L'accouchement est une expérience unique et personnelle, et la gestion de la douleur est un aspect essentiel de ce processus. Parmi les différentes options disponibles, le gaz hilarant, ou protoxyde d'azote, est une méthode analgésique qui suscite l'intérêt. Cet article explore en détail les avantages et les inconvénients de l'utilisation du gaz hilarant pendant l'accouchement, en s'appuyant sur des informations factuelles et des témoignages.
Qu'est-ce que le Gaz Hilarant ?
Le gaz hilarant est un analgésique composé d'un mélange de protoxyde d'azote (N2O) et d'oxygène. Découvert en 1771, son utilisation pour soulager les douleurs de l'accouchement a commencé en 1934 grâce à l'anglais Minnitt, qui a introduit un appareil permettant son auto-administration par voie respiratoire. Il est très utilisé en Grande-Bretagne et dans les pays nordiques, mais moins connu en France.
Comment Fonctionne le Gaz Hilarant ?
Le protoxyde d'azote agit en neutralisant les transmissions nerveuses au niveau du cerveau, y compris celles liées à la douleur. Pour l'utiliser, la femme doit inhaler le gaz à l'aide d'un masque nasal ou d'un embout buccal. La meilleure façon de l'utiliser est de le positionner sur son nez dès qu'une contraction arrive et d'inhaler tout du long puis de le retirer lorsque la contraction est passée. Cela permet de bien cibler l'effet analgésiant. L'effet du gaz hilarant dure moins d'une minute, et c'est la maman qui décide si elle souhaite en inhaler davantage. Il est intéressant de noter que le gaz hilarant peut être utilisé en complément de la péridurale.
Avantages du Gaz Hilarant
- Soulagement de la douleur : Le gaz hilarant peut être très efficace pour soulager la douleur des contractions pendant l'accouchement. Il permet de réduire la douleur tout en permettant à la maman de rester éveillée.
- Auto-administration : L'auto-administration permet de doser à sa convenance. Ainsi, le gaz hilarant peut apparaître comme une solution intéressante en cas de besoin, que cela soit pour diminuer le ressenti des contractions ou pour se détendre.
- Action rapide : Les gaz analgésiques peuvent être pris au dernier moment et agissent très rapidement. Le délai d'analgésie maximale du N2O est de 50 secondes, la montée de la contraction est de 30 secondes avec une douleur ressentie au bout de 15 secondes, une meilleure efficacité est donc obtenue quand on commence à inhaler une trentaine de secondes avant la prochaine contraction.
- Pas d'effets secondaires majeurs : Le gaz hilarant est considéré comme une méthode sûre pour soulager les douleurs de l'accouchement, car il n’a pas d’effets secondaires ni pour la maman, ni pour le bébé. Les effets secondaires sont généralement mineurs et temporaires.
- Maintien de la conscience : Contrairement à la péridurale, le gaz hilarant n'endort pas une partie du corps. Il permet normalement de réduire la douleur tout en permettant à la maman de rester éveillée.
- Complémentaire à la péridurale : Il est possible d'utiliser le gaz hilarant en complément de la péridurale.
- Alternative à la péridurale : Les gaz analgésiques seraient une bonne alternative à la péridurale. C'est ce qu'affirme la compilation de 26 études portant sur le sujet, diffusée sur la base de données américaine Cochrane. C'est l'inhalation d'oxygène mélangée à des gaz hallogénés ou du protoxyde d'azote qui permettrait de limiter la douleur due à l’accouchement tout en permettant à la maman de rester éveillée et de déglutir normalement.
Inconvénients et Effets Secondaires Possibles
- Efficacité variable : Le principal inconvénient du gaz hilarant est que ses effets et son efficacité sont très variables d’une femme à l’autre. Son efficacité est très variable d’une femme à l’autre (il peut avoir des effets secondaires forts ou ne pas faire effet).
- Effets secondaires potentiels : Certaines femmes ne le tolèrent pas du tout et vont rapidement ressentir des vertiges ou des nausées. Son effet anxiolytique peut également être mal vécu avec une sensation de somnolence (effet “groggy”) ou provoquer des confusions voire une altération de la mémoire. Effets secondaires : somnolence, confusions, étourdissements, nausées ou vomissements. Mais il suffit de l’arrêter pour que les effets secondaires disparaîssent.
- Disponibilité limitée : Enfin, il faut savoir qu’il n’est pas encore disponible dans toutes les maternités. Il nécessite un équipement spécial pour réaliser le mélange et du personnel formé à son utilisation. Il n’est pas disponible partout, renseignez-vous en amont pour savoir si c’est le cas dans votre maternité.
