La hernie discale est une condition courante qui peut susciter des inquiétudes chez les femmes enceintes, en particulier en ce qui concerne l'accouchement. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur les risques potentiels et les options disponibles pour un accouchement sûr en présence d'une hernie discale.

Comprendre la hernie discale

La hernie discale lombaire, notamment au niveau L5-S1 (entre la cinquième vertèbre lombaire et la première vertèbre sacrée), est une source de préoccupation pour de nombreuses femmes enceintes. Elles craignent une aggravation de leurs douleurs pendant la grossesse et lors de l'accouchement. Il est important de comprendre que, contrairement aux idées reçues, l'accouchement lui-même n'aggrave généralement pas une hernie discale existante.

Diagnostic et localisation

Il est crucial de distinguer la hernie discale d'autres affections pouvant causer des douleurs similaires. Certaines patientes peuvent découvrir, après consultation, qu'elles ont en réalité deux hernies discales, par exemple, une sur la L4 et L5 et l'autre sur la L5 et S1. Les infiltrations peuvent être une première approche thérapeutique, et l'intervention chirurgicale est envisagée si ces dernières ne suffisent pas.

Grossesse et hernie discale : Ce qu'il faut savoir

Vivre une grossesse avec une hernie discale L5-S1 ne doit pas être source d'anxiété excessive. Avec une bonne communication avec votre équipe médicale et quelques adaptations, vous pouvez accoucher en toute sécurité sans aggraver votre condition dorsale.

Impact de la grossesse

La grossesse en elle-même n'aggrave généralement pas de manière définitive une hernie discale existante. Cependant, il est essentiel de prendre des précautions et de consulter rapidement en cas de douleurs pendant la grossesse pour trouver des solutions adaptées. Des séances de kinésithérapie ou d'ostéopathie peuvent vous soulager efficacement.

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Communication avec l'équipe médicale

Vous devez prévenir le médecin qui vous assiste pendant l'accouchement de cette hernie discale, ainsi que l'anesthésiste si vous faites une péridurale. Vous devez également demander à votre traumatologue s'il y a des précautions particulières à prendre ou des choses à éviter pendant votre grossesse et durant l'accouchement.

Options d'accouchement avec une hernie discale

Dans la majorité des cas, l'accouchement par voie basse est tout à fait possible avec une hernie discale. Votre état de dos ne constitue pas en soi une indication de césarienne.

Accouchement par voie basse

Les positions adoptées lors du travail et de l'expulsion sont adaptables selon vos besoins et votre confort. Les positions sur le côté ou en position semi-assise sont généralement plus confortables car elles réduisent la pression sur le bas du dos. Il est conseillé d'éviter les positions qui vous obligent à courber excessivement le dos.

La péridurale : une option à considérer

La présence d'une hernie discale n'empêche pas la pose d'une péridurale, mais elle nécessite une vigilance particulière de la part de l'anesthésiste. L'anesthésiste évaluera votre situation et déterminera la meilleure approche. Dans la plupart des cas, la péridurale reste tout à fait possible. L'anesthésiste choisira avec précaution le point d'insertion de l'aiguille pour éviter la zone affectée par la hernie.

Il est important de noter que la consultation d'anesthésie est obligatoire pour toutes les patientes qui accouchent dans certaines maternités. La péridurale est une technique d'anesthésie qui sert à soulager la douleur provoquée par les contractions. Elle consiste à mettre en place un cathéter (petit tuyau très fin) dans l'espace péridural situé au niveau de la colonne vertébrale lombaire. Les produits anesthésiques, appelés "anesthésiques locaux", sont administrés par ce cathéter.

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La sage-femme vous conseillera le meilleur moment pour la pose de la péridurale. Une évaluation de l'avancement du travail est nécessaire avant de la poser, mais il n'y a pas de seuil minimal de dilatation à atteindre pour y avoir accès. Le positionnement du cathéter péridural peut entraîner une sensation désagréable mais fugace, à type de décharge électrique.

L'injection d'une seule dose d'anesthésiques dans le cathéter dure environ 45 à 70 minutes. Quelle que soit la méthode, l'analgésie péridurale est modulable en intensité et en durée au cours du travail et peut être "transformée" en analgésie plus forte ("anesthésie") si une césarienne devient nécessaire.

La péridurale est contre-indiquée en cas de fièvre élevée, d'infection locale sévère du bas du dos (acné, herpès…), et surtout en cas de troubles de la coagulation sanguine. Vous pouvez ressentir un malaise passager dû à une diminution de la tension artérielle. Des maux de dos peuvent exister, mais ne sont pas forcément dus à la péridurale (effort pendant l'accouchement, modification de la statique vertébrale, mauvaise position sur la table…). Les produits utilisés pour la péridurale sont sans danger pour le bébé. La péridurale agit seulement sur la conduction nerveuse de la maman. Le bébé ne reçoit que des doses infimes non toxiques. La seule condition est que la tension artérielle de la maman reste normale. Même avec une péridurale correctement posée, le soulagement peut être incomplet ou latéralisé (c'est-à-dire un côté analgésié et l'autre non).

Césarienne : quand est-elle nécessaire ?

La hernie discale n'est pas une indication médicale de césarienne programmée. Cette décision ne serait envisagée que s'il existe d'autres complications obstétricales ou si votre état de santé général le nécessite.

Conseils et exercices pour soulager le dos pendant la grossesse

Plusieurs exercices et adaptations peuvent aider à soulager les douleurs dorsales pendant la grossesse.

