L'alerte enlèvement est un dispositif d'urgence mis en place pour retrouver rapidement un enfant disparu, notamment en cas de suspicion d'enlèvement. Cet article explore la définition de l'enlèvement parental, les démarches à suivre en cas de disparition, les aspects légaux et les mesures de prévention.

Définition de l'Enlèvement Parental

Le rapt ou enlèvement parental désigne le fait, pour un parent ou un proche, de soustraire un enfant mineur à l’autre parent ou aux détenteurs légaux de l’autorité parentale, sans droit et de manière illicite. En France, il s’agit d’une infraction grave, distincte de l’enlèvement commis par un inconnu, car elle intervient dans un contexte familial (séparation conflictuelle, non-respect d’un droit de garde, etc.).

Définition Légale

Le Code pénal, à l'article 227-7, définit l'enlèvement d'enfant (ou soustraction d'enfant) comme « le fait, par tout ascendant, de soustraire un enfant mineur des mains de ceux qui exercent l’autorité parentale ou chez qui il a sa résidence habituelle ». Concrètement, cela vise un parent (ou un membre de la famille) qui retient ou emmène un enfant alors que ce dernier aurait dû être remis à l’autre parent ou à la personne légalement en charge. Peu importe que l’enfant soit d’accord de suivre le parent ravisseur, ou même qu’aucune décision de justice n’ait formalisé la garde : enlever son enfant à l’autre parent est illégal dans tous les cas.

Situations Courantes

On considère généralement comme enlèvement parental des situations comme :

  • Un parent ne ramène pas l’enfant à l’issue du droit de visite.
  • Un parent déménage avec l’enfant sans informer l’autre parent.
  • Un parent vient chercher l’enfant à l’école en dehors de son tour de garde.

Que Faire en Cas d'Enlèvement Parental ?

En cas d'enlèvement parental, il est crucial d'agir rapidement et méthodiquement. Voici les étapes à suivre :

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  1. Tenter un contact amiable (si possible) : Si vous êtes encore en contact avec l’autre parent, essayez d’abord de le joindre pour comprendre la situation. Parfois, un malentendu ou un retard peut expliquer l’absence. Toutefois, négociez avec prudence et gardez des traces écrites de vos échanges.

  2. Alerter les forces de l’ordre : Rendez-vous immédiatement dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie pour signaler les faits. Déposez une plainte pour enlèvement parental (soustraction de mineur). Munissez-vous de tout document utile (jugement de garde, acte de naissance de l’enfant, pièce d’identité de l’enfant et photo récente). Signalez si l’enfant possède un passeport ou si une interdiction de sortie du territoire a été demandée.

  3. Alerte et diffusion : La police peut inscrire l’enfant et le parent dans le fichier des personnes recherchées et déclencher, selon la gravité, une Alerte Enlèvement médiatique si l’enfant est en danger. Si l’autre parent reste injoignable, ne tentez pas d’agir seul.

  4. Saisir le Juge aux Affaires Familiales (JAF) : En urgence, le JAF du lieu de votre résidence peut être saisi (par requête) pour statuer sur la résidence de l’enfant et éventuellement prononcer des mesures contraignantes. Par exemple, le juge peut modifier le droit de garde ou prononcer une astreinte financière contre le parent ravisseur pour chaque jour de retard.

  5. Coopération internationale : Si vous suspectez un départ à l’étranger, signalez-le dès la plainte. La France est partie à la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les enlèvements internationaux d’enfants. Cette convention facilite la collaboration entre 98 États signataires pour obtenir le retour rapide de l’enfant dans son pays de résidence habituelle. Vous pouvez déposer, avec votre avocat, une demande de retour conventionnelle auprès du Tribunal judiciaire compétent, en plus de la plainte pénale.

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Chaque situation étant unique, il est vivement conseillé de vous faire assister d’un avocat en droit de la famille.

Aspects Légaux et Sanctions

Le Code pénal prévoit des peines sévères pour l’enlèvement parental (délit de soustraction de mineur). La peine de base est d’1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende pour le parent qui soustrait son enfant à l’autre parent ou au tiers gardien.

En outre, le tribunal correctionnel peut prononcer des peines complémentaires : par exemple la suspension du permis de conduire, l’interdiction de porter une arme, etc., surtout si ces éléments ont servi dans l’enlèvement.

Surtout, le retrait total ou partiel de l’autorité parentale du parent condamné est souvent envisagé en cas d’enlèvement parental, car ce comportement met en danger la santé, la sécurité ou la moralité de l’enfant.

Soutien Psychologique et Réintégration de l'Enfant

Une fois l’enfant localisé et récupéré, la priorité est de le rassurer et le protéger. Un enfant victime d’enlèvement par un parent peut souffrir de troubles psychologiques (angoisse de séparation, conflit de loyauté, etc.). Il est souvent utile de prévoir un accompagnement psychologique pour l’enfant, et éventuellement pour le parent left-behind (parent victime), afin de surmonter le traumatisme.

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Chaque enlèvement parental est un drame pour l’enfant, qui se retrouve au cœur d’un conflit de loyauté.

