Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff, mondialement connue sous le nom de Marina Vlady, est une figure emblématique du cinéma français et européen. Actrice, chanteuse et écrivaine, elle est née le 10 mai 1938 à Clichy, en banlieue parisienne. Issue d'une famille d'immigrés russes aux racines artistiques profondes, Marina Vlady a marqué le paysage culturel par son talent, sa beauté et ses convictions.
Les Racines Russes et l'Éveil Artistique
Marina Vlady est la fille de Vladimir de Poliakoff, un chanteur d'opéra, et de Militza Envald, une danseuse étoile. Ses parents, immigrés russes, ont transmis à leurs quatre filles une passion pour les arts. Les sœurs Poliakoff, dont Marina, ont formé un quatuor vocal qui a connu un certain succès en interprétant des classiques du folklore russe.
Son père, Vladimir de Poliakoff, arrive en France en 1915 en s'engageant pour combattre l'Empire allemand au début de la Première Guerre mondiale. Sa mère, Militza Envald, est arrivée dans l’Hexagone en 1919, après la révolution russe.
La famille a connu des difficultés financières en France, malgré les talents artistiques des parents. Marina entre dans l'école de danse de l'Opéra de Paris, tout en poursuivant des études secondaires. Initialement destinée à une carrière de danseuse, elle se tourne finalement vers le cinéma, suivant ainsi les traces de sa sœur Odile Versois.
Des Débuts Précoces au Cinéma
Marina Vlady fait ses premiers pas devant la caméra à l'âge de 11 ans dans Orage d'été de Jean Gehret, sorti en 1949. Elle y remplace sa propre sœur. Elle y incarne le personnage de Marie-Tempête.
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Elle enchaîne avec le film Due Sorelle amano de Jacopo Comin.
Remarquée pour sa beauté et son charme slave, elle joue dans plusieurs productions italiennes comme La Fille du diable, Les Infidèles et Des gosses de riches.
En 1954, sa carrière prend un tournant décisif grâce à André Cayatte, qui lui offre un rôle dans Avant le déluge. Sa performance lui vaut le prix Suzanne Bianchetti, une récompense prestigieuse pour les jeunes actrices prometteuses. La même année, elle est à l’affiche du film Jours d’amour du réalisateur Guiseppe De Santis.
L'Ascension vers la Célébrité et la Collaboration avec Robert Hossein
Sa rencontre et son mariage avec Robert Hossein en 1955 marquent une étape importante de sa carrière. Hossein la dirige dans quatre films : Les Salauds vont en enfer (1955), Pardonnez nos offenses (1956), Toi, le venin (1958) et La Nuit des espions (1959). Ces rôles lui permettent de s'affirmer comme une actrice de talent et de gagner en notoriété auprès du public.
Parallèlement, le couple s’affiche entre autres devant la caméra de Georges Lampin (Crime et Châtiment en 1956), de Jean Valere (La Sentence en 1959) et de Maurice Labro (Les Canailles en 1960).
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Elle est l'interprète des Salauds vont en enfer (1956), de Pardonnez nos offenses, de Toi, le venin (1959), de la Nuit des espions, tous de Robert Hossein, mais aussi de la Sorcière (A. Michel, 1956), de Crime et Châtiment (G. Lampin, id.) et de la Fille dans la vitrine (L. Emmer, 1961).
Reconnaissance Internationale et Diversification des Rôles
Séparée de Robert Hossein, elle incarne en 1961 La Princesse de Clèves aux côtés de Jean Marais. Cette adaptation du roman de Mme de la Fayette lui vaut le prix belge Femina de la meilleure actrice de l’année.
En 1963, elle prouve définitivement qu’elle n’est pas qu’un physique grâce au Lit conjugal qui lui permet de récolter une nomination aux Golden Globes et surtout de repartir avec le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes.
Elle travaille également avec André Michel dans La Sorcière (1956), puis avec Georges Lampin pour Crime et Châtiment (1956) et Luciano Emmer où elle campe un rôle dans sa production La Fille dans la vitrine (1961).
Orson Welles lui offre en 1965 l’un de ses rares rôles anglophones dans Falstaff, personnage créé par Shakespeare. Séparée de son second mari, l’aviateur Jean-Claude Brouillet, elle apparaît en 1966 dans Atout cœur à Tokyo pour OSS 117 puis dans Deux ou trois choses que je sais d'elle de Jean-Luc Godard.
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Elle ne dédaigne pas les comédies populaires, mais choisit aussi soigneusement des films d’auteur.
Au cours de sa carrière, Marina Vlady a alterné entre productions commerciales et films d'auteur, travaillant avec des réalisateurs de renom tels que Michel Deville, Henri Colpi, Jean-Luc Godard, Sergueï Ioutkevitch, Miklós Jancsó et Bertrand Tavernier. Elle a également joué dans des films russes et italiens, élargissant ainsi son horizon artistique.
Engagement Politique et Féministe
Marina Vlady est une femme engagée politiquement et socialement. Elle est l'une des signataires du Manifeste des 343, paru en 1971, un acte courageux de soutien au droit à l'avortement. Elle a également participé à des actions en faveur des sans-papiers et des sans-logis, aux côtés de son compagnon Léon Schwartzenberg.
Elle est l’une des 343 signataires du manifeste des "343 salopes" en 1971.
En 1970, elle devient membre de présidence de l’association France-URSS, qui a pour but de promouvoir la coopération entre la France et l’Union Soviétique.
Vie Privée et Amours Passionnées
La vie privée de Marina Vlady a été marquée par trois mariages et des relations passionnées. Elle a été mariée à Robert Hossein, avec qui elle a eu deux fils, Pierre et Igor, tous deux devenus acteurs. Après son divorce, elle a épousé l'aviateur Jean-Claude Brouillet, avec qui elle a eu un fils, Vladimir.
Son troisième mariage, avec le poète et chanteur russe Vladimir Vissotski en 1969, a été une période intense de sa vie. Elle a vécu en Union Soviétique jusqu'à la mort de Vissotski en 1980. Elle lui a consacré un livre poignant, Vladimir ou le vol arrêté, publié en 1987.
Elle a ensuite partagé sa vie avec le professeur Léon Schwartzenberg jusqu'à la mort de ce dernier.
Diversification Artistique : Chanson et Littérature
Outre sa carrière d'actrice, Marina Vlady s'est également illustrée dans la chanson et la littérature. Elle a enregistré cinq albums et publié treize livres, dont des romans, des essais et ses mémoires, 24 images seconde, parues en 2005.
Elle reprend l’année suivante sa casquette de chanteuse pour chanter, au théâtre des Bouffes du Nord, son amour pour son 3e mari décédé, Vladimir Vissotski.
Depuis 2000, elle se fait de plus en plus rare sur les écrans, préférant se consacrer au théâtre et à l’écriture.
Récompenses et Hommages
Marina Vlady a reçu de nombreuses distinctions au cours de sa carrière, dont le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes en 1963 pour Le Lit conjugal. Elle est également Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres et récipiendaire de la Médaille Pouchkine. Malgré son immense talent et sa contribution au cinéma, elle n'a jamais été récompensée aux César. En 2008, elle s'est vue décerner le prix Reconnaissance des cinéphiles de l’association Souvenance de cinéphiles pour féliciter l’ensemble de sa carrière.
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