La gale est une affection cutanée contagieuse causée par un parasite microscopique, le sarcopte. Elle se manifeste par un prurit intense, des éruptions cutanées et peut prendre diverses formes. Cet article détaille les différentes formes de gale, leurs symptômes, les traitements disponibles et les mesures de prévention.
Qu'est-ce que la Gale?
La gale est une maladie de la peau causée par un acarien parasite, le Sarcoptes scabiei. Cette affection est contagieuse et se propage principalement par contact direct avec une personne infectée, et plus rarement par la literie ou les vêtements, mais uniquement lors de contacts étroits et prolongés. La gale humaine est une affection contagieuse de la peau qui se transmet le plus souvent par contact humain direct. Elle s'observe à tous les âges, dans toutes les populations et dans tous les milieux socio-économiques.
Les Différentes Formes de Gale
On distingue plusieurs formes de gale, chacune ayant des caractéristiques spécifiques :
Gale Commune (ou Classique)
La gale commune est la forme la plus fréquente et touche des personnes de tout âge et de tout milieu social. Elle est causée par l’acarien Sarcoptes scabiei, qui s’enfonce sous la peau pour y pondre ses œufs. Cette forme est hautement contagieuse et se caractérise par des éruptions cutanées sous forme de sillons ou de petites vésicules. Dans la forme classique de la gale, le nombre de parasites dans la peau est faible et les lésions spécifiques ne sont alors pas toujours présentes.
Gale Hyperkératosique (ou Gale Norvégienne)
La gale hyperkératosique, aussi connue sous le nom de gale norvégienne, est une forme rare mais sévère. Elle se caractérise par une éruption étendue atteignant l'ensemble du tronc (y compris le dos habituellement épargné dans la gale commune), le cuir chevelu et les paumes. Très contagieuse, elle survient le plus souvent chez des personnes âgées et/ou immunodéprimées, ou dans les suites d'une dermocorticothérapie prolongée. Elle survient sur un terrain particulier : sujets âgés, cachectiques, immunodéprimés. Elle se caractérise par sa chronicité et son aspect érythémato-squameux et kératosique. Les lésions sont à type de squames-croûtes et de plaques érythémato-squameuses. Elles siègent préférentiellement sur les paumes des mains et les plantes des pieds, le cuir chevelu, le visage, le tronc, les fesses. L'atteinte unguéale, avec un aspect de pachyonychie, est généralement présente. Les lésions peuvent se généraliser et réaliser une hyperkératose profuse ou une érythrodermie croûteuse. Fait important, le prurit est souvent modéré.
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Gale Nodulaire
La gale nodulaire est également une forme rare se développant souvent après le traitement d’une gale commune. Elle se manifeste par des nodules prurigineux rouges ou violets, principalement localisés sur les régions génitales, les aisselles ou les mamelons. des nodules scabieux qui forment des petites lésions rouges ou violacées qui sont d’origine immunitaire et peuvent persister plusieurs semaines malgré un traitement efficace.
Gale du Nourrisson
La gale du nourrisson est une forme de gale qui touche les bébés et les jeunes enfants. Elle se manifeste par des nodules scabieux qui forment des petites lésions rouges ou violacées qui sont d’origine immunitaire et peuvent persister plusieurs semaines malgré un traitement efficace. Les lésions vésiculeuses pustuleuses plantaires et les nodules scabieux peuvent persister plusieurs mois après le traitement, malgré la guérison.
Gale des "Gens Propres"
La gale dite « des gens propres », est de diagnostic souvent difficile en raison de la rareté des lésions, il faut y penser devant des démangeaisons chroniques diffuses persistantes.
Gale Profuse ou Étendue
La gale profuse ou étendue se caractérise par des lésions plus nombreuses et par une extension des lésions à l'ensemble du corps. On retrouve ainsi des lésions cutanées dans le dos.
Les Gales Compliquées
Les lésions de gale peuvent être surinfectées, en particulier par du staphylocoque (une bactérie colonise secondairement la peau atteinte par le parasite de la gale). On parle alors d'impétiginisation des lésions. Un eczéma peut également survenir secondairement à la gale, chez les personnes à peau sèche, et/ou par intolérance au traitement.
