Caroline Cellier, née Monique Marie Louise Cellier le 7 août 1945 à Montpellier et décédée le 15 décembre 2020 à Paris, fut une actrice française emblématique. Elle a marqué de son empreinte le théâtre, le cinéma et la télévision. Son talent fut récompensé par le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1985 pour sa performance dans L’Année des méduses.
Jeunesse et Formation
Monique Cellier, connue sous le nom de Caroline Cellier, voit le jour dans une famille de cinq enfants. Elle est la fille d’Hubert Cellier, garagiste, et de Jacqueline Serrou. Elle passe son enfance à Montpellier jusqu’à l’âge de sept ans, entourée de ses quatre sœurs. Adolescente, elle s'adonne au tennis et à la natation. Après son installation à Paris, elle fréquente le lycée Molière. À 18 ans, elle entre au cours d'art dramatique René Simon à Paris, où elle travaille sa diction et découvre sa passion pour l'art dramatique.
Débuts et Ascensions Théâtrales
En 1963, Caroline Cellier fait ses premiers pas sur scène dans On ne peut jamais dire de George Bernard Shaw, au Théâtre Gramont à Paris. En 1964, elle apparaît dans les téléfilms La Mégère apprivoisée avec Bernard Noël et Une fille dans la montagne avec Jacques Higelin. La même année, elle brille au théâtre dans Croque-Monsieur et Du vent dans les branches de sassafras, ce qui lui vaut les prix Gérard-Philipe et Suzanne Bianchetti, récompensant les jeunes espoirs. En 1967, elle triomphe dans Pygmalion de George Bernard Shaw avec Pierre Vaneck.
Premiers Pas au Cinéma
C'est en 1965 que Caroline Cellier débute au cinéma dans La Tête du client de Jacques Poitrenaud, aux côtés de Michel Serrault, Jean Poiret et Francis Blanche. Elle y rencontre Jean Poiret, qui deviendra son compagnon. À la fin des années soixante, elle interprète la maîtresse d'Amidou dans La Vie, l’amour, la mort (1968) de Claude Lelouch. Dans Que la bête meurt (1969) de Claude Chabrol, elle est impliquée dans l’accident qui a causé la mort du fils de Michel Duchaussoy. Elle obtient un rôle plus conséquent dans le film policier Les aveux les plus doux (1970) de Édouard Molinaro avec Marc Porel et interprète la femme de Jacques Brel dans L’emmerdeur (1973) de Francis Veber.
Les Années 1980 : La Consécration
Accaparée par le cinéma et la télévision, Caroline Cellier effectue un retour remarqué sur scène dans Trahisons (1982) avec Sami Frey et André Dussollier et L’âge de monsieur est avancé (1985) avec François Périer et Bernard Haller. À partir des années quatre-vingts, elle enchaîne les rôles au cinéma. Elle interprète la femme de Patrick Dewaere dans Mille milliards de dollars (1981) d'Henri Verneuil ou participe au portrait de Femmes de personne (1983) de Christopher Frank avec Marthe Keller et Fanny Cottençon.
Lire aussi: Retour sur le parcours de Fernando Alonso
Elle retrouve le réalisateur pour L’année des méduses (1984) où Bernard Giraudeau, séduit par Valérie Kaprisky, succombe au charme de sa mère interprétée par Caroline Cellier. Elle obtient pour ce rôle le César du meilleur second rôle en 1985. Elle joue aussi la maîtresse de Michel Bouquet dans Poulet au vinaigre (1984) de Claude Chabrol.
Diversification des Rôles et Collaborations
Durant sa carrière, Caroline Cellier a collaboré avec des réalisateurs renommés tels que Claude Lelouch, Claude Chabrol et Henri Verneuil. Son rôle dans L’Année des méduses (1984) marque un tournant dans sa carrière, lui valant le César du meilleur second rôle.
Dans les années 1990, elle joue dans Le Zèbre (1992), réalisé par Jean Poiret, et Farinelli (1994). Elle enchaîne les premiers rôles sous la direction de Catherine Corsini, Bernard Stora ou Isabel Sébastian sans vraiment rencontrer le succès. Elle renoue avec le théâtre en interprétant Les liaisons dangereuses (1988) d’après Choderlos de Laclos avec Bernard Giraudeau.
