Les grossesses non désirées représentent un défi majeur de santé publique, avec des implications profondes sur la santé mentale et le bien-être social des femmes, des adolescents et des familles. Bien que la contraception soit largement disponible dans des pays comme la France, les grossesses non planifiées restent relativement courantes, soulignant la complexité des facteurs psychologiques, sociaux et économiques en jeu. Cet article explore les conséquences psychologiques et sociales des grossesses non désirées, en mettant en lumière les défis auxquels sont confrontées les personnes concernées et les stratégies potentielles pour atténuer ces effets.

Impact Psychologique des Grossesses Non Désirées

Les grossesses non planifiées peuvent avoir un réel impact sur la santé mentale des femmes. En effet, chacune gère à sa manière la nouvelle d’une grossesse non désirée. Souvent, c’est d’abord un refus de la grossesse. Les conséquences psychologiques d'une grossesse non désirée peuvent être vastes et variées, allant de l'anxiété et de la dépression à un sentiment d'isolement et de désespoir. L'étude Turnaway, menée pendant plus de 10 ans par des chercheurs universitaires américains et publiée en 2020, a mis en évidence l'impact négatif d'une grossesse non désirée sur la santé mentale.

Dépression Post-Partum et Grossesse Non Prévue

Diverses études ont montré que les naissances non prévues peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé mentale des mères pendant ou après la grossesse. Pour les répondantes dans cette situation, le risque de symptômes dépressifs après la naissance est comparable à celui des femmes avec des grossesses désirées. Une étude a exploré les réponses apportées par 46 608 femmes âgées de moins de 45 ans lors de leur intégration dans la cohorte entre 2012 et 2019. Près de 20 % de ces grossesses n’était pas prévues, c’est-à-dire soit non souhaitées, soit envisagées dans plus de 2 ans. Juste après la naissance, la santé mentale des femmes est semblable à celles des femmes avec une grossesse désirée, avec un risque environ de 30 % d’avoir des symptômes dépressifs.

Le Rebirth Intra-Utérin : Une Approche Thérapeutique

Les individus nés d'une grossesse non désirée portent souvent en eux un fardeau silencieux, une quête constante d'acceptation. Face à ces enjeux émotionnels complexes, Valérie Grumelin, psychanalyste spécialisée en thérapies cognitives et comportementales, propose une méthode thérapeutique innovante : le Rebirth intra-utérin.

Le Rebirth intra-utérin O.R.I.U.S crée un espace sécurisé au sein du cerveau limbique, le centre des émotions et des instincts primaires. Cette renaissance symbolique permet d'adresser et de réinterpréter les sentiments d'exclusion et de non-désirabilité, en les remplaçant par une sensation d'acceptation et d'appartenance pour se déconditionner totalement des attentes parentales familiales et autres afin de devenir enfin soi même libre et authentique.

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En impliquant les cinq sens dans ce processus de guérison, le Rebirth intra-utérin assure une expérience holistique qui réconcilie l'individu avec son histoire personnelle. Libéré des poids du passé et des conditionnements liés à sa conception, la personne peut alors s'épanouir dans son identité, affirmant sa place dans le monde avec confiance et sérénité. Cette approche révolutionnaire ouvre la porte à une nouvelle compréhension de soi, où chacun est libre de trouver sa place, non pas par la preuve de sa valeur, mais par la célébration de son existence unique et précieuse.

Conséquences Psychologiques de l'Avortement Spontané

Si fréquents soient ces avortements spontanés, leurs répercussions psychiques sont encore mal appréhendées. Au fil du temps, les trois types de symptômes ont persisté tout en diminuant chez les patientes ayant eu une perte fœtale précoce. Ainsi, à trois mois, 21 % avaient un PTSD, 23 % une anxiété modérée à sévère et 8 % une dépression modérée à sévère. Cette étude confirme donc la fréquence élevée des troubles psychiques survenant après un avortement spontané, qu'il s'agisse d'anxiété, de symptômes dépressifs et, tout particulièrement, de stress post-traumatique. Pour les auteurs, ce constat doit conduire à envisager systématiquement la survenue possible de troubles psychiques après une fausse couche. Leur repérage permettrait alors de mettre en place un traitement adapté.

