La fausse couche est une épreuve difficile, mais fréquente, qui touche de nombreuses femmes. Bien qu'elle soit souvent entourée de silence, il est essentiel d'en parler et de comprendre les causes possibles, les risques associés et les moyens de se faire accompagner. Cet article vise à explorer le lien entre infection et fausse couche, en abordant les différents types d'infections, leurs mécanismes d'action et les mesures de prévention possibles.

Qu'est-ce qu'une fausse couche ? Définition et fréquence

On parle de fausse couche lorsque la grossesse s'arrête spontanément avant la 24e semaine d'aménorrhée (soit cinq mois de grossesse). Il s'agit d'un événement relativement fréquent, puisqu'une grossesse sur 5 se termine par une fausse couche précoce (avant 12 semaines). Selon une étude récente, une femme sur quatre fera au moins une fausse couche au cours de sa vie. En 2022, une grossesse sur 4 se soldait par une fausse couche dans les 22 premières semaines d’aménorrhée (environ 5 mois sans règles). Le site Améli estime que ce pourcentage serait plutôt de 15% de fausses couches. 200 000 françaises vivraient cette épreuve de deuil périnatal chaque année.

Les fausses couches sont plus fréquentes en début de grossesse, lors des trois premiers mois. Elles peuvent être précoces (avant 5 mois de grossesse) ou tardives (après 5 mois de grossesse). Il est important de noter que le terme "fausse couche naturelle" est utilisé lorsqu'une grossesse s'arrête précocement et spontanément avant 14 semaines d'aménorrhée, ce qui correspond à une fausse couche survenant avant 12 semaines de grossesse, soit environ 3 mois de grossesse. Une fausse couche tardive correspond, quant à elle, à l’expulsion spontanée d’une grossesse entre 14 semaines d’aménorrhée et 22 semaines d’aménorrhée. « Le terme de 22 semaines d’aménorrhée a été fixé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme la limite à partir de laquelle le fœtus est considéré comme viable.

Les causes possibles d'une fausse couche

Les causes d'une fausse couche sont multiples et parfois difficiles à identifier. Parmi les causes les plus fréquentes, on retrouve :

  • Les anomalies chromosomiques : Elles sont à l’origine de près de 50 à 70 % des fausses couches précoces. Elles concernent principalement des anomalies dans le nombre ou la structure des chromosomes de l’embryon, souvent dues à une erreur lors de la fécondation. La trisomie 16, incompatible avec la vie, est l’une des anomalies les plus fréquentes observées lors de fausses couches précoces.
  • Les problèmes hormonaux : Le bon déroulement de la grossesse dépend d’un équilibre hormonal précis. Un déficit en progestérone ou des troubles de la thyroïde peuvent favoriser une fausse couche précoce.
  • Les anomalies utérines : Certaines anomalies de l’utérus, comme les polypes, les fibromes ou les malformations congénitales, peuvent gêner la bonne implantation ou le développement de l’embryon. Ces anomalies peuvent être diagnostiquées par échographie, IRM ou hystéroscopie.
  • Les infections : Certaines infections peuvent provoquer des fausses couches, notamment au cours du premier trimestre.
  • Les problèmes immunitaires : Sur le plan immunitaire, des anomalies dans la reconnaissance de l’embryon par le système immunitaire maternel peuvent également jouer un rôle. Le syndrome des antiphospholipides, une maladie auto-immune, est connu pour favoriser les fausses couches à répétition.
  • L'âge de la mère : Le risque de fausse couche augmente avec l’âge de la femme. En effet, plus une femme avance en âge, plus ses ovocytes risquent d’être porteurs d’un déséquilibre chromosomique. A ce titre, on enregistre 10 % de fausses couches chez les femmes de moins de 30 ans et plus de 20% entre 35 et 39 ans.
  • L'environnement : L’environnement peut aussi favoriser une fausse couche. En effet, une infection sévère avec fièvre ou la toxoplasmose, le cytomégalovirus (CMV) et la listériose augmentent le risque d'arrêt de grossesse. L’environnement, bien sûr, peut être facteur de risque, comme le tabac, l’alcool, les perturbateurs endocriniens ou la consommation excessive de café.

Dans environ 30 % des cas, aucune cause identifiable de fausse couche n’est mise en évidence, même après un bilan complet.

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Le rôle des infections dans les fausses couches

Les infections peuvent jouer un rôle important dans la survenue des fausses couches, en particulier au cours du premier trimestre de la grossesse. Certaines infections peuvent traverser le placenta et infecter le fœtus, entraînant des anomalies de développement ou la mort fœtale. D'autres infections peuvent provoquer une inflammation de l'utérus, perturbant l'implantation de l'embryon ou entraînant son expulsion.

