Les cancers chez les enfants et les adolescents sont des maladies rares, mais ils représentent une cause importante de mortalité infantile. Leur progression diffère de celle des cancers chez les adultes, ce qui rend le diagnostic et le traitement plus complexes. Cet article vise à explorer les aspects cruciaux du diagnostic du cancer pédiatrique, en mettant en lumière les défis, les avancées et les perspectives d'avenir.
Incidence et Types de Cancers Pédiatriques
Le cancer chez l'enfant et l'adolescent est une maladie rare qui représente 1 à 2 % de l'ensemble des cancers dans les pays développés. En France, près de 2 260 cas de cancers sont diagnostiqués annuellement chez les enfants de 0 à 17 ans, représentant environ 0,6 % des cancers tous âges confondus. Chez l'adolescent de 15 à 17 ans, environ 440 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Si l’on considère les adolescents et jeunes adultes (AJA) de 15 à 24 ans, on estime à environ 2 300 le nombre de cas de cancers diagnostiqués.
Les principaux types de cancers observés chez l’enfant entre 0 et 17 ans sont les leucémies (26 % des cas), les tumeurs du système nerveux central (25 %) et les lymphomes (15 %). Chez l’adolescent de 15-17 ans, les principales localisations sont les lymphomes (29 % des cas, dont 77 % de maladies de Hodgkin), les tumeurs du système nerveux central (17 %) et les leucémies (15 %). Il est à noter que certaines formes de cancers sont spécifiques à l'enfant, tandis que la plupart des cancers de l'adulte n'existent pas chez l'enfant. Chez les adolescents et les jeunes adultes (entre 15 et 25 ans), les types de cancers observés peuvent être les mêmes que chez les enfants, mais on retrouve également des cancers qui se manifestent chez les adultes plus âgés.
Importance d'un Diagnostic Précoce
Le diagnostic précoce du cancer pédiatrique est crucial pour améliorer le pronostic et augmenter les chances de survie. Plus le cancer est détecté tôt, meilleur est le pronostic. Cependant, le diagnostic précoce reste un défi, même pour l’œil expert d’un médecin généraliste, habitué à repérer les signaux évocateurs d’un problème grave. En effet, les signes d'appel sont variables et souvent trompeurs, car ils peuvent s'observer au cours de maladies bénignes, souvent chez l'enfant.
Symptômes et Signes d'Alerte
Les symptômes courants qui peuvent indiquer un cancer chez l'enfant comprennent :
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- Une pâleur
- De la fatigue
- De la fièvre
- Une perte d'appétit
- Des douleurs osseuses ou articulaires
- Des hématomes
- Des douleurs abdominales
- Des maux de tête
- Un déficit visuel
- Des troubles de la marche
- Des chutes
- Un torticolis
- Des vomissements répétés
C'est la persistance et/ou la combinaison de certains de ces symptômes qui conduit le médecin traitant ou le pédiatre à faire pratiquer des examens complémentaires biologiques ou radiologiques. Il est important de noter que le délai entre les premiers symptômes et le diagnostic d'un cancer varie selon le type de cancer et l'organe ou le tissu d'origine. Il peut être de quelques jours à plusieurs mois.
Rôle du Médecin Généraliste
En tant que médecin généraliste, vous êtes un acteur clé du parcours de soins. Votre rôle est crucial dès les premières consultations. Votre démarche clinique, basée sur un recueil de données complet, est essentielle. Une observation clinique minutieuse, un interrogatoire complet et le suivi de l’évolution des signes dans le temps permettent de mettre en évidence la répétition anormale des motifs de consultation et de rechercher des antécédents familiaux de cancers pédiatriques. Tout tableau clinique persistant, inexpliqué, inhabituel ou évolutif, même modéré, doit alerter et motiver une exploration rapide.
Examens de Première Intention
Les examens à prescrire en première intention dépendent du contexte. En règle générale, il est recommandé de prescrire :
- Une analyse sanguine pour évaluer les NFS, plaquettes, CRP, VS, LDH, ionogramme, fonction rénale, fonction hépatique (transaminases)…
- Une analyse urinaire à la bandelette, éventuellement complétée par un ECBU pour rechercher les signes d’hématurie. On peut également mesurer les catécholamines en cas de suspicion de neuroblastome.
- Des examens d’imagerie : échographie abdominale ou cervicale, radiographies ciblées (osseuses), scanner ou IRM cérébrale…
Ces examens peuvent suffire à motiver une orientation spécialisée urgente.
Processus de Diagnostic
La pose du diagnostic, avec l’ensemble de ses examens médicaux, constitue une étape souvent longue et angoissante pour le jeune patient et ses proches. En cas de suspicion de cancer, le jeune patient passe un certain nombre d’examens médicaux.
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Confirmation du Diagnostic
La confirmation du diagnostic se fait sur l’examen anatomo-cytopathologique d’une biopsie ou d’une pièce opératoire, ou, dans le cas des hémopathies malignes, sur des analyses biologiques. Dans le cas des cancers pédiatriques, une double lecture systématique du diagnostic est effectuée. Le médecin généraliste est destinataire des résultats de tous les examens complémentaires, à chaque étape du parcours de soins, et notamment des examens anatomo-cytopathologiques.
Bilan d'Extension
Pour confirmer et préciser le diagnostic d’un cancer pédiatrique, différents examens doivent être réalisés :
Une biopsie, qui est le prélèvement d’un petit morceau de la tumeur qui sera ensuite analysé.
