Le corps humain, en particulier celui des nourrissons, est sensible aux variations de température. Les crises liées au cerveau et à la chaleur chez le nourrisson peuvent être dues à divers facteurs, allant de l'exposition prolongée au soleil à des conditions médicales sous-jacentes. Cet article explore les causes, les symptômes et les mesures préventives associées à ces crises.

Insolation et ses Effets sur le Cerveau

L'insolation est une forme de surchauffe de l'organisme qui survient après une exposition prolongée au soleil sans protection adéquate. En situation normale, le corps régule sa température interne grâce à la transpiration et à la dilatation des vaisseaux sanguins. Cependant, lorsque ce système est dépassé, la température corporelle peut augmenter dangereusement, perturbant le fonctionnement des organes, notamment le cerveau.

Mécanismes de l'Insolation

Lorsque le corps ne parvient plus à se refroidir efficacement, notamment à cause d’une transpiration insuffisante ou d’une déshydratation, la température corporelle peut rapidement grimper. On parle alors d’hyperthermie. Cette surchauffe perturbe alors le fonctionnement de nombreux organes : le cerveau peut être altéré (donnant lieu à des troubles neurologiques), les reins peuvent être mis en difficulté, et la fatigue devient extrême.

L’insolation peut également s’accompagner d’un coup de soleil, c’est-à-dire d’une brûlure de la peau due aux rayons UV. Le coup de soleil accentue la sensation de chaleur et limite la capacité du corps à évacuer l’excès de température, ce qui aggrave le risque de déshydratation et d’hyperthermie.

Symptômes de l'Insolation

Les symptômes de l'insolation peuvent varier, mais certains signes d'alerte incluent :

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  • Sensation soudaine de faiblesse, de gêne ou d'inconfort après un temps passé en plein soleil.
  • Troubles digestifs fréquents dus à l’élévation de la température corporelle.
  • Difficulté à se concentrer, troubles de l’attention ou confusion passagère.
  • Une fièvre soudaine qui dépasse généralement 39°C, voire 40°C.

Chez les enfants, l’insolation peut se manifester par des signes spécifiques, souvent plus difficiles à interpréter :

  • L'enfant devient soudainement grognon, pleure sans raison apparente ou refuse les contacts.
  • Tendance à s’endormir en pleine journée ou à rester amorphe malgré des stimulations.
  • Les vomissements sont un symptôme courant de l’insolation chez les plus jeunes.
  • Une température corporelle très élevée sans autre signe infectieux évident (comme la toux ou le rhume) peut signaler une insolation.

La déshydratation est une conséquence directe et dangereuse de l’insolation. Lorsque le corps perd plus d’eau qu’il n’en absorbe, ses fonctions vitales commencent à ralentir. La bouche devient pâteuse, les lèvres sont sèches et il peut être difficile de parler ou d’avaler. Paradoxalement, ne plus transpirer alors qu’il fait très chaud est un signe très inquiétant.

Premiers Secours et Traitement

En cas d’insolation, agir vite peut faire toute la différence :

  • Rafraîchir le corps efficacement : appliquez des serviettes humides sur le front, le cou, les aisselles ou utilisez un brumisateur, un éventail ou un ventilateur si disponible.
  • Faire boire de l’eau en petites gorgées : proposez de l’eau fraîche (mais pas glacée) régulièrement.

Il est impératif de consulter un médecin si les symptômes suivants apparaissent :

  • Température corporelle supérieure à 40°C.
  • Convulsions.
  • Chez les enfants ou les personnes âgées, ne pas attendre : leur organisme est plus sensible à la chaleur et les signes peuvent évoluer très rapidement.

La durée d’une insolation varie selon sa gravité. Dans la majorité des cas, l’insolation disparaît en 24 à 48 heures, à condition de respecter un repos strict, de rester à l’ombre et de maintenir une bonne hydratation. Si la température corporelle a été très élevée ou que la prise en charge a été tardive, les symptômes peuvent durer plusieurs jours.

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Une insolation non traitée ou mal gérée peut entraîner des complications graves comme des troubles de la mémoire, des pertes de conscience ou des convulsions.

Prévention de l'Insolation

La prévention est essentielle pour éviter l'insolation :

  • Hydratation régulière : boire de l’eau fréquemment, même sans soif.
  • Porter des vêtements légers, amples et clairs.
  • Éviter les activités extérieures aux heures les plus chaudes (12h-16h).

