La fertilité féminine est un sujet complexe et souvent mal compris. Contrairement aux hommes, qui produisent continuellement du sperme tout au long de leur vie adulte, les femmes naissent avec un nombre limité d'ovules. Cet article explore en détail le processus de création d'ovules, leur évolution au cours de la vie d'une femme et les facteurs qui peuvent affecter leur qualité et leur quantité.

Le stock initial d'ovules : un héritage à la naissance

Une des ironies cruelles de la biologie féminine est que la facilité de concevoir est souvent la plus grande à un âge où de nombreuses femmes ne sont pas prêtes à avoir des enfants. Il est essentiel de comprendre que, contrairement à l'homme, capable de produire un nouveau lot de sperme tous les 72 jours, une femme possède l'intégralité de ses ovules à la naissance, soit environ un à deux millions, contenus dans ses ovaires. Au cours de la vie intra-utérine, le nombre d'ovocytes atteint son maximum vers la 20e semaine de gestation, avec environ sept millions d'ovules. Cependant, ce nombre diminue progressivement tout au long de la vie.

Les ovaires de l’embryon humain commencent les processus de maturation aux alentours de la 6e semaine de grossesse et la production des ovocytes (ovules) à partir de la 12e semaine de grossesse. Au cours de ces semaines, leur activité est frénétique. Elle passe d’aucun ovocyte à un maximum situé entre 5 et 6 millions en à peine 11 ou 12 semaines plus tard, aux alentours de la vingt-deuxième semaine de grossesse. À compter de cet instant, la production de nouveaux ovocytes cessera totalement et ce pour toujours. Aux environs de la naissance, leur nombre chute jusqu’à 2 millions et continue de diminuer pendant l’enfance, pour atteindre entre 400 000 et 500 000 lors de la puberté, lorsqu’ils commenceront à se libérer avec les ovulations.

De l'ovocyte à l'ovule : un processus de maturation

Les filles naissent avec un stock de 200 000 ovocytes. L’ovocyte désigne les cellules immatures présentes dans les ovaires dès le stade embryonnaire. Les ovocytes passent par plusieurs étapes de maturation jusqu’à atteindre, pour certains, le stade d’ovule. Puis, de la puberté à la ménopause, 600 ovocytes vont poursuivre leur maturation chaque mois dans les ovaires. Sur ces 600 ovocytes, il n’y en a qu’un qui deviendra ovule et pourra être fécondé par un spermatozoïde.

Une fois par mois, un des deux ovaires libère un ovule. C’est l’ovulation. L’ovulation a lieu en moyenne 14 jours après le début des dernières règles. L’ovule se déplace ensuite dans les trompes de Fallope en direction de la cavité utérine. Après l’ovulation, la fécondation peut avoir lieu pendant 24 heures.

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L’ovule est le résultat de la maturation d’un ovocyte dans l’ovaire. L’ovule désigne la cellule prête pour une fécondation.

La diminution de la fertilité avec l'âge : une réalité biologique

La fertilité d'une femme, c'est-à-dire sa capacité à tomber enceinte, est à son pic entre la fin de l'adolescence et l'approche de la trentaine, selon l'American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG). À 30 ans, la fertilité commence à diminuer et à 35 ans le rythme s'accélère. D'après une étude, avant 30 ans, la probabilité de tomber enceinte en un an est de 85 % ; à 30 ans, cette probabilité est de 75 % ; et à 35 ans, ce chiffre chute à 66 %. À 40 ans, la probabilité de tomber enceinte en 12 mois est de 44 %.

À partir de 35 ans, l’horloge biologique reproductrice n’est pas rythmée à la qualité de vie optimale dont jouit le reste de notre organisme. La baisse de la fertilité est accompagnée d’une hausse lente de la probabilité d’avorter. À 40 ans, il se situe à 40% des grossesses, en étant également accompagné d’une hausse constante du risque de naissance d’enfants atteints de chromosomopathie.

À sa libération par les ovaires durant l'ovulation, un ovule mature dispose d'une fenêtre de 12 à 24 heures pour être fertilisé par un spermatozoïde. « Les autres ovules meurent dans un processus appelé apoptose, » explique Jain. L'apoptose est un processus de mort cellulaire programmée qui fait partie intégrante de la fonction ovarienne humaine. À l'âge de 37 ans, une femme possède environ 25 000 ovules et à 50 ans, l'âge moyen de la ménopause, ses ovaires contiennent au plus un millier d'ovules.

