L'être humain, doué d'un cerveau unique, possède la capacité d'imaginer et de créer de nouvelles réalités. De cette faculté découle une forme spécifique de psychisme : la conscience humaine. Au sein de nos organismes, la psyché et le soma interagissent constamment, influencés par notre environnement. La physiologie humaine est donc intrinsèquement psychosomatique. Dans ce contexte, la grossesse, loin d'être un simple état, est une dynamique complexe où la naissance d'un enfant interfère avec la physiologie de sa mère.

La maladie gravidique : Une entité uniciste

Les perturbations durant la grossesse peuvent être d'origine environnementale (stress psychosocial, pollution chimique ou sonore) ou interne (fragilité du terrain). Ces perturbations peuvent engendrer des souffrances tissulaires réelles, à l'origine de préjudices organiques. L'obstétrique psychosomatique et fonctionnelle vise à prévenir ces souffrances et à assurer une prévention efficace des complications.

Dans cette optique, il est essentiel de considérer la notion de "maladie gravidique". Cette entité originale et uniciste souligne les liens étroits entre quatre pathologies spécifiques de la grossesse :

  • La pré-éclampsie
  • Le diabète gestationnel
  • La menace d'accouchement prématuré
  • Le retard de croissance intra-utérin

Comprendre ces liens permet une approche plus globale et intégrée de la prise en charge de la grossesse.

Surveillance et accompagnement médical

L'approche psychosomatique globale intègre les avancées de la technologie moderne, tout en restant attentive à ce que ces techniques de dépistage, de diagnostic et de traitement ne constituent pas une source de pollution environnementale supplémentaire. L'asepsie verbale et comportementale est érigée en principe organisateur.

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La surveillance et l'accompagnement médical de ces processus dynamiques doivent prendre en compte la complexité des interactions entre la mère et l'enfant, ainsi que l'influence de l'environnement.

Préparation à la naissance : Un outil de prophylaxie psychosomatique

La préparation des couples à la naissance constitue un outil essentiel de la prophylaxie psychosomatique. Elle permet aux futurs parents de mieux comprendre les enjeux de la grossesse et de l'accouchement, de se préparer aux changements physiques et émotionnels, et de développer des stratégies d'adaptation face au stress et aux difficultés.

Dépistage et médecine préventive

Un dépistage a pour objectif de détecter les personnes qui, dans une population apparemment en bonne santé, ont un risque plus élevé de contracter une pathologie ou un problème de santé, pour qu’un traitement ou une intervention précoce soit proposé. De nombreux critères sont nécessaires pour évaluer l’intérêt clinique d’un dépistage, ce qui explique pourquoi il n’est pas justifié de dépister toutes les pathologies asymptomatiques. patients dépistés, ou au trop grand risque d’effets indésirables liés au test ou au traitement, notamment le risque de surdiagnostic et de surtraitement. Ensuite, le rapport coût/efficacité du dépistage n’est pas toujours favorable, et il dépend des ressources disponibles au sein de chaque système de santé. En tant que praticien de premier recours et par son approche centrée sur le patient, la médecine générale est au coeur de la médecine préventive2. Alors que les médecins généralistes (MG) prennent en charge en moyenne 2,2 problèmes de santé par consultation, 22 % d’entre eux correspondent à une situation de prévention, initiée par le MG dans la moitié des cas3. Le MG doit notamment identifier l’éligibilité de ses patients aux dépistages recommandés, puis prioriser avec eux ceux qu’il convient de réaliser. Une revue systématique publiée en 2024 montrait que la Haute Autorité de santé (HAS) recommandait le dépistage de 67 problèmes de santé : deux fois plus qu’au Royaume-Uni (n = 32) ou aux États-Unis (n = 30)5. Ces deux derniers pays disposent d’agences indépendantes, consacrées à l’évaluation de la pertinence des dépistages : l’US Preventive Service Task Force (USPSTF), et le UK National Screening Committee (UK-NSC). En France, la HAS ne publie pas de recommandations dédiées spécifiquement à l’ensemble des dépistages. Parmi les préconisations de dépistage de la HAS, 75 % n’avaient pas fait l’objet d’une évaluation de leur niveau de preuve. Parmi le quart restant, 70 % étaient gradés « avis d’expert », soit un niveau de preuve très faible. La HAS recommande de dépister la moitié des problèmes de santé pour lesquels l’USPSTF juge la pertinence incertaine : par exemple le dépistage de l’artériopathie oblitérante des membres inférieurs6. En France, l’absence de recommandations dédiées limite l’évaluation complète de la pertinence des dépistages.