En période estivale, certains publics comme les enfants, les personnes âgées et les sportifs doivent faire preuve d’une vigilance renforcée face au risque d’insolation.

Il ne faut jamais laisser un enfant (ou un animal) seul dans une voiture, même pour quelques minutes et même avec une fenêtre entrouverte.

Adopter une alimentation hydratante : consommez des aliments riches en eau comme la pastèque, le concombre ou la tomate.

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Crises Fébriles chez l'Enfant

Les convulsions fébriles de l’enfant, ou crises convulsives hyperthermiques, correspondent à la survenue de convulsions chez l’enfant lors d’un épisode de fièvre supérieure à 38°C. Les convulsions sont des accès de secousses musculaires involontaires et saccadées. D’après les estimations, entre 2 et 7 % des nourrissons et des jeunes enfants sont touchés, de 3 mois jusqu’à 5 ans. Le plus souvent, les convulsions fébriles affectent les enfants entre 1 et 3 ans, avec un pic de fréquence autour de 18 mois.

Causes et Facteurs de Risque

Tous les contextes où un jeune enfant a de la fièvre, par exemple en cas d’infection bactérienne ou virale, peuvent être à l’origine de convulsions fébriles de l’enfant. Les convulsions résultent de la fièvre, et pas de la cause de la fièvre. Les convulsions se produisent généralement lors de la montée de la température corporelle ou dans les premières heures d’une fièvre élevée.

Il peut y avoir une prédisposition familiale. Si un ascendant du premier degré (parents ou frère ou sœur) a fait des crises fébriles, un enfant est plus à risque de présenter des crises fébriles.

Symptômes et Diagnostic

Les convulsions fébriles de l’enfant se manifestent par des contractions musculaires involontaires saccadées. Les convulsions fébriles compliquées sont longues (plus de 15 minutes), répétées sur 24 heures, unilatérales et associées à un déficit neurologique transitoire ou permanent.

Le diagnostic des convulsions fébriles de l’enfant repose essentiellement sur les symptômes caractéristiques de la crise convulsive associés à une fièvre élevée. Le médecin s’appuie sur les données recueillies au cours de la crise par l’entourage de l’enfant. Néanmoins, des examens peuvent être nécessaires pour rechercher la cause de la fièvre ou une origine neurologique aux convulsions.

Prise en Charge et Traitement

Généralement, il est inutile d’appeler les services de secours, si la crise dure moins de 5 minutes et que l’enfant récupère en moins de 10 minutes.

Dans la plupart des cas, la crise convulsive de l’enfant est brève et ne nécessite pas de traitement particulier. Le diazépam est administré par voie rectale et plusieurs administrations peuvent être nécessaires si les convulsions se prolongent ou se répètent dans les 24 heures.

Il est recommandé de coucher l'enfant sur le côté pour que la respiration se fasse bien et pour prévenir l'inhalation en cas de vomissement, de déplacer les jouets autour de lui plutôt que de déplacer l'enfant. Il ne faut pas mettre d'objet ou un doigt dans la bouche de l'enfant. Il ne risque pas d'avaler sa langue. L'enfant doit être vu rapidement par un médecin pour éliminer une urgence (infection du système nerveux central : méningite, encéphalite…).

Traiter la fièvre de façon agressive avec des antipyrétiques n'est pas efficace pour prévenir les crises fébriles. Un traitement anti-épileptique d'urgence par une benzodiazépine (diazépam, midazolam…) est prescrite en prévention des crises longues lorsqu'un enfant a déjà présenté des crises fébriles.

Conséquences et Prévention

Les convulsions fébriles de l’enfant ne constituent pas une forme particulière d’épilepsie. Le risque de développer une épilepsie à la suite d’épisodes de convulsions fébriles est estimé à 1 % après une crise de convulsions fébriles simples et à 10 % après des convulsions fébriles compliquées.

Le plus souvent, en l’absence d’autres troubles, la survenue de convulsions fébriles n’impacte pas le développement psychomoteur et intellectuel de l’enfant.

Les récidives surviennent dans 30 % des cas, en moyenne. Leur fréquence varie selon l’âge de l’enfant : plus il est jeune, plus le risque de récidive est élevé.

Les convulsions laissent rarement des séquelles. Cela arrive surtout lorsqu’elles sont le signe d’une maladie sous-jacente (méningite, encéphalite ou épilepsie sévère).