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Exercices recommandés

La natation, le yoga prénatal et les exercices de renforcement du périnée et des abdominaux profonds sont excellents pour soulager le dos pendant la grossesse.

Conseils supplémentaires

  • Repos et hydratation: Pour soulager la douleur, il faut souvent du repos, mais pas un repos strict au lit. Évitez de rester assis ou allongé pendant de longues périodes. Évitez les positions et les gestes douloureux. La marche est une activité physique non traumatisante et efficace pour soulager le mal de dos. La déshydratation étant un facteur de risque de la hernie discale, il faut s'assurer d'être suffisamment hydraté.
  • Hydratation nocturne: Classiquement, les disques se réhydratent pendant la nuit avec l'eau que vous avez consommée. L'idéal sera donc de s'assurer de boire de l'eau tout au long de la journée et d'essayer de dormir le plus possible la nuit suivante.
  • Éviter les diurétiques: Évitez le café et le thé qui contiennent de la caféine, ayant un effet diurétique susceptible de vous déshydrater.
  • Application de chaleur: Appliquez du chaud sur le bas du dos au réveil pour réchauffer les muscles et diminuer la tension musculaire.
  • Exercices spécifiques: Il existe également des exercices spécifiques pour soulager la douleur sciatique.

Algoradiologie interventionnelle : une option pour la gestion de la douleur

La radiologie ne sert pas seulement à produire des images médicales figées. Elle peut aussi être utilisée pour guider en temps réel les interventions qui nécessitent de cibler très précisément une partie donnée du corps. On parle alors d'« algoradiologie interventionnelle ».

Qu'est-ce que l'algoradiologie interventionnelle ?

L'algoradiologie interventionnelle consiste à utiliser les outils de radiologie (scanner, échographie, caméra à rayons X, parfois associés) pour visualiser et guider en temps réel les instruments permettant de réaliser un traitement. La précision ainsi obtenue permet d'atteindre avec certitude l'objectif choisi, tout en offrant une sécurité maximale.

Applications de l'algoradiologie interventionnelle

Ce type d'approche peut être employé par exemple pour réaliser une infiltration, geste consistant à injecter un produit à un endroit précis du corps. Il peut s'agir de traiter une douleur tendineuse chez un jeune patient sportif, une douleur nerveuse liée à une hernie discale ou une douleur liée à une métastase d'un cancer.

L'algoradiologie peut aussi être employée en cas de douleur de type sciatique ou cruralgie. Ce type d'affection, lié à une compression nerveuse (le plus souvent par une hernie discale), se règle majoritairement soit par la prise de médicaments, soit par infiltrations afin de traiter l'inflammation du nerf qui est la cause essentielle de la douleur. Dans une minorité de cas, la décompression du nerf par action sur la hernie discale peut être nécessaire. La radiologie interventionnelle offre alors la possibilité de traiter certaines hernies sous anesthésie locale, via une petite incision, en introduisant une aiguille spéciale dans la hernie : il s'agit de la herniectomie percutanée.

Importance de la consultation préalable

Afin de déterminer si une procédure apparaît pertinente, le radiologue interventionnel reçoit les patients en consultation. Cet échange est l'occasion d'écouter la plainte douloureuse, et d'analyser les imageries réalisées au préalable. Il permet à l'expert d'effectuer une « corrélation radio-clinique », autrement dit de confronter ce que lui indique le patient concernant sa douleur avec les « anomalies » vues en imagerie.

Techniques utilisées

L'algoradiologue interventionnel dispose d'un panel de techniques plus ou moins complexes. Celles-ci sont mises en œuvre majoritairement sous anesthésie locale (injection du produit anesthésiant sous la peau). Toutefois dans certains cas, une anesthésie partielle (« sédations ») ou une anesthésie générale peuvent être nécessaires.

Pour les douleurs articulaires et tendineuses, le traitement passe généralement par le recours aux infiltrations. Cette approche consiste à injecter un produit aux propriétés anti-inflammatoires (souvent des corticoïdes) directement dans l'articulation, le tendon ou le nerf concerné. Les infiltrations peuvent aussi être utilisées pour délivrer des produits anesthésiques, afin de tester si une structure est en cause dans la plainte douloureuse. Parfois, des concentrés plaquettaires (provenant d'une prise de sang réalisée pendant l'infiltration) sont également employés, afin de favoriser la cicatrisation.

Au-delà de cette stratégie qui consiste à traiter directement la structure anatomique en cause, il est aussi possible d'agir sur les voies de la douleur, c'est-à-dire sur les fibres nerveuses qui conduisent l'information douloureuse jusqu'au cerveau, afin de la bloquer. À cet effet, les fibres nerveuses peuvent être « endormies » en appliquant du chaud (neurolyse par thermocoagulation) ou du froid (cryoneurolyse : application de températures très basses, de l'ordre de -70 °C, sur les fibres nerveuses).

Limites de l'algoradiologie interventionnelle

Les techniques d'algoradiologie interventionnelle sont adaptées lorsqu'une structure anatomique précise peut être mise en cause et traitée de manière sécurisée. Malheureusement, les causes des douleurs sont extrêmement variées, et même si les connaissances progressent, il n'est absolument pas possible de toutes les expliquer. Une consultation en médecine de la douleur est alors nécessaire, afin d'avoir une vision globale de la situation et d'apprécier si une approche technique peut être pertinente.

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