Vous vous sentez fatiguée et avez le teint pâle pendant votre grossesse ? Vous souffrez peut-être d'anémie. Bien que l'anémie soit fréquente chez les femmes enceintes, elle ne doit pas être ignorée. Quelles sont les causes et les risques de l'anémie ? Quel impact une carence en fer peut-elle avoir sur votre santé et celle de votre bébé ? Prévention, symptômes, traitement, nous vous expliquons tout ce qui se passe dans votre corps pendant la grossesse.

L'anémie, qu'est-ce que c'est ?

L'anémie se définit par une diminution du nombre de globules rouges dans le sang. Ces globules rouges sont constitués d'hémoglobine, une protéine composée de fer qui donne au sang sa couleur rouge. La diminution des globules rouges dans le sang entraîne une carence en fer, qui peut affecter la santé de la femme enceinte et du fœtus.

Au cours de la grossesse, le volume sanguin et les besoins en fer augmentent chez la femme enceinte. En effet, le fœtus grandit et puise dans les ressources de la mère. Les besoins en fer chez la femme enceinte peuvent augmenter de 5 à 10 mg par jour en fin de grossesse.

Bon à savoir : L'anémie n'est pas uniquement due à une carence en fer. Elle peut également être due à une carence en vitamines B9 (acide folique) ou B12. Dans le cas d'une carence en fer, on parle d'anémie ferriprive.

On considère qu'une femme enceinte souffre d'anémie lorsque son taux d'hémoglobine est inférieur à 105 g/l dès le deuxième trimestre. En dehors de la grossesse, on parle d'anémie lorsque le taux d'hémoglobine est inférieur à 120 g/l.

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Pourquoi le fer est-il important pendant la grossesse ?

L'hémoglobine joue un rôle essentiel dans l'organisme : transporter l'oxygène vers les organes. Pendant la grossesse, ces apports ne concernent plus seulement la femme enceinte, mais aussi le fœtus. Le fer est non seulement essentiel au bon fonctionnement de l'organisme de la femme enceinte, mais il est également indispensable à la croissance du fœtus. In utero, bébé puise dans les réserves de fer de sa mère pour constituer un stock en prévision de la naissance. L'enfant pourra ensuite constituer ses propres réserves lorsqu'il commencera la diversification alimentaire et aura une alimentation plus variée.

De plus, l'accouchement entraîne d'importantes pertes de sang, et donc de fer. Il est donc important d'anticiper cette perte pendant la grossesse, notamment grâce à une supplémentation en fer.

Pour compenser les pertes de sang dues à l'accouchement, une transfusion sanguine peut être nécessaire pour la mère après la naissance, surtout si elle a souffert d'anémie pendant sa grossesse.

Les causes de l'anémie pendant la grossesse

Différentes causes peuvent expliquer une anémie pendant la grossesse :

  • Apports en fer trop faibles dans l'alimentation (par exemple, en cas d'alimentation végétarienne ou végétalienne). Jusqu'à 40 % des femmes en âge de procréer ont un taux de ferritine sérique inférieur à 30 g/l, ce qui traduit l'effondrement de leurs réserves en fer.
  • Grossesse multiple.
  • Grossesses rapprochées (la mère n'a pas eu le temps de reconstituer ses réserves de fer depuis son dernier accouchement).
  • Mauvaise absorption du fer par l'organisme.
  • Carences en acide folique ou en vitamine B12. Environ 0,5 à 1,5 % des femmes enceintes présentent une carence en vitamine B9.
  • Pathologies sous-jacentes comme les maladies chroniques.
  • L'anémie inflammatoire apparaît lorsque la production de globules rouges est trop faible.

La carence martiale de la femme enceinte est multifactorielle. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 25,5 % des femmes en âge de procréer sont carencées en fer. Elles ont donc des réserves insuffisantes dès le début de la grossesse. Par ailleurs, les besoins en fer augmentent tout au long de la grossesse (multiplication par 2 à 3) pour la synthèse de l'hémoglobine (en lien avec l'augmentation de la masse des globules rouges) mais aussi pour la croissance fœtale, le développement placentaire et pour l'accouchement du fait de la perte de sang lors d'un accouchement physiologique par voie basse. En post-partum, la lactation nécessite aussi un apport supplémentaire de 1 mg de fer par jour.

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Grossesse : quels sont les symptômes de l'anémie pour la femme ?

Même s'il arrive que la femme enceinte ne ressente aucun symptôme particulier, le plus souvent, elle peut souffrir de :

  • Fatigue intense, physique et mentale.
  • Vertiges, voire des évanouissements.
  • Nausées.
  • Maux de tête.
  • Sensation de faiblesse.
  • Accélération et irrégularité du rythme cardiaque.
  • Risque d'anémie sévère.
  • Manque d'oxygène pour son organisme.
  • Pâleur de la peau et des muqueuses.
  • Essoufflement, même lors d'efforts légers.
  • Irritabilité accrue.
  • Bourdonnements d'oreille.
  • Troubles de l'humeur.
  • Perte d'appétit et de poids.