Syndrome de Mort Subite du Nourrisson (SMSN)

Le syndrome de mort subite du nourrisson, ou SMSN, est le décès soudain et inattendu d'un bébé apparemment en bonne santé, habituellement âgé de moins d'un an. Pour être considérée comme due au SMSN, la mort doit être inexpliquée, même après une investigation complète. Bien que la véritable cause du SMSN reste inexpliquée, la recherche continue. On ignore encore s'il sera possible d'identifier une cause unique à ce syndrome.

Facteurs de Risque

  • La façon de dormir: Certains cas de SMSN pourraient être causés par la position du bébé, couché sur le côté ou sur le ventre, la tête vers le bas. La Société canadienne de pédiatrie, La Fondation canadienne pour l’étude de la mortalité infantile et Souffle de bébé Canada recommandent tous que les enfants normaux en santé soient placés sur leur dos pour dormir. Les parents devraient placer leur bébé sur le ventre plusieurs fois par jour pendant les heures d’éveil et le garder à l’œil durant ces périodes.
  • Un contrôle de la température insuffisant: Certains nourrissons peuvent mal contrôler leur température.
  • Des anomalies du système nerveux central: Bien que les bébés morts du SMSN aient pu avoir l'air en parfaite santé, ils avaient peut-être une anomalie du système nerveux central (cerveau, nerfs ou moelle épinière) non identifiée.
  • Un contrôle de la respiration défectueux: Les bébés affectés peuvent présenter des défauts touchant le contrôle de la respiration ou la capacité respiratoire.
  • Une exposition à la fumée du tabac: L'exposition à la fumée est un facteur de risque pour les bébés à naître et les nourrissons.
  • Un indice d'Apgar bas: L'indice d'Apgar mesure l'état général de l'enfant et est mesuré peu après la naissance.

Symptômes et Prédiagnostic

On ne connaît aucun symptôme spécifique du SMSN. Par définition, il n'est pas possible de poser un prédiagnostic du SMSN; on peut seulement déterminer qu'il s'agit du syndrome après que le bébé est mort. Si la respiration s'arrête pendant plus de 20 secondes, on considère cela comme très dangereux.

En cas de défaillance respiratoire du bébé durant plus de 10 secondes, le réveiller avec une petite secousse ou un stimulus tel qu'une petite chiquenaude sur le pied. Si le bébé ne se remet pas à respirer, la prochaine étape consiste en une stimulation vigoureuse telle qu'un pincement. Si cela ne fonctionne pas, commencer à faire le bouche-à-bouche et demander à quelqu'un de composer le 911 pour obtenir des secours.

Prévention

  • Ne pas laisser le bébé dormir sur le ventre ou sur le côté. Coucher le bébé sur le dos. Certains bébés peuvent avoir besoin de dormir sur le ventre pour des raisons médicales. Si le médecin a conseillé de faire dormir le bébé sur le ventre (par ex. à cause de problèmes des voies respiratoires ou de respiration), il est préférable de suivre ses recommandations.
  • Tenir le bébé à l'écart de la fumée de cigarette.
  • Coucher le bébé sur un matelas ferme, sans couvertures épaisses, oreillers, ni lourds coussins antichocs dans le berceau. Éviter les matelas rembourrés tels que les peaux d'agneau ou les couvertures matelassées. Ne pas mettre le bébé sur un matelas d'eau ou un coussin pneumatique.
  • Le bébé devrait dormir dans un lit à barreaux, un berceau ou un moïse, dans la même chambre que ses parents ou la personne qui s'en occupe, jusqu'à l'âge de 6 mois au moins. Des études ont révélé que le risque de SMSN est moindre quand le bébé partage la chambre (mais pas le lit) d'une autre personne.
  • Ne permettez jamais que le visage de votre bébé soit couvert par un vêtement ou un morceau de literie. Évitez les couvertures et les douillettes.
  • Essayer de ne pas laisser le bébé avoir trop chaud (ne pas utiliser de couvertures). La température de la chambre doit être confortable pour un adulte.
  • Quelques bébés à haut risque peuvent avoir besoin d'une surveillance électronique du rythme cardiaque et de la respiration.
  • Éviter les dispositifs commerciaux commercialisés pour réduire le risque de SMSN car leur utilité n'a pas été suffisamment étudiée.
  • Si votre bébé s’endort dans une balançoire ou une sauteuse pour bébés, allez l’installer dans son lit à barreaux, berceau ou moïse.

