La douleur musculaire chez l'enfant est une plainte fréquente qui peut susciter l'inquiétude des parents. Bien que souvent bénignes et transitoires, ces douleurs peuvent avoir diverses origines, allant de causes physiologiques normales à des pathologies sous-jacentes nécessitant une attention médicale. Cet article explore les causes potentielles de la douleur musculaire chez l'enfant, en mettant l'accent sur les douleurs de croissance, les maladies neuromusculaires et d'autres facteurs contributifs.
Atrophie Musculaire (Amyotrophie)
L'atrophie musculaire, également appelée amyotrophie, est une diminution de la masse musculaire, en particulier des muscles squelettiques striés responsables de nos mouvements quotidiens. Dans le langage courant, on parle parfois de perte musculaire. Les causes sont variées: maladies génétiques présentes dès la naissance, maladies acquises plus tard, maladies musculaires, maladies du système nerveux affectant les muscles, toutes les formes d'immobilisation, certains médicaments, etc. L'atrophie musculaire correspond à une réduction de la masse d'un ou plusieurs muscles et il existe différentes formes, qui dépendent de la pathologie dont souffre la personne. De plus, les mécanismes à l'origine de l'atrophie musculaire sont variés et dépendent de la cause. En ce qui concerne les muscles des bras et des jambes, l'atrophie musculaire s'accompagne d'une faiblesse musculaire, d'une maladresse, voire de chutes. Elle ne correspond pas à une seule et unique maladie.
Le mouvement permet aux muscles de conserver leur volume et leurs propriétés. L'immobilisation, comme celle d'une jambe ou d'un bras dans le plâtre, est une cause bien connue d'atrophie musculaire. Certaines causes sont génétiques et présentes dès la naissance, même si les symptômes, notamment l'atrophie musculaire, peuvent apparaître plus tard. D'autres causes sont acquises, c'est-à-dire non présentes à la naissance. Dans ce cas, l'atrophie musculaire peut être due à une atteinte nerveuse. La maladie de Charcot, également appelée sclérose latérale amyotrophique (SLA), est un exemple de maladie neurologique responsable de cette maladie. La poliomyélite est une maladie neurologique d'origine infectieuse qui touche le système nerveux et entraîne paralysie et atrophie musculaire. Certains médicaments, comme les corticoïdes pris par voie générale pendant une longue période, notamment dans les pathologies inflammatoires ou auto-immunes, peuvent également entraîner une atrophie. Chez le sujet âgé, la sarcopénie désigne la baisse de la masse et de la force musculaires. L'atrophie musculaire chez la personne âgée résulte d'une combinaison de facteurs : le vieillissement lui-même, la baisse d'activité physique, une alimentation parfois inadaptée, insuffisamment riche en protéines, voire une dénutrition.
Le diagnostic de la cause est essentiel pour adapter la prise en charge. Par exemple, en cas de myopathies inflammatoires ou myosites, le traitement repose sur de la cortisone ou des immunosuppresseurs. Lorsque l'atrophie musculaire est due à un médicament, le médecin prescripteur peut envisager de modifier le traitement.
Maladies Neuromusculaires
Les maladies neuromusculaires se manifestent par une atteinte musculaire transitoire ou permanente qui peut apparaître à tout âge de la vie et s'aggraver plus ou moins rapidement. Il existe environ 300 maladies neuromusculaires différentes, qui varient en termes d'importance et de gravité de l'atteinte musculaire, de ses conséquences sur l'organisme (orthopédiques, respiratoires, cardiaques, digestives…), et de leurs causes (la majorité est d'origine génétique, certaines sont auto-immunes et inflammatoires…).
