Trouver un mode de garde pour un jeune enfant en Belgique, particulièrement à Bruxelles, est souvent perçu comme un véritable casse-tête. Les listes d’attente pour les crèches communales sont longues, et les crèches privées peuvent représenter un coût élevé. Cet article vise à informer les parents résidant à Etterbeek sur les démarches d'inscription en crèche communale, en tenant compte des enjeux d'accessibilité et des alternatives possibles.
Accessibilité des milieux d'accueil de la petite enfance à Bruxelles
Une étude analyse l’accessibilité des milieux d’accueil de la petite enfance en Région de Bruxelles-Capitale (RBC). L’accessibilité recouvre plusieurs dimensions :
- L’accessibilité géographique : Mesure importante pour les publics précaires, qui ont besoin de services de proximité.
- L’accessibilité financière : La participation financière varie selon l’agrément (ONE ou Opgroeien) et les tarifs liés aux revenus des parents. Les milieux d’accueil les plus accessibles financièrement sont ceux pratiquant une tarification liée au revenu (près de deux tiers des structures en RBC), qui s’accompagne également de suppléments plus faibles, d’une avance à l’inscription plus réduite, d’une moindre facturation des absences justifiées et de moins fortes sanctions en cas de non-paiement.
- L’accessibilité pratique : Degré d’adéquation de l’offre aux besoins concrets des parents.
- La gestion des priorités : Le cadre réglementaire détermine quelles familles devraient avoir priorité, mais d’autres règles sont parfois appliquées.
L'accès des structures d'accueil à un public divers et précaire dépend de l'interaction complexe entre les politiques nationales ou communautaires, les pouvoirs organisateurs et les milieux d'accueil eux-mêmes. Les politiques macro concernent principalement l'accessibilité géographique et financière, tandis que l'accessibilité sociale et culturelle et l'accessibilité pratique sont déterminées par les pouvoirs organisateurs et les milieux d'accueil.
Offre et demande de places en crèche à Bruxelles
Selon les données transmises par l’ONE et Opgroeien, la RBC comptait en 2023 quelque 20 500 places autorisées, alors que le nombre d’enfants de moins de 3 ans s’élevait à 44 819 au 1er janvier 2023. Le taux de couverture régionale est donc de 45,8 %, soit un taux proche de la norme de Barcelone (45 %) édictée comme nouvel objectif par le Conseil de l’Union européenne. Au-delà du fait que l’offre est très probablement inférieure à la demande totale, le niveau de tension entre offre et demande n’est pas la même partout.
Afin de mieux évaluer l’accessibilité géographique, un modèle gravitaire doublement contraint, met en relation l’ensemble de l’offre d’accueil et l’ensemble de la demande potentielle. Ce modèle confirme que la géographie de la tension entre offre et demande pour les milieux d’accueil de la petite enfance en RBC est très inégalitaire. Les enfants qui doivent parcourir les plus longues distances pour obtenir une place résident dans l’ouest et le nord-ouest de la Région, où la demande est très forte par rapport à l’offre. La distance à parcourir y est d’autant plus grande qu’on s’éloigne du centre. Il s’agit également de zones caractérisées par un niveau socio-économique moyen ou faible, ce qui peut limiter la mobilité.
Lire aussi: Tout savoir sur la micro-crèche de Souppes-sur-Loing
Le modèle ne tient cependant pas compte d’autres différences d’accès entre les enfants. C’est pourquoi un modèle gravitaire complexe a été mis en place, selon lequel a) l’offre communale n’est accessible qu’aux enfants des résidents de la commune en question, b) une partie des places dans les milieux d’accueil autorisés par Opgroeien n’est accessible qu’aux enfants de la Communauté flamande.
Par conséquent, le taux d’accès n’est plus le même pour tous les enfants, avec des taux d’accès variant de 25 % à 71 %. Concrètement, les enfants issus de ménages non néerlandophones appartenant aux six premiers déciles de revenus ont le moins de possibilités. En termes géographiques, le taux d’accès est inférieur dans l’ouest et le nord-ouest de la Région, car le niveau de revenus y limite l’accès aux structures pratiquant une tarification libre. D’autre part, on observe de fortes différences entre les communes : par exemple, les enfants de la Ville de Bruxelles bénéficient d’un taux d’accès plus élevé que ceux des communes limitrophes, grâce à l’importante offre communale. Pour ce qui est des distances à parcourir par les enfants, on observe à nouveau une opposition entre l’ouest de la Région, caractérisé par des distances élevées, et l’est, où les distances sont généralement plus réduites. À cette opposition est-ouest s’ajoute une logique concentrique, avec des distances globalement plus longues à parcourir au fur et à mesure qu’on s’éloigne du centre. Cependant, distances courtes ne riment pas nécessairement avec taux d’accès régionaux élevés.