Les parents d'un enfant mort du SMSN sont souvent accablés de chagrin et de culpabilité, et se sentent responsables de la mort de leur enfant. Il est important de demander du soutien et du counseling pour faire face à cette période difficile.

Syndrome du Bébé Oublié

Le syndrome du bébé oublié survient lorsqu’un adulte oublie un enfant à l’arrière d’un véhicule, le laissant exposé à des conditions dangereuses, comme l’hyperthermie. Selon la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), environ 40 enfants meurent chaque année aux États-Unis de coups de chaleur dans des voitures, majoritairement à cause d’un oubli involontaire.

Causes Psychologiques

Cet oubli, bien qu’inconcevable pour beaucoup, s’explique par des mécanismes cérébraux. David Diamond, neuroscientifique à l’Université de Floride, a étudié ce phénomène sur des parents « normaux » [hors preuves de maltraitance ou de négligence, d’abus de drogue ou de dysfonctionnement cérébral organique]. Il explique que le syndrome est lié à un dysfonctionnement de la mémoire prospective. Sous l’effet du stress, de la fatigue ou d’un changement de routine, le cerveau peut basculer en « pilote automatique », oubliant une tâche : ici, déposer l’enfant à la crèche. « Ce n’est pas de la négligence mais une limite de notre cerveau », résume le scientifique.

Un parent épuisé est plus vulnérable aux erreurs d’inattention. Un parent inhabituellement chargé de déposer l’enfant peut oublier cette responsabilité. Les sièges auto, placés à l’arrière et donc hors de vue, peuvent également être un facteur aggravant d’oubli.

Prévention

Il existe plusieurs techniques pour se prémunir de ces drames. La National Highway Traffic Safety Administration et Kids and Car Safety conseillent de placer un objet personnel - un sac ou son téléphone - près de l’enfant à l’arrière pour inciter à vérifier. Vous pouvez à l’inverse laisser un jouet de l’enfant à l’avant comme pense-bête.

Risques

La température dans une voiture garée peut augmenter rapidement. Selon le site de collecte de données de recherche et d’analyse Kids and Car Safety, elle peut grimper de 20 °C en dix minutes sous le soleil. Pour un enfant, dont le corps se réchauffe beaucoup plus vite que celui d’un adulte, cela peut entraîner une hyperthermie mortelle en moins d’une heure.

Épilepsie et Crises Non Fébriles

L’épilepsie était traditionnellement définie par la survenue de deux crises épileptiques spontanées (ou non provoquées), survenant à plus de 24 heures d’intervalle. Une épilepsie est caractérisée par des crises d’épilepsie, qui peuvent être soit généralisées (affectant les deux hémisphères cérébraux simultanément), soit focales (commençant à partir d’un point spécifique dans une région du cerveau et pouvant éventuellement se propager à d’autres régions). Les causes et les pronostics peuvent varier considérablement.

Une crise épileptique est un évènement soudain, qui associe des manifestations cliniques liées à la survenue d’une décharge excessive et synchrone au sein d’une population de neurones (cellules du cerveau). Une épilepsie est une affection du cerveau qui est définie par la survenue d’au moins une crise non provoquée et la présence d’un facteur de prédisposition à l’épilepsie. Les crises d’épilepsie se produisent lorsque les neurones du cerveau deviennent excessivement actifs. Pour que les symptômes de la crise se manifestent, un grand nombre de neurones doivent dysfonctionner simultanément. Les crises d’épilepsie ont un début et une fin brusques et sont de courte durée en général (environ une à deux minutes).

Lorsque les crises d’épilepsie sont considérées comme provoquées ou aiguës, on ne les qualifie pas d’épilepsie à proprement parler. Il n’est pas toujours nécessaire d’instaurer un traitement antiépileptique à long terme pour ces crises provoquées ou aiguës.

Certaines épilepsies sont liées à une prédisposition génétique appelées épilepsies « idiopathiques » ou « génétiques ». Elles sont causées par un assemblage spécifique de gènes chez chaque individu et ne sont pas forcément transmissibles aux futurs enfants. Dans ces cas, une même personne peut détenir plusieurs gènes, ce qui donne le terme de maladie polygénique. C’est durant la petite enfance que ces épilepsies apparaissent (l’épilepsie à paroxysmes rolandiques), l’enfance (par exemple, l’épilepsie absence), l’adolescence et le début de l’âge adulte (par exemple, l’épilepsie myoclonique juvénile).