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Certaines maladies neuromusculaires apparaissent chez les nouveau-nés ou les nourrissons, telles que l'amyotrophie spinale proximale liée au gène SMN1, les amyotrophies bulbo-spinales de l'enfant, les dystrophies musculaires congénitales, les myopathies congénitales, les syndromes myasthéniques congénitaux et la forme infantile de la maladie de Pompe. D'autres peuvent débuter chez l'enfant ou l'adolescent, comme la dystrophie musculaire de Duchenne, la dystrophie musculaire de Becker, les paralysies périodiques hypo/hyperkaliémiques, les myotonies congénitales de Thomsen et de Becker, la paramyotonie d'Eulenburg, la maladie de McArdle et les dystrophies musculaires d'Emery-Dreifuss. Certaines maladies neuromusculaires surviennent en général chez l'adulte (jeune ou moins jeune), comme la myopathie facio-scapulo-humérale, la dystrophie myotonique de Steinert, la dystrophie myotonique de type 2, la maladie de Charcot-Marie-Tooth, les myopathies des ceintures, les myopathies distales, la myopathie GNE, les myopathies mitochondriales, les myopathies myofibrillaires, la myopathie à némaline acquise de l'adulte et la dystrophie musculaire oculopharyngée. D'autres encore, d'origine auto-immune, apparaissent pour certaines à l'enfance ou l'adolescence, ou pour d'autres à l'âge adulte (parfois tardivement), comme la dermatomyosite, la myopathie auto-immune nécrosante, la myasthénie auto-immune, le syndrome des antisynthétases et les myosites à inclusions.
Les maladies neuromusculaires sont dues à des atteintes de l'unité motrice, structure physiologique constituée par le muscle, la jonction nerf/muscle et le neurone moteur (qui relie le système nerveux central au muscle). La plupart sont des maladies d'origine génétique. L'anomalie génétique empêche la fabrication d'un constituant ou d'une enzyme indispensable au bon fonctionnement de la cellule musculaire (dystrophies musculaires, myopathies congénitales, myopathies métaboliques, canalopathies musculaires…), de la jonction neuro-musculaire (syndromes myasthéniques congénitaux) ou encore de la cellule nerveuse motrice (amyotrophies spinales, maladie de Charcot-Marie-Tooth…). D'autres maladies neuromusculaires sont dues à un dysfonctionnement du système de défense de l'organisme (système immunitaire). Dans la myasthénie auto-immune, le système immunitaire neutralise certains constituants de la jonction neuro-musculaire : l'ordre de contraction qui chemine le long des motoneurones a du mal à être transmis au muscle.
La prise en charge médicale vise essentiellement à prévenir les complications qu'elles soient orthopédiques, cardiaques ou respiratoires. Elle améliore le confort et la durée de vie des personnes atteintes de maladies neuromusculaires. Elle doit débuter le plus tôt possible, même si le diagnostic précis de la forme de maladie neuromusculaire n'est pas encore posé. Une surveillance régulière musculaire, orthopédique, respiratoire, cardiaque, nutritionnelle, ORL, bucco-dentaire… permet de mettre en œuvre au bon moment - en fonction de l'évolution de chaque personne - les techniques de prise en charge nécessaires à la prévention et à la limitation des conséquences de l'atteinte musculaire. La prise en charge orthopédique (kinésithérapie, appareillage, chirurgie) doit être précoce, régulière et adaptée à chaque situation individuelle. Elle permet d'entretenir la souplesse des articulations (la perte de la force musculaire s'accompagne d'un enraidissement des muscles et des articulations et peut entraîner des déformations articulaires). Des aides techniques (téléphone mains libres, canne, support de bras, pince à long manche…) aident, le cas échéant, à réaliser les gestes de la vie quotidienne que la gêne musculaire rend pénibles ou impossibles. Dans certains cas, un fauteuil roulant est nécessaire pour redonner de l'autonomie dans les déplacements. La prise en charge respiratoire doit être débutée très précocement afin de préserver la croissance du thorax et favoriser un développement optimal des capacités pulmonaires. Un suivi cardiologique régulier permet de mettre en route un traitement adapté au cas où des signes cardiaques seraient détectés par les examens médicaux. La prise en charge des douleurs varie en fonction de leurs causes (adaptations du programme de rééducation ou d'un appareillage dès que nécessaire, médicaments contre la douleur, relaxation…). Lorsqu'il s'agit d'une maladie génétique héréditaire, le conseil génétique permet d'informer et d'accompagner une personne, ou une famille, confrontée au risque de développer ou de transmettre cette maladie. La prise en charge des maladies neuromusculaires requiert le concours de plusieurs intervenants, idéalement, dans une même structure regroupant différentes spécialités médicales ou paramédicales (neuropédiatre ou neurologue, médecin de rééducation (MPR), chirurgien orthopédiste, généticien, kinésithérapeute, ergothérapeute, diététicien, psychologue, travailleurs sociaux) et travaillant en collaboration avec les autres professionnels de santé (gynéco-obstétricien, ophtalmologiste, endocrinologue, diabétologue…).