- Gestion intermittente : Il est efficace rapidement mais peu longtemps, il faut l’utiliser de manière intermittente et ce n’est pas super facile à gérer. Il doit donc être respiré à chaque contraction, mais dans l’idéal il faut le respirer environ 30 secondes avant la contraction pour qu’il soit efficace pendant la contraction.
- Contre-indications : L’utilisation du gaz hilarant durant l’accouchement peut être déconseillé dans certains cas. Selon votre dossier médical, on pourrait ne pas vous le proposer. En cas de déficit en vitamine b12 (car cela peut renforcer le risque de carence). Ces contre-indications ont une portée générale et ne sont pas en mesure de déterminer si l’utilisation du gaz hilarant est possible ou non pendant l’accouchement.
Témoignages et Expériences
Les expériences avec le gaz hilarant varient considérablement d'une femme à l'autre. Voici quelques témoignages :
- "Je l’ai eu pour mon premier et très mauvais souvenir. Pour mon troisième je l’ai eu aussi juste avant la phase de désespérance et me concentrer dessus m’a aidé."
- "Moi j’ai accouché avec le gaz et franchement au top, ça soulage pas mal."
- "Ma sage femme me l’a proposé car je réclamais la péridurale, et surtout je n’arrivais pas à entrer dans ma bulle et me détendre entre les contractions. Cela m’a énormément aidé, grâce à ça et aux mots hypnotisants de ma sage femme et de mon mari, je suis allée dans un autre monde et je me détendais parfaitement pendant les contractions. Le début peut paraître étrange car on a l’impression de tomber dans les vapes, mais il faut avoir confiance et se laisser aller ! Chacun réagit très différemment à ce gaz, mais voilà comment moi je l’ai ressenti ! J’étais là sans pouvoir réagir (je ressentais tout, j’entendais tout, etc.."
- "Testé durant 2-3 contractions et c' était l horreur : visage qui picote, oreilles qui bourdonnent, nausées… tout ça avec la douleur des contractions qui reste bel et bien là."
- "Les sages femmes me l’ont proposé en pleine phase de désespérance, personnellement je n’ai absolument pas senti la différence hormis que le fait d’avoir un truc plaqué sur le visage avait tendance à me faire paniquer car j’avais l’impression de ne pas pouvoir respirer comme je voulais."
- "Ça m’a aidé pour la douleur, ça l’a rendue plus supportable."
- "Moi ça m’a vraiment aidé à me détendre. Je suis passée de 5 à dilatation complète en 30 minutes et je reste persuadée que le gaz a aidé ! Je n’aurais pas tenu sans ! J’étais un peu dans les vapes mais je me souviens de tout."
- "Pour l’avoir eu quelques minutes sur le nez au moment de la poussée pour mon 3ème accouchement : je n’ai pas aimé cette sensation, impression d’étouffer, et l’odeur du plastique."
Alternatives à la Péridurale et au Gaz Hilarant
Il existe d’autres moyens de lutter contre la douleur pendant l’accouchement. Certaines reposent sur les techniques de relaxation et de respiration profonde, d’autres sur les principes de l’acupuncture. Quand la péridurale (ou la rachianesthésie) est contre-indiquée, il est possible de pratiquer une anesthésie générale, mais cette solution reste exceptionnelle. L’utilisation de médicaments contre la douleur injectés dans le sang reste également exceptionnelle, du fait des risques sur la mère et sur le fœtus (dépression respiratoire, baisse de la pression sanguine, diminution des contractions, etc.).
Lire aussi: Solutions pour les sensations de brûlure pendant les rapports après la naissance
Voici quelques alternatives non médicamenteuses :
- Techniques de relaxation et de respiration profonde : Basée sur des exercices de respiration et de visualisations pour accompagner les contractions, la sophrologie aide à mieux prendre conscience de son corps, à avoir confiance en soi et à se détendre.
- Acupuncture : Si l’acupuncture atténue les maux de la grossesse - nausées, troubles du sommeil, etc. - elle est également une alternative intéressante à la péridurale pendant l’accouchement. Elle contribue à la dilatation du col, optimise les contractions et peut être utile dans la gestion de la douleur.
- Acupression : Dans l’accompagnement des naissances à la maison, j’utilise beaucoup l’acupression dont certains points sont très efficaces pour accompagner la fin du travail lors du passage du bébé dans le bassin.