Zona et cancers cutanés

Il existe peu d’études sur l’épidémiologie et le fardeau du zona en population générale. L’incidence du zona a été évaluée en 2022 par le réseau Sentinelles à plus de 500 cas chez les personnes de plus de 50 ans. Le zona est responsable de quelques décès, environ 40 par an, parmi les cas hospitalisés (1,5 %), principalement chez les sujets de 70 ans et plus (96 %)1. Le vaccin Shingrix® est recommandé depuis février 2024 et remboursé depuis décembre de la même année. Il est indiqué pour la prévention individuelle du zona et des névralgies post-zostériennes (NPZ) chez les adultes âgés de 65 ans et plus immunocompétents, ou dès l’âge de 18 ans chez ceux à risque accru de zona. C’est un vaccin recombinant, adjuvanté, qui peut être administré aux patients immunodéprimés contrairement au Zostavax®, vaccin vivant qui n’est plus commercialisé. Cette recommandation est essentiellement basée sur les résultats des essais ZOE-503 et ZOE-704. Ces deux essais ont été menés entre 2010 et 2011 dans 18 pays auprès de respectivement 16 160 et 13 900 sujets volontaires. Dans ZOE-50, les volontaires étaient immunocompétents et recrutés à partir de l’âge 50 ans, et dans ZOE-70, ils l’étaient à partir de 70 ans. Il s’agissait d’essais cliniques randomisés en double insu. Pour chacun de ces essais, le critère de jugement principal était le risque de développer un zona. Le taux d’effets indésirables graves était similaire entre le groupe vacciné et le groupe placebo, avec respectivement 0,2 et 0,1 % de survenue et une incidence de 2 cas pour 1 000 participants par an, quelle que soit l’injection allouée. Les effets indésirables bénins étaient significativement plus fréquents dans le groupe Shingrix® avec 74,1 % de patients signalant une réaction au site d’injection, essentiellement de la douleur, versus 9,9 % dans le groupe placebo. - l’absence d’essai spécifique sur les populations ciblées par la recommandation de la Haute Autorité de santé (HAS), en particulier celles âgées de 18 ans et plus avec facteur de risque. À partir des résultats cliniques, le conseil scientifique s’interroge sur la pertinence de la recommandation du vaccin chez tous les sujets de 65 ans et plus immunocompétents, quel que soit leur état de santé, leurs facteurs de risque et comorbidités. médico-économique et compte tenu du prix élevé et de la cible très large, le conseil scientifique du CNGE s’interroge sur le rapport coût/efficacité de cette vaccination et sur l’importance de l’enveloppe budgétaire qui y est dédiée. Dans ce contexte, le CNGE a construit un outil d’aide à la décision dont la méthode d’élaboration a été empruntée au Harding Center for Risk Literacy8. Cet outil vise à fournir des informations limitées, mais factuelles sur les bénéfices et les risques cliniques de Shingrix®, à l’usage des professionnels de santé de premier recours. Les cancers cutanés sont parmi les plus fréquents dans le monde et leur prévalence augmente1, atteignant 1 adulte sur 20 au cours de sa vie2. Parmi les tumeurs cutanées, le mélanome compte pour 1 % des cas de cancers et est à l’origine de la majorité des décès par cancer de la peau, soit 1 975 décès/an et 15 513 nouveaux cas/an en 20183. En 2008, l’Allemagne a été le premier pays à mettre en oeuvre un programme national de dépistage des cancers cutanés. Ce programme a été évalué à partir des taux d’incidence d’hospitalisations, de décès et d’arrêts de travail dus aux cancers cutanés dans une population non sélectionnée et dans une population à haut risque5. Les résultats, publiés en 2018, sur une population de 18 millions d’habitants, ont montré une stabilité du taux d’hospitalisation et estiment qu’il faut dépister 34 000 sujets pour éviter un décès dû au mélanome cutané (avec l’hypothèse d’une réduction du risque de décès liée au dépistage de 50 %). Sept ans après l’introduction de ce programme de dépistage, les auteurs ont souligné qu’aucun effet bénéfique du dépistage systématique n’était perceptible dans la population générale. Par ailleurs, des études ont montré qu’environ 50 % des mélanomes diagnostiqués relèveraient du surdiagnostic, soit 44 000 cas chez l’homme et 39 000 chez la femme dans la population américaine en 20182,7. Des études observationnelles n’ont pas retrouvé d’association entre le dépistage visuel et la survie des patients atteints de mélanome2.

Infections invasives à méningocoque B

En 2024, le méningocoque B, sérotype prédominant en France, a été responsable de 56 cas d’infections invasives (IIMB) avant l’âge de 5 ans, dont 28 chez les moins de 1 an (incidence 4,4/100 000), et 25 entre 1 et 4 ans (incidence 1/100 000)1. La létalité des infections à méningocoques est redoutée. Le méningocoque B a provoqué 3 décès avant l’âge de 5 ans en 20231,2. La mortalité globale qu’il provoque est moindre (7 %) que celle liée au méningocoque W (19 %). Le vaccin contre le méningocoque B, est recommandé par la HAS depuis 2021 chez les nourrissons et jeunes enfants avec le Bexsero®. Il est devenu obligatoire depuis le 1er janvier 2025. La France est le seul pays d’Europe à en avoir instauré l’obligation4. L’efficacité du vaccin a été évaluée sur la réduction de l’incidence des IIMB, mais aucun essai clinique évaluant cette efficacité vaccinale chez les nourrissons n’a été publié. La durée de protection individuelle après primovaccination du nourrisson, estimée sur la persistance des anticorps, est estimée à 3 ans avec 7,5 années de recul9. Les effets indésirables les plus fréquents sont une sensibilité et un érythème au site d’injection et potentiellement de la fièvre9,12,13. Dans son avis de 2025, la HAS a actualisé ses recommandations vaccinales contre les infections invasives à méningocoques, notamment pour le sérogroupe B9. Cependant, la HAS ne fournit pas de nouvelles données concernant le rapport coût-efficacité d’une généralisation de la vaccination contre le méningocoque B à tous les nourrissons ou adolescents. Compte tenu de ces données le CS du CNGE s’interroge sur le fait que cette vaccination ait été imposée comme obligatoire en France sans concertation avec les professionnels de santé.

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