Un bilan d’extension, qui est destiné à évaluer l’étendue du cancer, et qui peut comprendre, selon la maladie :
- Des radiographies standards, échographies, scanner et IRM (imagerie par résonance magnétique), scintigraphie (ou tomographie à émission de positons ou TEP-scan),
- Des ponctions ou biopsies telles que : ponction lombaire pour prélever du liquide céphalorachidien, systématique pour les leucémies et certaines tumeurs cérébrales ; analyse de la moelle osseuse ; ponction d’un ganglion ; ponction pleurale.
Des examens permettant d’évaluer l’état général de l’enfant et de vérifier s’il peut recevoir le traitement proposé : analyses biologiques sanguines (bilan hépatique, rénal, de la coagulation…), échographie cardiaque, explorations fonctionnelles respiratoires.
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Ces examens et bilans sont indispensables pour caractériser au mieux la maladie et proposer le traitement le plus adapté, selon la maladie et la situation de votre enfant.
L'Annonce du Diagnostic
L’annonce du diagnostic de cancer est une étape très importante pour le jeune patient et ses proches. Le médecin généraliste contribue souvent à annoncer le diagnostic, soit en faisant la « préannonce » pour préparer le patient, soit en deuxième intention, après l’annonce du diagnostic initial par le médecin spécialiste.
Dispositif d'Annonce
Lorsque la confirmation anatomo-cytopathologique du diagnostic a lieu, le patient est souvent déjà dans le circuit hospitalier et va donc bénéficier du dispositif d’annonce. Le dispositif d’annonce du cancer a pour objectif d'offrir au patient les meilleures conditions d’information, d’écoute et de soutien lors de l’annonce de son cancer. Il est organisé en articulation avec le médecin généraliste. Le médecin généraliste peut être sollicité par le jeune patient et sa famille pour des informations supplémentaires ou pour effectuer les soins de premier recours.
Importance de la Communication
Il est essentiel d’assurer une bonne communication entre le médecin généraliste et l’établissement de soins, et ce avant même l’annonce du diagnostic, afin de favoriser une meilleure coordination des acteurs impliqués et d'assurer la continuité du suivi pour un parcours de soins plus fluide. Préparer le jeune patient et ses parents aux examens médicaux permet de réduire son anxiété et d’accroître sa collaboration au moment de l’examen. Cela signifie lui expliquer ce qu'il va se passer, ce qu'il verra, ressentira et entendra.
Soutien Psychologique
L’annonce d’un cancer chez l’enfant est traumatisante, autant pour l’enfant que pour sa famille. Le médecin, au-delà du protocole de soins qui va être mis en œuvre, insiste sur le fait que des dispositifs existent pour permettre la poursuite de la scolarité de l’enfant ou de l’adolescent. Il propose également une prise en charge psychologique à l’enfant, mais aussi à ses parents et ses frères et sœurs.
Traitements et Progrès
En termes de traitements, des progrès considérables ont été enregistrés au cours des dernières décennies, permettant aujourd'hui de guérir quatre enfants sur cinq en moyenne; ce chiffre variant bien entendu selon le type et l'étendue du cancer au moment du diagnostic. Ces progrès sont essentiellement dus à l'adoption de chimiothérapies de plus en plus efficaces, à des collaborations entre différents spécialistes utilisés dans la prise en charge thérapeutique et à une harmonisation des procédures de traitement à l'échelon national et, de plus en plus, international.
Modalités de Traitement
Différents traitements peuvent être proposés aux enfants atteints de cancer :
- Une chimiothérapie administrée par voie intraveineuse, avant ou après la chirurgie selon les cas ;
- Une radiothérapie qui, ciblée vers la ou les régions atteintes, utilise des radiations pour détruire les cellules cancéreuses ;
- La chirurgie qui permet de retirer la tumeur - lorsqu’il s’agit d’une tumeur solide - au cours d’une intervention chirurgicale.
- La greffe de moelle de cellules souches hématopoïétiques (traitement des leucémies).
Recherche et Innovation
La recherche médicale fait partie intégrale des traitements et constitue la clé de voûte des progrès constatés. La préoccupation des spécialistes est d'optimiser les stratégies thérapeutiques afin de guérir plus d'enfants et, si possible, les guérir mieux, sans séquelles ou avec le moins de séquelles possibles. Des efforts de plus en plus importants sont réalisés pour faciliter la coordination de l’ensemble des soins, au plus près du domicile, afin d’améliorer la qualité de vie de l’enfant soigné et de sa famille.
Défis et Perspectives d'Avenir
Malgré les progrès de la recherche, le cancer reste la deuxième cause de mortalité chez l’enfant de plus de un an en France, après les accidents. Chaque année en France, 450 enfants et adolescents meurent encore du cancer. Certains cancers pédiatriques restent de mauvais pronostic, comme certaines tumeurs du système nerveux central chez les enfants de moins de 1 an, ainsi que certains gliomes chez les plus âgés.
Paris Kids Cancer
Le projet Paris Kids Cancer, un nouveau Centre Intégré de Recherche d'Excellence en Oncologie Pédiatrique, vise à lutter contre les cancers des enfants et des adolescents. Ce centre s’engage à trouver des solutions nouvelles et innovantes grâce à une approche moderne et collaborative. Leurs principaux travaux vont d’abord être orientés sur la compréhension et le contrôle des processus de reprogrammation cellulaire des cellules cancéreuses, le développement de nouvelles pistes d’immunothérapie et l’utilisation de nouveaux biomarqueurs.
Importance du Soutien à la Recherche
La recherche avance. La soutenir, c’est un pas de plus vers la guérison de l’enfant. Vous pouvez aider par des dons, l’organisation de collectes, le bénévolat ou la participation aux courses solidaires Enfants sans Cancer.
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