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Gale Animale
Il existe aussi des gales chez les animaux, causées par d’autres types de parasites (par exemple chez le chien ou le mouton). Ces parasites peuvent parfois provoquer des démangeaisons chez l’être humain, mais ils ne peuvent pas se transmettre d’une personne à une autre. On parle d’impasse parasitaire : le parasite ne survit pas durablement sur la peau humaine et l’infestation s’arrête d’elle-même.
Symptômes de la Gale
Pour diagnostiquer la gale chez votre enfant, il est essentiel d’être attentif aux signes cliniques et d'observer les symptômes. Le principal symptôme est l’existence de démangeaisons (prurit) chroniques, quasi permanentes, et plus importantes la nuit. La notion de prurit chez les proches et dans l'entourage, peut orienter le diagnostic.
Lésions Spécifiques de la Gale
Les lésions spécifiques de la gale, liées à la présence du parasite dans la peau, sont les suivantes :
- Les sillons : Ce sont des lésions de quelques millimètres, en forme de lignes fines et sinueuses, dues au trajet du parasite dans la couche superficielle de la peau (la couche cornée de l’ épiderme). Ils sont souvent discrets et parfois difficiles à voir à l’œil nu.
- Les vésicules perlées : Il s’agit de petites surélévations de la peau, parfois décrites comme de minuscules « cloques », de la taille d’une tête d’épingle. Elles correspondent au point d’entrée du parasite dans la peau et constituent ainsi le point de départ du sillon.
C’est au niveau de l’extrémité des sillons, à l’opposé des vésicules perlées, que l’on a le plus de chances d’observer le parasite. Cette observation se fait à l’aide d’un dermatoscope, un instrument médical ressemblant à une loupe éclairée, qui grossit environ 10 fois la surface de la peau. Le parasite responsable de la gale, appelé sarcopte, est invisible à l’œil nu. Lors de l’examen de la peau avec un dermatoscope, il est parfois possible de visualiser le parasite responsable de la gale sous la forme d’un petit triangle noir ou brun foncé. Cet aspect rappelle un deltaplane ou un chapeau chinois, ce qui est très caractéristique de la gale et permet de confirmer le diagnostic.
Lésions Cutanées Liées au Grattage
Ce sont en réalité les lésions cutanés les plus fréquentes. Elles ne sont pas spécifiques car elles sont surtout liées au grattage et et à la réaction de la peau à la présence du parasite. Elles peuvent prendre différents aspects : stries linéaires, griffures, petites croûtes, plaques de rougeur, zones de peau sèche ou irritée.
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Lésions Cutanées Liées à la Réaction de la Peau au Parasite (Immuno-Allergiques)
Les nodules scabieux sont des lésions en relief, rouges ou violacées, en forme de petits dômes de plusieurs millimètres, voire centimètres. Les papules urticariennes sont de petites lésions rouges ou roses, en relief, qui démangent souvent beaucoup.
La topographie de ces lésions spécifiques et non spécifiques est évocatrice du diagnostic, quand elles se situent au niveau des espaces interdigitaux (entre les doigts), de la face antérieure des poignets, au niveau des coudes, des aisselles, des fesses, du nombril, de la face interne des cuisses, au niveau des organes génitaux notamment chez l’ homme, et des mamelons des seins chez la femme.
Autres Signes à Considérer
- Chercher d’éventuels cas de gale dans l’environnement de l’enfant : si un cas de gale a été signalé dans l’entourage de votre enfant (crèche, école, famille), et que votre enfant présente des symptômes similaires, il est crucial de considérer la possibilité d’une contagion.
Causes de la Gale
La gale est une parasitose externe de la peau dont l'agent responsable est un acarien : Sarcoptes scabiei hominis, ou sarcopte. Le sarcopte est un parasite humain obligatoire, invisible à l'œil nu, qui ne survit que quelques jours en dehors de l'humain. Seule la femelle est pathogène, et donc responsable des lésions. La femelle fécondée creuse une galerie (qui correspond au sillon parfois visible à la surface de la peau) dans la couche cornée de l'épiderme, où elle dépose ses oeufs, qui éclosent en 3 à 5 jours. Les larves deviennent adultes en 2 à 3 semaines. Le nombre de parasites, d’ environ 10 dans la gale commune, peut atteindre plusieurs centaines voire milliers dans les gales profuse et hyperkératosique. La mobilité de l’ acarien à la surface de la peau est bonne, de l'ordre de plusieurs centimètres par heure, pour des températures de 25°C à 30°C. Il perd en revanche sa mobilité pour des températures inférieures à 20°C et meurt alors en 12 à 24 heures.
