Introduction
Dilantin, dont le principe actif est la phénytoïne sodique, est un médicament antiépileptique utilisé pour traiter diverses formes d'épilepsie chez l'adulte et l'enfant. En pédiatrie, il est principalement indiqué pour le contrôle de l'état de mal épileptique de type tonico-clonique (grand mal) chez l'enfant de moins de 5 ans, ainsi que pour la prévention et le traitement des crises convulsives survenant après une intervention neurochirurgicale et/ou un traumatisme crânien. Il est essentiel de comprendre les spécificités de l'utilisation de Dilantin chez les enfants, notamment en ce qui concerne la dose de charge, l'administration et les effets secondaires potentiels.
Indications et Contre-indications
Dilantin est utilisé dans les cas suivants :
- Traitement de l'état de mal épileptique de l'adulte et de l'enfant, en monothérapie ou en association.
- Contrôle de l'état de mal épileptique de type tonico-clonique (grand mal) chez l'enfant de moins de 5 ans.
- Prévention et traitement des crises convulsives survenant après une intervention neurochirurgicale et/ou un traumatisme crânien.
- Troubles du rythme ventriculaire lors d'une intoxication digitalique, en cas de besoin : échec ou intolérance aux traitements de référence.
Cependant, Dilantin est contre-indiqué dans les situations suivantes :
- Bradycardie sinusale, bloc sino-auriculaire, bloc auriculoventriculaire du deuxième et du troisième degré et syndrome de Stokes-Adams (par voie orale).
- Femmes en âge de procréer et femmes enceintes, sauf en cas de besoin clinique et après information du risque potentiel pour le fœtus.
Dose de charge et administration
Considérations générales
La phénytoïne par voie parentérale peut être administrée en bolus intraveineux lent ou par perfusion intraveineuse. Chez les patients âgés ou atteints de maladie rénale ou hépatique, une diminution de la dose, du débit de perfusion ou des doses moins fréquentes doit être envisagée.
Préparation et administration
Dilantin peut être injecté directement, mais il est préférable de le diluer dans une solution de chlorure de sodium à 0,9% pour obtenir une concentration voisine de 5 mg/ml. Il ne doit pas être ajouté à du glucose ou des solutions contenant du glucose en raison du risque de précipitation. La solution doit être injectée dans une grosse veine périphérique ou centrale avec une aiguille ou un cathéter de gros calibre, de préférence avec une seringue électrique. Une voie veineuse particulière doit lui être réservée à cause d'un risque de précipitation si d'autres substances lui étaient ajoutées. Avant l'administration, la perméabilité du cathéter IV doit être testée avec une solution saline stérile. Chaque injection de DILANTIN solution injectable doit être suivie par une injection de solution saline stérile dans la même aiguille ou cathéter afin de limiter l'irritation veineuse locale due au pH de la solution de DILANTIN.
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Surveillance pendant l'administration
Le pouls et la tension artérielle doivent être vérifiés toutes les deux minutes. Une baisse de la tension artérielle ou une bradycardie doivent impérativement faire ralentir le débit de l'injection. Une surveillance continue ou subcontinue de l'électrocardiogramme est fortement conseillée, surtout chez les personnes âgées ou à risque. Il faut également rechercher tout signe de détresse respiratoire.
Vitesse d'injection
La vitesse d'injection doit être respectée : 1 mg/kg/min, sans dépasser 50 mg/min (chez l'adulte et chez l'enfant), 25 mg/min (chez la personne âgée).
Particularités pédiatriques
Chez l'enfant de moins de 5 ans, seule la spécialité de phénytoïne sodique DILANTIN 250 mg/5 mL solution injectable est indiquée pour le contrôle de l'état de mal épileptique de type tonico-clonique (grand mal) ainsi que pour la prévention et le traitement des crises convulsives survenant après une intervention neurochirurgicale et/ou un traumatisme crânien. La dose de charge recommandée est de 20 mg/kg en IVL de 20 min.
Effets indésirables potentiels
Les effets indésirables de Dilantin peuvent être variés et affecter différents systèmes de l'organisme. Il est important de surveiller attentivement les patients, en particulier les enfants, pour détecter tout signe de réaction indésirable.
