Mylène Demongeot, nom de scène de Marie-Hélène Demongeot, est une figure emblématique du cinéma français. Née à Nice le 29 septembre 1935, elle a marqué plusieurs générations par son talent, sa beauté et son engagement. Décédée le 1er décembre 2022 à l'âge de 87 ans, elle laisse derrière elle une carrière riche et diversifiée, jalonnée de succès populaires et de rôles plus intimistes.
Une Jeunesse Niçoise et une Ascension Parisienne
Marie-Hélène Demongeot voit le jour dans une famille aux origines cosmopolites. Son père, Alfred Jean Demongeot, est un haut fonctionnaire français issu d'un milieu aristocratique. Sa mère, Claudia Troubnikova, est une Russe blanche ukrainienne, née à Kharkiv. Mylène passe son enfance à Nice, auprès de sa grand-mère paternelle, la comtesse de Clavesana, affectueusement surnommée "Nonna". Atteinte d'un strabisme dès l'âge de 4 ans, elle est placée au couvent à Montpellier, où elle se réfugie dans l'étude du piano, révélant un talent certain pour cet instrument.
Peu après la Libération, la famille s'installe à Paris, suite à la nomination du père au ministère de l'économie nationale. Mylène, solitaire, se passionne pour la lecture, le piano et le cinéma, rêvant de devenir actrice malgré un manque de confiance en son physique. Une opération à l'âge de 15 ans corrige son strabisme, transformant son visage. Remarquée dans la rue, elle signe un contrat de mannequinat et intègre le cours Simon, où elle côtoie Jean-Pierre Cassel, Claude Berri et Guy Bedos.
Des Débuts Prometteurs au Statut de Star
Dès 1953, Mylène Demongeot fait de la figuration au cinéma. Son premier rôle parlant est dans Les Enfants de l'amour, un mélodrame de Léonide Moguy. Elle adopte le prénom de Mylène et tourne dans des comédies légères avant de décrocher le rôle d'Abigail Williams dans Les Sorcières de Salem (1957), de Raymond Rouleau, aux côtés d'Yves Montand et Simone Signoret. Ce rôle la propulse au rang de vedette à 21 ans.
Sa carrière prend alors une dimension internationale. Elle tourne avec Otto Preminger dans Bonjour tristesse (1958), puis en Angleterre, en Italie, au Japon et au Brésil. Les États-Unis la présentent comme la Kim Novak française. Elle enchaîne les rôles dans des films de genre variés : comédies, drames, westerns, péplums, aux côtés d'acteurs français (Alain Delon, Jean-Paul Belmondo) et étrangers (Dirk Bogarde, Roger Moore).
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Fantômas et la Consécration Populaire
En 1961, Mylène Demongeot interprète Milady de Winter dans Les Trois Mousquetaires, de Bernard Borderie, un tournage marqué par le décès de son père. Elle connaît ensuite un immense succès populaire grâce à la trilogie Fantômas (1964, 1965, 1967), d'André Hunebelle, où elle incarne Hélène, la fiancée du journaliste Fandor (Jean Marais), aux côtés du commissaire Juve (Louis de Funès).
Une Pause et un Retour Réussi
En 1966, Mylène Demongeot rencontre Marc Simenon, fils de l'écrivain Georges Simenon. Ils se marient en 1968, et sa carrière d'actrice passe au second plan. Elle se lance avec lui dans la production de films et s'exile à Porquerolles, où ils recueillent des animaux. Elle écrit la biographie de sa mère, Les Lilas de Kharkov (1990), puis renoue avec le théâtre.
Le décès accidentel de Marc Simenon en 1999 la plonge dans le deuil. Elle écrit son autobiographie, Tiroirs secrets (2001), suivie de Mylène Demongeot. Mémoires de cinéma (2011) et Mes monstres sacrés, souvenirs et portraits (2015). Les années 2000 marquent son retour au cinéma dans des seconds rôles. Elle est nommée aux Césars pour 36 quai des Orfèvres (2004) et devient une figure populaire grâce à la comédie Camping (2006) et ses suites.
Anecdotes et Coulisses de Tournage
Mylène Demongeot a partagé de nombreuses anecdotes sur ses tournages. Sur le tournage d'un film en noir et blanc, elle raconte comment le décorateur Jean André a reconstitué la piscine Molitor en studio. Lors d'une scène avec Alain Delon, elle révèle que Jacqueline Sassard avait peur de l'eau et qu'un filet avait été installé pour simuler la nage. Elle raconte aussi qu'elle portait des talons de douze centimètres, ce qui la rendait plus grande qu'Alain Delon. Pour la scène, on lui glissait un petit praticable sous les pieds.
Engagements et Vie Personnelle
Mylène Demongeot était une femme engagée. Elle était la présidente d'honneur du Refuge de l'Arche, un sanctuaire animalier situé en Mayenne, où elle résidait depuis 2011. Elle a toujours défendu la cause animale et a écrit un livre à ce sujet, Animalement vôtre. Elle était également favorable au droit de mourir dans la dignité et militait au sein de l'ADMD.
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Mylène Demongeot a été mariée à Henri Coste (1958-1966) et à Marc Simenon (1968-1999). Elle n'a pas eu d'enfants.
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