La gale est une maladie contagieuse. La transmission est dans la plupart des cas directe, entre humains, par contacts étroits de la peau. Pour avoir lieu, la transmission nécessite des contacts directs, prolongés ou répétés, tels qu’ on les rencontre au sein d'un couple ou d'une famille. Du fait de la possible contamination pendant les rapports sexuels, la gale est aussi considérée comme une infection sexuellement transmissible (IST). La transmission indirecte par les vêtements ou la literie est possible mais beaucoup plus rare, sauf dans les formes hyperkératosiques.
Diagnostic de la Gale
Le diagnostic de la gale est avant tout clinique, il est fait par l'examen du patient par le médecin. Le diagnostic de la gale est clinique et sera fait par le médecin sur l'analyse des différents symptômes et du contexte. La visualisation du parasite avec le dermatoscope permet d’affirmer le diagnostic. Ces éléments seront suffisants pour établir le diagnostic et proposer le traitement. Dans de rares cas, un prélèvement parasitologique (grattage de la peau et des lésions) permettra de visualiser au laboratoire le parasite et/ou ses oeufs, mais c' est un examen moyennement sensible (ce qui signifie que lorsqu' il est négatif, cet examen ne permet pas d' éliminer le diagnostic) et très peu de laboratoires actuellement peuvent le pratiquer. Il est donc exceptionnellement prescrit. Selon le contexte, la gale peut être considérée comme une affection sexuellement transmissible, un bilan à la recherche d' autres maladies sexuellement transmissibles (Syphilis, HIV, etc…) pourra éventuellement être proposé.
Traitements de la Gale
Le traitement de la gale repose sur des traitements antiparasitaires locaux (application sur la peau) ou oraux (par la bouche). Plusieurs points essentiels doivent être respectés pour que le traitement soit efficace :
Le traitement doit être instauré après confirmation du diagnostic.
Il est indispensable de respecter strictement toutes les consignes qui ont été données par le médecin et le pharmacien, sous peine d’échec thérapeutique et de recontamination de l’entourage. Un traitement incomplet ne permet pas de guérir le patient, et expose son entourage à la contamination.
Du fait de la contagiosité de la gale, le patient, son entourage familial et ses partenaires sexuels doivent être traités en même temps. Il faut donc identifier et prendre en charge également les « sujets contacts».
Les sujets-contacts sont définis selon le degré de proximité avec la personne atteinte de gale, en 3 cercles :
- 1er cercle : Personnes ayant eu un contact direct prolongé avec le patient, (entourage familial, partenaires sexuels, personnes réalisant les soins infirmiers et de toilette aux patients hospitalisés, …)
- 2ème cercle : Personnes vivant ou travaillant dans la même collectivité
- 3ème cercle : Personnes visitant occasionnellement la collectivité, et entourage familial des personnes fréquentant régulièrement la collectivité
Aucun des traitements disponibles n'est actif sur les œufs du parasite. Une grande étude française récente (Boralevi et al., Chosidow O.), a comparé deux traitements couramment utilisés contre la gale : la perméthrine à 5 % en crème et l’ivermectine par voie orale. Réalisée dans plusieurs hôpitaux français auprès d’enfants et d’adultes, cette étude montre que, dans les cas de gale dite classique, la perméthrine à 5 %, appliquée correctement sur tout le corps à J0 et J10, est plus efficace que l’ivermectine orale en termes de guérison clinique à J28 (à la fois pour les patients et la famille contact). Le traitement par ivermectine reste toutefois une option importante dans certaines situations particulières, notamment lorsque l’application du traitement local est difficile, impossible ou simplement non souhaitée. L’association d’un traitement oral et d’un traitement local est réservée à certaines situations spécifiques, notamment la gale hyperkératosique.
