Aretha Franklin, à jamais "la Reine de la soul", reste une figure emblématique de la musique américaine et une source d'inspiration pour des générations d'artistes. Sa voix unique et son talent exceptionnel ont marqué l'histoire de la musique.

Une Voix Inoubliable

Considérée comme l'une des plus grandes voix américaines de l'histoire, Aretha Franklin a marqué des générations entières d'artistes. Chanteuse de gospel, de funk, de R&B ou de jazz, l'interprète de Respect, avec sa voix reconnaissable entre mille, sensuelle et puissante couvrant quatre octaves, a influencé de nombreuses divas américaines : de Whitney Houston à Beyoncé, en passant par Mariah Carey et Alicia Keys. Elle restera connue comme l'interprète inoubliable de Respect.

Les Premières Années : De Memphis à Detroit

La biographie d'Aretha Franklin commence le 25 mars 1942 à Memphis, dans le Tennessee, un état du Sud des États-Unis. Sa mère, Barbara, est chanteuse de gospel et pianiste. Son père, Clarence L. Franklin, qui préside la New Bethel Baptist Church de Detroit, dans le Michigan, est un pasteur dont l'influence s'étend à l'ensemble des États-Unis. Lui-même chanteur, il est réputé pour ses sermons brillants, dont un grand nombre ont été enregistrés par Chess Records.

Aretha Franklin a six ans lorsque ses parents se séparent. Le couple Franklin se sépare suite aux infidélités de son père, sa mère quitte le foyer, elle décèdera 4 ans plus tard, laissant un vide qu’Aretha n’aura de cesse de combler. La petite fille est confiée au pasteur, ils s’établissent à Detroit pour échapper à la ségrégation qui règne dans les États du sud. Le pasteur Franklin croit en une éducation autoritaire et aux vertus des enseignements religieux. Mais il est surtout un humaniste éclairé et ouvert d’esprit. Cette ouverture va imprégner sa personnalité et marquer son caractère d’une double empreinte, la foi et la sensibilité musicale.

Elle garde néanmoins de bons contacts avec sa mère, chanteuse de gospel. Cette filiation ne pouvait que la destiner à s'initier au chant, ce qu'elle fait dans la chorale de son père en 1956. En accompagnant son père lors de ses prêches dans les grandes villes américaines, l’adolescente est rapidement reconnue pour son talent.

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Début de Carrière et Premiers Succès

La voix et le talent de la jeune Aretha Franklin sont rapidement repérés, et exploités dans un premier temps pour des albums de jazz. Elle sort son 1er album en 1956 à seulement 14 ans. À 18 ans, Aretha quitte le nid et part faire ses armes à New York où elle signe un premier contrat chez Columbia en 1960. Elle veut être une chanteuse de Jazz mais le succès n’est pas au rendez-vous. Mais le faible engouement du public, malgré Rock-a-bye your baby with a dixie melody, achève de la convaincre de s'orienter vers des styles plus populaires.

L'Ascension vers la Gloire : L'Ère Atlantic

Sa signature chez Atlantic en 1967 coïncide avec l'arrivée de ses premiers grands titres. C’est avec le label Atlantic Record que la magie va opérer : conscient du grand potentiel de la jeune chanteuse, le producteur Jerry Wexler comprend l’importance des influences qui ont construit Aretha. Il la dirige alors vers un registre entre gospel et blues où sa signature vocale et son talent de pianiste vont lui permettre d’affirmer son propre style. I Never Loved a Man (The Way I Love You) ouvre les vannes d'un flot de hits mythiques. Aretha Arrives, Lady Soul et Aretha Now confirment la naissance d'un phénomène qui devient une ambassadrice de la lutte pour les droits civiques de la population noire.

L'année suivante, elle enregistre sa célèbre version enflammée de Respect (1967), qui reste aujourd'hui une référence du R&B. La chanson a été adoubée cinquième meilleure chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone. D’un titre certes tonique mais qui se limitait à évoquer une banale querelle de ménage, Aretha Franklin avait fait de Respect un hymne universel pour l’égalité. Celle des Noirs par rapport aux Blancs au temps du Mouvement pour les droits civiques de Martin Luther King, mais aussi celle de la femme (quelle que soit sa couleur de peau) face à l’homme, défié afin de montrer ce dont il est capable - le « sock it to me » provocateur lancé par le chœur comprend des sens multiples, y compris sexuel. Jubilatoire avec sa bourrasque vocale, sa guitare funky et ses claquements de cuivres, Respect hissa aussitôt Aretha Franklin au sommet des classements américains de ventes de disques, qui pratiquaient alors, derrière l’alibi des genres, la ségrégation raciale : rhythm’n’blues (pour le public noir) et pop (pour les Blancs). Aretha y gagna sa couronne de « reine de la soul », un titre qui ne lui fut jamais contesté par la suite.

Pendant plus de dix ans, Aretha Franklin se transforme en machine à titres de légende tels que Call Me (1970) ou Day Dreaming (1972).

Icône de la Lutte pour les Droits Civiques

La fin des années 60 est marquée par le mouvement pour la reconnaissance des droits civiques des Afro-Américains et la carrière de la chanteuse va bénéficier de ce contexte politique et social. Martin Luther King, grand ami de la famille, fera souvent appel à Aretha pour accompagner ses sermons. La chanteuse sera alors perçue comme un symbole du mouvement et la reprise du titre d’Otis Redding “Respect” va devenir l’étendard de cette cause. Elle est la première chanteuse à apparaître en une du magazine Time. Martin Luther King lui remet le Christian Leadership Award. Sa version de la chanson « Respect » d'Otis Redding (n°1), toute en passion déchaînée, est assimilée par la communauté noire à un chant revendicatif.