Douleurs de Croissance
« Maman j’ai mal aux jambes ! » Cette plainte est fréquente chez les enfants. La douleur de croissance se manifeste principalement chez les enfants entre 3 et 12 ans. Bien que le terme puisse être trompeur, il n'existe aucune preuve que la croissance elle-même soit douloureuse. Ces douleurs surviennent le plus souvent en fin de journée et pendant la nuit, et peuvent durer de quelques minutes à plusieurs heures. Elles touchent principalement les jambes et systématiquement les deux. Elle est essentiellement musculaire et n’est pas spécifique aux zones articulaires (pied, hanche, genoux, etc.).
Apaiser votre enfant
Lorsque votre enfant se réveille surpris par la douleur, il est important de le rassurer. Localisez la douleur et assurez-vous que la région ne présente pas de signes visibles d’inflammation (gonflements, rougeurs, etc.). Le massage des zones concernées permet de décontracter les muscles et de favoriser l’apaisement. Vous pouvez masser les genoux et les mollets de votre enfant en prévention, avant le coucher. Pour les enfants dès 6 ans, il est possible d'utiliser des huiles essentielles adaptées pour un traitement naturel.
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Quand consulter un médecin ?
Bien que la douleur de croissance ne soit généralement pas grave, ces symptômes douloureux peuvent parfois cacher des maladies. Il est important de s’assurer que la douleur ne persiste pas la journée : la douleur de croissance se manifeste essentiellement en fin de journée et la nuit, et ne se prolonge que rarement jusque dans la journée et n’induit pas de problèmes de mobilité. Il faut également s’assurer qu’il n’a pas de fièvre : les douleurs de croissance ne sont normalement pas associées à de la fièvre. N’hésitez pas à consulter un médecin si vous avez le moindre doute !
Conseils supplémentaires
- Hydratation: S’assurer que votre enfant boit en suffisance : une bonne hydratation est indispensable pour éviter les crampes.
- Magnésium: Lui proposer des fruits secs : la douleur de croissance est généralement associée à des crampes. Un apport en magnésium est donc possible afin de limiter lesdites crampes et les fruits secs sont une excellente source de magnésium.
- Massage Préventif: Opter pour le massage préventif : les crises nocturnes peuvent parfois se multiplier durant plusieurs semaines ce qui perturbe le sommeil de votre enfant (et le vôtre s’il se réveille). Le massage avant le coucher apportera un double bénéfice. Il apaisera votre enfant et favorisera la décontraction musculaire.
Vitamine D
La vitamine D provient de l’alimentation et est fabriquée par le corps sous l’effet du soleil. Pour pallier au risque de carences, la Société française de pédiatrie recommande de supplémenter les enfants en vitamine D chaque hiver de la naissance à l’âge de 5 ans, puis à partir de 10 ans jusqu’à la fin de la croissance. La vitamine D est essentielle pour l'absorption du calcium, qui est crucial pour la santé des os.
Myosites
Découvrez les différentes formes de myosites, leurs symptômes, les progrès des traitements et les avancées de la recherche pour ces maladies auto-immunes musculaires.
Qu'est-ce qu'une myosite ?
En médecine, le suffixe « ite » désigne une inflammation, comme dans les mots otite ou bronchite. Une myosite est une inflammation de muscles (« myo »). Elle est dite idiopathique lorsque l’on ne retrouve aucune cause à cette inflammation : elle n’est pas dûe à une infection par un microbe comme les myosites virales secondaires par exemple à une grippe, ni à un problème de thyroïde… On parle également de myopathie, c’est-à-dire de maladie (« pathie ») du muscle, inflammatoire. L'ensemble des myopathies inflammatoires ou myosites toucheraient 1 personne sur 7 000. En France, au moins 7 000 adultes et enfants seraient touchés par une forme de myosite. Il s’agit plus souvent de filles ou de femmes que de garçons et d’hommes, sauf pour la myosite à inclusions qui touche deux fois plus d’hommes que de femmes.
