La crèche, symbole emblématique de Noël, est une représentation de la Nativité de Jésus-Christ. Son histoire est riche et ses traditions varient selon les régions et les époques. Cet article explore l'histoire de la crèche, en particulier en lien avec la crèche de Notre-Dame de la Merci, tout en mettant en lumière son importance culturelle et spirituelle.
Origines et Évolution du Mot "Crèche"
Le mot français "crèche" apparaît au XIIe siècle et dérive du francique "krippia". En latin, la crèche est désignée par les mots "praesepe, -is (n)" et "praesepium, -ii (n)" ou encore "praesepes, -is (f)", dont le sens premier est l’enclos pour les animaux, puis l’étable et enfin la mangeoire des animaux. À partir du début du XIIIe siècle, le mot français "crèche" va désigner spécifiquement la mangeoire dans laquelle le Christ a été déposé à sa naissance dans l’étable de Bethléem.
Les Premières Représentations de la Nativité
Le récit évangélique de la naissance de Jésus dans une étable a inspiré la piété des fidèles très tôt. Les historiens de l’art répertorient les plus anciennes représentations de la Nativité dans les catacombes ou sur des sarcophages, dans un contexte de mort et d’ensevelissement. Une peinture des catacombes de Priscille montre la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus dans ses bras, tandis qu’un personnage identifié comme un prophète se tient à gauche.
Au VIIe siècle, il existait un oratoire distinct de la basilique Sainte-Marie-Majeure à Rome, mais relié à elle, qui possédait une entrée propre et un autel spécial. Certains pensent qu’au début du Ve siècle, sous le pape Sixte III, on aurait matérialisé dans l’oratoire proche de la basilique une sorte de reproduction de la grotte et de la mangeoire de Bethléem, avec peut-être des éléments rapportés du lieu même de la Nativité. À la fin du XVIe siècle, Sixte Quint demanda à l’architecte Fontana de transporter l’oratoire quasi millénaire, tout entier, avec ses fondations et ses murs.
Aujourd’hui, dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, sous l’autel du Saint-Sacrement, se trouve une petite crypte où l’on peut apercevoir des fragments de bois de la Crèche. Deux des cinq planches conservées dans le reliquaire portent des lettres grecques et forment une inscription fragmentaire en rapport avec le lange disparu. Les trois autres morceaux pourraient provenir d’un pied en forme d’ X, apte à soutenir une mangeoire comme celles qui sont en usage en Orient encore aujourd’hui.
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Saint François d'Assise et la Crèche de Greccio
C’est à Saint François d’Assise que l’on attribue l’initiative d’avoir réalisé une première crèche. En 1223, pour célébrer la Naissance de Jésus, il eut l’idée de reconstituer dans une grotte, à Greccio, l’environnement décrit dans l’évangile de Saint Luc, avec une crèche, un âne et un bœuf.
Une quinzaine de jours avant Noël, François demanda à Jean, un homme de bonne renommée, de préparer à Greccio la fête du Seigneur. Le jour de joie arriva, et les frères des environs furent convoqués. Hommes et femmes préparèrent des torches et des cierges pour illuminer la nuit. Une mangeoire et du foin furent apportés, ainsi qu’un âne et un bœuf. La simplicité et la pauvreté étaient à l’honneur, et Greccio devint un nouveau Bethléem.
La nuit fut lumineuse, et les foules accoururent. Les bois retentissaient de chants, et les montagnes en répercutaient les joyeux échos. François passa la veillée debout devant la crèche, brisé de compassion et rempli d’une indicible joie. Il revêtit la dalmatique, car il était diacre, et chanta l’Évangile. Il prêcha ensuite au peuple, parlant avec tendresse de la naissance du pauvre Roi et de la petite ville de Bethléem.
Un homme de grande vertu eut la vision d’un petit enfant couché dans la mangeoire, que l’approche du saint parut tirer du sommeil. On conserva du foin de la crèche, et beaucoup d’animaux de la région, atteints de diverses maladies, furent guéris en le mangeant. Des femmes qui avaient des enfantements laborieux accouchèrent heureusement en se munissant de quelques brins.
Cette première Crèche vivante donna ensuite l’idée aux communautés franciscaines de reproduire la scène de la Nativité, en trois dimensions, dans leurs oratoires, à l’aide de figurines en bois ou en terre pendant le temps de Noël. Cet usage se répandit progressivement aux autres églises. En France, les Crèches apparaissent dans les églises à la fin du Moyen-Âge, et se généralisent surtout au XVIe siècle.
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La Crèche : Un Acte d'Espérance et de Foi
Les crèches installées chaque année dans les églises sont bien plus que de simples décorations de Noël. Elles sont un acte d’espérance et de foi. En se réunissant pour installer la crèche, on affirme sa foi en un Dieu qui vient habiter notre humanité. Protéger et valoriser les crèches paroissiales, c’est préserver un patrimoine fragile, menacé par le temps et parfois par la méconnaissance de sa valeur. C’est aussi transmettre un héritage de foi, d’art et d’humanité.