Typologie des milieux d'accueil
Ces analyses ont abouti à une typologie des milieux d’accueil sur la base de leur accessibilité géographique et financière. D’une part, une distinction a été opérée en fonction du type de tarification pratiquée par la structure, à savoir une tarification liée au revenu (R) ou une tarification libre (L). Ce paramètre a ensuite été croisé avec le type de public accueilli. Trois groupes de milieux d’accueil de la petite enfance ont ainsi été distingués : le premier groupe (29 % de l’offre) présente une part élevée d’enfants vivant dans un ménage monoparental ou dans un ménage comptant au moins un demandeur d’emploi et accueille des enfants ayant un faible accès à une place en milieu d’accueil. Le troisième groupe (20 % de l’offre) se caractérise, au contraire, par une faible part d’enfants issus d’un ménage monoparental ou comptant au moins un demandeur d’emploi et par des taux d’accès élevés. Il en résulte six sous-groupes de milieux d’accueil qui varient selon le public potentiellement accueilli et le mode de tarification.
Pour compléter la description des six groupes en analysant leurs pratiques concernant d’autres aspects de l’accessibilité, une enquête a été envoyée à tous les milieux d’accueil francophones et néerlandophones de la RBC. L’enquête comportait cinq volets, reprenant les différentes dimensions de l’accessibilité. Sur les 582 milieux d’accueil, environ 400 n’ont pas réagi à l’enquête. Parmi les facteurs qui ont contribué à réduire la participation, nous pouvons citer des coordonnées manquantes ou obsolètes, un secteur débordé et une période chargée, ainsi qu’un manque d’intérêt ou une mauvaise compréhension des objectifs de l’enquête. Toutefois, les milieux d’accueil qui ont répondu sont assez bien répartis sur le territoire bruxellois.
Horaires d'ouverture
De manière générale, les milieux d’accueil bruxellois proposent des jours et heures d’ouverture peu adaptés aux horaires de travail atypiques, surtout dans le nord et l’ouest de la première couronne, mais aussi dans l’est de la première couronne et dans le nord et l’ouest de la deuxième couronne.
Lire aussi: Regard approfondi : Crèche des Sablons
Gestion des demandes de places
La gestion des demandes de places est fortement réglementée, surtout pour les milieux d’accueil appliquant une tarification liée au revenu. Par exemple, les nouvelles règles d’Opgroeien favorisent les parents ayant une occupation professionnelle stable et à temps plein et réservent en moyenne 42,5 % des places autorisées aux enfants néerlandophones. Les règles des organismes d’agrément ne sont cependant pas toujours suivies sur le terrain. Ainsi, pour l’attribution de leurs places, la majorité des milieux d’accueil tiennent compte de la situation de monoparentalité, alors que la réglementation ne le prévoit pas.
Langues
En ce qui concerne les langues, les milieux les plus inclusifs sont ceux situés dans les zones de tension et ceux pratiquant la tarification liée au revenu. Les milieux d’accueil situés dans l’ouest et le nord de la première couronne et ceux pratiquant la tarification liée au revenu présentent également une intégration plus forte au sein du quartier.
Crèches Montessori : Une alternative ?
Face aux difficultés d'inscription dans les crèches communales, les crèches Montessori représentent une alternative intéressante pour certains parents. 19 crèches Montessori NeoKids seront ouvertes d’ici le mois de septembre à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre, toutes agréées par l’ONE et Kind & Gezin selon l’endroit où elles se trouvent. Toutes les puéricultrices qui y travaillent seront formées à la pédagogie Montessori. Il s’agit d’un rachat. Il n’y a donc pas plus de places disponibles. Une crèche Montessori est une crèche privée et le nombre d’enfants est défini en fonction des normes habituelles ONE et Kind & Gezin.
Qu'est-ce qui différencie une crèche Montessori ?