Dérèglement du système immunitaire
Le rôle du système immunitaire est de protéger l'organisme contre des agressions extérieures, comme les infections. Dans une myopathie inflammatoire, il se dérègle et produit des auto-anticorps c’est-à-dire des anticorps qui attaquent certains constituants de l'organisme, comme les muscles. Une myosite est une maladie auto-immune, à l’instar de la polyarthrite rhumatoïde ou de la myasthénie. Mais pourquoi le système immunitaire se dérègle-t-il dans les myosites ? Médecins et chercheurs ne le savent pas encore précisément. Leur hypothèse actuelle est que la maladie résulte probablement de la conjonction de facteurs liés à l’environnement (rayons ultraviolets, tabac, infections virales, prise d’un médicament…) et d’un terrain génétique prédisposant. Néanmoins les myosites ne sont pas des maladies héréditaires, qui seraient liées à une anomalie génétique. Elles ne sont donc pas transmissibles à ses enfants.
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Les différents types de myosites
Les symptômes, le type d’auto-anticorps (immunologie) et l'aspect du tissu musculaire au microscope (histologie) permettent de distinguer aujourd’hui cinq formes principales de myopathies inflammatoires.
La myosite à inclusions
La myosite à inclusions dite « sporadique (car non génétique) ne touche que les adultes. C’est la plus fréquente des myopathies passé l’âge de 50 ans. Elle débute toujours après 30 ans, le plus souvent après 50 ans, par une faiblesse des muscles des cuisses (quadriceps) et des doigts (fléchisseurs) qui évolue de façon lente et progressive. Les muscles qui servent à déglutir ainsi que ceux qui aident à maintenir droit le dos et le cou sont parfois touchés également. La maladie associe une inflammation et un vieillissement prématuré (dégénérescence) des cellules musculaires. L’examen au microscope d’un prélèvement de muscle (biopsie) montre ces deux phénomènes, avec présence d’agrégats de protéines toxiques (les « inclusions »). Le diagnostic de myosite à inclusions peut être long et compliqué. Un groupe international d’experts a récemment revu et corrigé la liste des critères nécessaires pour établir ce diagnostic, avec l’objectif de le faciliter et de l’accélérer. Les médicaments habituels des myosites (corticoïdes, immunosuppresseurs) sont inefficaces dans la myosite à inclusions, mais de nouveaux traitements sont à l’essai.
La dermatomyosite
Dans la dermatomyosite, le système immunitaire s’attaque aux petits vaisseaux sanguins qui irriguent les muscles (faiblesse des épaules, des cuisses…) et la peau (rougeur ou éruptions du visage, des mains, du haut du dos…). La maladie peut débuter dans l’enfance (dermatomyosite juvénile, en moyenne autour de l’âge de 7 ans) ou à l’âge adulte. C’est la plus fréquente des myosites, tous âges confondus. Elle s’associe à un risque plus élevée de développer un cancer (20 à 30% des patients) dans les trois ans qui précèdent ou qui suivent le diagnostic. Ce risque concerne quasi exclusivement les adultes, chez lesquels un bilan régulier est réalisé pour dépister une tumeur débutante éventuelle, dont les chances de guérison sont alors maximales.
La myopathie nécrosante auto-immune
Identifiée en 2003, la myopathie nécrosante auto-immune peut débuter chez l’enfant comme chez l’adulte mais commence souvent vers l’âge de 40 ans. Elle touche uniquement les muscles, se manifestant par des douleurs et une faiblesse musculaire (épaules, hanches…) progressive. Elle est parfois provoquée par un médicament pris pour faire baisser le taux de cholestérol appartenant à la famille des statines. Les symptômes apparaissent alors souvent deux à trois ans après le début du traitement, mais persistent ou s’aggravent après son arrêt. L’examen au microscope de la biopsie musculaire montre une nécrose (destruction) importante des fibres mais, contrairement aux autres myosites, peu ou pas d’inflammation, ce qui peut compliquer le diagnostic.
