La procréation médicalement assistée (PMA), également connue sous le nom d'assistance médicale à la procréation (AMP), offre une solution aux couples hétérosexuels infertiles, aux couples lesbiens et aux femmes seules qui souhaitent concevoir un enfant. Elle englobe un ensemble de techniques visant à manipuler les gamètes (spermatozoïdes et/ou ovocytes) pour favoriser la fécondation et l'implantation d'un embryon. On estime le taux de réussite de la PMA entre 10 et 22 %. En France, trois techniques principales de PMA sont autorisées : la fécondation in vitro (FIV), l’insémination artificielle (IIU) et l’accueil d’embryon.

PMA et AMP : Une Question de Terminologie

Il est important de noter que les termes PMA et AMP sont synonymes. Ils désignent tous deux les techniques médicales utilisées pour aider les personnes ayant des difficultés à concevoir un enfant naturellement.

Les Techniques de PMA en France

1. La Fécondation In Vitro (FIV)

La fécondation in vitro (FIV) est la technique de PMA la plus couramment utilisée en France. En 2015, elle représentait 63 % des PMA. La FIV consiste à féconder un ovocyte avec un spermatozoïde en laboratoire, puis à transférer l'embryon résultant dans l'utérus de la femme. Il existe deux principales techniques de FIV :

La FIV Classique

La FIV classique se déroule en plusieurs étapes :

  1. Stimulation hormonale : La femme reçoit une stimulation hormonale pour favoriser le développement de plusieurs ovocytes. Pour moi, c’était quasiment tous les jours. On nous appelle le soir en nous disant « voilà, votre taux d’hormones était à tant, donc ce soir il faut faire une piqûre de tant de millilitres », jusqu’à ce que les ovocytes soient considérés comme assez matures pour être ponctionnés.
  2. Prélèvement des ovocytes : Le médecin prélève les ovocytes matures par ponction folliculaire, réalisée sous anesthésie locale ou générale. La ponction se fait le plus souvent sous anesthésie générale légère (sédation), selon les cas peut être proposée une anesthésie locale. La ponction se pratique par voie naturelle. Une aiguille, guidée par échographie endovaginale, permet d'aspirer le liquide contenu dans chaque follicule dans lequel baigne l'ovocyte. Chaque liquide folliculaire pouvant contenir un ovocyte est récupéré dans un flacon et immédiatement transféré au laboratoire. C’est comme un examen chez le gynécologue, ce n’est pas douloureux.
  3. Recueil du sperme : L'homme fournit un échantillon de sperme par masturbation. Recueil de sperme du conjoint par masturbation au laboratoire le même jour que la ponction ovocytaire. En cas d'azoospermie (absence de spermatozoïdes dans le sperme), le médecin peut prélever chirurgicalement les spermatozoïdes dans les testicules. Si le sperme ne contient pas de spermatozoïdes (azoospermie) et selon la cause de l’azoospermie, des spermatozoïdes peuvent être prélevés chirurgicalement dans les voies génitales masculines ou dans le testicule. Le prélèvement chirurgical peut avoir lieu le jour de la ponction (ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation (en anglais « Intra Cytoplasmic Sperm Injection »). On appelle également cette technique « micro-injection », « fécondation assistée » ou « fécondation avec micromanipulation »…. synchrone) ou préalablement à la ponction. Les spermatozoïdes sont alors congelés (ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation (en anglais « Intra Cytoplasmic Sperm Injection »). On appelle également cette technique « micro-injection », « fécondation assistée » ou « fécondation avec micromanipulation »….
  4. Fécondation in vitro : Les ovocytes et les spermatozoïdes sont placés ensemble dans une boîte de culture en laboratoire, où la fécondation se produit naturellement. Tous les ovocytes obtenus par ponction sont déposés dans des gouttes de milieu de culture disposées dans une boîte. Puis la préparation spermatique est ajoutée dans chaque goutte autour de chaque ovocyte. L’ovocyte observé à ce stade est soit immature donc incapable d’être fécondé, soit mature et non fécondé, soit mature et fécondé.
  5. Transfert d'embryons : Deux à trois jours après la fécondation, un ou plusieurs embryons sont transférés dans l'utérus de la femme par voie vaginale. Deux à trois jours après la fécondation, le médecin transfère un ou plusieurs embryons dans l’ par voie vaginale.

La FIV avec Micro-Injection (FIV ICSI)

La FIV avec micro-injection, également appelée FIV ICSI (pour "injection intracytoplasmique de spermatozoïdes"), est particulièrement utilisée en cas de problème de fertilité masculine. Elle consiste à injecter directement un spermatozoïde dans un ovocyte. La FIV ICSI est une technique où l’on va choisir un seul spermatozoïde pour l’injecter en laboratoire dans un ovocyte et essayer d’avoir un embryon pour ensuite le replacer dans l’utérus de la femme.

