La survenue de douleurs est une inquiétude légitime lors d'une interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale. Cet article vise à informer les femmes sur les causes potentielles de la douleur après un avortement chirurgical (par aspiration), ainsi que sur les solutions disponibles pour la gérer et la soulager. Il est crucial que les femmes soient préalablement informées des douleurs qui peuvent être ressenties et qu'elles aient accès à un suivi médical adéquat.

Introduction à l'IVG Chirurgicale (par aspiration)

Contrairement à l'IVG médicamenteuse, l'avortement par aspiration, aussi appelé IVG chirurgicale, consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Il peut être réalisé jusqu'à la fin de la 12e semaine de grossesse. L'intervention se réalise sous anesthésie locale ou générale et ne dure qu'une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus. L'IVG chirurgicale est un geste effectué en ambulatoire, permettant à la femme d'être de retour chez elle en fin de journée.

Causes de la Douleur Après IVG Chirurgicale

La douleur après une IVG par aspiration est principalement due à la contraction du col de l'utérus. Au réveil, de petites contractions utérines peuvent générer une légère douleur, souvent comparée à celle de règles douloureuses. Plusieurs facteurs peuvent influencer l'intensité de cette douleur :

  • Contractions Utérines: Après l'aspiration, l'utérus se contracte pour revenir à sa taille normale, ce qui peut provoquer des crampes.
  • Sensibilité Individuelle: Chaque femme a un seuil de tolérance à la douleur différent, ce qui peut influencer son expérience. Des règles douloureuses habituelles semblent être un facteur prédisposant aux douleurs de l’IVG.
  • Dilatation du Col: La dilatation du col de l'utérus, bien que généralement réalisée sous anesthésie locale, peut entraîner une gêne ou une douleur résiduelle.

Solutions et Prise en Charge de la Douleur

La prise en charge de la douleur après une IVG chirurgicale est essentielle pour le bien-être de la patiente. Voici plusieurs approches qui peuvent être utilisées :

Prise en Charge Médicamenteuse

  • Antalgiques: Des antalgiques (médicaments contre la douleur) sont prescrits pour soulager les douleurs post-opératoires. Il ne faut pas hésiter à les prendre au début de la douleur, ils seront d‘autant plus efficaces. La patiente ne doit pas hésiter à dire ses habitudes et ses préférences médicamenteuses en cas de douleur ainsi que ses intolérances ou allergies. Contre la douleur, vous pouvez prendre de l’ibuprofène, ou Aleve, éventuellement en association avec du paracétamol. Ne prenez pas d’aspirine. Lisez toujours attentivement les notices des antalgiques et respectez les quantités prescrites.
  • Anti-inflammatoires: L'ibuprofène peut être utilisé pour réduire l'inflammation et la douleur.
  • Antibiotiques: Par précaution supplémentaire, des antibiotiques vous seront prescrits pour prévenir les infections.

Prise en Charge Non Médicamenteuse

  • Repos: Il est important de se reposer et d'éviter les activités intenses pendant les premiers jours suivant l'intervention.
  • Chaleur: Appliquez une compresse chaude sur votre bassin. La chaleur soulagera les douleurs et les crampes. Posez une compresse chaude ou chauffante sur le bas de votre bassin pendant 15 à 30 minutes à la fois. Notamment le bas-ventre avec de l’huile essentielle de basilic tropical. Enfin, n’hésitez pas à allumer une bougie.
  • Accompagnement: Il est nécessaire d‘être accompagnée par la personne de son choix, pour ne pas être seule le jour de la prise des médicaments.
  • Techniques de relaxation: Des techniques de relaxation, comme la respiration profonde ou la méditation, peuvent aider à gérer la douleur.
  • Acupressure: Utilisée avant, le jour même ou après l’avortement, l’acupressure permet une meilleure récupération.

Importance de l'Information et du Suivi

  • Information Préalable: Il est nécessaire que le processus soit bien expliqué au préalable et que la patiente ait pu, si besoin, exprimer ses craintes et ses inquiétudes et poser ses questions.
  • Contact Médical: Les téléphones d’un médecin ou d‘une sage-femme joignables à tout moment doivent être remis à la patiente. Si la douleur persiste et ne s’atténue pas malgré la prise de ces médicaments contre la douleur, il convient d’en informer le médecin ou la sage-femme qui suit l’IVG.
  • Consultation de Contrôle: Un troisième rendez-vous est réalisé environ 3 semaines après l’IVG, avec dosage des bêtaHCG (vulgairement appelé « hormone de grossesse »). Il est primordial de ne pas oublier ce rendez-vous, qui permettra de confirmer que tout va bien et que l’ensemble de la grossesse a bien été évacuée.

Complications Possibles et Quand Consulter

Bien que l'IVG chirurgicale soit généralement une intervention sécurisée, certaines complications peuvent survenir. Il est crucial de connaître les signes d'alerte et de consulter un médecin en cas de :

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  • Fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée)
  • Saignements abondants
  • Douleurs intenses
  • Saignements prolongés dans la période qui suit l’intervention
  • Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle
  • Infections

Dans de rares cas, des complications plus graves peuvent survenir, telles que des lésions de l’utérus ou des problèmes de coagulation sanguine. Une nouvelle intervention en milieu hospitalier peut alors s’avérer nécessaire.

Suites de l'IVG et Retour à la Normale

Il est normal de subir des désagréments pendant les premiers jours ou les premières semaines qui suivent une IVG chirurgicale :

  • Saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires
  • Désagréments hormonaux
  • Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques
  • Tension mammaire et/ou engorgement (lait)

Les symptômes de la grossesse (nausées ou sensibilité des seins) disparaissent généralement quelques jours après l’IVG instrumentale. Les menstruations reprennent généralement dans les 4 à 6 semaines. Il est conseillé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration après une IVG.

Contraception Après IVG

Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux. Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG.

Conséquences Psychologiques et Soutien

L’IVG n’est pas un acte anodin, et soulève souvent de lourdes angoisses. Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important.

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Stérilité et IVG

Le risque d’infertilité est souvent pointé comme une complication à long terme de l’interruption volontaire de grossesse. Ce risque n’est pas lié à la réalisation de l’IVG en tant que telle mais peut être une conséquence des éventuelles complications qui y sont associées (infection, lésions au niveau de l’utérus lors de l’aspiration, etc). Toutefois, ces complications sont rares quand l’IVG est réalisée dans des conditions sécurisées.

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