Traitement Local
Deux médicaments sont disponibles et pris en charge par l’ assurance maladie :
- La crème de perméthrine à 5 % (TOPISCAB)
- Le benzoate de benzyle en lotion (ASCABIOL)
Il existe plusieurs protocoles d’application, qui doivent être respectés scrupuleusement selon la prescription établie. Pour ces deux traitements, après avoir pris un bain ou une douche et bien séché la peau, le médicament doit être appliqué uniformément, en fine couche, sur l’ensemble de la peau du corps, sans oublier le moindre centimètre carré ! Il faut veiller à ne pas oublier :
- Les plis cutanés, notamment sous les seins,
- Les espaces entre les doigts,
- Les paumes des mains et les plantes des pieds,
- Les mamelons,
- Le nombril,
- Les organes génitaux externes,
- Sous les ongles,
- Et le cuir chevelu !
En règle générale, le traitement ne doit pas être appliqué sur le visage ni à l’intérieur de la bouche ou des organes génitaux. Toutefois, le visage peut être traité si nécessaire, uniquement selon la prescription médicale. Il faut laisser agir le médicament plusieurs heures :
- Toute une nuit pour la permethrine en crème (de 8 à 12 heures, au moins 8 heures),
- Toute une journée (24 heures) pour le benzoate de benzyle en lotion,
Puis reprendre une douche ou un bain pour laver et éliminer le médicament. Un deuxième traitement une semaine plus tard dans tous les cas.
Traitement Oral
Il s' agit de l’ ivermectine (STROMECTOL et ses génériques) (à la dose moyenne de 200 µg par kg de poids), en comprimés, prise en charge par l’assurance maladie. Elle doit être avalée le matin au cours du repas (meilleure absorption qu’à jeun). Un deuxième traitement doit être pris selon les mêmes modalités (même dose que la première fois et au cours d’un repas), une semaine plus tard, dans tous les cas.
Traitement de l’Entourage
Le traitement de la personne atteinte de gale doit obligatoirement s’accompagner du traitement des personnes du premier cercle (même si elles ne se grattent pas, car il est possible qu' elles soient atteintes mais en phase d' incubation) et du traitement de l’ environnement.
Traitement des Cas Particuliers
- Femme enceinte et allaitante : Les trois médicaments : perméthrine crème, benzoate de benzyle lotion et ivermectine peuvent être utilisés pendant la grossesse, quel que soit le terme. Toutefois, pour le benzoate de benzyle, on privilégiera une seule application au lieu de deux. L’ivermectine est particulièrement recommandée en cas de mauvais état cutané au 2ᵉ et 3ᵉ trimestre, mais elle ne sera utilisée qu’en deuxième intention au 1er trimestre. Si un traitement topique est nécessaire, il convient de tirer et jeter le lait pendant toute la période de contact du produit avec la peau, puis de reprendre l’allaitement après rinçage. L’ivermectine est à privilégier en cas de mauvais état cutané, notamment en cas d’atteinte des mamelons.
- Enfants : L’ivermectine est utilisable à partir de 15 kg. Les comprimés peuvent être écrasés et dilués dans 5 à 10 ml d’eau, puis administrés à l’aide d’une pipette graduée. La prise se fait au cours du repas pour une meilleure absorption. Chez les enfants de moins de 15 kg, l’ivermectine orale peut parfois être proposée dans certaines situations (hors AMM, c’est-à-dire en dehors de l’autorisation officielle de mise sur le marché). La dose est toujours calculée en fonction du poids. La perméthrine crème est utilisable à partir de 2 mois, avec une quantité adaptée précisément à l’âge de l’enfant. Le benzoate de benzyle lotion est utilisable à partir de 1 mois, avec un temps de contact fortement réduit chez les enfants de moins de 2 ans. À partir de 2 ans, le protocole est identique à celui de l’adulte.
- Éviction scolaire : Dans les collectivités d' enfants, l' éviction est de trois jours après la mise en route du traitement pour une gale commune.
- Traitement de la gale infectée : Il faut d' abord commencer par un traitement antibiotique, puis débuter le traitement de la gale un à deux jours plus tard.
- Traitement de la gale eczématisée : Le traitement par ivermectine est privilégié, et par crèmes hydratantes émollientes (hydratantes).
