Introduction

Le devenir obstétrical et néonatal représente un domaine crucial de la santé publique, nécessitant une attention particulière en raison de la complexité des facteurs qui l'influencent. Cet article vise à explorer les complications obstétricales et néonatales associées à des conditions médicales préexistantes telles que les cardiopathies congénitales et l'obésité sévère ayant nécessité une chirurgie bariatrique. En outre, il aborde la problématique de la rupture prématurée des membranes, une complication obstétricale fréquente. L'objectif est de fournir une vue d'ensemble des défis et des enjeux liés à ces situations, en s'appuyant sur des études rétrospectives récentes.

Cardiopathies Congénitales et Grossesse : Une Étude Rétrospective

Une étude descriptive rétrospective, mono centrique, a été menée à la maternité de type 3 de l’Hôpital Femme Mère Enfant (HFME) des Hospices Civils de Lyon, France, entre 2011 et 2021. Cette étude a inclus 128 patientes présentant une cardiopathie congénitale et ayant bénéficié d'une prise en charge ou d'un accouchement à l'HFME. Les données recueillies incluaient les antécédents des patientes, les complications obstétricales survenues pendant la grossesse, l'accouchement et le post-partum, ainsi que les complications néonatales.

Prévalence et Classification des Cardiopathies

Sur les 223 grossesses étudiées, 36 (16,1%) se sont terminées par une fausse couche précoce ou tardive. Un nombre significatif de patientes recevaient un traitement anticoagulant (24,7%), tandis que 6,3% étaient porteuses d'une valve mécanique. Les cardiopathies congénitales ont été classées en quatre sous-groupes selon la classification de l’Organisation Mondiale de la Santé modifiée (OMSm) des risques cardio-vasculaires maternels.

Complications Obstétricales et Néonatales

Les complications obstétricales ont été observées dans 75 grossesses (33,6%) en ante partum, 95 grossesses (53,7%) en per partum et 31 grossesses (13,9%) en post partum. Il est à noter que les complications obstétricales étaient plus fréquentes en per partum chez les patientes avec un score OMSm élevé III-IV (p=0.003, OR 4.34 [1.59,11.86]). Les césariennes représentaient l'événement obstétrical le plus courant, concernant 60 grossesses (33,9%), dont seulement 28 (15,8%) étaient programmées pour des indications obstétricales.

Les complications néonatales ont touché 61 grossesses (35,5%) et étaient plus fréquentes chez les patientes avec un score OMSm élevé III-IV (p=0.003, OR 6.84 [2.20,21.26]). Parmi ces complications, l'accouchement prématuré avant 37 semaines d'aménorrhée (19,2% des grossesses) et le retard de croissance in utero (18,6% des grossesses) étaient les plus courants. Les femmes avec un score OMSm élevé III-IV présentaient un risque significativement accru de complications obstétricales pendant l'accouchement et de complications néonatales.

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Chirurgie Bariatrique et Grossesse : Une Étude en Martinique

Une autre étude s'est intéressée au devenir obstétrical et néonatal des grossesses après une chirurgie bariatrique. La chirurgie bariatrique est le traitement de dernier recours pour les patients souffrant d’obésité sévère. Peu de données ont été publiées sur les caractéristiques des personnes opérées en Martinique. De plus, une forte proportion de patientes opérées sont en âge de procréer. Ce travail a pour objectif de caractériser le devenir obstétrical et néonatal des grossesses, chez les patientes (âgées de 18 à 50 ans) ayant bénéficié́ d’une chirurgie bariatrique entre 2016 et 2017 et d’analyser les données socio-démographiques de cette population.

Méthodologie

Une étude transversale, observationnelle, descriptive et rétrospective, portant sur le devenir materno-fœtal des femmes qui ont eu au moins une grossesse entre un et quatre ans après une chirurgie bariatrique en Martinique. Les données ont été recueillies à partir des dossiers médicaux des deux cliniques privées et du CHU de Martinique. Sont incluses les femmes âgées de 18 à 50 ans et ayant eu une chirurgie bariatrique durant cette période. Le critère de jugement principal composite est la prématurité (enfant né mort ou vivant avant 37 SA) la mort fœtale in-utéro et le petit poids pour âge gestationnel défini selon le diagramme de Fenton.

Résultats Principaux

Sur les 281 patientes opérées, on a pu recueillir 57 grossesses dont 41 grossesses avec naissance (15%) sur la période 2017 - 2021. Le délai moyen entre la chirurgie et la grossesse est de 25 mois après la chirurgie. On note 17% d’HTA gravidique et 10% de diabète gestationnel. On relève 7 % de prématurité et 29% de petit poids pour l’âge gestationnel. Après ajustement du critère principal composite sur le délai entre la grossesse et la chirurgie, on note 15% de patientes présentant le critère de jugement principal dans un délai de moins de 12 mois contre 38% dans un délai de plus de 12 mois (p = 0.22). On relève la survenue de 100% des FCS dans un délai de moins de 12 mois après la chirurgie (p=0,06).

Cette étude est la première étude caractérisant les femmes en âge de procréer ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique en Martinique. Elle permet de faire un état des lieux sur les grossesses des femmes ayant eu une chirurgie bariatrique en Martinique.

Rupture Prématurée des Membranes : Étude et Morbidité Néonatale

La rupture prématurée des membranes (RPM) se produit dans 20 % des cas entre 34 et 37 semaine d’aménorrhée (SA). Une étude descriptive, rétrospective et monocentrique réalisée sur 12 mois visait à déterminer l’attitude obstétricale et la morbidité néonatale liée à cette RPM. Les femmes enceintes entre 34 et 36+6SA sans malformation fœtale présentant une RPM ont été incluses.

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Résultats et Complications

En 2017, 46 femmes ont été hospitalisées pour RPM parmi 3604 naissances. Parmi celles-ci, 33 parturientes ont accouché spontanément et 13 autres ont été déclenchées pour prélèvement bactériologique positif (n=8), anomalies du rythme cardiaque fœtal (n=3) et rupture prolongée des membranes (n=2). Près de 80 % des accouchements sont survenues avant la 48e heure d’ouverture de l’œuf. Quatorze enfants ont nécessité des gestes de réanimation en salle de naissance. Seize nouveau-nés ont présenté une détresse respiratoire transitoire et un seul a nécessité l’administration du surfactant pour maladie des membranes hyalines. Sur les 41 naissances en contexte de rupture prolongée, 26,8 % nouveau-nés ont nécessité une réanimation et 34 % ont présenté une détresse respiratoire. Une infection néonatale bactérienne précoce a été suspectée chez 28 nouveau-nés avec un seul cas probable devant la présence des signes cliniques et un facteur de risque (Escherichia coli dans le liquide gastrique).

La détresse respiratoire était très fréquente et l’attitude obstétricale étaient conformes aux recommandations du CNGOF.

Infections Invasives à Méningocoque et Convulsions Néonatales

Bien que les études principales se concentrent sur les cardiopathies congénitales, la chirurgie bariatrique et la rupture prématurée des membranes, il est également important de considérer d'autres complications néonatales potentielles, telles que les infections invasives à méningocoque et les convulsions néonatales. Ces conditions, bien que non directement liées aux études mentionnées, représentent des défis significatifs en néonatalogie.

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