L'alimentation est un facteur clé de succès dans l'élevage de bovins allaitants, tant sur le plan technique qu'économique. Elle nécessite une bonne connaissance des besoins des animaux et une gestion efficace des ressources fourragères de l'exploitation. Ce guide propose des conseils et des stratégies pour optimiser l'alimentation de votre troupeau de vaches allaitantes, en mettant l'accent sur la réduction des coûts et l'amélioration de l'autonomie alimentaire.
Optimisation de l'alimentation : Réduire les coûts tout en maintenant la performance
La réduction du coût de l’alimentation doit être raisonnée en fonction des objectifs de production recherchés par l’éleveur (niveau de croissance, état de finition…) et des compensations biologiques entre l’alternance des périodes d’alimentation restreintes ou non.
Valoriser les fourrages : Pâturage et stocks
Favoriser la consommation de fourrages (pâturage ou stocks) par le troupeau reproducteur ou les animaux en finition permet de réduire le recours aux concentrés. Une analyse de la valeur alimentaire des fourrages assure un meilleur ajustement des apports aux besoins des animaux. Les concentrés représentent un poste de charge alimentaire important.
Pâturage : Valoriser l'herbe de printemps et tout au long de la saison
La saison de pâturage est désormais lancée en France. Pour valoriser au mieux l’herbe de printemps, une transition alimentaire progressive au moment de la mise à l’herbe est nécessaire. En effet, l’herbe de printemps est riche en eau, en énergie et en azote, mais elle est pauvre en fibres, en sodium et en magnésium. Celle-ci est donc très appétente ce qui va entraîner une ingestion importante avec un transit trop rapide qui ne permet pas une valorisation optimale.
Mise à l'herbe progressive : Les bonnes pratiques
Voici quelques recommandations pour une mise à l'herbe réussie :
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- Apporter un fourrage grossier (foin ou paille) lors de la mise à l’herbe durant 2 à 3 semaines en évitant les enrubannages ou les foins de deuxième coupe. Les animaux mettent souvent quelque temps (entre 5 à 10 jours), pour ressentir les effets laxatifs de l’herbe jeune.
- La mise à l’herbe doit s’effectuer à 300 °C jour dès lors que les sols sont portants et que la hauteur d’herbe avoisine 9-10 cm (herbe à la cheville) afin d’avoir une herbe feuillue de bonne valeur nutritive.
- En début de saison, l’herbe pâturée est un fourrage équilibré qui ne nécessite pas de complémentation.
- Tout au long de la saison de pâturage, la conduite en pâturage tournant permet une meilleure valorisation du potentiel herbager et une réduction des besoins en concentrés, d’autant plus si les prairies sont riches en légumineuses.
Optimisation des fourrages conservés
Produire des fourrages plus riches en énergie et en matières azotées est une stratégie gagnante pour réduire les apports en concentrés azotés de la ration. Cela passe par l’optimisation du stade et de la technique de récolte. Par exemple, un gain de 8 g PDIE/kg MS d’ensilage d’herbe en ensilant précocement (1 semaine avant début épiaison au stade feuillu) est possible. De plus, le fourrage sera moins encombrant et plus riche en énergie, ce qui améliorera l’ingestion. Pour un troupeau de 70 vaches allaitantes alimentées en bâtiment pendant 200 jours, l’introduction de 3 kg de MS d’ensilage d’herbe/vache/jour dans la ration hivernale représente une économie de l’ordre de 3 tonnes de tourteau de soja/an. A moyen terme, une réflexion peut être conduite sur la nature des prairies.