- Mobilité et positions : L’avantage d’un accouchement sans péridurale est que la maman est connectée à toutes ses sensations, qu’elle peut déambuler jusqu’à la délivrance et adopter les positions antalgiques qui lui conviennent le mieux pour supporter les contractions. Il n’y a pas une position idéale, chaque femme va trouver instinctivement celle qui la soulage le plus à l’instant T : à quatre pattes, sur un ballon de grossesse, suspendues à des lianes accrochées au plafond, etc. Bouger et changer de positions : marcher, s'accroupir, se balancer sur un ballon… Changer de position favorise la descente du bébé et soulage la douleur.
- Hydrothérapie : L’eau chaude possède également des vertus décontractantes très bénéfiques. Une des alternatives les plus efficaces est de prendre un bain ou une douche chaude. Cela détend, relaxe et permet de mieux supporter le travail.
- Chant prénatal : Le chant prénatal peut également aider à mieux gérer la douleur. Anatomiquement, le diaphragme et le périnée sont très liés. Le fait d’émettre des vocalises graves permet de centrer son attention sur autre chose et ainsi de gérer l’intensité des contractions en permettant le relâchement musculaire profond par les vibrations émises depuis les cordes vocales jusque dans tout le corps. Très naturellement, les femmes qui enfantent sans péridurale émettent ce genre de sons.
- Homéopathie : Baptisée « la plante des femmes », Caulophyllum 5 CH va par exemple régulariser les contractions au début du travail.
- Hypnose : Enfin, l’hypnose est un puissant allié pour mieux appréhender les contractions et le lâcher-prise. Des séances pendant la préparation à la naissance et durant l’accouchement permettent aux futures mamans d’apprendre à gérer la douleur.
- Injection cutanée de sérum stérile : Une petite quantité d’eau stérile est injectée sous la peau à l’aide d’une fine aiguille à l’endroit où l’on ressent la douleur.
- TENS (neurostimulation électrique transcutanée) : Il s’agit d’un petit appareil qui produit de légères vibrations par l’intermédiaire de deux ou quatre électrodes afin de stimuler les nerfs du dos.
- Massage : Il peut être agréable de se faire masser le bas du dos, une tâche idéale pour votre éventuel partenaire. Les massages libèrent de l’ocytocine qui, en plus de vous détendre, stimule les contractions et les rend plus efficaces. Un massage au niveau du sacrum : masser cette zone du corps permet d'atténuer la douleur. Pour cela, rien de plus simple: mettez vous à 4 pattes et prenez appui avec vos bras sur un ballon de grossesse. Demandez ensuite au co-parent ou à la personne qui vous accompagne de poser sa paume de main sur votre sacrum (os qui relie la colonne vertébrale au bassin) et d'exercer une pression dessus à chaque contraction.
La Péridurale : Une Alternative Courante
La péridurale est aujourd'hui la plus répandue des techniques de réduction de la douleur pendant l'accouchement. L’analgésie péridurale consiste à injecter un anesthésique local (éventuellement associé à un dérivé de la morphine) directement au contact des membranes qui entourent la moelle épinière, dans la partie la plus basse de la colonne vertébrale. Cette injection se fait au moyen d’un tube de très petit diamètre, un cathéter, implanté entre deux vertèbres. Parfois, au cours d’un accouchement sans péridurale, si le médecin souhaite une anesthésie rapide, l’anesthésiste va pratiquer une rachianesthésie. À la différence de la péridurale, l’anesthésique est alors injecté au contact de la moelle épinière, dans le liquide dans lequel elle baigne.
La décision de faire appel à la péridurale est personnelle et dépend beaucoup du seuil de tolérance à la douleur. Toute femme qui va accoucher peut demander à avoir recours à une péridurale, sans honte et sans avoir à se justifier, que ce soit avant ou pendant l’accouchement. Aujourd’hui, entre 70 et 80 % des accouchements qui se déroulent en France bénéficient de la péridurale.
Préparation à l'Accouchement : Un Facteur Clé
Préparer son projet de naissance est très important pour le couple. Il est nécessaire d’être bien accompagné. Une bonne préparation à l’accouchement et à la parentalité permet d’expliquer, de rassurer et de faire le tour des possibilités offertes aux futurs parents. C’est aussi comprendre les étapes qu’ils vont éventuellement traverser tous les deux et appréhender au mieux le travail et l’accouchement.
Plus vous serez préparé et plus vous aurez confiance dans la capacité de votre corps à donner naissance à un enfant, plus il vous sera facile de surmonter les douleurs du travail et de l’accouchement. Il est également important que votre partenaire soit informé pour pouvoir parler en votre nom au moment où vous gérez les contractions pour donner naissance à votre bébé.
Lire aussi: Accouchement : Pourquoi certaines femmes font caca ?
Lire aussi: Réussir son bac malgré une grossesse : témoignages
tags: #gaz #pendant #accouchement #avantages #et #inconvénients