Les symptômes de l’anémie, légers au début, s’aggravent à mesure que le taux de globules rouges chute.

Les conséquences d'un manque de fer pour le fœtus

Une carence en fer pendant la grossesse peut avoir des répercussions sur la santé de la future mère, mais aussi sur celle du bébé. En cas d'anémie, l'organisme de la femme enceinte peut avoir des difficultés à transporter suffisamment de sang vers le fœtus et l'utérus. Les risques pour le bébé sont :

  • Anémie dès la naissance.
  • Naissance prématurée.
  • Faible poids à la naissance.
  • Retard de croissance intra-utérin.
  • Faible oxygénation des organes vitaux.
  • Mort fœtale.

Au cours de la grossesse et lors de l’accouchement, l’anémie augmente le risque de morbidité maternelle (physique et psychique). Elle majore le risque d’accouchement par césarienne, d’infection intra-utérine, d’hémorragie du post-partum et de transfusion en péripartum. Les conséquences physiques et psychiques péjoratives de l’anémie pour la mère et l’enfant concernent également la période du post-partum.

Anémie pendant la grossesse : prévention et traitement

Afin de détecter une carence en fer ou en folates, une prise de sang vous sera prescrite chaque mois par votre médecin ou sage-femme. Une supplémentation en fer, vitamines et acide folique vous sera également prescrite dès le dernier trimestre de grossesse, ou plus tôt selon votre état de santé, en prévention ou traitement d'une anémie. Ces compléments alimentaires sont à prendre en dehors des repas, surtout si vous les prenez le matin. Le thé, notamment, contient des tanins qui empêchent la bonne absorption du fer par l'organisme.

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Enfin, veillez à avoir une alimentation variée pendant votre grossesse. Pour stocker suffisamment de fer, tournez-vous vers une alimentation riche en fer : consommez des céréales complètes et des légumes secs, ainsi que de la viande rouge, du boudin noir ou du poisson. Très riche en fer, le poisson peut être consommé deux fois par semaine. Mais attention ! N’oubliez pas de bien le cuire, notamment pour éviter la contamination à la toxoplasmose et à la listériose. Les aliments contenant de l’acide folique ou de la vitamine B12 (légumes verts, jaune d’œuf, lait, fromage…) sont également conseillés pendant la grossesse.

Le médecin peut prescrire un traitement à base de vitamine B12 ou B9 (acide folique). La prise de médicaments peut aussi être envisagée.

En France, le dépistage de l’anémie par un hémogramme réalisé au 6e mois de grossesse (soit entre 25 et 28 SA) est systématique et obligatoire depuis 1992 pour toutes les femmes enceintes. En France, la supplémentation en fer pendant la grossesse n’est pas systématique. Elle n’est préconisée qu’en cas d’anémie microcytaire ou normocytaire, c’est-à-dire lorsque l’hémoglobinémie est inférieure à 11 g/dL. L’efficacité de la prescription est contrôlée par l’évaluation du taux d’hémoglobine un mois après l’initiation du traitement. L’effet attendu est une augmentation de l’hémoglobine de 1 à 2 g/dL.

La prise de fer per os a des effets indésirables gastro-intestinaux bénins tels que douleurs abdominales, constipation, diarrhée, coloration des selles en noir, nausées, conduisant fréquemment à une inobservance du traitement. En cas de mauvaise tolérance digestive, une prise discontinue (un jour sur deux) peut être proposée. L’administration de fer par voie intraveineuse permet une correction plus rapide de l’anémie ferriprive (2 à 3 semaines) par rapport au fer per os, et les effets indésirables sont généralement mineurs. Contrairement à la supplémentation par voie orale, le dosage de la ferritine plasmatique doit être systématique avant l’injection.

En post-partum (jusqu’à 42 jours après l’accouchement), les besoins quotidiens en fer diminuent, mais subsistent des besoins spécifiques dus à la régénération de l’organisme maternel, à l’allaitement et à la fatigue induite par les soins à apporter au nouveau-né. Si l’hémoglobine est comprise entre 8 et 11 g/dL, une supplémentation en fer per os est prescrite, associée à la prise d’acide folique pendant trois mois ; l’efficacité du traitement est contrôlée à un mois par un hémogramme. Si l’hémoglobine est inférieure à 8 g/dL, il faut envisager une cure de fer par voie intraveineuse ou une transfusion, selon la tolérance clinique. Il n’est pas nécessaire de poursuivre la supplémentation en fer per os après une cure de fer par voie intraveineuse.

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