Savoir que l’on est enceinte est un heureux événement dans la vie d’un couple, particulièrement marquant dans la vie de la femme. S’il est vrai que la plupart des grossesses vont à terme, il n’en demeure pas moins que certaines grossesses sont interrompues avant leur terme : on parle alors de fausse couche. Faire une fausse couche est une triste réalité à laquelle personne n’aime faire face. Cet article vise à informer sur les causes, les signes et les traitements possibles en cas de fausse couche, en particulier à 11 semaines d'aménorrhée (SA).

Qu’est-ce qu’une fausse couche spontanée ?

Lorsque la grossesse n’évolue plus et que le fœtus est expulsé entre le premier et le cinquième mois de grossesse, on parle de fausse couche spontanée. Il est important de différencier la fausse couche spontanée précoce de la fausse couche tardive. La fausse couche précoce est l’arrêt de grossesse qui a lieu au cours des 3 premiers mois. La fausse couche tardive (encore appelée avortement tardif) est une interruption non volontaire de la grossesse entre le troisième et le cinquième mois. Toute interruption et expulsion de grossesse au-delà de cinq mois (22 semaines d’aménorrhée) est qualifiée de “mort fœtale”. Ces précisions sont importantes car la prise en charge et le traitement de chaque catégorie de fausse couche ne sont pas identiques.

Causes et facteurs de risque d’une fausse couche

Une fausse couche peut être causée par plusieurs éléments, notamment des causes internes et externes.

Causes internes

  • Anomalies génétiques : Détectées au niveau de l’embryon (chromosomes mal répartis à l’issue de la fécondation).
  • Anomalies embryonnaires : Pouvant ralentir le développement embryonnaire (notamment anomalies au niveau du cœur ou du système nerveux).
  • Anomalies pathologiques chez la mère : Diabète non contrôlé, problèmes de glande thyroïde, problèmes d’hormones, maladies immunitaires, maladie cœliaque, coagulation sanguine, anomalies du col de l’utérus (fibromes, polypes, polykystose ovarienne…).
  • Infections : La toxoplasmose, la rubéole, la listériose ou le cytomégalovirus peuvent provoquer de nombreuses fausses couches.
  • Forte fièvre ou utilisation de produits chimiques.

Causes externes

  • Consommation de substances nocives : Tabac, boissons alcoolisées, cocaïne, héroïne, amphétamine, excès de café, certaines plantes médicinales (absinthe, armoise, génépi, aloès, cascara, menthe pouliot, sauge officinale…).
  • Âge des parents : Plus la mère est âgée, plus le risque de fausse couche est élevé (20 % pour les femmes de 35 ans ; 40 % pour les femmes de 40 ans et 80 % pour les femmes au-delà de 45 ans). Chez les hommes de plus de 40 ans, il existe un risque de fausse couche en raison de l’augmentation du nombre de spermatozoïdes anormaux.

Quels sont les signes d’une fausse couche ?

La fausse couche se manifeste par les signes suivants :

  • Saignements vaginaux : Abondants ou non. Le sang est d’abord rouge clair puis devient rouge foncé.
  • Caillots de sang ou de tissus brunâtres.
  • Fortes douleurs : Au niveau du dos ou du bas ventre.
  • Disparition des symptômes de grossesse : Absence brusque des nausées, vomissements, tensions, douleurs des seins…
  • Contractions : Pour une grossesse de plus de 3 mois, la fausse couche s’annonce généralement par une forte contraction (qui peut être comparée à une contraction d’accouchement).

En outre, certaines grossesses au début des 3 premiers mois peuvent être interrompues sans présenter de signes. Le fœtus est évacué au cours des premières menstruations.

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Quand consulter un médecin ?

Il faut se rendre en consultation lorsque :

  • Vous constatez un saignement vaginal abondant (si celui-ci vous contraint à utiliser au moins deux serviettes hygiéniques en 1 heure).
  • Vous ressentez de fortes douleurs au niveau du bas ventre, du dos ou de l’abdomen.
  • Vous avez été victime d’une perte de conscience.

La téléconsultation n’est pas possible pour diagnostiquer les cas de fausses couches.

Quels sont les traitements d’une fausse couche ?

Trois types de traitements sont possibles pour faire face à une fausse couche.