Faire la crèche dans nos églises comme dans nos maisons, c'est témoigner de ce grand événement qu’est Noël, marquer le temps d’attente et d’espérance de l’Avent puis le temps d’émerveillement, d’accueil et de reconnaissance de Noël. Ouvrir les portes pour partager cette grande joie et proclamer que Dieu s’est fait homme dans une mangeoire sous les traits d’un petit enfant fragile. Les crèches de nos églises nous parlent de Dieu vivant parmi nous et témoignent par leurs décors et aménagements de la créativité et de l’engagement des paroissiens et villageois. La crèche raconte aussi la vie d’une communauté. Chaque génération y a laissé sa marque : un nouveau santon, une restauration, un détail évoquant un événement local.
Certains aiment installer la crèche dans leurs maisons dès le premier dimanche de l’Avent. Dans les églises, on ne met la Crèche en place que dans les jours qui précèdent la fête de la Nativité. La Crèche appartient au monde des symboles : elle représente que Noël est une actualisation mystérieuse de la venue du Rédempteur dans nos vies. Noël n’est pas seulement un anniversaire, c’est un mystère de grâce qui se continue et s’accomplit en notre temps. Selon la tradition, on laisse la Crèche dans les églises jusqu’au 2 février : jour de la Chandeleur, fête de la Présentation de Notre-Seigneur au Temple et de la Purification de Notre-Dame.
La Crèche de Notre-Dame de Pitié à Marignane
La crèche de Notre-Dame de Pitié à Marignane attire de nombreux visiteurs. Ouverte depuis le 21 décembre et inaugurée le jour de Noël, le 25 décembre, elle plaît aux croyants et aux non-croyants.
Depuis 2008, année où elle a intégré le circuit des crèches de la région Paca, de nombreux visiteurs extérieurs à la commune s'y pressent. En un peu plus d'une quinzaine de jours, 2 350 personnes se sont présentées à la porte de la chapelle.
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La crèche de Notre-Dame de Pitié est visible dans cette configuration jusqu'au 19 janvier, car des travaux sont programmés dans la chapelle.
Les Santons et l'Évolution de la Crèche
À partir de la fin du XVIème siècle, des étoffes et autres sujets profanes s’ajoutent dans ce qui va être l’origine de « dioramas » où les personnages deviennent véritablement amovibles. À la fin du XVIIème siècle, à Naples, Michèle Perrone confectionne l’ébauche de ce qui va devenir par la suite le santon. Les personnages de sa crèche, toujours plus petits, sont constitués comme des mannequins ayant têtes et extrémités sculptés reliés au corps en fil de fer fin recouvert d’étoupe. Cette technique permet de nuancer à volonté les attitudes des personnages. Cette crèche qu’on dirait « rococo » se fait plus théâtrale, d’autant que le décor va jusqu’à reconstituer la place d’un village avec ses échoppes, ses tavernes et son marché.
Au XIXème siècle, sous l’impulsion du Marseillais Jean-Louis Lagnel qui réalise les premiers moules en plâtre, vont apparaître les premiers santons de Provence. Confectionnés en argile, ils reproduisent la gente active des campagnes et des bourgades. Le santon provençal apporte le fruit de son travail à l’Enfant Nouveau Né.
Les Crèches Vivantes et les "Jeux" de Noël
De nos jours, un regain d’intérêt se manifeste pour les crèches vivantes. Des acteurs, en costume d’époque, allant jusqu’à faire participer les animaux témoins de l’événement, en certaines églises, on ne redoute pas de reproduire de façon très théâtrale la Nativité au moment de la Messe de Minuit.
S’ajoutent à cela l’héritage des représentations scéniques de l’antiquité, connues comme drames mystères. Ceux-ci réapparaissent à partir du VIIIème et IXème siècle de notre ère puisant leur inspiration aux sources du Christianisme pour mettre en scène la Nativité et la Passion de Jésus Christ. Passés aux oubliettes ces « Jeux » vont réapparaître sous l’impulsion de Rudolf Steiner (1861 -1925) Fondateur du mouvement Anthroposophique. C’est à Eugène Witta (Architecte de nationalité Suisse) que nous devons l’adaptation française de ces « Jeux » qui sont déjà produits dans diverses institutions en Allemagne, en Suisse, en Angleterre et maintenant en France. Leur intérêt tient surtout à ce que ce soit des acteurs non professionnels qui participent à ces « Jeux ».
La Crèche Notre-Dame de la Merci et son Centenaire
La maison des sœurs Notre-Dame de la Merci a célébré ses 100 ans. 98 ans d'activités pour les enfants ont été fêtés en présence de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, d'Olivier Audibert-Troin, l'enfant du Pays et son épouse, de Camille Bouge et Nicolas Martel les maires de Tourrettes et Saint-Paul-en-Forêt, venus remercier et encourager les Sœurs de la Merci. Une kermesse avec des stands de vente de livres, bibelots, des camps médiévaux, des danses, des jeux et animations pour petits et grands, a attiré un nombreux public dans les jardins enchanteurs de cette maison du bonheur.
Sœur Rosine, responsable de la maison mère de la congrégation d'Aix-en-Provence, a fait une présentation de l'institution, fondée en 1218 à Barcelone par Pierre Nolasque pour libérer les esclaves chrétiens de la tyrannie des Sarrazins.
Préparer la Crèche Pendant l'Avent
Au premier Avent, on place tout ce qui, créant le décor de la crèche, est en lien avec le règne minéral à savoir : le sable, les cailloux, les rochers, les habitations, l’étable. Au quatrième Avent on installe enfin tous les personnages de la crèche : Autour de Marie et de Joseph se rassemblent les bergers envoyés par l’Ange annonciateur et tous les santons en chemin vers l’étable.
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