Parmi les infections les plus souvent associées aux fausses couches, on retrouve :

  • La toxoplasmose : Cette infection parasitaire est transmise par le contact avec des excréments de chat contaminés ou par la consommation de viande crue ou mal cuite.
  • La rubéole : Cette infection virale est transmissible par l'air. La contamination du fœtus entraîne d'importants risques de malformations congénitales, en particulier si elle survient au cours des premiers mois de grossesse (avant la 18e semaine d'aménorrhée).
  • La listériose : Cette infection bactérienne est transmise par la consommation d'aliments contaminés, tels que les fromages au lait cru, la charcuterie ou les produits de la mer crus.
  • Le cytomégalovirus (CMV) : Le cytomégalovirus (CMV) est une infection virale très contagieuse mais assez peu fréquente qui se transmet par contact avec les sécrétions d'une personne malade.
  • Les infections vaginales : Les infections vaginales, bien que souvent considérées comme des problèmes de santé mineurs, peuvent avoir des conséquences graves, en particulier lorsqu'elles surviennent pendant la grossesse. L'une des complications les plus redoutées est la fausse couche, un événement tragique qui peut être déclenché par divers facteurs, y compris les infections. Parmi celles-ci, une en particulier est associée à un risque accru de fausse couche : la vaginose bactérienne (VB). La vaginose bactérienne est une affection courante mais souvent sous-estimée, caractérisée par un déséquilibre de la flore vaginale. Cette perturbation peut non seulement entraîner des symptômes inconfortables pour la femme enceinte, mais également augmenter le risque de complications obstétriques, notamment la fausse couche.
  • Les infections urinaires : Oui, une infection urinaire non traitée peut augmenter le risque de complications pendant la grossesse, y compris le risque de fausse couche. L'infection urinaire pendant la grossesse est une préoccupation importante car elle peut potentiellement entraîner une infection plus grave des reins (pyélonéphrite), ce qui peut avoir des conséquences néfastes pour la santé de la mère et du fœtus, y compris un risque accru de fausse couche, de naissance prématurée et de faible poids à la naissance.

Il est important de noter que certaines infections peuvent être asymptomatiques, ce qui rend leur diagnostic difficile. C'est pourquoi il est essentiel de réaliser un bilan prénatal complet en début de grossesse, afin de dépister et de traiter les éventuelles infections.

Les différents types d'infections vaginales et leur impact sur la grossesse

Les infections vaginales peuvent être causées par différents agents pathogènes et organismes, chacun ayant ses propres caractéristiques et symptômes. Voici quelques-uns des principaux types d'infections vaginales :

  • Vaginose bactérienne (VB) : Il s'agit d'une infection caractérisée par un déséquilibre de la flore vaginale, où les bactéries normalement présentes dans le vagin sont remplacées par d'autres bactéries, telles que Gardnerella vaginalis. Cela peut entraîner une augmentation du pH vaginal et des symptômes tels que des pertes malodorantes et une irritation.
  • Candidose vaginale : Également connue sous le nom de candidose, cette infection est causée par la prolifération excessive du champignon Candida albicans dans le vagin. Les symptômes comprennent des démangeaisons, des brûlures, des pertes épaisses et blanches ressemblant à du fromage cottage.
  • Trichomonase : Causée par le parasite Trichomonas vaginalis, cette infection sexuellement transmissible peut provoquer des pertes vaginales verdâtres ou jaunâtres malodorantes, des démangeaisons, des brûlures et des douleurs pendant les rapports sexuels et en urinant.
  • Vaginite à levures non albicans : En plus de Candida albicans, d'autres espèces de levures peuvent également provoquer des infections vaginales, bien que moins fréquemment. Ces infections peuvent présenter des symptômes similaires à la candidose vaginale.
  • Infections bactériennes spécifiques : Outre la vaginose bactérienne, d'autres infections bactériennes spécifiques peuvent également survenir dans le vagin, souvent en raison de déséquilibres de la flore normale ou de l'introduction de bactéries pathogènes. Ces infections peuvent avoir des symptômes variés, notamment des pertes, des démangeaisons, des brûlures et des douleurs.

Il est important de noter que certains symptômes peuvent se chevaucher entre ces différentes infections, et seul votre gynécologue peut poser un diagnostic précis à l'aide d'examens cliniques et de tests de laboratoire appropriés.