Traitements médicamenteux

Lorsqu’il s’agit d’une grossesse de moins de 10 semaines, l’interruption peut être traitée à l’aide du Misoprostol, accompagné d’antidouleurs et de médicaments contre la nausée. Certains médecins peuvent ajouter du fer pour compenser la perte de sang. Entre 12 heures et 24 heures après la prise de la dose recommandée par votre médecin, une menstruation abondante suivie de fortes douleurs est observée. Les jours suivants, une menstruation normale sera également observée. Suivez les recommandations de votre médecin.

Le curetage

C’est le traitement recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines. Il s’agit d’un traitement visant à expulser entièrement le fœtus et le placenta du ventre de la mère. Le curetage permet d’éviter toute infection et hémorragie. Des médicaments de la catégorie des sédatifs et des antalgiques vous seront administrés pour vous permettre de supporter la douleur. Une observation de 24 heures à l’hôpital est exigée pour suivre l’évolution de l’état du patient.

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Fausse couche naturelle

Vous pouvez aussi décider d’attendre que le fœtus s’expulse naturellement sans intervention médicamenteuse. Faites-vous guider par votre gynécologue. Pour ce type de traitement, il peut être effectué une fausse couche naturelle sans médicament. Il s’agît d’une méthode très douloureuse et assez stressante. Le saignement dure longtemps. Vous devez prendre régulièrement votre température et faire objet de suivi par prises de sang. Le suivi peut être réalisé par échographie.

Deuil à la suite d’une fausse couche

Vivre une fausse couche est un véritable traumatisme pour certaines personnes. C’est une situation très difficile à vivre ainsi qu’un véritable deuil. Hommes et femmes ressentent du vide, de la déception, de la tristesse et parfois un sentiment de culpabilité. Le deuil à la suite d’une fausse couche doit se faire à deux. Le père et la mère doivent discuter, parler et se vider. Si l’émotion est trop forte et que le deuil tarde à partir, vous pouvez vous remettre à des professionnels ou des groupes de soutien qui vous aideront à surmonter cette situation. Sur MédecinDirect, des psychothérapies sont proposées. Un psychopraticien (si besoin épaulé d’un psychiatre) vous écoute, vous oriente et vous conseille afin de vous guider vers la voie du deuil.

Comment différencier saignements de fausse couche et règles ?

Pendant les règles, l’écoulement est normal et nécessite en moyenne l’usage d’une serviette hygiénique par heure. Le saignement d’une fausse couche est abondant et exige plus de deux serviettes par heure. Néanmoins, une fausse couche précoce s’évacue normalement - tout comme des règles.

Comment éviter une fausse couche ?

Comment éviter une fausse couche après une fécondation in vitro (FIV)

S’il est constaté une forte augmentation des cas de fausses couches après FIV, cela peut être évité en appliquant les mesures préventives suivantes :

  • Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG) pour connaître la forme et la situation de l’utérus.
  • Réaliser la thrombophilie pour permettre d’anticiper la formation des caillots de sang dans l’utérus.
  • Réaliser le test de réceptivité endométriale ER Map afin de confirmer la réceptivité de l’endomètre.

Si tous ces examens cliniques sont concluants, vous avez de grandes chances d’éviter une fausse couche après FIV.

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Comment éviter une fausse couche précoce ?

  • Faites-vous vacciner contre la rubéole et la grippe.
  • Faites-vous dépister couramment de la toxoplasmose.
  • Adoptez une alimentation saine et variée.

Comment éviter une fausse couche en début de grossesse ?

  • Évitez la consommation de boissons alcoolisées.
  • Évitez les boissons issues des plantes médicinales à risque sur la grossesse.
  • Allez régulièrement aux contrôles et visites médicales de suivi.

L’avis des experts de MédecinDirect

La fausse couche entraîne beaucoup d’inquiétudes chez les patientes. Il est tout d’abord important de rappeler qu’une fausse couche est rarement liée à un geste, une activité ou une erreur de la future mère. Dans l’immense majorité des cas, elle résulte d’anomalies chromosomiques spontanées de l’embryon, impossibles à prévenir.

Les premiers signes qui doivent alerter sont généralement des saignements vaginaux inhabituels, des douleurs abdominales comparables à des crampes de règles ou une baisse brutale des symptômes de grossesse. Toutefois, il est important de préciser que des saignements légers ou des douleurs discrètes peuvent aussi être tout à fait compatibles avec une grossesse normale. Le rôle du médecin est alors de déterminer si ces symptômes nécessitent une surveillance ou une prise en charge.

