Le dosage des antistreptolysines O (ASLO) est un examen sanguin qui joue un rôle crucial dans le diagnostic des infections à streptocoques β-hémolytiques du groupe A, particulièrement chez l'enfant. Cet article explore en détail les indications de ce dosage, l'interprétation des résultats, et les affections associées à une élévation du taux d'ASLO, tout en tenant compte des aspects spécifiques de la scarlatine et des complications potentielles chez l'enfant.

Qu'est-ce que le dosage ASLO ?

Les streptocoques β-hémolytiques du groupe A sont des bactéries qui sécrètent une substance appelée streptolysine O, capable de détruire les globules rouges. Le dosage des antistreptolysines O (ASLO) consiste en une prise de sang effectuée dans un laboratoire d'analyses médicales. On recherche, par des techniques d'hémagglutination, la présence ou non d'anticorps ayant permis de réagir contre un marqueur particulier de la bactérie streptolysine O. Il faut savoir que ces dosages sont de moins en moins utilisés.

Ce dosage est utile pour diagnostiquer une infection à streptocoque et suivre l'évolution des complications de cette affection. Il permet de détecter la présence d'anticorps produits par l'organisme en réponse à la streptolysine O.

Indications du dosage ASLO chez l'enfant

Le dosage ASLO est particulièrement indiqué dans les situations suivantes :

  • Suspicion d'infection à streptocoque: En présence de symptômes tels qu'une angine streptococcique, une scarlatine, ou une infection cutanée.
  • Recherche de complications post-streptococciques: En cas de suspicion de rhumatisme articulaire aigu (RAA) ou de glomérulonéphrite aiguë streptococcique.
  • Suivi de l'évolution d'une infection à streptocoque: Pour évaluer l'efficacité du traitement antibiotique et prévenir les complications.

Interprétation des résultats du dosage ASLO

Une élévation du taux de l'antistreptolysine O s'observe dans les cas pathologiques suivants : rhumatisme articulaire aigu, glomérulonéphrite aiguë streptococcique, scarlatine, érythème noueux, angine streptococcique, myélome.

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Quand le résultat est négatif, cela signifie qu'il n'y a pas de signes d'ASLO et qu'il y a donc peu de chances que le patient ait été en contact avec un streptocoque. Néanmoins, l'élévation du taux d'ASLO n'est souvent visible qu'une à trois semaines après l'infection.

Il est important de noter que des résultats élevés ne signifient pas nécessairement une infection active. Ils peuvent refléter une infection récente ou passée. L'interprétation doit donc se faire en tenant compte du contexte clinique et des autres examens complémentaires.

La scarlatine : un exemple d'infection streptococcique chez l'enfant

La scarlatine est une maladie infectieuse causée par la toxine d'une bactérie : le streptocoque A (SGA) aussi appelé streptocoque β-hémolytique du groupe A ou encore Streptococcus pyogenes. Elle touche principalement les enfants de 5 à 10 ans. La contagion se fait le plus souvent par voie aérienne (à travers les gouttelettes de salive émises lors de la parole par exemple) mais également par biais de mains souillées ou encore lors des baisers.

Symptômes de la scarlatine

Le temps d’incubation de l’infection peut aller de 1 à 4 jours, parfois plus, avant que les symptômes n’apparaissent. Un autre symptôme distinctif peut être une l’éruption cutanée qui apparaît généralement 24 à 48 heures après le début du mal de gorge et de la fièvre. Cette éruption qui est causée par une toxine produite par le streptocoque du groupe A est spécifique à la scarlatine : elle commence par le thorax, puis elle peut ou pas s'étendre en deux jours au reste du corps, en restant plus marquée au niveau des plis (aines, coudes) mais sans toucher paumes des mains ou plantes des pieds. La peau paraît avoir été brûlée par le soleil et au toucher, elle est rugueuse comme du papier de verre. De minuscules boutons d’un rouge vif parsèment la peau. La langue du patient atteint de la scarlatine subit plusieurs transformations. Elle est d'abord recouverte d’un enduit blanc épais, puis devient à vif (de la périphérie vers le centre), prenant une couleur et aspect dit “framboisée” au bout de quelques jours.

Diagnostic et traitement de la scarlatine

S'il peut subsister des doutes lors du diagnostic (absence d’éruption cutanée au début de la maladie, formes de scarlatine donnant des symptômes atténués, etc.), un prélèvement de gorge peut mettre en évidence la bactérie. Dès lors, le traitement officiel de première intention est l’amoxicilline (famille des pénicillines). Le cefpodoxime proxétil peut être utilisé, notamment en cas d’allergie aux pénicillines et en l’absence de contre-indication aux céphalosporines. Ne pas prendre de traitement antibiotique pour une scarlatine peut s’avérer irresponsable. En effet, une fois sous antibiotique, le patient souffrant de cette infection n’est plus contagieux au bout de seulement 48 heures de traitement. Or, si la maladie n’est pas soignée, la bactérie reste transmissible durant 10 à 21 jours.