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Plusieurs infections vaginales peuvent augmenter le risque de fausse couche chez les femmes enceintes. La vaginose bactérienne (VB) est l'une des principales infections associées à ce risque. Elle est caractérisée par un déséquilibre de la flore vaginale, favorisant la croissance de bactéries pathogènes telles que Gardnerella vaginalis. La présence de cette infection peut entraîner une inflammation et une perturbation du milieu vaginal, pouvant compromettre le développement du fœtus et déclencher une fausse couche. De même, d'autres infections telles que la trichomonase et les infections bactériennes spécifiques peuvent également contribuer aux complications obstétricales, soulignant ainsi l'importance cruciale de dépister et de traiter efficacement les infections vaginales chez les femmes enceintes pour prévenir les conséquences néfastes pour la santé maternelle et fœtale.

Infections urinaires et risque de fausse couche

Une infection urinaire non traitée peut augmenter le risque de complications pendant la grossesse, y compris le risque de fausse couche. L'infection urinaire pendant la grossesse est une préoccupation importante car elle peut potentiellement entraîner une infection plus grave des reins (pyélonéphrite), ce qui peut avoir des conséquences néfastes pour la santé de la mère et du fœtus, y compris un risque accru de fausse couche, de naissance prématurée et de faible poids à la naissance.

Dans 95% des cas, l’infection urinaire est due à une contamination bactérienne des voies urinaires. Parmi les différentes pathologies liées à la grossesse, la cystite est fréquente. Son origine provient dans 90% des cas de la bactérie Escherichia coli (E. coli). En cas d’infection urinaire, la bactérie franchit la région anale et s’introduit par l’urètre. Sa présence empêche l’évacuation complète de l’urine. En cas de grossesse, l’utérus qui se développe exerce une pression sur la vessie qui provoque des envies d’uriner plus fréquentes. De plus, l’augmentation du taux de progestérone peut entraver une vidange complète de la vessie.

Dans certains cas, il est possible que vous ne ressentiez aucun symptômes alors même que vous avez une infection urinaire. C’est pour cela que des tests d’urine sont mis en place de façon régulière durant la grossesse. En cas d’apparition des symptômes ou si vous avez le moindre doute d’avoir une infection urinaire au cours de votre grossesse, prévenez immédiatement le professionnel chargé de votre suivi. A noter : la présence de fièvre indique une infection urinaire plus sévère. Grâce aux tests d’urine réguliers, les cystites sont généralement soignées à temps. Mais dans de rares cas, l’infection bactérienne se propage. La contamination remonte jusque dans les reins et se transforme en pyélonéphrite. Les cystites lorsqu’elles sont prises en charge à temps s’avèrent bénignes pour le futur bébé. En cas de pyélonéphrite, une hospitalisation de quelques jours est nécessaire.

Peut-on faire une infection après une fausse couche ?

Oui, une infection peut survenir à la suite d'une fausse couche, bien que cela soit rare. Dans la grande majorité des cas, les infections après les fausses couches sont d'origine bactérienne.

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Lors des fausses couches très précoces, les choses se font naturellement : le fœtus et le placenta sont évacués par les voies naturelles. Lorsque la grossesse est encore plus avancée ou après échec de la méthode précédente, il peut s'avérer nécessaire de procéder à un curetage de l'utérus. Dans un premier temps, il s'agit de dilater le col de l'utérus. Dans tous les cas, si des fragments de fœtus ou de placenta demeurent dans la cavité utérine, ils peuvent favoriser le développement d'une infection, même si cela demeure rare.

« A la suite d’une fausse couche, un contrôle par échographie pelvienne, voire par hystéroscopie diagnostique, est réalisé pour s’assurer de l’évacuation complète de la fausse couche », explique le gynécologue.

Si une infection se produit suite à la fausse-couche, les symptômes seront les suivants : de la fièvre et des écoulements vaginaux nauséabonds. Un traitement antibiotique sera nécessaire.

Après une fausse couche, il est recommandé d’attendre 2 semaines après une fausse couche pour éviter les infections et pour favoriser la cicatrisation de l’utérus et du col. Ce délai permet de diminuer les complications après une fausse couche.

Diagnostic et prise en charge des infections pendant la grossesse

Le diagnostic des infections pendant la grossesse repose sur différents examens, tels que :

  • Les analyses d'urine : Elles permettent de dépister les infections urinaires. Un dépistage par analyse d'urine est systématiquement pratiqué à partir du quatrième mois de grossesse.
  • Les prélèvements vaginaux : Ils permettent de diagnostiquer les infections vaginales. Les infections vaginales sont quant à elles diagnostiquées par prélèvement vaginal.
  • Les sérologies : Elles permettent de détecter la présence d'anticorps contre certaines infections, comme la toxoplasmose, la rubéole ou le CMV. Dans le cadre du bilan prénatal du 1er trimestre, une sérologie est systématiquement pratiquée en début de grossesse pour vérifier si la femme enceinte présente une immunité contre la rubéole.
  • L'échographie : Elle permet de visualiser le développement du fœtus et de détecter d'éventuelles anomalies.