La qualité des ovules : un facteur déterminant

Ce n'est pas qu'une question de quantité, la qualité diminue également. De 45 à 50 ans, la plupart des ovules restants dans les ovaires présentent une anomalie chromosomique, indique Joseph Hill, endocrinologue de la reproduction et spécialiste de la fertilité pour les Fertility Centers of New England, un ensemble de centres couvrant les États du Massachusetts, du New Hampshire et du Maine. « La plupart des ovules présentant ces anomalies ne permettent pas la fertilisation. Si certains sont fertilisés, la majorité ne se développera pas en embryon pouvant s'implanter [dans l'utérus]. Si certains réussissent à s'implanter, 70 % seront perdus au cours des 11 premières semaines à travers une fausse-couche. »

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En effet, le nombre d'ovules normaux diminue avec l'âge, explique Carson. En vieillissant, les femmes possèdent un plus grand nombre d'ovules anormaux et chaque mois, après l'ovulation, la proportion d'ovules anormaux dans les ovaires augmente.

Facteurs influençant la qualité et la quantité des ovules

En dehors de l'âge, il existe également des facteurs génétiques affectant la vitesse à laquelle les ovules meurent. « Certaines femmes voient leur réserve d'ovules se réduire à un rythme plus important que d'autres, » explique Jain. « Ce phénomène est probablement lié à une sorte de programmation biologique. »

Par ailleurs, des facteurs comme l'état de santé ou le mode de vie jouent également un rôle dans la qualité des ovules, avec l'exposition à certaines toxines environnementales, notamment les pesticides ou les substances contenues dans le plastique, comme le bisphénol A. Plus une femme est âgée, plus le mode de vie et les substances reprotoxiques ont eu le temps d'affecter ses ovules, indique Carson.

Côté mode de vie, le tabagisme est toxique pour les ovules et les endommage prématurément, c'est pourquoi les femmes qui fument atteignent généralement la ménopause plus tôt que les non-fumeuses. Une étude parue en 2022 dans la revue PLoS One montre que les femmes qui fument beaucoup (plus de 10 cigarettes par jour) ou depuis longtemps encourent un risque accru de faible réserve ovarienne, un état dans lequel la qualité et la quantité des ovules d'une femme sont inférieures à la normale pour son âge. D'après une étude publiée en 2016 par le British Medical Journal, pour une femme âgée de 21 à 45 ans avec une consommation d'alcool importante, de l'ordre de 14 verres ou plus par semaine, la probabilité de tomber enceinte en l'espace d'un an diminue de 18 %.

De la même façon, l'obésité peut affecter négativement la fertilité d'une femme. Une étude portant sur plus de 2 000 femmes en âge de se reproduire aux États-Unis et au Canada montre que la probabilité de tomber enceinte au cours d'un cycle menstruel diminue de 22 % avec un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 35 et 39, par rapport aux femmes présentant un IMC sain (entre 18,5 et 24) ; pour un IMC compris entre 40 et 44, la probabilité diminue de 39 % ; les femmes présentant un IMC supérieur à 45 ont enregistré la plus faible probabilité de conception, avec une diminution de 58 % par rapport aux sujets sains. « Le surpoids provoque une réaction inflammatoire qui peut affecter la qualité et l'implantation des ovules, » explique Hill.

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D'autres facteurs sans lien avec la qualité des ovules peuvent également compromettre la fertilité. Des antécédents de maladies sexuellement transmissibles, comme une chlamydia ou une gonorrhée, peuvent entraîner un blocage des tubes utérins ou infliger des lésions affectant la fertilité de la femme. C'est pourquoi il est primordial d'utiliser des préservatifs ou de limiter le nombre de partenaires, d'après les experts.