Dans tous les cas, dès l’apparition d’un symptôme inquiétant, nous recommandons de contacter rapidement un professionnel de santé, en particulier si les douleurs deviennent intenses, si les saignements s’accentuent ou s’accompagnent de caillots. Une téléconsultation peut permettre une première orientation, mais un examen en présentiel pourra être nécessaire pour réaliser une échographie, seul moyen de confirmer la vitalité de la grossesse.

Nous insistons également sur l’importance de ne pas rester seule face à ses peurs ou à sa culpabilité. Une fausse couche est un événement physique, mais aussi émotionnel. Un accompagnement médical et psychologique doit être proposé autant que possible. En cas de fausse couche confirmée, un suivi médical est utile pour vérifier que l’expulsion est complète, mais aussi pour répondre aux questions, rassurer et préparer sereinement la suite.

Enfin, nous rappelons que la majorité des femmes ayant vécu une fausse couche auront ensuite une grossesse parfaitement normale. Un bilan médical n’est généralement nécessaire qu’après plusieurs pertes de grossesse successives.

Les équipes de MédecinDirect restent disponibles 24h/24 pour accompagner les patientes, répondre aux interrogations et orienter vers les soins adaptés en cas de symptômes évocateurs.

La 9e semaine de grossesse (11 SA) et le risque de fausse couche

À 9 semaines de grossesse, vous entamez votre 3ème mois. Alors que l’embryon passe au stade fœtal, certains de vos symptômes s’atténuent tandis que d’autres (comme les envies alimentaires incongrues) pointent le bout de leur nez.

Les gynécologues et sages-femmes s’accordent sur un point : plus on se situe tôt dans la grossesse, plus le risque de fausse couche est élevé. Ce risque diminue de manière significative au fur et à mesure que la grossesse avance. Toutefois, il n’est pas toujours simple de prévoir l’imprévisible !

Selon les professionnels de santé, la plupart des fausses couches surviendraient statistiquement aux alentours de la 9 semaine de grossesse, soit 11 semaines d’aménorrhée (SA = semaines écoulées depuis le début des dernières menstruations). Loin d’être un hasard, ce risque accru s’explique en réalité car le placenta commence à prendre le relais du corps jaune (follicule ovarien après l’ovulation) dès 9 semaines de grossesse : il s’agit donc d’une étape clé !

Passée la 10 semaine de grossesse, le risque de fausse couche commence à diminuer de manière significative et chute drastiquement à partir de la 13 semaine. Les fausses couches dites tardives, survenant de 15 à 24 semaines d’aménorrhée, sont quant à elles beaucoup plus rares.

Symptômes à 9 semaines de grossesse (11 SA)

Chaque grossesse est différente. Ce que vous ressentez après 9 semaines de grossesse (11 SA) n’est pas forcément identique à ce que ressent une autre femme la même semaine. Pour vous aider à vous y préparer, nous vous présentons ci-dessous certains des symptômes possibles à 9 semaines de grossesse (11 SA) :