Complémentation des veaux sous la mère au pâturage
L’efficacité de la complémentation des veaux sous la mère au pâturage, mesurée dans différents essais, varie fortement en fonction de la disponibilité en herbe. Ainsi, une réduction de 1 kg par jour de l’apport de concentrés se traduit par une baisse de la croissance des veaux de l’ordre de 120 à 300 g/j. La réduction d’apport de concentrés permet une ingestion supplémentaire d’herbe presque équivalente à condition qu’elle soit disponible sur la parcelle. Le graphique illustre l’évolution de la consommation de concentrés par un veau allaitant Charolais de 4 mois et de 180 kg vifs avec des concentrés à volonté sur les 100 derniers jours avant le sevrage au pâturage selon la qualité de l’herbe disponible (2 situations : herbe limitante et non limitante). Le graphique montre que la consommation de concentrés par des veaux nés en hiver augmente de façon quasi linéaire au fil des semaines, lorsque la distribution est faite à volonté au pâturage. La consommation de concentrés par les broutards varie en fonction de la qualité de l’herbe offerte. Un bon moyen de réduire la dépendance en concentrés et l’impact d’un surcoût est donc d’améliorer la gestion du pâturage.
Restriction des concentrés en hiver : Une approche raisonnée
Une réduction des apports de concentrés jusqu’à 1,5 kg/vache/jour pendant 2 à 3 mois sur la seconde partie de l’hiver est possible. En pratique, cela correspond à une suppression de l’apport de concentrés pour les multipares. En contrepartie, une perte d’état corporel de l’ordre de 0,2 point et une diminution de la croissance des veaux d’environ 100 g/j sont attendues. Si les fourrages sont distribués à volonté, la consommation supplémentaire de fourrages permise par la réduction des concentrés viendra atténuer ces effets. Suite à une période de restriction, le pâturage de printemps permettra une reprise d’état corporel des vaches plus rapide et une stimulation de la production laitière.
Conditions préalables à la suppression des concentrés
Avant de supprimer l’apport de concentrés dans les rations, il faut d’abord s’assurer que l’on dispose de stocks fourragers de qualité « ordinaire » (selon les recommandations du tableau ci-dessus) et que les animaux l’ingèrent en quantité suffisante (environ 1,6 kg de MS ingérée/100 kg de poids vif avant le vêlage et 1,8 kg de MS ingérée/100 kg de poids vif un mois après le vêlage). Sans apport de concentrés et avec des animaux en bon état corporel en début d’hiver, la note d’état corporel moyenne des vaches passera de 3 à 2 durant la période hivernale, ce qui correspond à une perte de poids d’environ 50 kg vifs en considérant des vaches de 750 kg vifs. Durant cette phase du cycle de production, il faut impérativement que les vaches soient en situation de reprise de poids.
Analyse des fourrages et ajustement de la ration
Pour cela, il est nécessaire de déterminer la valeur alimentaire des fourrages, le taux de matière sèche de l’ensilage le cas échéant, et les quantités distribuées de fourrages. Si les besoins ne sont pas couverts, une quantité de concentré énergétique et/ou protéique sera ajoutée pour équilibrer la ration. Une analyse de fourrages et un contrôle par pesée des quantités offertes peuvent permettre d’économiser jusqu’à 1 kg de concentrés par vache et par jour.
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L'importance de l'allotement des vaches
Dans les systèmes allaitants qui utilisent des mélangeuses, le principe est d’alloter les mères en fonction de la date de vêlage prévue ou réalisée. Lorsque primipares et multipares sont mélangées dans une même case, la distribution d’une ration mélangée unique, conduit à une mauvaise répartition de l’alimentation apportée, à cause de la différence de capacité d’ingestion des jeunes et des adultes (10 à 15 % d’écart). Dans ce cas, la ration conduit à un état corporel des adultes plus élevé et souvent excessif (vaches grasses) et se révèle finalement coûteuse.
Gestion de l'état corporel en système ensilage de maïs
Dans les systèmes avec ensilage de maïs, un état corporel des vaches excessif est souvent constaté en période hivernale. Dans cette situation, les régimes alimentaires manquent en général de fibrosité et sont de fait, ingérés en trop grande quantité. La marge de manœuvre ne porte pas sur la réduction de la complémentation mais plutôt sur une diminution globale des quantités apportées. En effet, il n’est pas toujours nécessaire de saturer la capacité d’ingestion des vaches et une alimentation rationnée sur certaines périodes peut parfois permettre des économies substantielles. Des observations réalisées à la ferme de Jalogny montrent qu’à défaut de pouvoir apporter de la fibre complémentaire (paille ou foin), des vaches et génisses alimentées à hauteur de 80 % de leur capacité d’ingestion ne posent pas de problème de comportement.