La polymyosite
Débutant toujours après l’âge de 18 ans, souvent entre 20 et 50 ans, la polymyosite se manifeste par une atteinte isolée des muscles, souvent ceux de la racine des membres (épaules, hanches). Dans cette maladie, des cellules immunitaires (les lymphocytes T cytotoxiques ou CD8+) attaquent les fibres musculaires. Grâce au progrès des connaissances et à la découverte de nouveaux types de myosites, on sait que la polymyosite est désormais la moins fréquente des myopathies inflammatoires de l’adulte. Les personnes chez qui ce diagnostic a été posé par le passé auraient en fait souvent une autre forme de myosite, par exemple un syndrome des antisynthétases ou une myopathie nécrosante auto-immune. Une étude dont les résultats sont parus en 2024 l’a confirmé.
Les myosites de chevauchement
Une myosite de chevauchement peut commencer de façon insidieuse ou évoluer rapidement, dans l’enfance comme à l’âge adulte. Le mot « chevauchement » exprime le fait que la myosite associe une atteinte des muscles ou de la peau à des signes ou à des auto-anticorps présents dans une autre maladie (lupus, polyarthrite, pneumopathie interstitielle…). Les manifestations peuvent donc être très différentes d’une personne à l’autre : douleurs et faiblesse musculaires, peau des doigts épaisses et fissurées, troubles de la circulation des extrémités (syndrome de Raynaud), difficultés à avaler, à respirer, douleurs des articulations… Le syndrome des antisynthétases fait partie des myosites de chevauchement. Il touche les muscles, les poumons, la peau et les articulations, avec présence d’auto-anticorps dirigés contre les aminoacyl-ARNt synthétases (anti-Jo1, anti-PL7, anti-PL12…) d’où son nom. De même, les médecins ont identifié récemment la scléromyosite.
Quels examens pour faire le diagnostic ?
Le diagnostic de myosite s’appuie sur un ensemble d’arguments : l’âge de début, les symptômes ressentis, leur évolution, les signes retrouvés à l’examen par le médecin et les résultats de différents examens complémentaires, le fait qu’aucun autre membre de la famille ne présente ou n’a présenté les mêmes symptômes… Une prise de sang permet de doser la créatine phosphokinase (CPK ou CK pour créatine kinase), une enzyme musculaire dont le taux augmente souvent en cas de myosites. L’électromyogramme éventuel fait évoquer une myopathie inflammatoire, mais seule l’examen au microscope de la biopsie musculaire peut permettre au médecin de l’affirmer avec certitude. Les examens demandés sont variables selon le patient et ses symptômes. Par exemple, la biopsie musculaire n’est pas toujours pratiquée lorsqu’existe sur la peau des signes typiques de dermatomyosite.
Les enzymes musculaires, quel rôle diagnostique ?
Les CPK (créatine phosphokinase) ou CK (pour créatine kinase) sont des enzymes normalement présentes à l’intérieur des cellules musculaires. Leur taux augmente dans le sang lorsque ces cellules sont abimées ou détruites, par exemple en cas de maladie du muscle, mais aussi après une activité physique intense, une biopsie musculaire ou un électromyogramme. Dans les différentes myosites, le taux de CPK dans le sang peut augmenter. Par exemple, il atteint parfois dix fois la normale au début d’une myopathie nécrosante auto-immune. De même, le taux de CPK est souvent augmenté dans la myosite à inclusions, de façon modérée : il reste inférieur ou égal à 15 fois la normale, un seuil qui fait désormais partie des critères diagnostiques de cette maladie. Toute augmentation du taux de CPK oriente fortement le diagnostic vers une myopathie, sans pour autant savoir de quelle type de maladie musculaire (inflammatoire, génétique…) il s’agit. C’est un élément du diagnostic mais il ne suffit pas à lui seul. Le médecin peut demander le dosage d’autres enzymes musculaires, comme la lactate-déshydrogénase (LDH) et l'aldolase.
Les différents auto-anticorps dans les myosites
Deux grandes familles d’auto-anticorps peuvent être produits par l’organisme en cas de myosite : les auto-anticorps spécifiques des myosites sont retrouvés uniquement chez les personnes atteintes de ces maladies (antiJo-1, anti-Mi2, anti-SRP, anti- HMGCR, anti-TIF1-γ…), les auto-anticorps associés aux myosites peuvent être présents aussi dans d’autres maladies auto-immunes comme le lupus (antiRo-52, anti-Ro60, anti-La, anti-PM-Scl 75…). Certains auto-anticorps orientent vers tel ou tel type de myosite. Ainsi, les auto-anticorps anti-SRP et anti-HMGCR signent l’existence d’une myopathie nécrosante auto-immune. Les anti-SAE, anti-TIF1-γ, anti-NXP-2 et anti-Mi2 et anti-MDA-5 sont considérés comme spécifiques de la dermatomyosite. Pour les anti-cN1A, c’est plutôt une myosite à inclusions. À l’inverse, on ne retrouve aucun auto-anticorps spécifique ou associé aux myosites dans la polymyosite.