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Les étapes de la FIV ICSI sont similaires à celles de la FIV classique, avec une étape supplémentaire :

  1. Sélection des spermatozoïdes : Le biologiste sélectionne les spermatozoïdes les plus vigoureux.
  2. Micro-injection : Le biologiste injecte un spermatozoïde directement dans chaque ovocyte à l'aide d'une micropipette. Sous contrôle d’un microscope, le biologiste maintient l’ovocyte avec une micropipette et, avec une autre micropipette, aspire le spermatozoïdeCellule reproductrice masculine (gamète), qui possède une tête et une queue (le flagelle)…. sélectionné puis l’injecte à l’intérieur de l’ovocyte. Cette micro-injection est renouvelée pour chaque ovocyte fécondable.

Devenir des embryons non transférés : Les embryons qui ne sont pas transférés dans l'utérus peuvent être congelés pour être conservés et utilisés ultérieurement par le couple ou la femme seule pendant cinq ans. Il est également possible d'en faire don à un couple anonyme (accueil d'embryon) ou de les détruire. Après le transfert embryonnaire lors d’une FIV, il est possible de congeler les embryons surnuméraires qui ont une évolution de développement favorable, pour une utilisation ultérieure. La congélation d’embryons offre un bénéfice supplémentaire pour un couple pour aboutir à une grossesse. Une fois congelés, les embryons peuvent demeurer cryoconservés (congelés dans l’azote liquide) pendant plusieurs années, si nécessaire, sans crainte de voir leur qualité altérée. A Bichat, tous les embryons sont congelés par la technique de vitrification, technique de congélation ultrarapide qui permet de limiter la formation de cristaux d’eau délétères pour l’embryon.

2. L'Insémination Artificielle (IIU)

L'insémination artificielle est une technique de PMA plus simple que la FIV. Elle consiste à injecter directement les spermatozoïdes dans l'utérus de la femme au moment de l'ovulation, facilitant ainsi la rencontre entre les gamètes. L’insémination artificielle (IIU) a pour but de faciliter la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde. L’insémination intra-utérine avec le sperme du conjoint est recommandée dans les cas d’anomalies modérées du sperme (avec au moins un million de spermatozoïdes mobiles). Une insémination artificielle avec le sperme d’un donneur aura lieu dans le cas d’une infertilité d’origine masculine (azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans le sperme du conjoint ou teratospermie sévère : nombreuses anomalies des spermatozoïdes). Elle a lieu au centre de PMA 36 heures après le déclenchement de l’ovulation. Elle se déroule en position gynécologique: les spermatozoïdes sélectionnés sont placés dans un tube souple (un cathéter).

Les étapes de l'insémination artificielle sont les suivantes :

  1. Stimulation ovarienne (pas systématique) : La femme peut recevoir des injections hormonales pour stimuler l'ovulation et produire plusieurs ovocytes. Le plus souvent, la femme suit préalablement un traitement hormonal (stimulation ovarienne) pour obtenir le développement d’un à deux (voire trois) follicules matures, susceptibles d’être fécondés.
  2. Recueil du sperme : Le sperme du conjoint ou d'un donneur est recueilli. Le jour de l’insémination intra-utérine, le recueil de sperme est réalisé par masturbation après 2 à 5 jours d’abstinence sexuelle.
  3. Insémination : Les spermatozoïdes sont injectés dans l'utérus au moment précis de l'ovulation. Le traitement permet de déposer les spermatozoïdes mobiles directement dans la cavité utérine de la femme à l'aide d'un cathéter approprié. La fécondation a lieu alors naturellement dans le corps de la femme.

En 2015, l'insémination artificielle représentait 37 % des PMA réalisées en France. Technique la plus utilisée en France, l’insémination intra-utérine est pourtant loin d’être la plus efficace ! Seuls 5 868 bébés sont nés suite aux 49 367 inséminations artificielles réalisées en 2017. Ce type de procréation médicalement assistée présente donc un taux de réussite avoisinant les 12%. Suite à plusieurs échecs de protocoles d’insémination intra utérine artificielle, le couple sera dirigé vers un protocole de fécondation in vitro.

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3. L'Accueil d'Embryon

L'accueil d'embryon est une option pour les couples dont les deux membres sont stériles ou risquent de transmettre une maladie génétique. Le processus consiste à recevoir un embryon congelé issu d'un autre couple qui a accepté de faire don de son embryon. Quand les deux personnes d’un couple sont stériles ou risquent de transmettre une maladie génétique, elles peuvent demander à recevoir un embryon. Cet embryon est congelé. Il est issu d’un autre couple qui a accepté de donner son embryon.