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Complications potentielles de la scarlatine

Ne pas traiter efficacement la scarlatine peut être dangereux - notamment pour les personnes fragiles, souffrant déjà de maladies chroniques ou sous immunosuppresseur - car elle entraîne potentiellement de graves complications notamment chez l’adulte. Parmi ces complications , on retrouve le rhumatisme articulaire aigu qui peut aller jusqu’à toucher les muscles du coeur, ou une atteinte très dangereuse des reins comme une glomérulonéphrite aiguë (dysfonctionnement qui entraîne une mauvaise filtration du sang et induit de nombreux symptômes comme des céphalés, ou des douleurs abdominales). À noter qu’une scarlatine non traitée peut aussi engendrer sinusite, otite ou une propagation de l’infection aux ganglions lymphatiques du cou, appelée adénopathie.

Remèdes naturels pour soutenir le traitement de la scarlatine

Si un traitement antibiotique est nécessaire pour soigner efficacement la scarlatine, des produits naturels peuvent soutenir l’action antibiotique en agissant directement sur la bactérie, sur le système immunitaire ou encore sur les symptômes (démangeaisons, maux de gorge, fièvre etc…). On pense aux remèdes généralistes anti-infectieux et soutenant l’immunité tels que la propolis (liquide, en gélules) ou l’extrait de pépin de pamplemousse. Les huiles essentielles contenants des phénols (thymol, eugénol…) et en particulier du carvacrol seraient particulièrement efficaces contre la bactérie streptococcus pyogenes, responsable de la scarlatine, selon plusieurs études in vitro. D’après les chercheurs, le carvacrol possèderait même un effet additif-synergique avec la clindamycine ou la pénicilline (antibiotique). Parmi les huiles essentielles contenant du carvacrol on retrouve notamment les HE de de Sarriette des Montagnes (25 à 50%), d’Origan Compact (21 à 53%) et de Thym à Thymol (1 à 13%). En outre, l’huile essentielle de cannelle de Ceylan, aurait également fait ses preuves in vitro : contenant de l’eugénol, elle est aussi riche en cinnamaldéhyde aux puissantes propriétés antibactériennes et bactériostatiques. On peut les utiliser en massage thoracique très diluées dans de l’huile végétale car elles sont toutes dermocaustiques (5 à 10% d’huile essentielle pour 90 à 95% d’huile végétale). Par voie orale, des capsules huileuses contenant ces HE sont disponibles en pharmacie, parapharmacie et magasin bio (par exemple Pranacaps ou Oleocaps…). Toutes ses huiles sont déconseillées aux femmes enceintes ou allaitantes ainsi qu’à l'enfant de moins de 7 ans. Pour les enfants plus jeunes dont on voudra soutenir l‘immunité, mais également chez l’adulte, on pourra s’orienter vers une de ces plantes sous forme de tisane refroidie (thym, sarriette, origan), associée à la menthe poivrée pour la fièvre (1cc de chaque plante par tasse, 2 à 3 tasses par jour).

Pour soulager les démangeaisons dues à la scarlatine, l'Aloe Vera est le premier remède qu'il faut employer pour calmer les irritations et faciliter la cicatrisation. Il ne s'agit que d'un remède symptomatique dans ce cas, mais c'est sans doute le plus urgent.

Réapparition de la scarlatine

On a longtemps essayé de soigner la scarlatine par vaccinations ou sérums qui se sont souvent révélés inutiles, voire dangereux. C’est avec la découverte des antibiotiques que le caractère épidémique de la maladie a été freiné, et on pensait même qu’elle avait été éradiquée. Pourtant, elle réapparaît de nos jours de façon épisodique dans les collectivités, y compris en France. En outre, la scarlatine ne concerne généralement que les enfants de 5 à 10 ans et l’on estime aujourd’hui qu’au-delà de cette période, plus de 80% des enfants ont développé des anticorps contre les exotoxines responsables du développement de la maladie. Quant à la contamination des adultes, elle était, jusqu'à une période récente, très rare. Mais depuis quelques années ce n'est plus le cas. Comment expliquer cela ? C'est très simple, il suffit que l'adulte malade ait échappé à la maladie lorsqu'il était enfant en raison d'un autre traitement antibiotique pour une autre maladie pour que le système immunitaire, insuffisamment informé, ne reconnaisse pas la bactérie.

Rhumatisme Articulaire Aigu (RAA)