La fertilité peut également être mise à mal par les troubles hormonaux qui interfèrent avec l'ovulation, comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une maladie caractérisée par un taux anormalement élevé d'hormones mâles, les androgènes, un surpoids et une résistance à l'insuline. Il en va de même pour l'endométriose, qui désigne la croissance d'un tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l'utérus. Il arrive également que les fibromes, des tumeurs bénignes constituées de tissu musculaire et fibreux, entraînent des problèmes qui augmentent le risque de fausse-couche, ajoute Byron. Enfin, si une femme a subi une chimiothérapie ou une radiothérapie au niveau du pelvis dans le cadre d'un traitement contre le cancer, ces interventions peuvent affecter les ovaires et les empêcher de libérer des ovules, note Jain.

Préserver sa fertilité : options et recommandations

« Beaucoup de femmes ne comprennent pas que la fertilité dépend de plusieurs facteurs, » reprend Byron. En matière de santé ovulatoire, c'est l'âge qui porte le plus grand coup à la fertilité de la femme, c'est pourquoi il est important de planifier sa grossesse avant l'âge de 35 ans, poursuit-elle. « Le temps est un facteur clé. »

Comme le recommande Carson, « Si possible, essayez de tomber enceinte avant 35 ans ; sinon, envisagez l'autoconservation de vos ovules. » Ainsi, la santé de vos ovules sera littéralement congelée dans le temps, pour vous permettre de bénéficier de votre propre don d'ovules à un stade ultérieur. Le processus nécessitera une fécondation in vitro (FIV), c'est-à-dire la fécondation d'un ovule par un spermatozoïde en laboratoire puis son transfert dans l'utérus. Par ailleurs, si vous avez du mal à tomber enceinte à un âge plus avancé, vous pourrez avoir recours à la FIV sans utiliser un ovule autoconservé.

La conservation des propres ovocytes, en les congelant en étant jeune, donne l’opportunité d’allonger la vie reproductive au-delà des 40 ans, car une fois congelés, ils peuvent être conservés pendant plusieurs années sans perdre leurs capacités reproductives.

Tests de fertilité : évaluer sa réserve ovarienne

Chez les femmes de plus de 35 ans qui essaient de tomber enceinte, il existe un certain nombre de tests pouvant être effectués afin de prédire la réserve ovarienne (le nombre d'ovules qu'il leur reste). Les analyses sanguines comprennent un test portant sur l'hormone antimüllérienne (AMH), qui peut être effectué à tout moment du cycle menstruel, même si vous prenez la pilule. L'hormone antimüllérienne est fabriquée par les cellules des follicules des ovaires, et son analyse peut constituer une manière précoce de déterminer la réserve d'ovules présents dans vos ovaires. Le jour 3 de votre cycle menstruel (soit deux jours après le début de vos règles), vous pouvez également effectuer une analyse sanguine portant sur l'hormone folliculo-stimulante (FSH) et l'œstradiol. Ces deux tests peuvent permettre de détecter le déclin de la fonction ovarienne au début du cycle menstruel, lorsqu'un follicule dominant est préparé pour l'ovulation. Le comptage des follicules antraux permet également de déterminer une faible réserve ovarienne. Au cours de ce test, une échographie transvaginale est utilisée afin de déterminer le nombre de follicules prêts pour le recrutement, lors du jour 3 du cycle.

Conseils pour prendre soin de ses ovaires

Les ovaires sont des organes particulièrement fragiles qui peuvent être sujets à des malformations, des infections ou des maladies comme le cancer. Il est donc important d’en prendre soin. Voici quelques conseils :

  • Se protéger des IST : Certaines Infections Sexuellement Transmissibles comme les chlamydias, la gonorrhée ou la syphilis peuvent remonter jusqu’aux ovaires via les trompes de Fallope et ainsi les endommager de façon définitive.
  • Arrêter de fumer : Les additifs chimiques présents dans la cigarette favorisent ce que l’on appelle le vieillissement ovarien. On estime que l’âge de la ménopause est avancé de 3 ans chez les femmes fumeuses.
  • Surveiller son poids : Lorsque notre IMC est anormalement élevé, cela perturbe les ovaires qui peuvent alors sécréter moins d’hormones sexuelles et ralentir le rythme d’ovulation. Un excès de graisse peut aussi conduire les ovaires à produire trop de testostérone ce qui peut créer des kystes ovariens et des tumeurs.
  • Bien manger : Une alimentation trop riche en graisses et particulièrement en graisses dites saturées peut abimer les ovaires et diminuer la fécondité.

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