Effets cardiovasculaires
Des troubles de la fonction cardiaque ont été rapportés, tels que fibrillation ventriculaire et dépression de la conduction ventriculaire et auriculaire. L'administration de DILANTIN peut provoquer une diminution de la pression artérielle et des problèmes cardiaques graves, entraînant parfois le décès. Une hypotension peut survenir après administration IV de fortes doses et/ou débit de perfusion élevé de phénytoïne et même aux doses et débits recommandés.
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Effets neurologiques et psychomotrices
Les effets les plus fréquents incluent des mouvements involontaires des yeux, une difficulté à coordonner les mouvements, des paroles mal articulées, une coordination ralentie et une confusion mentale. D'autres effets possibles sont l'insomnie, les vertiges, les maux de tête, les sensations de picotement et de fourmillement, et la somnolence. Rarement, des mouvements anormaux incluant chorée, contracture musculaire et tremblements similaires à ceux induits par les phénothiazines et autres neuroleptiques peuvent survenir. Exceptionnellement, une atteinte des nerfs des membres périphériques à prédominance sensitive peut se produire en cas de traitement prolongé. Des cas d'atrophie cérébelleuse ont été rapportés et semblent plus fréquents en cas d'exposition prolongée et/ou à des concentrations élevées. Des pensées autodestructrices ou suicidaires ont été observées chez un petit nombre de personnes traitées par des antiépileptiques tels que DILANTIN. Des concentrations élevées prolongées de phénytoïne au-delà des doses thérapeutiques peuvent entraîner, des états confusionnels tels que "délires", "psychoses" ou "encéphalopathies" ou, rarement, des perturbations irréversibles des fonctions cérébelleuses et/ou une atrophie cérébelleuse.
Effets cutanés et muqueux
Des éruptions cutanées avec fièvre sont les effets les plus fréquents. Plus rarement, des manifestations plus sévères pouvant aller jusqu'à la mort peuvent survenir, telles que lupus érythémateux (maladie inflammatoire), dermatite bulleuse exfoliatrice (inflammation de la peau) ou purpura (« bleus » ou petites taches rouges sur la peau), syndrome de Stevens-Johnson et nécrose toxique de l'épiderme. Une hypertrophie des gencives, un épaississement des lèvres, une pilosité importante et une maladie de La Peyronie peuvent également se produire. Les antiépileptiques (tels que DILANTIN) sont susceptibles d'entraîner une pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG) (principalement localisée sur les plis de la peau, le tronc et les membres supérieurs), un syndrome de Stevens Johnson (décollement de la peau pouvant rapidement s'étendre à tout le corps), ou une nécrolyse épidermique toxique (destruction de la peau) pouvant être mortels. Des cas d’angiœdèmes ont été rapportés chez des patients traités par de la phénytoïne. Le traitement doit être interrompu immédiatement si des symptômes tels que des gonflements au niveau de la face, de la bouche et des voies respiratoires supérieures apparaissent. Une irritation des tissus mous et une inflammation se sont produites au niveau du site d’injection avec ou sans extravasation du produit. Des œdèmes, des décolorations et des douleurs distales au site d’injection (décrits comme le « syndrome du gant pourpre ») ont aussi été rapportés à la suite d’une injection périphérique intraveineuse de phénytoïne. L’irritation des tissus mous peut varier d’une légère sensibilité à une nécrose étendue et à une épidermolyse. Le syndrome peut ne se développer que plusieurs jours après l’injection.
Effets hématologiques
Une diminution ou éventuellement disparition d'une ou plusieurs catégories de cellules sanguines, globules rouges, globules blancs, plaquettes (thrombocytopénie, leucopénie, granulocytopénie, agranulocytose et pancytopénie avec ou sans aplasie médullaire pouvant parfois aller jusqu'à la mort) peut survenir. Exceptionnellement, une anémie macrocytaire et mégaloblastique (atteinte des globules rouges) peut se produire.
Effets sur les os
Des cas de problèmes osseux (diminution de la densité minérale osseuse, d'ostéopénie, d'ostéoporose) et de fractures ont été rapportés.
Troubles généraux et anomalies au site d'administration
Une irritation locale, une inflammation, une sensibilité, une nécrose cutanée (lésion sévère de la peau) et un décollement de l'épiderme ont été rapportés avec ou sans fuite du produit en dehors de la veine.
