Après l'accouchement, il est courant de se concentrer sur le bien-être du bébé, parfois au détriment de sa propre santé. Pourtant, le corps de la mère a besoin de temps pour récupérer et retrouver son fonctionnement normal. Parmi les désagréments possibles, les douleurs aux adducteurs peuvent survenir. Cet article explore les causes de ces douleurs et propose des solutions pour les soulager.
Comprendre les Adducteurs
Les adducteurs sont un groupe de muscles situés à l'intérieur de la cuisse, responsables du mouvement de rapprochement de la jambe vers l'axe du corps (adduction). Bien que moins souvent évoqués que d'autres groupes musculaires, ils jouent un rôle crucial dans la stabilité du bassin, la marche et divers mouvements sportifs.
Anatomie des Adducteurs
On désigne sous le nom d’adducteurs tous les muscles impliqués dans un mouvement d’adduction, c’est-à-dire de rapprochement vers l’axe du corps. Il en existe au niveau du pouce, des pieds, mais les plus volumineux et les plus connus sont les quatre muscles adducteurs de la cuisse, qui font le lien entre le bassin et la partie haute du fémur. Ces muscles sont très sollicités dans un grand nombre de sports, en particulier le football.
Causes générales des douleurs aux adducteurs
Une douleur au niveau des adducteurs peut être causée par plusieurs pathologies. De manière générale, ces blessures se produisent à cause d’un surmenage des muscles ou d’un traumatisme ; c’est pourquoi on les retrouve surtout dans des sports qui sollicitent beaucoup les adducteurs : le football en premier lieu, mais aussi d’autres disciplines comme le tennis, la danse ou encore la course à pied. Un échauffement insuffisant ou une augmentation brutale de la charge d’entraînement sont souvent en cause pour les douleurs d’apparition progressive comme la tendinopathie.
Douleurs Pelviennes et Pubalgies Post-Partum
Les douleurs pelviennes désignent une douleur chronique ressentie dans la région inférieure de l'abdomen, entre les hanches. Toutefois, les hommes aussi peuvent en souffrir. Ces douleurs sont qualifiées de chroniques lorsqu’elles durent plus de 3 à 6 mois. Les douleurs au pubis sont appelées pubalgies dans le langage médical. Il ne s’agit pas d’une pathologie en soi, mais simplement d’un symptôme qui peut correspondre à différents types de lésions.
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Causes des douleurs pelviennes après l'accouchement
Après la grossesse, plusieurs facteurs peuvent contribuer aux douleurs pelviennes et aux adducteurs :
- L'accouchement : Les douleurs pelviennes intenses pendant et après l'accouchement sont normales et dues aux contractions utérines et à l'étirement du canal génital.
- Modifications hormonales: Pendant la grossesse, le corps sécrète de la relaxine, une hormone qui détend les ligaments et les articulations du bassin pour faciliter l'accouchement. Ce relâchement peut persister après l'accouchement et rendre les articulations plus vulnérables.
- Périnée affaibli: La difficulté à retenir l’urine est assez normale en fin de grossesse et dans le post-partum : le périnée, qui a été étiré par le poids du bébé et l’accouchement, joue moins bien son rôle.
- Mauvaise posture et surcharge: Le poids du bébé et les nouvelles habitudes (allaitement, portage) peuvent entraîner une mauvaise posture et une surcharge sur les muscles du bassin et des adducteurs.
- Déséquilibre musculaire: Chez la femme enceinte, la pubalgie peut se manifester suite à un déséquilibre entre les forces des muscles abducteurs et des muscles abdominaux, à l’augmentation du volume utérin et du poids de bébé ou encore au changement postural.
Facteurs de risque
Certaines femmes sont plus susceptibles de développer des douleurs aux adducteurs après l'accouchement :
- Antécédents de douleurs pelviennes ou de pubalgie.
- Grossesse multiple.
- Accouchement difficile ou long.
- Faiblesse musculaire abdominale et pelvienne.
- Mauvaise posture.
Symptômes associés aux douleurs pelviennes
Les symptômes pouvant accompagner les douleurs pelviennes sont :
- Douleur localisée ou diffuse dans la région pelvienne ;
- Douleur pouvant irradier vers le bas du dos, les cuisses ou les fesses ;
- Sensation de pression ou de lourdeur dans le bassin ;
- Douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie) ;
- Troubles urinaires : mictions fréquentes, douloureuses, ou urgence mictionnelle ;
- Troubles intestinaux : constipation, diarrhée, ballonnements.
Solutions et Traitements
La prise en charge des douleurs aux adducteurs après l'accouchement est essentielle pour améliorer la qualité de vie de la jeune maman.
Approches conservatrices
Dans la plupart des cas, les douleurs peuvent être soulagées par des méthodes non invasives :
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- Repos: Il est essentiel de se reposer et d'éviter les activités qui aggravent la douleur. Mieux vaut éviter de porter des charges lourdes durant cette période, ainsi que les sports qui sollicitent les abdominaux.
- Glace: Appliquer de la glace sur la zone douloureuse pendant 15-20 minutes plusieurs fois par jour peut aider à réduire l'inflammation et la douleur.
- Médicaments: Pour soulager les douleurs, mieux vaut en parler à la sage-femme ou au médecin pour avoir des conseils, voire des prescriptions, bien adaptés à notre cas. En attendant la consultation, les médicaments antidouleurs habituels, comme le paracétamol ou les antispasmodiques, sont compatibles avec l’allaitement.