Plus discrète après 2000, elle apparaît dans Thelma, Louise et Chantal (2010), son dernier film. Elle joue une grand-mère dans Fragile(s) (2007), un rôle qu’elle trouve difficile. En 2006, elle partage l’affiche avec Johnny Hallyday dans Jean-Philippe.
Vie Personnelle
Caroline Cellier a partagé sa vie avec Jean Poiret pendant 27 ans. Ils se rencontrent en 1965 sur le tournage de La Tête du client. Leur fils, Nicolas Poiret, voit le jour le 19 novembre 1978 et devient scénariste. Le couple se marie en 1989 et reste uni jusqu’à la mort de Jean Poiret en 1992, des suites d’une crise cardiaque. Caroline Cellier ne se remariera pas.
Lire aussi: Thibault Rabiet : son engagement dans l'édition
Engagement et Héritage
Engagée politiquement, elle soutient la campagne présidentielle de Lionel Jospin en 2002. Après la mort de Jean Poiret en mars 1992, Caroline Cellier limite ses apparitions au cinéma et au théâtre. Sur le grand écran, elle est dirigée par Gérard Corbiau, Claude Lelouch ou Alain Chabat dans des rôles secondaires. Sur scène, elle reprend Un tramway nommé désir (1999) de Tennessee Williams ou L’éventail de Lady Windermere (2003) de Oscar Wilde.
Passionnée de théâtre, elle privilégie les planches tôt dans sa carrière, jouant dans Les Fausses Confidences et Pygmalion. Sa filmographie, marquée par des collaborations avec Lelouch, Chabrol et Verneuil, reflète sa versatilité. Après la mort de Poiret, elle se consacre à des rôles plus rares, mais marquants, comme dans Didier (1997). Son élégance et son charisme inspirent des hommages, notamment dans Le Grand Écran (2020), célébrant son héritage.
Décès et Hommages
Caroline Cellier décède le 15 décembre 2020 à Paris, à l'âge de 75 ans, des suites d’un cancer du sein diagnostiqué en 2013. Son fils Nicolas annonce son décès sur Instagram, rendant un hommage émouvant. Ses funérailles au cimetière du Montparnasse réunissent proches et figures du cinéma. Ses effets personnels sont vendus aux enchères en mars 2021. Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse, division 4, auprès de Jean Poiret. On peut honorer sa mémoire à la Cinémathèque française, où ses films sont projetés.
Anecdotes
- Caroline remporte les prix Gérard-Philipe et Suzanne Bianchetti en 1964 pour ses rôles au théâtre.
- Elle rencontre Jean Poiret en 1965 sur le tournage de La Tête du client.
- Son rôle dans L’Année des méduses (1984) marque un tournant dans sa carrière.
- Elle joue une grand-mère dans Fragile(s) (2007), un rôle qu’elle trouve difficile.
- En 2006, elle partage l’affiche avec Johnny Hallyday dans Jean-Philippe.
Filmographie Sélective
- 1965 : La Tête du client de Jacques Poitrenaud
- 1968 : La Vie, l'amour, la mort de Claude Lelouch
- 1969 : Que la bête meure de Claude Chabrol
- 1973 : L'Emmerdeur de Édouard Molinaro
- 1981 : Mille milliards de dollars de Henri Verneuil
- 1984 : L'Année des méduses de Christopher Frank
- 1984 : Poulet au vinaigre de Claude Chabrol
- 1987 : Charlie Dingo de Gilles Béhat
- 1992 : Le Zèbre de Jean Poiret
- 1994 : Farinelli de Gérard Corbiau
- 1997 : Didier d'Alain Chabat
- 2007 : Fragile(s) de Martin Valente
- 2009 : Thelma, Louise et Chantal de Benoît Pétré
Lire aussi: Le pilier de la vie de Julien Courbet
tags: #date #de #naissance #Caroline #Cellier