La principale différence réside dans le matériel pédagogique, spécialement conçu par Maria Montessori pour les enfants de 0 à 3 ans. L’environnement est aménagé pour permettre à l’enfant de développer son autonomie et d’acquérir les compétences nécessaires à sa construction personnelle. Le matériel, de l’armoire au trotteur, est en bois, dans un esprit « nature ». Chaque crèche Montessori a un accès sur l’extérieur. Les jardins sont destinés à être aménagés à terme avec, par exemple, un petit potager. La nourriture servie aux enfants est bio.
La pédagogie est individualisée, basée sur l'observation de l'enfant. Les professionnelles adaptent l’environnement en fonction des besoins de chaque enfant. Les heures de sieste sont adaptées aux besoins de chaque enfant. « On ne les oblige pas à dormir s’ils n’en ont pas besoin. »
Lire aussi: Livre d'activités : l'outil idéal pour les crèches
Avantages de la pédagogie Montessori
Chez Montessori NeoKids, on veut apprendre l’autonomie à l’enfant, lui donner confiance en lui, et développer ses sens. A la différence des crèches traditionnelles, la crèche Montessori fait de la pédagogie. Il y a un véritable projet pédagogique derrière. « L’enfant entre 0 et 3 ans se construit. Les neuroscientifiques ont prouvé que leur cerveau était très malléable. L’enfant absorbe et se construit avec tout ce qu’on va lui proposer, tout ce qu’on va lui offrir ainsi qu’avec l’attitude de l’adulte qui va jouer. »
Les parents sont encouragés à « développer » les mêmes choses à la maison. Les parents qui inscrivent leur enfant dans une crèche Montessori NeoKids reçoivent un petit guide explicatif sur la pédagogie Montessori afin de les aiguiller. Ils peuvent aussi suivre des formations. Selon Sylvie d’Escaibes, aucun problème. En les rendant autonomes, les enfants vont savoir s’adapter. « Face à n’importe quelle situation, ils seront capables de se prendre en main. Les valeurs qu’on développe chez les tout petits, ça va les servir pour toujours. » La crèche Montessori est une structure d’accueil qui met les besoins et les intérêts des bambins au centre de son fonctionnement.
Coût d'une crèche Montessori
Entre 790 et 890 euros mensuellement (pour un full time soit 5 jours par semaine). Moins vous le mettez, moins vous payez (100 euros en moins, par jour de semaine en moins).
Crèches Montessori NeoKids en Belgique
A Schaerbeek, à Woluwe-Saint-Lambert, à Etterbeek, à Overijse, à Kraainem, à Woluwe-Saint-Etienne, à Uccle, à Ixelles, à Nivelles, à Grand Bigard, à Anvers, à Hoeilaart ou encore à Sterrebeek. Pré-inscription en cours. Ils pourront également vous renseigner sur les places encore disponibles.
Accueil d'urgence et son impact sur le quartier
Cela fait maintenant plusieurs hivers que des centres d’hébergement d’urgence de nuit sont ouverts pendant les mois les plus rudes de l’année. Cet hiver, dans le quartier de La Chasse, à Etterbeek, le Samu Social a aménagé fin novembre un Centre d’une capacité d’accueil de plus de trois cents personnes, destiné à des hommes seuls. L’installation du Centre s’est faite de manière quelque peu problématique, à ses débuts du moins. Ce n’était pas la première année que l’ouverture d’une structure similaire posait des problèmes de voisinage.
Les rencontres avec les riverains révèlent certes des réactions variées, entre contestation, tolérance et acceptation, mais celles qui se font le plus entendre manifestent d’abord l’expression d’un rejet. Les plaintes formulées concernent les incivilités et le sentiment d’insécurité dus à la présence des personnes sans abri dans le quartier. Les habitants et commerçants dénoncent les nuisances sonores, la saleté, le squattage de certains bâtiments, les vols et agressions qu’ils attribuent aux hébergés du Centre. Ils regrettent de ne pas avoir été prévenus et pensent que le lieu, dans un quartier résidentiel et commerçant, à proximité d’une crèche, d’une école et d’un centre sportif n’est pas approprié pour accueillir un tel Centre. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer ces attitudes : la proximité géographique, l’intensité de l’opposition diminuant en fonction de l’éloignement géographique; les caractéristiques des destinataires du projet et les représentations que s’en font les différents acteurs ; la structure sociale du quartier hôte ; la nature de l’installation (la taille, le nombre, le mode de fonctionnement, l’apparence, la réputation), et enfin, le climat, le contexte de l’installation du Centre dans le quartier.