- Traitement de la gale sévère hyperkératosique ou profuse : Le traitement oral est associé au traitement local. Le patient est le plus souvent hospitalisé et isolé et un traitement spécifique local de l' hyperkératose doit être réalisé. Le premier, le deuxième, le troisième cercles doivent être traités de même que l' environnement, la pulvérisation d' un acaricide est nécessaire et la désinfection du linge doit être faite pour le linge utilisé depuis moins de 10 jours.
Mesures d'Hygiène et de Prévention
La prévention des récidives repose sur la désinfestation de l'environnement. Elle est effectuée le lendemain de la prise d'ivermectine ou le jour même de l'application du topique antiscabieux et renouvelée entre J8 et J15. Attention, les produits acaricides utilisés pour la désinfestation de l'environnement ne doivent pas être manipulés par un sujet asthmatique ou en sa présence. En cas d'usage intense de produit acaricide, le port d'un masque et d'une surblouse à manches longues est fortement recommandé.
- La literie (oreillers, matelas, couvertures) doit être nettoyée avec un aspirateur et, idéalement, pulvérisée avec un acaricide de contact.
- Le lit doit être refait avec des draps propres.
- En cas de gale commune : nettoyage classique des locaux (passage de l'aspirateur en insistant sur les canapés, coussins, fauteuils, moquettes, sièges-auto, poussettes, etc.).
- En cas de gale profuse/hyperkératosique ou épidémie avec grand nombre de cas de gale commune : associer au nettoyage classique la désinfection des éléments constitués de matériaux absorbants (literie, fauteuils, rideaux, sièges-auto, etc.) avec un produit acaricide. Une épidémie est définie par la survenue dans le même établissement, de 2 cas de gale ou plus, à moins de 6 semaines d'intervalle. En cas d'épidémie survenant dans une collectivité, la confirmation diagnostique par prélèvement parasitologique doit être systématique.
Gestion des Sujets-Contact
La stratégie de prise en charge des sujets-contact est décidée par le médecin responsable de la structure de garde ou de l'établissement scolaire en fonction du nombre de cas de gale, des formes cliniques (gale commune ou profuse), des caractéristiques de la structure et du type de contact entre les personnes (partage de dortoirs, de lits, etc).
- 1er cercle : personnes ayant eu un contact cutané direct et prolongé avec un patient source.
- 2e cercle : personnes travaillant ou vivant dans la même collectivité.
- 3e cercle : personnes fréquentant occasionnellement la collectivité et entourage familial des personnes fréquentant régulièrement la collectivité.
- Si un seul cas de gale commune est identifié : seul les sujets-contact du 1er cercle sont traités.
- Si deux cas de gale commune ou plus sont identifiés : les sujets-contact du 1er cercle sont traités, et éventuellement ceux du 2e cercle en fonction des caractéristiques de la structure et du type de contact entre les personnes.
- En cas de gale profuse ou hyperkératosique (quel que soit le nombre de cas identifiés) et/ou d'épidémie importante de gale commune, les sujets-contact des 1er et 2e cercles sont traités ainsi que ceux du 3e cercle en fonction des caractéristiques de la structure.
Mesures en Cas d'Épidémie
En cas d'épidémie survenant dans une collectivité, la confirmation diagnostique par prélèvement parasitologique doit être systématique.
- Le cas index est isolé, voire pris en charge en milieu hospitalier.
- La prise du traitement doit avoir lieu le même jour pour tous les sujets, source et contact.
- Le traitement de l'environnement est primordial.
- Un suivi épidémiologique de 6 à 12 semaines est nécessaire.
- Identification et information des sujets-contact des 1er, 2e et 3e cercles.
- Si gale profuse ou hyperkératosique : isolement du sujet source en chambre seule ou hospitalisation.
- Limitation des déplacements et des contacts interpersonnels de l'ensemble des sujets.
- Mesures de protection "contact" (gants, surblouse) pour le personnel.
- J0 : Traitement collectif médical de tous les sujets (cas et contacts) le même jour. En collectivité, on privilégie pour plus de simplicité le traitement oral (ivermectine) avec prise unique au coucher. Ne pas oublier l'hygiène des ongles.
- J1 : Traitement de l'environnement.