Prévention de l'Enlèvement Parental

Il existe plusieurs mesures préventives pour minimiser le risque d'enlèvement parental :

  • Établir clairement les modalités d’exercice de l’autorité parentale : En cas de séparation, il est important de définir clairement avec l’autre parent les modalités d’exercice de votre autorité parentale.

  • Maintenir la communication et désamorcer les conflits : Maintenez le plus possible la communication avec l’autre parent et désamorcez les conflits. Ne vous opposez pas, sans raison, aux contacts réguliers entre l’enfant et l’autre parent.

  • Sécuriser les documents de voyage : Conservez le(s) passeport(s), la carte d’identité de l’enfant et le livret de famille en sécurité et assurez-vous qu’aucun autre passeport n’a été fait à votre insu (notamment si votre enfant a une double nationalité).

  • Signaler les menaces : En cas de menaces verbales, déposez une main courante au poste de police le plus proche de chez vous. Si ces menaces sont écrites, conservez-en une trace.

  • Surveiller les voyages à l'étranger : Si votre enfant voyage à l’étranger, demandez une copie du billet de retour et des informations sur le lieu du séjour.

  • Interdiction de sortie du territoire (IST) : Elle permet à un parent de s’opposer à la sortie du territoire de son enfant sans son autorisation. Il s’agit d’une mesure judiciaire. La demande d’IST se fait auprès du Juge aux Affaires Familiales (JAF) du lieu de résidence de l’enfant. Elle permet d’inscrire l’enfant au Fichier des Personnes Recherchées (FPR) en France ainsi que sur le Système d’Information Schengen dans 26 pays d’Europe.

  • Opposition à la sortie du territoire (OST) : C’est une mesure administrative d’urgence qui permet d’empêcher l’autre parent de partir à l’étranger avec votre enfant sans votre accord. Elle se fait à la préfecture ou à la sous-préfecture, ou, si elles sont fermées, auprès des services de police et gendarmerie. Attention : Il est préférable de n’avoir recours à L’OST que lorsque le départ vers l’étranger est certain car cette mesure n’est valable que 15 jours (10 jours si établie par les services de police ou de gendarmerie).

Si vous ne disposez pas encore d’une décision du Juge aux Affaires Familiales (JAF), saisissez ce dernier, de préférence avec l’aide d’un avocat spécialisé, afin que la résidence habituelle de l’enfant soit fixée en France. Ce magistrat peut par ailleurs ordonner une interdiction de sortie du territoire. Afin d’obtenir cette mesure, il faudra démontrer qu’il existe un risque de déplacement ou de rétention illicite à l’étranger.

Autres Types de Disparitions

Il est important de distinguer l'enlèvement parental d'autres types de disparitions, notamment :

  • La fugue : "les fugues représentent plus de 90% des signalements de disparition de mineurs", qu'elles sont "le plus souvent de courte durée" et le site rappelle qu'elles ne représentent pas un délit.

  • La disparition inquiétante : Celle-ci est jugée inquiétante si la personne a des contacts réguliers avec ses proches et qu’elle a soudainement cessé de donner de ses nouvelles et qu’elle reste introuvable.

En cas de disparition, il est essentiel de :

  1. Contacter les proches : Contactez la famille, les amis, les voisins et les personnes proches de la personne disparue. Il est possible qu’elle soit chez quelqu’un d’autre sans avoir donné de nouvelles. Communiquez avec toutes les personnes qui pourraient avoir des informations.

  2. Chercher autour de vous : Si possible, allez dans les endroits où la personne disparue va souvent. Pour un mineur : recherchez dans les lieux dans lesquels il a l’habitude de se rendre (parc, terrain de sport…). Contactez l’établissement scolaire si c’est en semaine, les centres de loisirs ou le club de sport. Demandez à ceux qui l’ont vu si elle a laissé des messages ou des indices où elle pourrait être. Vérifiez également si elle a pris des affaires personnelles (pièce d’identité, argent, carte bancaire, vêtements, sac, téléphone portable…).

  3. Contacter les hôpitaux, cliniques : Si la personne est malade ou a des problèmes de santé, vérifiez auprès des hôpitaux ou des cliniques. Mettez une photo récente de la personne et expliquez la situation.

  4. Signaler la disparition : Dès que la disparition vous semble inquiétante, y compris dans le cas d’une fugue, vous devez appeler le 17 et vous rendre rapidement dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie.

Le Rôle de la Médiation Familiale

La médiation familiale est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié et sans pouvoir de décision, le médiateur familial, favorise, à travers l’organisation d’entretiens confidentiels, leur communication, la gestion de leur conflit dans le domaine familial entendu dans sa diversité et dans son évolution.

La médiation peut être :

  • La médiation spontanée.
  • La médiation judiciaire.
  • La médiation pénale. Elle est conseillée par le procureur de la République notamment dans le cas d’une non représentation d’enfant.

Le principe est que la médiation familiale repose sur le consentement des parties : à défaut d’être choisie par ces dernières, elle doit avoir été acceptée par elles.

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