Impact Social des Grossesses Non Désirées

Les grossesses non désirées ne touchent pas seulement la santé mentale des individus, mais ont également des répercussions sociales importantes, en particulier chez les adolescents.

Pressions Psychologiques et Sociales sur les Adolescents

Les programmes de santé reproductive gagnent en efficacité quand les pressions psychologiques et sociales subies par les adolescents sont prises en compte. Trop souvent, les prestataires de santé négligent les aspects psychologiques et sociaux de la vie de leurs clients. Or, pour de jeunes adultes, la prise en compte de ces paramètres peut être cruciale. Les pressions auxquelles sont confrontés les jeunes adultes sont d'abord de nature psychologique. La peur, la gêne ou la réticence de bien des adolescents explique leur manque de précaution vis-à-vis des maladies sexuellement transmissibles (MST) ou des grossesses non désirées. Certains adolescents ont, par exemple, des partenaires multiples et ne se protègent pourtant que rarement avec des préservatifs.

La santé reproductive des adolescents est aussi soumise à des pressions sociales. Il existe des cultures dans lesquelles certaines conventions, comme la valorisation du mariage ou de la maternité, incitent les jeunes adolescentes à procréer à un âge très précoce, ou à devenir sexuellement actives, ce qui les expose à un risque de grossesse non planifiée. La polygamie traditionnelle et la préférence parfois accordée à des partenaires plus âgés dans certaines régions africaines augmentent le risque pour les adolescentes de contracter le sida ou d'autres MST. Par ailleurs, la pauvreté peut pousser garçons ou filles à se prostituer pour pouvoir acheter leur nourriture.

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Estime de Soi et Confiance en Soi

Peu d'études ont examiné la manière dont les facteurs psychologiques ou sociaux affectent la santé reproductive des adolescents. Certains responsables de la santé publique se demandent même si les notions d'"estime de soi" ou de "confiance en soi" ont une importance dans les pays en développement. Pourtant, un sentiment d'insécurité, de peur et de doute de soi peut nuire à un comportement sexuel quelle que soit la culture.

Pour le docteur Waszak, "il est vrai que l'image qu'on a de soi au sein d'une communauté diffère selon le pays et la culture. Mais je ne connais pas de société dans laquelle l'estime de soi n'est pas une valeur importante. Quel que soit le contexte, les gens ont toujours un sentiment d'eux-mêmes et ce sentiment influence leur comportement. Au Nigeria, Bené Madunagu, qui travaille pour la Girl's Power Initiative, partage ce point de vue : "Si les jeunes femmes doutent d'elles-mêmes et si elles se jugent incapables de discuter de leurs droits en matière de santé reproductive, il leur sera alors impossible de se faire écouter et respecter dans des situations [à risque]".

Facteurs Socio-Économiques et Grossesses Adolescentes

Au Bangladesh, dès que les filles sont nubiles elles sont normalement confinées chez elles, sans pouvoir faire de la bicyclette ou se rendre seules au marché, surtout dans les zones rurales. Pour les prestataires de santé, qui ne voient que rarement des jeunes adultes, aider ces clients adolescents à développer une estime de soi et une confiance en soi peut sembler une tâche ardue.

Les adolescentes qui tombent enceintes se heurtent souvent à diverses barrières psychologiques ou sociales qui les empêchent de bénéficier d'une bonne santé reproductive. Pour une adolescente, le temps de la grossesse peut être celui d'un effondrement de l'estime de soi. Chez une jeune femme mariée et attendant son premier enfant, l'attention portée à sa condition émotionnelle peut l'aider à vivre une meilleure grossesse. Mais quand cette grossesse n'a pas été souhaitée ou quand elle survient chez une adolescente célibataire, les difficultés émotionnelles peuvent être lourdes. Une adolescente enceinte et non mariée doit souvent affronter sa situation sans soutien de la part de sa famille, de son partenaire ou de ses camarades.