Différentes lésions cérébrales peuvent entraîner des crises d’épilepsie, mais leur gravité varie. Les accidents périnataux, les troubles métaboliques/respiratoires, les phacomatoses, les troubles innés du métabolisme et les malformations cérébrales sont plus fréquents chez les enfants. Les séquelles post-traumatiques sont plus courantes chez les adolescents et les jeunes adultes.

Il est possible que la recherche de la cause d’une épilepsie demeure négative, ce qui conduit à la classification d’épilepsie cryptogénique ou de cause inconnue. Les traumatismes psychologiques ne sont pas suffisants pour causer l’épilepsie, mais peuvent agir comme déclencheurs. Les extrêmes de l’âge, c’est-à-dire les bébés et les personnes de plus de 65 ans, présentent un risque plus élevé de développer de nouveaux cas d’épilepsie.

Un interrogatoire approfondi du patient et de son entourage est essentiel. L’électroencéphalogramme (EEG) est ensuite nécessaire pour confirmer le diagnostic clinique. Cependant, lors de la première réalisation de l’EEG de routine, seulement 50 à 60 % des nouveaux cas d’épilepsie présentent des anomalies épileptiques. La répétition de l’examen augmente le taux de détection à environ 80-85 % après trois EEG.

Fièvre : Réaction de l'Immunité

La fièvre correspond à une augmentation autonome de la température corporelle, par modification de sa régulation centrale. Elle peut faire peur, parfois de manière phobique, par les manifestations qui peuvent s’y associer. La fièvre est une réaction de l’immunité innée, première ligne de défense non spécifique contre l’agent pathogène.

Mécanismes de la Fièvre

Les cellules sentinelles du corps humain (polynucléaires, macrophages, monocytes) détectent, par des récepteurs spécifiques (Toll-like Receptors [TLR]), des motifs antigéniques étrangers (Pathogen Associated Molecular Patterns [PAMP]) et produisent alors une multitude de cytokines. Ces petites protéines à demi-vie brève, aux interactions multiples entre elles, déclenchent plusieurs réactions : en particulier, l’interleukine 1 (IL-1), l’IL-6 et le facteur de nécrose tumorale (TNF) activent dans des cellules endothéliales la synthèse d’une enzyme, la cyclo-oxygénase 2 (Cox-2), qui dégrade des acides gras de leurs parois en prostaglandine E2. Celle-ci passe dans la circulation sanguine et active les noyaux régulateurs de la température dans l’hypothalamus.

La nouvelle valeur affichée du thermostat provoque l’augmentation de la température corporelle selon plusieurs modalités :

  • Psychologique, par modification subjective de la sensation de chaleur (la perception d’avoir froid alors que la fièvre augmente modifie les comportements : recherche de chaleur, s’habiller, se couvrir d’une couette…).
  • Adaptations vasculaires limitant les pertes thermiques par fermetures des shunts superficiels sous la peau et en privilégiant la circulation sanguine en profondeur où veines et artères sont en contact étroit.
  • Dans les membres inférieurs et supérieurs, le sang chaud artériel centrifuge réchauffe, à contre-courant, le sang veineux centripète ; les membres, véritables réservoirs de calories, deviennent froids et marbrés au bénéfice du tronc et du cerveau.
  • Si ces mesures sont insuffisantes, les muscles sont sollicités pour frissonner (les contractions isométriques sont une source importante de calories).

In vitro, la fièvre diminue la réplication virale. La sensibilité à la chaleur des virus de la grippe est variable selon la souche, possible à partir de 38 °C.

Impact de la Fièvre

Au cours de la fièvre, l’enfant peut être plus irritable, se mettre plus facilement en colère, pleurer davantage, rechercher particulièrement les câlins ; son visage peut exprimer un mal-être. Il s’agit du principal motif évoqué par les parents qui disent craindre la fièvre. Un enfant qui a déjà convulsé est susceptible de récidiver (1 enfant sur 3, en moyenne) mais ne le fait pas à chaque accès fébrile.

Traitement de la Fièvre

On ne traite pas une température mais un enfant ! Ce n’est pas la hauteur de la fièvre qui fait sa gravité. L’objectif n’est pas de lutter contre la fièvre. Seul l’inconfort de l’enfant justifie un traitement : en première intention, le paracétamol (60 mg/kg/j en 4 prises) a la meilleure balance bénéfice-risque.

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