Le don d'embryon est anonyme et gratuit. Le don d’embryon repose sur l’anonymat, le volontariat et la gratuité. Il n’y a aucune contrepartie financière, le couple donneur ne peut prétendre à aucune filiation avec l’enfant et ne connaitra pas le couple receveur et le devenir de l’embryon. En 2015, 27 bébés sont nés en France grâce à l'accueil d'embryon.

Le Don de Gamètes

Le don de gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) est un élément important de la PMA. Il permet aux couples infertiles, aux couples lesbiens et aux femmes seules de bénéficier d'une PMA. Le don de gamètes est anonyme et gratuit, après consentement de la donneuse ou du donneur. Dans le cas où vos ovocytes ou vos spermatozoïdes ne seraient pas utilisables, votre médecin peut vous orienter vers le don de gamètes.

Modalités d'Accès à la PMA

Qui peut bénéficier d'une PMA ?

La PMA s'adresse aux :

  • Couples hétérosexuels infertiles
  • Couples lesbiens
  • Femmes seules cisgenres

Depuis 2021, toutes les femmes de moins de 45 ans peuvent bénéficier d'une PMA, qu'elles soient mariées/pacsées ou non, en couple ou non. Jusqu'à son 45e anniversaire chez la femme, non mariée ou au sein du couple, qui a vocation à porter l'enfant.

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En revanche, un homme seul ou en couple avec un homme ne peut pas bénéficier de la PMA, même s'il a toujours la capacité de mener une grossesse.

Limites d'âge pour le prélèvement et la réalisation de la PMA

  • Le prélèvement d'ovocytes peut être réalisé chez une femme jusqu'à son 43e anniversaire.
  • Le recueil de spermatozoïdes peut être réalisé chez un homme jusqu'à son 60e anniversaire.
  • L'AMP peut être réalisée jusqu'à son 60e anniversaire chez le membre du couple qui ne portera pas l'enfant.

Où se déroule la PMA ?

La PMA a lieu dans un centre spécialisé, qu'il soit public (associé à un hôpital) ou privé (clinique). Une équipe de professionnels de santé intervient, comprenant un obstétricien, un médecin biologiste, un psychiatre ou un psychologue et un assistant social. Dans tous les cas, une équipe de plusieurs professionnels de santé interviennent : un obstétricien pour les prélèvements d’ovocytes ;un médecin , un chirurgien ou un gynécologue pour le recueil des spermatozoïdes ;un médecin biologiste ;un psychiatre ou un psychologue et un assistant social.Plusieurs associations soutiennent les couples et personnes seules dans leur parcours de PMA.

Démarches pour bénéficier d'une AMP

Que ce soit sans intervention d'un donneur extérieur au couple ou avec don de sperme, d'ovules ou d'embryons, la demande du couple est évaluée par l'équipe médicale clinicobiologique du centre d'AMP. Plusieurs entretiens avec les professionnels de cette équipe sont organisés. Les entretiens portent notamment sur les motivations du ou des demandeurs et visent à les informer sur les techniques d'AMP et leurs conséquences. Après le dernier entretien d'information, le couple bénéficie d'un délai de réflexion d'un mois. Un délai de réflexion supplémentaire peut être jugé nécessaire dans l'intérêt de l’enfant à naître. Passé ce délai, le couple doit confirmer sa demande d'AMP par écrit auprès du médecin.

Prise en charge financière de l'AMP

Les actes d'AMP sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie pour au maximum :

  • 6 inséminations (une seule insémination artificielle par cycle) pour obtenir une grossesse
  • 4 tentatives de FIV pour obtenir une grossesse

Cette prise en charge est la même pour tous (couple hétérosexuel, couple formé de 2 femmes, femme non mariée).

Accès aux origines pour les personnes nées d'un don

La possibilité d'accéder aux origines pour les personnes nées d'un don dépend de la date à laquelle le don a été effectué :

  • Dons effectués et utilisés avant le 1er septembre 2022 : L'accès aux origines dépend du consentement du donneur à la communication de son identité et de ses données non-identifiantes.
  • Dons effectués et utilisés à compter du 1er septembre 2022 : Les donneurs de gamètes ou d'embryons doivent obligatoirement donner leur accord à la communication de leur identité et de leurs données non-identifiantes avant de procéder au don.

Risques et complications possibles liés à la PMA

Bien que les traitements de PMA soient généralement sûrs, certaines complications peuvent survenir, notamment :

  • Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO)
  • Hémorragie ou infection après la ponction ovarienne
  • Grossesse multiple
  • Grossesse extra-utérine

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