Introduction: Briser les Tabous Autour de la Fertilité Féminine

L'ouvrage Et toi, tu t'y mets quand ? de Myriam Levain, journaliste et cofondatrice de Cheek Magazine, a marqué les esprits en abordant de front la question de l'autoconservation des ovocytes. Ce livre, qui s'ouvre sur une interrogation provocatrice quant à la "date de péremption" des femmes à 35 ans, plonge le lecteur dans le parcours personnel de l'auteure, qui a choisi de faire vitrifier ses ovocytes. Cette démarche, encore controversée et illégale en France pour convenance personnelle, soulève des questions cruciales sur la liberté reproductive des femmes, les inégalités liées à l'âge et la pression sociale exercée sur la maternité.

L'Autoconservation des Ovocytes: Un Pari sur l'Avenir

Face au "tic-tac de l'horloge biologique", de nombreuses Françaises se tournent vers la Belgique ou l'Espagne pour conserver leurs ovocytes en vue d'une éventuelle fécondation in vitro (FIV). Cette option leur permet de multiplier leurs chances de devenir mères plus tard, une conservation qui n'est autorisée (et remboursée) en France que dans des cas de maladies graves telles que le cancer ou l'endométriose sévère.

Myriam Levain décrit l'autoconservation comme "un pari sur l'avenir et pas une assurance-bébé !" Elle souligne l'intérêt de cette technique pour les trentenaires qui ont d'autres priorités que de tomber enceinte ou qui attendent de trouver le bon partenaire. Pour elle, cette démarche représente une opportunité de gagner du temps et de préserver son bien-être, tout en se donnant la possibilité de devenir mère lorsque le moment sera venu.

Le Parcours de Myriam Levain: Entre Doutes et Solidarité

Dans son livre, Myriam Levain dévoile en détail son parcours, depuis le cabinet d'un gynécologue parisien encourageant cette démarche jusqu'à la ponction réalisée à Barcelone. Elle décrit les deux semaines de stimulation hormonale, les échographies, le vol express pour Barcelone et l'anesthésie générale pour la ponction. Elle ne cache pas ses doutes, ses angoisses et ses hématomes, mais insiste également sur les bonnes surprises, notamment la facilité avec laquelle elle a pu aborder les questions de PMA avec les "recalés du missionnaire".

Elle met en lumière la "vraie solidarité dans ce monde parallèle de la PMA", où les personnes concernées partagent leurs expériences, donnent des conseils et se soutiennent mutuellement. Au-delà de son récit personnel, la journaliste se penche sur la révolution sociétale en cours, en interviewant des médecins, des gynécologues et des historiennes.

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Un Combat Féministe pour la Liberté Reproductive

L'engagement de Myriam Levain dépasse le simple témoignage personnel. Elle considère l'accès à l'autoconservation des ovocytes comme un combat féministe. Elle dénonce les inégalités qui pèsent sur les femmes, confrontées à des dilemmes auxquels les hommes ne sont pas confrontés. Elle souhaite encourager les femmes à assumer leurs choix, qu'il s'agisse de la maternité ou non, et à ne plus s'excuser de ne pas correspondre aux cases préétablies.

Elle plaide pour une réflexion collective sur la manière dont la société doit s'adapter au rythme biologique des femmes, en rappelant que la pression exercée sur les femmes pour concilier carrière et maternité est un problème de société qui doit être abordé de manière globale.

Les Débats et les Critiques Autour de l'Autoconservation

L'autoconservation des ovocytes suscite de vives discussions et de nombreuses critiques. Certains craignent que la légalisation de cette technique n'encourage les entreprises à inciter leurs salariées à retarder leur maternité, au risque d'avoir des grossesses plus risquées. D'autres s'interrogent sur la question financière et se demandent qui doit payer et dans quelles conditions.

Myriam Levain répond à ces critiques en soulignant que l'autoconservation reste un plan B et que les femmes choisiront toujours de faire des enfants de manière naturelle si elles le peuvent. Elle rappelle également que certaines entreprises américaines remboursent déjà la vitrification d'ovocytes sans pour autant obliger personne à le faire.

Elle estime que la spécificité française réside dans son système de sécurité sociale et que la question du remboursement de l'autoconservation doit être abordée dans ce contexte. Elle souligne que la chirurgie esthétique n'est pas prise en charge par la Sécurité sociale et que personne n'a eu l'idée de l'interdire.

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PMA pour Toutes et Evolution de la Loi de Bioéthique

La question de l'autoconservation des ovocytes s'inscrit dans un débat plus large sur la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes et sur l'évolution de la loi de bioéthique. En France, la loi de bioéthique a été révisée en 2021, ouvrant la voie aux femmes seules souhaitant conserver leurs ovocytes pour convenance personnelle.

Cette évolution législative témoigne d'une prise en compte croissante des enjeux liés à la fertilité féminine et à la liberté reproductive. Elle soulève également des questions éthiques et sociétales importantes, qui nécessitent un débat public éclairé et approfondi.

L'Importance de l'Information et de la Sensibilisation

Myriam Levain insiste sur l'importance de l'information et de la sensibilisation autour de l'autoconservation des ovocytes. Elle regrette que cette technique soit encore méconnue et que les femmes ne soient pas suffisamment informées sur les enjeux liés à leur fertilité.

Elle espère que son livre donnera envie à d'autres femmes de se renseigner sur cette option et de prendre la parole sur le sujet. Elle souligne que la production d'ovocytes baisse en quantité et en qualité à partir de 35 ans, mais que ce processus peut varier d'une femme à l'autre. Elle encourage les femmes à se poser ces questions le plus tôt possible, afin de pouvoir prendre des décisions éclairées et adaptées à leur situation personnelle.

Le Podcast "Il était une fois la PMA" d'Elodie Font: Une Approche Drôle et Didactique

Dans le même esprit de sensibilisation et d'information, Elodie Font, également cofondatrice de Cheek Magazine, a réalisé un podcast intitulé "Il était une fois la PMA". Cette série, composée de cinq épisodes, aborde le sujet de la PMA de manière drôle et didactique, en mêlant témoignages et interviews de spécialistes.

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Elodie Font explique que l'idée de cette série lui est venue après avoir constaté que l'on entendait "tout et n'importe quoi" sur la PMA. Elle a souhaité prendre la parole pour expliquer ce qu'est réellement la PMA, en prenant l'auditeur par la main et en l'immergeant dans ce monde complexe.

Elle a choisi d'aborder ce thème avec légèreté et humour, afin de rendre le sujet plus accessible et de donner envie aux auditeurs de se prendre au jeu. Elle a également veillé à donner la parole à des hommes et des femmes, afin de refléter la diversité des expériences et des points de vue.

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