Optimisation de l'alimentation des génisses
Après la puberté (autour de 450 kg vifs), les génisses tolèrent des fluctuations de croissance. La réduction de 1 UFL du niveau énergétique de la ration (soit 1 kg de céréales) se traduira par une baisse de la croissance de 200 g/j, soit 10 à 20 kg de poids vif en moins qui sont « rattrapables » lors de la mise à l’herbe au printemps. L’organisation du pâturage de printemps doit permettre une disponibilité d’herbe suffisante en quantité et en qualité, notamment sur la deuxième partie du printemps.
Devenir éleveur de vaches allaitantes : Formation, installation et financement
Choisir le métier d’éleveur bovin doit partir d’une vocation ou d’une passion. Malgré la vie en plein air et le contact avec les bêtes, c’est un mode d’existence qui peut parfois être ardu : astreinte quotidienne, revenus maigres, etc.
Formation et accompagnement
Vous souhaitez devenir éleveur bovin, mais ne savez pas par où commencer ? Vous n’êtes pas sûr d’avoir les ressources nécessaires pour vos débuts ? Pour la formation et la détermination du projet agricole, vous pouvez vous adresser à la chambre d’agriculture de votre département. Des formations adaptées à votre situation personnelle vous seront proposées. Un des pans les plus importants de la formation élevage bovin, concerne la gestion administrative et financière de l’exploitation. Après la théorie, vient le moment le plus important de votre formation : le stage pratique chez des agriculteurs. Vous pourrez ainsi observer le quotidien d’un éleveur bovin, ses amplitudes de travail et les réflexes de gestion des imprévus par l’expérience. Vous aurez fait le choix à ce niveau du type d’élevage, vache à lait ou vache à viande, dont vous voulez être l’exploitant.
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Installation : Terrain, infrastructures et choix des animaux
Tout d’abord, il faut trouver un terrain qui offre de bonnes perspectives et dispose d’un écosystème qui vous plaît. Le bâtiment, le matériel pour la traite et abreuvoirs, ainsi que les équipements d’hygiène et de bien-être des vaches doivent pouvoir être facilement et régulièrement nettoyées. Ces infrastructures représentant un certain investissement, n’hésitez pas à vous faire aider dans vos démarches.
Idées innovantes
Idée : vous souhaitez installer un abri intelligent pour vos vaches ou tracteurs? Une startup propose aux agriculteurs d’installer des panneaux photovoltaïque sur le toit des granges pour exploiter leur électricité. Il vous faudra ensuite décider par quels moyens la nourriture de vos vaches sera fournie, s’il faut investir dans des machines agricoles et si oui lesquelles. Par exemple, la location de prés est une solution proposée par le site de la Chambre d’agriculture. Enfin, il ne reste plus qu’à choisir ses vaches. “[…]pour choisir une génisse, regardez sa mère. De même que votre future fiancée pourra ressembler à votre belle-mère dans ses vieux jours, la génisse a de bonnes chances de tenir de sa mère”- source J.
Financement et viabilisation de l'entreprise
Vient enfin la partie la plus importante : la recherche de financements et la viabilisation de l’entreprise. Ce système vous permet d’obtenir une somme immédiatement. Pour certains exploitants, ce système leur permet d’investir dans une brosse à vache supplémentaire. Bien sur, chaque exploitation a son histoire qui fait sa particularité.
Améliorer le revenu des producteurs
L’autonomie alimentaire des systèmes, la montée en gamme et l’implication des éleveurs et éleveuses dans la commercialisation sont trois leviers permettant d’améliorer le revenu des producteurs·trices. La progression est constante grâce aux conversions (+8% en 2018) et aux installations. L’effectif moyen est de 44 vaches allaitantes pour une centaine d’hectares de terre. Un quart des animaux sont vendus en vente directe.
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