Dans les pays industrialisés, du fait des épidémies sporadiques, l'incidence du RAA est généralement inférieure à 1/20 000 individus. Dans les pays en développement, l'incidence annuelle est au moins 100 fois supérieure, avec des rapports de plus de 1/200 individus dans des sous-populations sélectionnées, telles que les Aborigènes Australiens. Le RAA débute généralement entre l'âge de 5 et 15 ans, et implique le coeur, les grosses articulations et la peau. Il s'agit d'une complication retardée d'une pharyngite à SGA non traitée. Les critères diagnostic majeurs incluent une polyarthrite migratrice (46-66% des cas), le plus souvent des genoux, des chevilles, des coudes et des poignets ; une cardite (53-68%, clinique et sous-clinique diagnostiquées par échocardiogramme), se présentant comme une valvulopathie mitrale (90%) ou aortique (10%) de manière isolée, mais des combinaisons des 4 valves ont été rapportées. La chorée de Sydenham (8-15%), l'érythème marginé (1-11%) et des nodules sous-cutanés des surfaces de flexion (1-8%) sont également observés. Les critères mineurs incluent une fièvre (35-75% des cas), des arthralgies (35-56%), un bloc cardiaque de premier degré (intervalle PR prolongé, 20-29%) et des marqueurs d'inflammation élevés (53-91%). Des associations du RAA avec certains types de HLA ont été proposées (surtout avec le HLA-DR7), mais de nombreux types ont été impliqués et ne sont pas toujours consistants parmi les différentes populations. La réactivité croisée immunologique pourrait apparaître par mimétisme moléculaire et a été attribuée à la protéine-M de la membrane cellulaire du SGA. Les critères révisés de Jones nécessitent la présence de deux critères majeurs, ou d'un critère majeur et de deux critères mineurs, ainsi que la preuve d'une infection antérieure au SGA. Le pronostic est généralement bon après un épisode initial de RAA, et toutes les manifestations se résolvent complètement, à l'exception des valvulopathies qui peuvent progresser avec le temps, surtout lors d'épisodes ultérieures de RAA.

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Érythème noueux

Définition et caractéristiques : L’érythème noueux est une hypodermite nodulaire inflammatoire, marquée par des nodules rouges, douloureux et fermes, principalement localisés sur les tibias.

Symptômes associés : Fièvre, douleurs articulaires, fatigue et œdèmes peuvent accompagner les nodules, avec une régression spontanée des lésions en 2 à 6 semaines.

Causes possibles : Infections (bactériennes, virales, parasitaires), maladies auto-immunes (sarcoïdose, MICI), médicaments (antibiotiques, contraceptifs) ou grossesse. Dans 50 % des cas, aucune cause n’est identifiée.

Diagnostic : Repose sur l’examen clinique et la palpation des nodules, complété par des analyses pour identifier d’éventuelles pathologies sous-jacentes.

Traitements : Repos, soins locaux, anti-inflammatoires et traitement de la cause identifiée (infections, maladies systémiques). La peau peut être le siège de nombreuses affections plus ou moins gênantes qui, de prime abord, peuvent se ressembler, mais qu’il faut savoir diagnostiquer avec précision pour pouvoir les traiter convenablement.

Parmi celles-ci, il en existe une, pas toujours évidente à traiter tant ses causes peuvent être complexes : l’érythème noueux. Cette affection dermatologie inflammatoire, qui touche les couches profondes de la peau, est caractérisée par la survenue de nodules rouges et sensibles sur le corps, et plus particulièrement sur les jambes.

Si dans la majorité des cas, aucune cause n’est retrouvée, elle peut aussi être induite par une pathologie sous-jacente plus grave.

Bien qu’elle puisse toucher tout le monde, cette hypodermite affecte majoritairement les femmes âgées de 20 à 39 ans. Alors, qu’est-ce que l’érythème noueux ? Comment se manifeste l’érythème noueux ? En règle générale, on observe une « phase pré-érythémateuse », une « phase érythémateuse » et une « phase de rémission ».

Durant la phase pré-érythémateuse, certains symptômes généraux peuvent apparaître 3 à 4 jours avant l’apparition des nouures, parmi lesquels :

  • Un état subfébrile à fébrile avec des températures allant de 38 à 39 °C,
  • Des douleurs articulaires et musculaires, et
  • Une fatigue inhabituelle.

Durant la phase érythémateuse, les nodules et lésions érythémateuses sèches, apparaissent au niveau des tibias, dans la très grande majorité des cas. Le traitement est avant tout fonction des symptômes et de la cause.

En premier lieu, il conviendra de :

  • Traiter les pathologies sous-jacentes identifiées : infection, maladie systémique…
  • Arrêter les médicaments suspectés dans la survenue de l’érythème,
  • Recommander le repos,
  • Mettre en place des soins de support : surélévation des membres inférieurs, application de compresses froides, chaussettes de contention…

Médicaments recommandés :

  • Les antalgiques et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pour soulager la douleur : Ibuprofène, naproxène…
  • Les comprimés d’iodure de potassium moins fréquemment prescrits : ils permettent de réduire l’inflammation.
  • Les corticoïdes, dans les cas les plus sévères, surtout si une maladie auto-immune est associée. Ils seront toutefois donnés en dernier recours pour éviter l’aggravation d’une infection déclarée ou suspectée.
  • Les antibiotiques, tels que la pénicilline ou une céphalosporine seront prescrits en cas d’infection à streptocoques. Comme indiqué plus haut, l’érythème noueux apparait avec un déclencheur comme des infections répétées, une grossesse mais aussi les maladies auto-immunes et systémiques.

Les maladies inflammatoires comme la sarcoïdose ou la maladie de Crohn, par leur caractère chronique, peuvent donc entraîner des récidives.

L’érythème noueux peut récidiver environ 7 mois plus tard, dans 1 cas sur 5.

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