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Autres considérations
De façon générale, le profil des effets indésirables de la phénytoïne est similaire entre les enfants et les adultes. Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. Ceci s'applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice.
Interactions médicamenteuses
La phénytoïne peut interagir avec de nombreux médicaments, affectant ainsi son efficacité ou augmentant le risque d'effets secondaires. Il est crucial d'informer le médecin de tous les médicaments pris par l'enfant, y compris les médicaments en vente libre et les produits à base de plantes.
Interactions à surveiller
- Inducteurs enzymatiques: La co-administration avec des inducteurs du CYP3A4 (comme la rifampicine) peut diminuer les concentrations plasmatiques de phénytoïne, réduisant ainsi son efficacité.
- Inhibiteurs enzymatiques: Certains médicaments peuvent inhiber le métabolisme de la phénytoïne, augmentant ainsi ses concentrations plasmatiques et le risque de toxicité.
- Substrats du CYP2C9: La phénytoïne est métabolisée par l'enzyme CYP450 CYP2C9. Les patients porteurs des variants CYP2C9*2 ou CYP2C9*3 à activité enzymatique diminuée peuvent présenter un risque d'augmentation des concentrations plasmatiques de phénytoïne et de toxicité ultérieure.
- Contraceptifs oraux: Dilantin peut rendre inefficace les contraceptifs oraux hormonaux (ex : pilule contraceptive), c'est pourquoi un autre moyen efficace de contraception est recommandé pendant le traitement et durant le cycle menstruel débutant après l'arrêt du traitement.
Exemples d'interactions
- Ivosidenib: Ivosidenib est un substrat du CYP3A4 et induit le CYP2C9.
- Tizanidine: L'administration concomitante de médicaments induisant l'action du CYP1A2 peut entraîner une diminution de la concentration plasmatique de tizanidine.
Utilisation pendant la grossesse et l'allaitement
Grossesse
DILANTIN ne doit pas être utilisé chez les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes, sauf en cas de besoin clinique et, si possible, la femme doit être informée du risque d'effet délétère potentiel pour le fœtus. Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement et jusqu'à un mois après l'arrêt du traitement. L'exposition prénatale à la phénytoïne peut augmenter les risques de malformations congénitales et d'autres effets indésirables sur le développement. Des malformations telles que des fentes orofaciales, des malformations cardiaques, des malformations craniofaciales, des hypoplasies des ongles et des doigts, et des anomalies de croissance (y compris la microcéphalie et le déficit de croissance prénatale), ont été rapportées, soit individuellement, soit dans le cadre d'un syndrome d'hydantoïne fœtale, chez des enfants nés de femmes épileptiques ayant utilisé de la phénytoïne pendant la grossesse. Des troubles du développement neurologique ont été rapportés chez des enfants nés de femmes épileptiques ayant utilisé de la phénytoïne seule ou en association avec d'autres antiépileptiques pendant la grossesse.
Allaitement
Ce médicament passe dans le lait maternel.
Surveillance du traitement
La concentration plasmatique de phénytoïne doit être contrôlée dans les heures suivant la dose de charge pour ajuster le traitement d'entretien, surtout si une interaction avec un autre médicament est possible. Chez les patients atteints d'insuffisance rénale ou hépatique ou chez ceux qui souffrent d'hypoalbuminémie, l'interprétation des concentrations plasmatiques de la phénytoïne totale doit être faite avec précaution.
Précautions d'emploi
- Un traitement antiépileptique ne doit pas être interrompu brutalement car cela risque d'augmenter la fréquence des crises. Si une réduction de dose, une interruption ou une substitution par un médicament antiépileptique alternatif s'avèrent nécessaires, cela devra être réalisé progressivement sous contrôle du médecin.
- Des pensées autodestructrices ou suicidaires ont été observées chez un petit nombre de personnes traitées par des antiépileptiques tels que DILANTIN.
- Les antiépileptiques (tels que DILANTIN) sont susceptibles d'entraîner un syndrome de Stevens Johnson (décollement de la peau pouvant rapidement s'étendre à tout le corps), ou une nécrolyse épidermique toxique (destruction de la peau) pouvant être mortels.
- Des dèmes, des décolorations de la peau ou des douleurs des extrémités au site d'injection ont été observés chez certains patients.
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