- Entre J8 et J15 : renouvellement du traitement selon les mêmes modalités (traitement des sujets et traitement de l'environnement).
Conseils aux Patients
- Informer le patient ou les parents que le prurit peut persister jusqu'à 4 semaines après un traitement correctement effectué, voire même être exacerbé dans les jours qui suivent le traitement.
- En cas de traitement local, toutes les régions du corps doivent être traitées, à l'exception du visage et des muqueuses pour la gale commune. Le traitement du cuir chevelu est recommandé. Le visage ne doit être traité que dans les formes profuses et hyperkératosiques et chez l'enfant de moins de 2 ans, en protégeant les yeux et la bouche.
- Il convient de bander les mains des enfants pour éviter une ingestion accidentelle des topiques antiscabieux.
- Les ongles doivent être coupés, brossés et traités soigneusement.
- La désinfestation de l'environnement est indispensable et doit être scrupuleusement conduite.
- Les sujets-contact doivent être informés de la nécessité d'un traitement, sans oublier le(s) partenaire(s) sexuel(s). Le cas échéant, un dépistage des infections sexuellement transmissibles doit être proposé au patient et au(x) partenaire(s).
- Informer le patient du risque important d'échec ou de réinfestation si le traitement n'est pas correctement mené, notamment en l'absence de traitement de(s) sujet(s)-contact et de l'environnement.
Traitements Alternatifs et Complémentaires
Bien que le traitement de la gale repose principalement sur des antiparasitaires locaux ou oraux, certaines approches alternatives et complémentaires peuvent aider à soulager les symptômes :
- Huile essentielle d’arbre à thé : Reconnue pour ses propriétés antiparasitaires, elle aide à réduire les démangeaisons et les inflammations.
- Aloe vera : Connu pour ses vertus apaisantes, il hydrate la peau et calme les irritations. Appliquez du gel d'aloe vera pur directement sur les zones affectées.
- Neem : Possède des propriétés anti-inflammatoires et antibactériennes.
- Clou de girofle : Des études montrent l’efficacité du clou de girofle contre les parasites comme ceux de la gale.
- Capsaïcine : Présente dans le piment de Cayenne, elle désensibilise temporairement la peau, réduisant ainsi les démangeaisons.
- Curcuma : Bien que non prouvé pour traiter la gale elle-même, il aide à soulager les démangeaisons.
- Zinc : Ne tue pas les acariens, mais il aide à prévenir les infections secondaires résultant de grattages.
- Borax : Ajoutez du borax à votre lessive pour aider à éliminer les acariens des textiles.
- Vinaigre de cidre : Bien que peu d’études soutiennent son efficacité, certaines personnes appliquent du vinaigre de cidre dilué sur la peau pour soulager l’inconfort.
Complications Possibles
- Surinfections bactériennes : La complication la plus courante de la gale est la surinfection bactérienne des lésions cutanées. En effet, le grattage intense des zones affectées peut provoquer des fissures ou des plaies ouvertes, favorisant la pénétration de bactéries.
- Dermatite allergique ou eczéma de contact : Chez certaines personnes, la gale peut déclencher une réaction allergique importante à l’acarien ou à ses déjections, entraînant une dermatite allergique.
- Gale hyperkératosique : Cette complication grave se produit surtout chez les personnes immunodéprimées. Elle se caractérise par une prolifération massive d’acariens sur la peau, formant des croûtes épaisses et des plaques squameuses.
Gale et Grossesse
Au 1er trimestre de grossesse, le traitement local (benzoate de benzyle, perméthrine) est préféré. Aux 2e et 3e trimestres, le traitement initial peut être local ou oral. L'ivermectine est privilégiée en cas de mauvais état de la peau, si le traitement local n’est pas compatible avec les conditions de vie de la femme enceinte, ou en de cas groupés. Le traitement est systématiquement répété entre J8 et J15. Le benzoate de benzyle, la perméthrine et l'ivermectine peuvent être prescrits en 1re ligne en cas d'allaitement maternel. Néanmoins, en cas de traitement topique, l'application étant effectuée sur le corps entier y compris les mamelons, l'enfant ne doit pas être mis au sein pendant la durée de l'application et jusqu'au rinçage.
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