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Les Années 1970 et 1980 : Évolution et Défis

Plus consensuelle par la suite, Aretha Franklin se signalera une dernière fois avec Think, interprété pour le film Blues Brothers (1980). Les années 70 et l’arrivée du disco sonnent le glas des années fastes pour la musique soul. Après tant d’années de reconnaissance, Aretha est délaissée par le public.

Certes, dans les années 1980, son succès ne se dément pas, même si ses albums sont désormais plus standardisés (en particulier les deux albums produits par Luther Vandross : Jump to It en 1982 et Get it Right en 1983). En 1984, elle renonce à tenir le rôle de Mahalia Jackson dans la comédie musicale Sing, Mahalia, Sing : elle est alors poursuivie pour rupture abusive de contrat. Who's Zoomin' Who (1986), produit par Dave Stewart (Eurythmics), rallie tous les suffrages de vente et son duo avec George Michael (« I Knew You Were Waitin' for Me », 1986) devient n°1. Il lui permet de se voir attribuer un nouveau Grammy Award. La même année, Keith Richards apparaît dans son album Aretha.

Vie Personnelle et Épreuves

La chanteuse américaine s'est mariée deux fois. La première avec Ted White, en 1961, alors qu'elle était âgée de 19 ans. Elle épouse Ted White en 1961. A l’époque, il était le petit ami de la chanteuse Dinah Washington. Le 11 avril 1978, la Reine de la soul épouse en secondes noces l'acteur Glynn Thurman, déjà père de trois enfants. Elle épouse l’acteur Glynn Turman en 1978. Après s'être séparé en 1982, le couple divorce en 1984.

De ces deux mariages, Aretha Franklin a eu un fils : Ted White Jr., né en avril 1964 de son mariage avec Ted White. La chanteuse était à l'époque déjà mère de deux enfants : Clarence, né alors qu'elle était âgée de 12 ans, le 28 janvier 1955, puis Edwards Derone Franklin, né en août 1957. Le père de ces deux enfants a souvent déclenché des rumeurs, un mystère entretenu par la chanteuse elle-même, qui leur a toutefois donné son nom de famille.

La disparition précoce de sa mère a laissé des traces dans le cœur de la petite fille. Depuis l’enfance, elle souffre de troubles alimentaires : la boulimie va entraîner des périodes de prise de poids qui seront souvent pointées du doigt par les médias. Ses addictions au tabac et à l’alcool, qu’elle combattra aussi tout au long de sa vie, dévoilent cette facette vulnérable. Si l’histoire voit en elle une figure féministe, son parcours sentimental dévoile le portrait d’une femme blessée par des relations amoureuses passionnées mais destructrices. À travers ses chansons, Aretha prône la dignité et l’émancipation des femmes. Paradoxalement, elle s’attache à des hommes violents et infidèles, délaissant ceux qui pourraient la rendre heureuse. Mère pour la première fois à 13 ans et divorcée deux fois, elle considère sa vie privée comme un échec. Ce qu’elle n’a pas réussi en tant que femme, elle va continuer à le chercher à travers le public. Mais à partir des années 80 elle n’est plus sur le devant de la scène. Cette frustration la rend colérique, jalouse des jeunes chanteuses qui lui volent la vedette.

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Distinctions et Hommages

Tout au long de sa carrière, Aretha Franklin a plusieurs fois été honorée par les présidents américains. En 2005, elle reçoit du président George W. Bush la médaille de la Liberté, la plus haute distinction américaine pour un civil. En janvier 2009, elle chante pour l'investiture de Barack Obama, premier président noir des États-Unis, impériale sous un chapeau gris, lors d'une cérémonie chargée d'émotions. Aretha Franklin interprète alors la chanson patriotique My Country Tis of Thee. Le 3 janvier 1987, elle est la première femme à être honorée par le Rock and Roll Hall of Fame. En 1994, elle se voit attribuer un Grammy Award pour l'ensemble de sa carrière (le dix-huitième). Cette même année, Harvard lui décerne un diplôme d’honneur pour sa contribution à la musique.

Les Dernières Années et l'Héritage Immortel

Toujours en activité avec une carrière de près de soixante ans, elle reste une artiste admirée et une référence pour la jeune génération américaine. En août 2018, alors que ses dernières apparitions avaient marqué par l'affaiblissement physique d'Aretha Franklin, la chanteuse est prise en charge en soins palliatifs dans sa demeure de Détroit, aux États-Unis.

Dès l'annonce de la disparition de la Reine de la soul, la vague d'émotion est planétaire. Les célébrités et anonymes à rendre hommage à Aretha Franklin et à sa carrière sont innombrables et les hommages se comptent par centaines. Une cérémonie commémorative est organisée à l'église baptiste de New Bethel le 19 août. Lors de funérailles grandioses, tous disent un dernier au revoir à la Reine de la soul : de l'éloge funèbre de Bill Clinton à l'interprétation de Natural Woman par Ariana Grande… Ils étaient plus de 40 à être montés sur scène à Detroit pour rendre hommage à la légendaire chanteuse américaine.

Aretha Franklin est morte d’un cancer du pancréas, le 16 août 2018, à l’âge de 76 ans, a annoncé son agente Gwendolyn Quinn. Avec elle s’éteint la plus majestueuse et la plus impressionnante (quatre octaves) voix féminine de l’histoire de la musique soul.

Lorsqu’elle s’éteint en 2018 à la suite d’un cancer du pancréas, la reine de la musique soul laisse un héritage musical impressionnant avec 75 millions d’albums vendus et de multiples récompenses. En mettant sa voix unique au service des causes qui marquaient son époque, elle a transmis un message intemporel.

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