu'est une chorioamniotite, il est utile de décomposer le mot. Le terme "chorio" dérive du grec ancien et fait référence au placenta, tandis que "amnios" fait référence à l'enveloppe fœtale. Le suffixe "-ite" indique une inflammation et, dans ce cas, une infection. Ainsi, la chorioamniotite désigne une inflammation et une infection du placenta et/ou du liquide amniotique.
La chorioamniotite clinique, c'est-à-dire symptomatique, est relativement rare pendant la grossesse. Le plus souvent, elle est diagnostiquée pendant ou après l'accouchement, ou lors d'une échographie de contrôle révélant le décès du fœtus in utero.
Causes de l'infection placentaire post-partum
La chorioamniotite post-partum est généralement causée par une infection ascendante, c'est-à-dire que les bactéries pénètrent dans l'utérus par le vagin ou la sphère digestive. Plusieurs facteurs peuvent augmenter le risque d'infection, notamment :
- Rupture prolongée des membranes: Une rupture prématurée des membranes (perte des eaux avant le début du travail) peut permettre aux bactéries de pénétrer dans l'utérus plus facilement.
- Travail prolongé: Un travail prolongé peut également augmenter le risque d'infection, car il donne aux bactéries plus de temps pour se multiplier et envahir l'utérus.
- Touchers vaginaux répétés: Des touchers vaginaux répétés pendant le travail peuvent introduire des germes pathogènes dans la sphère vaginale, en particulier en cas de rupture prématurée des membranes.
- Infections bactériennes ou virales préexistantes: Les patientes porteuses d'infections bactériennes ou virales connues, telles que le streptocoque B, ont un risque accru de développer une chorioamniotite.
- Voie ascendante ou transcervicale: L'infection peut être due à des agents bactériens, les germes prédominants étant ceux de la flore vaginale ou digestive (E. coli, streptocoque B, etc.).
Dans de rares cas, l'infection peut survenir par voie hématogène, c'est-à-dire par la circulation sanguine, par exemple à la suite d'une otite ou d'une infection par la bactérie Listeria monocytogenes, responsable de la listériose.
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Symptômes de l'infection placentaire post-partum
Les symptômes de la chorioamniotite post-partum peuvent varier, mais ils comprennent généralement :
- Fièvre: Une température supérieure à 38 °C dans les deux semaines suivant l'accouchement n'est pas normale.
- Douleurs abdominales: Des douleurs dans le bas-ventre, ressemblant à des contractions utérines de travail, peuvent survenir dans les semaines suivant l'accouchement.
- Lochies malodorantes: Les lochies (saignements après l'accouchement) peuvent avoir une odeur fétide.
- Tachycardie: Une fréquence cardiaque rapide peut être un signe d'infection.
- Sensibilité utérine: L'utérus peut être sensible au toucher.
- Retard d'involution utérine : L'utérus peut être peu involué, globuleux et sa mobilisation peut être douloureuse.
Il est important de noter que certains de ces symptômes peuvent également être associés à d'autres conditions post-partum, il est donc essentiel de consulter un médecin pour un diagnostic précis.
Diagnostic de l'infection placentaire post-partum
Le diagnostic de la chorioamniotite post-partum repose généralement sur une combinaison d'examen clinique, d'antécédents médicaux et de tests de laboratoire. Les tests suivants peuvent être effectués :
- Examen physique: Le médecin effectuera un examen physique pour évaluer les symptômes et rechercher des signes d'infection.
- Analyses sanguines: Des analyses sanguines, telles qu'une numération formule sanguine (NFS), peuvent révéler une augmentation du nombre de globules blancs, ce qui indique une infection. Une CRP (protéine C-réactive) peut également être prescrite.
- Culture des lochies: Un échantillon des lochies peut être prélevé et envoyé à un laboratoire pour identifier les bactéries responsables de l'infection.
- Échographie pelvienne: Une échographie pelvienne peut être effectuée pour rechercher une rétention placentaire dans l'utérus.
Traitement de l'infection placentaire post-partum
Le traitement de la chorioamniotite post-partum implique généralement l'administration d'antibiotiques par voie intraveineuse. Les antibiotiques à large spectre, tels que l'amoxicilline-acide clavulanique, sont souvent utilisés pour lutter contre un large éventail de bactéries. Le traitement antibiotique est généralement administré pendant 5 à 10 jours.
Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour retirer les tissus placentaires retenus dans l'utérus. Cela peut être fait par curetage ou par hystéroscopie.
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Complications potentielles de l'infection placentaire post-partum
Si elle n'est pas traitée rapidement, la chorioamniotite post-partum peut entraîner de graves complications, tant pour la mère que pour le nouveau-né. Les complications potentielles pour la mère comprennent :
- Endométrite: Inflammation de la muqueuse utérine.
- Pelvipéritonite: Infection de la cavité pelvienne.
- Septicémie: Infection généralisée du sang.
- Hystérectomie: Ablation chirurgicale de l'utérus (dans les cas graves).
Les complications potentielles pour le nouveau-né comprennent :
- Infection néonatale: L'infection peut se propager au nouveau-né, entraînant une pneumonie, une méningite ou une septicémie.
- Prématurité: La chorioamniotite peut entraîner un accouchement prématuré, avec toutes les conséquences associées à la prématurité.
- Décès: Dans de rares cas, la chorioamniotite peut entraîner le décès du nouveau-né.
Prévention de l'infection placentaire post-partum
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir la chorioamniotite post-partum, certaines mesures peuvent être prises pour réduire le risque d'infection, notamment :
- Bonne hygiène: Une bonne hygiène personnelle, y compris le lavage fréquent des mains, peut aider à prévenir la propagation des bactéries.
- Éviter les touchers vaginaux inutiles: Éviter les touchers vaginaux inutiles pendant le travail peut réduire le risque d'introduction de bactéries dans l'utérus.
- Traitement des infections préexistantes: Le traitement rapide des infections bactériennes ou virales préexistantes peut aider à prévenir la propagation de l'infection à l'utérus.
- Dépistage du streptocoque B: Un dépistage du streptocoque B est effectué pendant la grossesse pour identifier les femmes porteuses de cette bactérie. Les femmes porteuses de streptocoque B reçoivent des antibiotiques pendant le travail pour prévenir la transmission de l'infection au nouveau-né.
Autres complications post-partum à surveiller
Outre la chorioamniotite, il existe d'autres complications post-partum dont les femmes doivent être conscientes :
- Hémorragie post-partum retardée: Des saignements abondants après l'accouchement peuvent être le signe d'une rétention placentaire ou d'autres complications.
- Infections urinaires: Les infections urinaires sont fréquentes après l'accouchement, en particulier après une césarienne.
- Dépression post-partum: La dépression post-partum est une affection courante qui peut affecter les femmes après l'accouchement.
- Complications liées à l'allaitement: Les femmes qui allaitent peuvent rencontrer des problèmes tels que des douleurs aux mamelons, un engorgement mammaire ou une mastite.
Il est important de consulter un médecin si vous présentez des symptômes inquiétants après l'accouchement.
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