- Rééducation périnéale: Les séances de rééducation périnéale peuvent aider à régler ce problème de fuites. En pratique, il s’agit essentiellement d’étirements, et d’exercices visant à renforcer les adducteurs. Si vous consultez dans le cadre d’une pubalgie du sportif, une bonne partie de la rééducation sera consacrée au renforcement de toute la zone douloureuse, ce qui implique aussi des exercices pour les abdominaux, les obliques et les transverses.
- Kinésithérapie: Un kinésithérapeute peut vous aider à améliorer votre posture, à renforcer vos muscles abdominaux et pelviens, et à apprendre des techniques de soulagement de la douleur.
- Ceinture de soutien pelvien: Porter une ceinture de soutien peut aider à stabiliser le bassin et à réduire la douleur.
- Exercices de Kegel: Faire des exercices de Kegel régulièrement peut aider à renforcer les muscles du plancher pelvien et à améliorer la stabilité du bassin.
- Gainage: Le gainage est un exemple d’exercice très pertinent pour diminuer le risque de pubalgie. En effet, il permet d’équilibrer les rapports entre la musculature du tronc, et celle des membres inférieurs.
Approches médicales
Dans certains cas, des interventions médicales peuvent être nécessaires :
- Injections de cortisone: Dans les cas de douleurs persistantes, des injections de cortisone peuvent être envisagées pour réduire l'inflammation.
- Chirurgie: Le recours à la chirurgie est rare. Lorsqu’une personne âgée se fracture le bassin après une chute ou un petit accident, on opte généralement pour un traitement orthopédique, complété par une rééducation douce.
Diagnostic des douleurs pelviennes
Le diagnostic des douleurs pelviennes repose sur une consultation médicale complète, qui comprend :
- Un interrogatoire médical : le médecin questionnera la personne sur ses antécédents médicaux, ses symptômes, leur localisation, leur intensité, leur fréquence et les éventuels facteurs déclenchants ;
- Un examen physique : l'examen physique gynécologique peut inclure un examen pelvien (le médecin examinera les organes génitaux externes et internes à la recherche de signes d'infection, de douleur ou de masses) et une palpation abdominale (le médecin palpera l'abdomen pour rechercher des anomalies au niveau des organes pelviens et abdominaux).
En fonction des résultats de l'examen clinique, des examens complémentaires pourront être demandés en fonction des troubles envisagés :
- Analyses de sang : numération formule sanguine à la recherche d'une infection, dosages hormonaux ;
- Analyses d'urine : pour rechercher une infection urinaire ;
- Prélèvement urétraux et vaginaux ;
- Échographie pelvienne : elle permet de visualiser l'utérus, les ovaires, les trompes de Fallope et d'autres structures pelviennes pour identifier d'éventuelles anomalies telles que l’appendicite. D’autres examens d’imagerie peuvent être réalisés (tomodensitométrie, IRM) ;
- Hystéroscopie : examen qui permet de visualiser l'intérieur de l'utérus à l'aide d'une sonde optique introduite par le vagin et le col de l'utérus ;
- Laparoscopie : intervention chirurgicale peu invasive qui permet de visualiser les organes pelviens par une petite incision abdominale et d'effectuer des biopsies si nécessaire ;
- Cystoscopie : examen de la vessie et de l’urètre pour détecter des anomalies urinaires ;
- Coloscopie : examen de l’intestin pour détecter des troubles gastro-intestinaux.
Prévention
Certaines mesures peuvent aider à prévenir l'apparition des douleurs pelviennes :
- Hygiène personnelle : pratiquer une bonne hygiène pour éviter les infections urinaires et génitales ;
- Sexualité protégée : utiliser des préservatifs pour prévenir les infections sexuellement transmissibles (IST) ;
- Gestion du stress : adopter des techniques de relaxation, de méditation et d'exercice pour réduire le stress, car celui-ci peut exacerber les douleurs pelviennes ;
- Alimentation équilibrée : pour éviter les troubles gastro-intestinaux, adopter un régime riche en fibres et pauvre en aliments irritants.
Conseils supplémentaires
- Parlez-en à votre médecin: Il est important de discuter de vos douleurs avec votre médecin ou votre sage-femme. Ils pourront vous aider à identifier la cause de vos douleurs et à élaborer un plan de traitement adapté à vos besoins. Si on a des symptômes physiques, quels qu’ils soient, on en parle à un professionnel de santé, qui pourra nous aider et nous proposer des solutions dans la plupart des cas.
- Soyez patiente: La guérison peut prendre du temps. Soyez patiente et persévérante dans vos efforts pour soulager la douleur.
- Écoutez votre corps: Ne forcez pas et reposez-vous lorsque vous en avez besoin. On n’hésite pas à parler en couple de ce qu’on ressent, de ce qu’on veut ou ne veut pas.
- Rejoignez un groupe de soutien: Parler à d'autres femmes qui ont vécu des expériences similaires peut être très utile. On n’hésite pas à en parler aussi à d’autres personnes, notamment des femmes qui ont déjà eu des enfants ou vont en avoir. Par exemple avec des amies ou voisines, ou même dans des groupes de paroles de mamans ou futures mamans. Il ne doit y avoir aucun tabou autour de ce que vit le corps de la femme après l’accouchement.
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