Le Rôle du Soutien Social

Le soutien apporté par l'entourage peut avoir une influence essentielle. A Fortaleza, au Brésil, FHI a conduit une étude sur 519 adolescentes âgées de 12 à 18 ans et ayant consulté les services hospitaliers pour des soins prénatals ou des soins d' urgence pour des cas liés à un avortement. Cette étude a examiné certains paramètres comme l'estime de soi ou les relations que ces jeunes femmes avaient avec leur famille et leur partenaire. Les résultats préliminaires montrent aussi que bien des mères adolescentes ne reçoivent aucun soutien émotionnel de leur famille. Quelque 58 pour cent des adolescentes enceintes déclarèrent que leur mère avait réagi positivement à l'annonce de la grossesse, mais seulement 45 pour cent indiquèrent la même réaction de la part de leur père.

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Accès à l'Avortement et Conséquences

L’impact négatif d’une grossesse non désirée sur la santé mentale a été observé au cours de l’étude Turnaway, menée pendant plus de 10 ans par des chercheurs universitaires américains et publiée en 2020. Quand le droit à l’IVG est restreint, ce sont les avortements clandestins qui augmentent. Bien que peu répandus en France du fait d’un cadre légal qui permet d’interrompre sa grossesse jusqu’à 14 semaines, les avortements clandestins n’ont pas disparus et pourraient se multiplier si ce droit était remis en question.

Inégalités et Droit à l'Avortement

Limiter l’IVG ne remet pas seulement en cause le droit des femmes à disposer de leur corps mais contribue aussi plus largement à l’augmentation des inégalités au sein des populations. Aux Etats-Unis, à la suite de l’annulation de l’arrêt Roe vs Wade par la Cour suprême, le droit à l’IMG y est également remis en question.

Stratégies d'Intervention et de Prévention

Les causes d’une grossesse non désirée peuvent être variables. Le Moi(s) Sans Tabou souhaite agir notamment au travers d’une campagne d’information et de sensibilisation sur les lieux pouvant accueillir, aider et soutenir psychologiquement les femmes se trouvant dans cette situation mais aussi sur le droit de disposer de son corps et la possibilité de faire ses propres choix.

Éducation et Compétences

Quand le prestataire ou le conseiller a pu établir une relation de confiance, il est utile de former l'adolescent sur certains points. Les jeunes adultes qui ont déjà des rapports sexuels devraient notamment savoir où se procurer et comment utiliser des préservatifs. Ils devraient aussi être capables de discuter avec leur partenaire de l'emploi des méthodes contraceptives et de la prévention des MST.

"Sans certaines compétences, l'estime de soi est en elle-même insuffisante", précise le docteur Susan Newcomer, attachée au National Institute for Child Health and Human Development (NICHD), un institut de recherche public américain. "Si vous dites simplement aux adolescents de développer cette estime sans qu'il existe de raison substantielle justifiant ce sentiment d'amour-propre, vous ne les aidez pas vraiment. On peut enseigner de telles compétences au moyen d'activités diverses, comme par exemple, des activités visant à clarifier les valeurs, à prendre des décisions ou à renforcer des comportements avec imitation des rôles et feedback positif. De tels programmes peuvent s'intéresser à l'histoire sexuelle personnelle des adolescents, à leurs facultés de se prémunir contre les MST et les grossesses non désirées ainsi qu'aux stratégies de communication.

Accessibilité aux Contraceptifs

Une enquête conduite au Ghâna a révélé que certains prestataires dissuadaient les jeunes femmes non mariées de 18 et 19 ans d'utiliser les méthodes de planification familiale. Même avec une meilleure accessibilité aux moyens contraceptifs, certains adolescents ne prennent pas les précautions qui s'imposent. Ainsi à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, une étude a montré que les jeunes femmes qui savaient comment se protéger et où se procurer les moyens contraceptifs n'étaient en fait pas plus enclines à les utiliser.

Soutien Psychologique et Social

Le simple accès à un conseiller adulte peut aider les adolescents à mieux se prémunir contre les risques de MST ou de grossesse non désirée. A Baltimore, dans le Maryland, un centre de planification familiale a organisé dans deux établissements d'enseignement secondaire des séances de counseling individuel et collectif. Ces services étaient disponibles soit directement sur les lieux durant les heures de classe, soit au centre après l'école. Les adolescents et adolescentes de deux lycées pouvaient ainsi se renseigner sur les méthodes contraceptives, passer un test de grossesse ou recevoir des recommandations et des conseils d'orientation.

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