La prise en charge des infections pendant la grossesse dépend du type d'infection et de son stade de développement. Elle peut inclure :

  • La prescription d'antibiotiques : Ils sont utilisés pour traiter les infections bactériennes, telles que les infections urinaires ou la listériose.
  • La prescription d'antifongiques : Ils sont utilisés pour traiter les infections fongiques, telles que la candidose vaginale.
  • La prescription d'antiviraux : Ils sont utilisés pour traiter les infections virales, telles que l'herpès génital. Un traitement de la femme enceinte par médicaments antiviraux est souvent mis en place.
  • La vaccination : La vaccination contre la rubéole est recommandée avant la grossesse pour les femmes non immunisées.

Prévention des infections pendant la grossesse

La prévention des infections pendant la grossesse est essentielle pour réduire le risque de fausse couche et d'autres complications. Voici quelques mesures simples à adopter :

  • Adopter une hygiène rigoureuse : Se laver régulièrement les mains, en particulier après avoir manipulé des aliments crus ou être allé aux toilettes.
  • Éviter les aliments à risque : Éviter la consommation de viande crue ou mal cuite, de fromages au lait cru, de charcuterie et de produits de la mer crus.
  • Faire attention aux contacts avec les animaux : Éviter le contact avec les excréments de chat et se laver les mains après avoir caressé un animal.
  • Se protéger contre les infections sexuellement transmissibles (IST) : Utiliser des préservatifs lors des rapports sexuels et se faire dépister régulièrement.
  • Consulter régulièrement son médecin : Effectuer un suivi prénatal régulier et signaler tout symptôme inhabituel.
  • Mesures hygiéno-diététiques : Des mesures hygiéno-diététiques sont recommandées pour éviter la listeria.

Soutien émotionnel après une fausse couche

La fausse couche, bien que fréquente, n’est jamais anodine sur le plan émotionnel. C'est un événement traumatisant, car il s’agit d’un deuil (le deuil périnatal) qui a des conséquences physiques (douleurs) mais aussi psychologiques pour la femme qui le vit. Connaître les causes possibles - chromosomiques, hormonales, utérines, infectieuses ou environnementales - peut aider à mieux comprendre ce qui s’est passé et à envisager l’avenir avec plus de sérénité.

Il est essentiel de prendre soin de soi après une fausse couche, tant sur le plan physique que psychologique. Il est recommandé de :

  • Se reposer : Le corps a besoin de temps pour récupérer après une fausse couche.
  • Parler de ses émotions : Exprimer sa tristesse, sa colère ou sa frustration à un proche, un professionnel de santé ou un groupe de soutien.
  • Se faire accompagner : Un suivi psychologique peut être bénéfique pour surmonter le deuil périnatal. Depuis janvier 2024, vous avez droit à un arrêt maladie sans jour de carence pour arrêt naturel de grossesse et un suivi psychologique remboursé (Mon parcours Psy). Si vous voulez offrir un cadeau après une fausse couche, optez pour des cadeaux de care : kinésiologie, naturopathie, massages, accompagnement au deuil périnatal du Club d’Après, produits de soins.
  • Prendre le temps de faire son deuil : Chaque femme vit le deuil périnatal à sa manière. Il est important de ne pas se précipiter et de se donner le temps nécessaire pour accepter la perte.

Il est important de rappeler aux femmes que la fausse couche est un événement fréquent. Dans la grande majorité des cas, un arrêt de grossesse n’aura aucune conséquence physique. Avec une prise en charge adaptée, le risque d’infection est limité. Heureusement, la fausse couche reste, dans la plupart des cas, un événement accidentel dans la vie de la femme. Celle-ci n’aura aucune influence sur la vie reproductive ultérieure. La très grande majorité des femmes ayant fait une fausse couche n'auront pas de difficultés à tomber de nouveau enceintes et à mener une grossesse à terme.

Si une fausse couche unique n’a aucune influence sur le succès des grossesses futures, l’existence de deux fausses couches successives (avec le même père) semble augmenter le risque d’en développer une nouvelle. Après deux à trois fausses couches consécutives, un bilan est généralement proposé.

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