Parce que l’installation s’est faite dans l’urgence, non par mauvaise volonté des acteurs mais par difficulté de trouver un bâtiment, les riverains n’ont pas été prévenus, ni informés sur le mode de fonctionnement du Centre et sur le public accueilli. Compte tenu de cette absence d’information, l’arrivée du Centre est vécue comme une « imposition » par les habitants et par les autorités locales. Ces derniers parlent de « politique du fait accompli » et se sentent victimes d’un jeu de manipulation politique. L’implantation pose d’autant plus problème que le Centre accueille un public particulier, en grand nombre. Ce sont des sans-abri, hommes, seuls, plutôt jeunes. Ils font échos ou s’écartent, dans une plus ou moins grande mesure, des représentations que se font les habitants du quartier du public sans abri.
Les attitudes de rejet sont exprimées généralement par des personnes, souvent propriétaires ou commerçants, dont l’attachement au quartier et à sa réputation est fortement prononcé. L’existence d’un tissu social d’interconnaissance, d’une « communauté homogène imaginée », qui participe de la logique villageoise du quartier, renforce l’attitude de rejet à l’égard du Centre. Parce qu’« une part de l’identité sociale se construit à partir de la réputation attachée aux lieux de résidence », l’installation du Centre est ressentie comme un sabotage des actions mises en place pour revitaliser le quartier et intensifie le sentiment de déclassement déjà existant.
Le fonctionnement particulier du Centre dans le quartier ne permet pas de déconstruire les préjugés, au contraire, il les renforce. La priorité accordée à l’hébergement laisse peu de place à la rencontre avec l’environnement. Le Centre - « boîte noire », est une métaphore souvent utilisée dans le quartier pour rendre compte du manque de communication vers l’extérieur. Le modèle du « Centre-enclave », qui fonctionne en autarcie, est décrié. Tout comme les représentations, le fonctionnement particulier de l’infrastructure définit le champ des possibles en matière de contact avec l’extérieur. Ce modèle, à grande capacité d’accueil, qui ouvre le soir pour fermer la journée, ne permet pas une implication du quartier et de ces habitants vis-à-vis du Centre.
L’absence d’information sur le public qui y est accueilli laisse alors libre court à l’imagination des habitants qui, sur base d’une lecture des signes et des apparences tirent des conclusions : des profiteurs, des faux sans-abri seraient hébergés en nombre. En ce qui concerne l’appropriation du territoire de La Chasse par les hébergés, plusieurs constats peuvent être réalisés. Tout d’abord, la problématique de la présence des sans-abri n’est pas neuve dans le quartier, elle suscite, avant l’arrivée du Centre, des tensions de cohabitation, comme par exemple l’occupation des sas des banques la nuit. L’arrivée du Centre vient alors raviver et intensifier une problématique déjà présente sur le territoire. Mais la question de « l’ancrage » des sans-abri à La Chasse relève d’avantage de l’inquiétude que de la réalité, car la très grande majorité des usagers du Centre ne restent pas dans le quartier mais retournent dans le centre-ville.
L’organisation particulière du dispositif hivernal et l’ouverture du Centre à Etterbeek n’ont cependant pas que des implications pour le quartier, elles concernent aussi les hébergés et les travailleurs du Centre. Les témoignages de ceux-ci montrent, pour tous, les difficultés que pose la capacité d’accueil du Centre. Le nombre important d’hébergés est source de tension, les violences de certains envers les travailleurs ou les autres hébergés sont courantes et difficiles à gérer. Des « logiques claniques » s’instaurent et les discours racistes fusent- le centre d’hébergement étant un véritable témoin de la concurrence des précaires.
Dans les conditions d’un accueil d’abord hôtelier, la place accordée au travail social est limitée, les orientations sont compliquées, faute de temps, de moyens. La précarité de la nuit et l’insécurité de la place n’offre pas la stabilité nécessaire à la recherche de solutions à long terme, à une sortie du cercle (alors vicieux) de l’immédiateté, de la logique de l’urgence. L’ensemble des acteurs s’accorde pour dire qu’une capacité d’accueil de trois cents personnes est trop importante.
tags: #crèche #communale #Etterbeek #inscription