Quelle est l’évolution d’une myosite ?
En l’absence de traitement, une myosite ne s’améliore pas de façon spontanée. La faiblesse musculaire s’aggrave progressivement et peut s’étendre à d’autres muscles, avec le risque notamment d’une perte de la marche, mais aussi des risques possiblement vitaux pour certaines atteintes : difficultés à avaler et son risque de fausses routes et d’infections pulmonaires, insuffisance respiratoire, atteinte du muscle cardiaque… Sous traitement, la plupart des myosites s’améliorent avec l’obtention d’une rémission. Certaines personnes connaissent une récupération, complète ou incomplète, sans récidive ultérieure et dans certains cas pourront arrêter tout traitement. D’autres connaitront une nouvelle poussée de la maladie (rechute) pendant les premiers mois ou années qui suivent, mais ce risque concerne une minorité de patients. Pour réduire le risque de rechute, le traitement initial est habituellement suivi d’un traitement dit « d’entretien » pendant au moins deux à trois ans (en moyenne), au cours desquels les doses de médicaments sont peu à peu réduites. La myosite à inclusions occupe une place à part puisqu’elle est peu ou pas sensible au traitement habituel des myosites. Néanmoins, elle évolue de façon très lente, sur des années, et ne modifie pas l’espérance de vie qui reste comparable à celle d’une personne indemne de myosite.
Le traitement de fond des myosites
La prise en charge d’une personne atteinte de myopathie inflammatoire associe souvent un traitement de fond à des mesures pour agir sur la force musculaire et prévenir les complications. Hormis pour la myosite à inclusions, le traitement de fond repose sur des médicaments qui diminuent ou modulent l’activité du système immunitaire et l’inflammation, avec l’objectif de modifier l’évolution de la maladie. Les corticoïdes comme la prednisone réduisent l’inflammation du muscle (effet anti-inflammatoire) et, à forte dose, diminuent la réponse immunitaire (immunosuppresseur). Les immunosuppresseurs comme le méthotrexate, l’azathioprine, le cyclophosphamide, le tacrolimus ou encore la rapamycine (sirolimus) diminuent fortement l’activité du système immunitaire, raison pour laquelle ils sont également prescrits après une greffe d’organe pour réduire le risque de rejet. Les biothérapies sont produites à partir d'une source biologique (cellules, bactéries…).
Autres Causes de Douleur Musculaire
Outre les douleurs de croissance et les maladies neuromusculaires, d'autres facteurs peuvent contribuer à la douleur musculaire chez l'enfant :
- Courbatures: Les courbatures sont dues à de minuscules fissures des fibres musculaires, à la suite d’un surcroît d’effort.
- Crampes: Les crampes surviennent plus fréquemment après un effort physique intense ou longuement soutenu, ou à la suite d’une forte transpiration. Le risque de crampe augmente suivant plusieurs facteurs : la déshydratation par exemple, le surentraînement, le manque d’échauffement préalable ou un échauffement trop rapide, un faux mouvement, une compression des muscles, etc. Elles apparaissent plus fréquemment par temps froid. On connaît mal l’origine des crampes nocturnes du mollet et la raison pour laquelle elles surviennent de préférence la nuit ; il est possible que l’on puisse l’imputer à un manque d’eau ou de sels minéraux. Si ces crampes peuvent se manifester chez des personnes en parfaite santé, elles affectent aussi des patients atteints, par exemple, de diabète, d’insuffisance rénale, de troubles circulatoires ou de certaines maladies psychiques.
- Médicaments: Des douleurs ou des crampes musculaires, et plus rarement une atteinte des tendons, ont été observées chez les patients traités avec des hypolipidémiants de la famille des statines.
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