L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une question de santé publique complexe, suscitant de nombreux débats et controverses. Bien que l'avortement soit légal et pratiqué dans des conditions médicales sécurisées dans de nombreux pays, il est essentiel d'examiner les causes potentielles de décès post-avortement et les risques associés à cette procédure. Cet article vise à explorer ces aspects en s'appuyant sur des études et des données disponibles.
Risques Médicaux à Court et Long Terme
Lors d'un séminaire européen sur la prévention de l'avortement, l'avocate Cherline Louissaint a souligné, études à l'appui, les risques médicaux encourus par les femmes ayant recours à l'IVG. Il ressort de différentes études que les infections constituent les risques à court terme les plus fréquents, survenant dans 1 à 5 % des cas. Les mineures seraient beaucoup plus sujettes aux risques physiques à court terme en raison de l'absence du pouvoir protecteur produit par la glaire cervicale des femmes plus âgées.
Si certains risques sont observés immédiatement après l'avortement, d'autres peuvent se manifester plus tard, notamment en ce qui concerne les naissances ultérieures, mettant potentiellement en danger la santé des enfants à naître. En effet, une femme ayant déjà avorté présente un risque accru de 37 % d'accoucher d'enfants prématurés par la suite.
Impact sur la Santé Maternelle
Au-delà des risques pour l'enfant à naître, la santé de la mère peut également être affectée. Bien que les avis divergent quant à l'impact direct potentiel de l'avortement sur le cancer du sein, la majorité des études sur la question établissent un lien entre l'avortement et ce type de cancer.
Les femmes qui avortent ont un risque significativement plus élevé de souffrir de dépression que celles qui accouchent (risque plus élevé de 53 %). De plus, le risque d'automutilation est plus élevé de 70 % chez les femmes ayant avorté, même en l'absence d'antécédents psychiatriques.
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Il est important de noter que les hommes ne sont pas épargnés par les conséquences psychologiques de l'avortement pratiqué par leur partenaire. Une étude comparative révèle que 40,7 % des hommes subissent une détresse psychologique avant l'avortement, contre 56,9 % des femmes.
Suicide et Avortement
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré qu'en 2000, le taux de suicide était presque aussi élevé que le taux de décès dus aux homicides et aux guerres combinés, soit 815 000 suicides. Le taux de suicide est particulièrement préoccupant chez les femmes.
En comparant les suicides suite à un accouchement et suite à un avortement dans différents pays, il apparaît que l'avortement est un facteur aggravant du risque de suicide. Bien que des femmes se suicident suite à un accouchement, ce dernier a plutôt un effet positif sur la femme. Ainsi, les tentatives de suicide augmentent après un avortement (5 sur 1000 femmes, contre 8,1 sur 1000 femmes après), tandis que le taux de tentatives de suicide diminue après l'accouchement, passant de 2,9 à 1,9 tentatives de suicide.
Une étude de Santé Publique France a révélé que le suicide est devenu la première cause de mortalité des femmes au cours d'une grossesse ou après un accouchement, avec 17 % de ces décès étant des suicides. Le rapport préconise la prévention, le dépistage et une prise en charge coordonnée et multidisciplinaire pour réduire ce chiffre.
Impact sur la Relation de Couple et la Sexualité
L'avortement peut également avoir un impact significatif sur la relation de couple et la sexualité. De nombreux dysfonctionnements sexuels ont été constatés suite à un avortement. Jusqu'à 31 % des femmes ayant avorté expérimentent différents dysfonctionnements sexuels pouvant durer jusqu'à un an après l'avortement, souvent liés à l'anxiété et à la dépression qui suivent l'avortement.
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Les hommes comme les femmes ayant vécu l'avortement peuvent avoir du mal à se remettre dans une relation stable et avoir des rapports sexuels impersonnels. De même, des disputes et des séparations sont directement liées à l'avortement. Une étude révèle que près de 50 % des femmes rapportent que l'avortement a été une cause de crise majeure dans le couple, et 50 % rapportent que la relation avec leur partenaire a été altérée significativement suite à l'avortement.
Mortalité Maternelle et Avortement
La mortalité maternelle est une cause de décès importante. Il est couramment admis que la mortalité maternelle est plus élevée dans les pays où la législation sur l'avortement est restrictive, car cela entraînerait des avortements pratiqués dans des conditions dangereuses en raison de leur illégalité. Cependant, des exemples comme celui du Chili, où une loi restrictive sur l'avortement a été votée en 1989, montrent que le taux de mortalité maternelle a diminué de moitié suite à cette loi, passant de 41,3 à 22 décès sur 100 000 en 2013.
Si le fait d'être enceinte augmente les risques de décès, ces risques sont augmentés de 80 % pour les femmes qui ont choisi d'interrompre leur grossesse, en comparaison des femmes qui ont choisi de mener leur grossesse à terme. Ce risque est d'autant plus important que l'avortement intervient tardivement. Ainsi, une femme qui avorte dans les 20 semaines a 35 fois plus de risques de mourir suite à l'avortement.
Les femmes qui avortent ont plus de risques de décéder de causes naturelles (60 % de plus de risques), du sida (2 fois plus contaminées), de maladies cardiovasculaires et mentales (3 fois plus de risques). De plus, elles sont plus susceptibles de mourir d'un accident mortel ou des suites de violences physiques. Les risques d'accidents mortels sont 4 fois plus importants pour les femmes qui avortent comparé aux femmes qui ont accouché.
Avortements Non Sécurisés et Décès Maternels
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que près de 56 millions d'interruptions volontaires de grossesse ont lieu chaque année dans le monde. Un peu moins de la moitié seraient des avortements à risque, pratiqués dans des conditions non sécurisées.
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Les conséquences du manque d'accès à des soins de qualité liés à l'avortement non sécurisé incluent :
- Évacuation incomplète (les tissus et produits de la grossesse n'ont pas été complètement retirés ou expulsés de l'utérus)
- Hémorragies (saignements abondants)
- Infections
- Perforations de l'utérus (lorsque l'utérus a été perforé par un objet pointu ou tranchant)
- Lésions de l'appareil génital et des organes internes par insertion d'objets dangereux dans le vagin ou l'anus.
Chaque année, 4,7 % à 13,2 % des décès maternels peuvent être attribués à un avortement non sécurisé. Les avortements septiques, résultant de l'utilisation de techniques non stériles pour l'évacuation utérine après un avortement provoqué ou spontané, peuvent également entraîner des décès.
Mortalité Maternelle : Facteurs de Risque et Prévention
Les facteurs de risque de mortalité maternelle incluent :
- Appartenance à un groupe socio-économique défavorisé
- Absence d'accès aux soins de santé
- Grossesses multiples
- Antécédents de décès infantiles à la naissance
- Résidence éloignée des centres de soins
- Manque d'éducation
La prévention de la mortalité maternelle passe par :
- Amélioration de l'accès aux soins de santé, en particulier dans les pays en développement
- Éducation des femmes sur la santé reproductive
- Soins prénataux de qualité
- Accouchements assistés par du personnel qualifié
- Accès aux transfusions sanguines et aux médicaments essentiels
- Prise en charge rapide des complications obstétricales
- Légalisation et sécurisation de l'avortement pour réduire les risques liés aux avortements clandestins
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