  • Croissance des seins : Vos seins sont probablement un peu plus gros maintenant et vous pouvez vous attendre à les voir grossir encore plus d’ici à la fin de votre grossesse. Ceci peut être en partie dû à la croissance des glandes mammaires en vue de l’allaitement. Au cours de la grossesse, vos seins peuvent ainsi grossir de presque 1,5 kg.
  • Pertes vaginales plus importantes : Il est possible que votre corps produise maintenant plus de pertes vaginales. Ce phénomène est normal après 9 semaines de grossesse (11 SA) tant que les sécrétions sont inodores et qu’elles sont claires ou de couleur blanche. Si vous constatez par exemple qu’elles sont de couleur foncée, qu’elles contiennent du sang, que vous avez des démangeaisons, mal au bas-ventre ou qu’il émane de ces pertes vaginales une odeur désagréable, contactez votre professionnel de santé pour vérifier qu’il ne s’agit pas d’une complication de votre grossesse.
  • Ligne sombre sur l’abdomen : Vous avez peut-être remarqué l’apparition d’une longue ligne sombre, qui descend verticalement tout le long du centre de votre ventre. On parle de ligne brune, linea negra ou « ligne de grossesse » et l’on pense que son apparition est liée aux changements hormonaux. Cette ligne disparaîtra probablement après la naissance de votre bébé.
  • Crampes dans les jambes : Après 9 semaines de grossesse (11 SA), vous êtes peut-être dérangée par des crampes douloureuses et intenses dans vos jambes, en particulier la nuit, ce qui peut vous empêcher de bien récupérer. Les étirements et la pratique d’une activité physique peuvent aider à combattre les crampes. Dans certains cas, une carence en minéraux peut favoriser l’apparition de crampes dans les jambes : assurez-vous que votre régime alimentaire est suffisamment riche en calcium et en magnésium et faites attention à boire suffisamment.
  • Fatigue : En ce moment, votre taux de progestérone augmente, ce qui peut vous rendre léthargique même si vous préféreriez être parfaitement attentive. Et si vous vous réveillez la nuit pour aller faire pipi, que vous avez des crampes dans les jambes ou des brûlures d’estomac, votre sommeil en pâtit probablement aussi. Essayez d’arrêter la caféine et de vous détendre chaque soir avant de dormir pour combattre la fatigue de la grossesse.
  • Sautes d’humeur : Vous pouvez remercier vos taux d’hormones plus élevés que d’habitude si vous avez des sautes d’humeur depuis quelques temps. Essayez de ne pas trop stresser et assurez-vous d’avoir suffisamment d’apports en fer dans votre alimentation. Vous pouvez essayer de faire du yoga, des exercices de méditation simples ou de vous détendre en écoutant de la musique douce pour vous aider à aller mieux. Vous pourriez également demander à votre professionnel de santé de vous conseiller sur les façons de gérer vos sautes d’humeur, en particulier si elles vous gênent dans votre vie quotidienne.
  • Nausées matinales : Vous souffrez peut-être de nausées matinales après 9 semaines de grossesse (11 SA), ce qui peut se traduire par des haut-le-cœur ou des vomissements et ce n’importe quand dans la journée. Sachez cependant que les nausées matinales s’estompent souvent pendant le deuxième trimestre et que vous y êtes presque !

Fausse couche silencieuse

Une fausse couche silencieuse, également appelée fausse couche retenue, a lieu lorsque la grossesse s’arrête sans signes d’expulsion spontanée et immédiate de l’embryon ou du fœtus. De là l’origine du nom de ce type de fausse couche spontanée, car l’expulsion de l’embryon ou du fœtus a lieu des jours ou des semaines après. Ce type de fausse couche spontanée ne peut être totalement confirmé qu’à l’aide d’une échographie ou d’une analyse de la hCG (hormone gonadotrophine chorionique humaine).

Facteurs de risque

  • Âge avancé : comme dans le cas d’une grossesse après 40 ans.
  • Anémie gestationnelle : l’anémie durant la grossesse est un trouble relativement habituel qui peut affecter négativement la grossesse et l’accouchement, mais aussi le fœtus ou le nouveau-né.
  • Infection des voies urinaires (IVU) : étant donné qu’il y a davantage de sang dans les reins et que la capacité de la vessie est plus réduite, l’urine peut retourner vers l’urètre, ce qui peut contribuer au développement d’infections des voies urinaires pendant la grossesse.

Même si ces facteurs prédisposent à une fausse couche silencieuse, cela ne signifie pas qu’il y aura toujours une fausse couche.

Symptômes

Les symptômes d’une fausse couche silencieuse peuvent varier et, très souvent, ils ne se manifestent pas de la même manière que ceux des fausses couches spontanées. Ceci est dû à un fait essentiel : l’embryon n’est pas expulsé du corps de la femme. Dans un certain sens, le corps agit comme si la grossesse était encore en cours. Il est improbable que ce type de fausse couche spontanée provoque un saignement ou une douleur intense, parfois seuls des symptômes très légers font leur apparition. Cela signifie que le diagnostic de la fausse couche silencieuse se révèle d’une manière particulière, normalement durant une visite chez le médecin et grâce à une échographie.

Gestion de la fausse couche silencieuse

La gestion de la fausse couche silencieuse peut varier en fonction de la situation et des préférences de la femme.

  • Attendre : Dans de nombreux cas, si la grossesse n’évolue pas, le corps de la femme expulse naturellement le tissu fœtal quelques jours ou semaines après.
  • Dilatation et curetage : Si le corps n’expulse pas naturellement tout le tissu fœtal, un curetage peut être fait. Il s’agit d’un procédé médical au cours duquel le col de l’utérus est dilaté et les tissus qui se trouvent dans l’utérus sont retirés.

La fausse couche silencieuse est, pour la femme et son partenaire, une expérience difficile du point de vue psychologique. Si une femme ressent les symptômes d’une fausse couche silencieuse, il est fondamental qu’elle sollicite une prise en charge médicale afin d’établir un diagnostic adéquat et le traitement nécessaire.

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